L’écrasement d’une utopie en marche !

Ci-dessous quelques éléments de réflexion sur l’inadmissible réponse policière au questionnement sociétal que représente la ZAD de NDDL, et dont l’avenir était l’objet de négociations… un mot qui ne fait pas partie de la novlangue macronnienne….

Rassemblement en soutien devant la préfecture de Troyes, lundi 9 avril

Ce n’était même pas l’heure du laitier quand les 2 500 gendarmes ont débuté leur investissement de la Zone A Défendre (ZAD*) de Notre Dame Des Landes (NDDL) en Loire-Atlantique. L’Objectif : “déloger les Zadistes” (occupants) installés sur les terres détenues par Aéroport du Grand-Ouest (AGO) filiale de Vinci et le Département. Terres aujourd’hui revendiquées par ceux qui les ont concédés facilement lorsque le projet de construction d’un aéroport a été réactivé par Jean Claude Gayssot, Ministre communiste de l’équipement, des transports et du logement du Gouvernement de Lionel Jospin, en 2000, comme expliqué dans l’article du Figaro lisible en cliquant sur la photo extraite de l’article de ce journal.

Le 17 janvier dernier, dans son annonce d’abandon du projet, le Premier Ministre d’Emmanuel Macron, Edouard Philippe, n’a pas hésité à amener une pression inutile en appelant les “squatteurs” dans la “zone de non-droit” de la ZAD à quitter les lieux d’eux-mêmes avant le printemps, comme mentionné dans cet article du Monde.

Cliquez sur l’image pour en savoir plus

Nous connaissons ce Gouvernement pour sa capacité de négocier ses décisions prises. Aucune voix dissonante ne doit entraver les attentions du Président des riches. Se montrer opposants du “Monarque” expose à son courroux. Le 22 février, les résistants au projet d’enfouissement des déchets nucléaires à Bure en ont fait les frais en subissant l’intervention musclée de la gendarmerie tôt le matin, aussi (Cliquez sur l’image pour en savoir plus). Il est vrai que le Secrétaire d’Etat à la transition écologique, Sébastien Lecornu, devait se rendre dans la Meuse, le lendemain.

L’ex-socialiste Gérard Collomb, aujourd’hui Ministre de l’Intérieur, ne semble plus trop savoir ce qu’est la persécution. Son père, syndicaliste de la métallurgie, a dû le protéger des turbulences des oppressions.

La “méthode Gérard Collomb” est de “discréditer les opposants” pour employer la force. Il est vrai que des résistants mettent aussi des bâtons dans les roues aux 4 projets (La liaison Autoroutière Lyon-Clermont-Ferrand, le village Center-Parcs à Roybon, la Prison de St Bonnet sous les Oules et la Ligne Grande Vitesse Lyon-Turin avec son tunnel sous les Alpes) du Grand-Lyon qu’il a présidé durant 16 belles années. Combien les promoteurs risquent de perdre dans ces abandons de Grands Projets Imposés et Inutiles (GPII) ?

Les “Zadistes” sont loin d’être des fanatiques souvent décrits comme violents, irresponsables et irrespectueux des biens d’autrui tout comme des règles communes. S’ils sont “dérangeants” ils sont souvent décrits comme des dangers pour que les gens s’en méfient, les repoussent, les condamnent avant . . . de les rejeter l’amalgame de l’incompréhension.

Il faut que des “courageux” osent les décrire  dans leurs diversités et leurs volontés de construire un autre monde que celui que le néolibéralisme égare dans l’obscur trou de l’asservissement.

Libres ! Ils le restent.

*ZAD : administrativement “Zone d’Aménagement Différé”

EnregistrerEnregistrer

EnregistrerEnregistrer

EnregistrerEnregistrer

EnregistrerEnregistrer

Et le SDEDA créa Valaubia !

Une enquête publique (quand même pas une consultation citoyenne, faut pas exagérer), mais dès qu’on nous annonce un frémissement de démocratie locale, nous on est preneurs… Alors un copain y est allé… et en est revenu avec une certaine amertume… Voici quelques impressions qu’il nous a transmises…

18H25 ! Je vais être en retard ! Je n’aurais probablement pas le choix des places . . .

J’appuie sur les pédales pour rattraper ce temps déjà perdu.

J’arrive avec 7 minutes de retard à l’Espace Didier Bienaimé de La Chapelle Saint Luc pour une information sur le projet de construction d’une UVE (Unité de Valorisation Energétique), façon apaisante de parler d’incinérateur.

J’entends la voix d’une femme dans le haut-parleur. Je longe les rangées de sièges qui me dominent et me cachent encore la scène. J’avance jusqu’à l’allée qui s’ouvre sur les intervenants à droite et sur le public à gauche.

Une hôtesse me remet un ticket imprimé de ces inscriptions « VALAUBIA / Réunion Publique / Lundi 26 mars 2018 – 18h30 / Coupon n° : 120 (écrit au stylo) ».

Je me tourne pour apprécier la participation du public. En effet, la salle est loin d’être pleine.

Manque d’intérêt ou manque de communication ?

Je regarde la scène. Une tablée de 3 hommes est en coin, au fond du plateau. Presqu’en face de moi, la voix est identifiée par une personne, l’animatrice de la soirée, qui se tient debout en léger retrait d’un homme dressé au pied d’un pupitre qui fait face à la salle. La speakerine est en train de présenter les 3 autres personnes (1 femme entourée de 2 hommes) assises, elles, devant l’auditoire.

Ce sont des représentants techniques et un responsable national de la société Veolia (leader mondial des services collectifs liés à l’environnement, n°1 mondial dans le domaine de l’eau et des opérateurs privés de transport public, et n°2 dans le domaine des déchets) sur le pôle “déchets”.

Je monte quelques marches et vais m’assoir au 3ème rang.

La présentatrice développe le cadre dans lequel cette réunion publique s’inscrit et les “règles du jeu” (déroulé de la soirée, modalités d’intervention et le temps imparti pour cette soirée).

Pour apprécier l’assistance, elle invite chacun à lever la main pour signaler sa participation à la réunion publique du 10 janvier dernier. Nombre des personnes présentes ce soir, étaient comme moi : c’était une première.

2 vidéos se succèdent pour vanter la pertinence du projet et les bienfaits que les 77 millions d’euros d’investissement vont apporter aux Aubois.

Madame Boeglin, Présidente du SDEDA (Syndicat Départemental d’Élimination des Déchets de l’Aube), est invitée à monter sur l’estrade. Elle rappelle les raisons de cette réunion publique (annulation de la 1ère enquête publique sur l’incinérateur), les obligations légales (la réunion publique en faisant partie) et l’historique du cheminement qui a abouti au projet sur le finage de cette ville.

La présentation est à l’image des vidéos qui ont été dévoilées : mesurées, alléchantes, dépourvues de failles . . .

Probablement afin d’assoir la sérénité qui semblait s’installer, les organisateurs avaient fait venir un spécialiste à l’origine d’une étude sur les conséquences des rejets de fumées d’un incinérateur dans le sud-ouest de la France. A l’entendre, le Maire de Bègles validait pleinement ses conclusions. Est-ce pour se rassurer lui-même ou est-ce pour rassurer la salle qu’il répétait (trop) fréquemment le nom de “Noël Mamère” ?

Le temps passait et la parole n’était toujours pas donnée à la salle.

L’animatrice revient sur “une question ; une réponse

Les premières questions du public arrivent enfin.

Le micro est remis aux personnes qui déclinent leur identité et leur commune avant de s’exprimer.

Les questions portent sur des problèmes très concrets (santé, coût, quantité, etc.) que se posent les gens, s’appuyant sur les présentations faites juste avant.

-«N’oubliez pas de redonner votre micro ! » rappelle la présentatrice avant d’inviter les intervenants à répondre. Il ne faut pas qu’il y ait de débordement.

Le copain courageux qui est allé affronter la communication véoliesque en a été tellement ébloui qu’il a oublié de prendre une photo… Alors un p’tit dessin, quoiqu’avec Véolia il soit difficile de croire au Père Noël 

Trois fois de suite, une personne est “invisible” lorsqu’elle demande la parole en levant la main. Connue pour être une militante contre le projet d’incinérateur, la manœuvre d’évitement semble l’irriter. Elle a la promesse d’être la prochaine écoutée.

Trop tard. La salle semble échapper aux organisateurs.

Avec ou sans micro, les un-e-s et les autres interpellent le SDEDA, Veolia et quelques Maires de communes qui s’enferment dans des réponses de plus en plus “convenues” et sans contenu.

Le frémissement s’amplifie. Les résistants au projet confrontent leurs données à celles des porteurs de ce projet.

Ces derniers révèlent un courrier du Gouvernement en réponse à une Députée du Département. Cette réponse lue est dénoncée comme non conforme à celle brandie par un opposant qui dévoile les “parties inadaptées” à son propre texte.

La salle s’insurge contre cette méthode et gronde son mécontentement.

Le micro est donné a un auditeur du premier rang qui se présente conformément à la procédure demandée plus avant.

Il se tourne vers la salle. Je le reconnais pour l’avoir entendu en 2017 lors d’une intervention en faveur du projet.

Snipper de la Présidente du SDEDA, il débute son lancinant couplet sur . . .

C’en est trop ! « une question ! une réponse !”

Les gens se lèvent. Les gens couvrent son déroulé et arrivent à le faire taire.

La séance est levée pour laisser les personnels de l’Espace Didier Bienaimé préparer la manifestation prévue ce mardi, dans ses murs

EnregistrerEnregistrer

EnregistrerEnregistrer

EnregistrerEnregistrer

EnregistrerEnregistrer

Diviser pour mieux régner

Le “moderne” Emmanuel Macron use des vieilles ficelles en restant silencieux derrière son Premier Ministre, Edouard Philippe, qui vient de lancer (ce vendredi et la semaine prochaine) “une grande consultation” auprès des élus de l’ensemble de la région concernée par le projet controversé de construction d’un aéroport sur la commune de Notre Dame des Landes en Loire Atlantique.

En recevant le rapport des Médiateurs, le 13 décembre dernier, Édouard Philippe a réitérée l’annonce faite par Emmanuel Macron d’une décision “claire, et assumée par le gouvernement” avant la fin du mois de janvier. Toutefois, il ne veut pas endosser l’échec politique qui pourrait découler d’une décision que la raison impose : celle d’optimiser l’aéroport existant de “Nantes-Atlantique“, moins coûteux et plus respectueux de l’environnement que la construction d’une nouvelle infrastructure aéroportuaire impactant des terres de culture. L’urbanisation détruit la surface d’un département tous les 7 ans.

Depuis 1963, c’est la première fois que cette issue est sérieusement évoquée.

Toutefois, cette hypothèse non confirmée (le Premier Ministre ayant reculé sa décision prévue initialement à la mi-janvier) n’invite pas au triomphalisme.

ZAD_NDDL_20180106Beaucoup de questions se posent, notamment celle des ZADistes, ces militants venus défendre physiquement la zone concernée depuis 6 ans.
Certains d’entre eux sont restés pour construire une société expérimentale “non-conformiste” (voir en cliquant sur ce lien) alors que la majorité s’est dirigée sur d’autres ZAD (Zones à Défendre) pour résister à leur spoliation par le système capitaliste et productiviste.

Les ZADistes ne sont pas des “humains sans règles” ! Au contraire, tous ces jeunes répondent à un idéal de vie exigeant que “la société” ne leur propose pas. Ils veulent être respectés et autonomes alors que l’organisation sociale dominante invite à la soumission.

Le mardi 2 janvier, le Ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, a dit sur Europe 1 que la ZAD devra être évacuée. Des propos confirmés sur l’antenne de LCI par la secrétaire d’Etat à la Transition écologique, Brune Poirson, qui a expliqué 3 jours après : “Il va falloir évacuer la ZAD, quoiqu’il arrive.”

Ainsi, le gouvernement, tout en assurant “privilégier le dialogue”, ne donne pas franchement les garanties d’une évacuation pacifique. Selon les informations de RMC confirmées ce vendredi 5 janvier à LCI, l’Etat serait en effet prêt à mobiliser 2 500 militaires et gendarmes afin de déloger les personnes présentes sur la ZAD qui s’opposeraient à tout accord. Dans leurs flashs, les journalistes de France Inter précisent même que le GIGN (Groupement d’Intervention de la Gendarmerie Nationale) viendrait en soutien.

Ces médias informent, bien sûr !

Ils informent qu’un problème réel est posé du fait de la montée en tension qui a duré pendant des années favorisant des excès de comportements de part et d’autre (au-delà de “l’opération César”, souvenons nous des manifestations qui se sont déroulées à Nantes). Ils cultivent déjà l’opinion publique comme quoi la résistance est à bannir. Tout le contraire des vœux des jeunes “modernes”.

Le journal L’express vient de publier un sondage (voir en cliquant sur ce lien) comme quoi 56% des Français seraient favorables à un recours “à la force” pour évacuer la ZAD.

La peur et la division restent bien le terreau de la gouvernance !