Faisons la fête à Macron : au départ de l’Aube…

On organise un car pour participer à la manifestation du 5 mai.

Clic pour voir le plan

 Départ de Troyes à 9 heures sur le Parc des Expositions : on a avancé l’horaire d’une heure pour pouvoir participer au pique-niue animations au Louvre ! 

RENDEZ-VOUS À 8 H 30 : SOYEZ À L’HEURE !

 

 

Clic pour voir le plan

Un arrêt à Romilly à 9 h 40

devant la bibiliothèque François Mitterand.

 

 

Co-voiturage à Bar sur Aube : rendez-vous 8h 00 place du Jard

Retour : on partira de Paris vers 18 h 30(Arrivée prévue à Troyes : 21 h30)

 

Prix par personne : 15

(Si c’est trop pour vous, vous pouvez ne payer que 10 €. Si c’est encore trop, envoyez-nous un petit mail, on va trouver une solution)…

De toute façon, on y va tous-tes !

(Si vous voulez et pouvez, tarif de solidarité de 20 € pour permettre à toutes et tous de participer !)

Le règlement se fait par chèque à l’ordre de l’AFPG. (Les lois de contrôle devenant de plus en plus strictes, on ne pourra accepter que des paiements par chèque : si vous ne pouvez pas, rapprochez vous d’un autre participant qui pourra faire un chèque pour plusieurs. Merci…)

Pensez à emmener votre pique-nique !

On n’est pas des champions de l’informatique … Alors si vous venez à plusieurs, remplissez un formulaire par personne… Merci !

LE CAR EST COMPLET !

 

Si vous souhaitez un renseignement  : aube.lafetamacron@gmail.com

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Et le SDEDA créa Valaubia !

Une enquête publique (quand même pas une consultation citoyenne, faut pas exagérer), mais dès qu’on nous annonce un frémissement de démocratie locale, nous on est preneurs… Alors un copain y est allé… et en est revenu avec une certaine amertume… Voici quelques impressions qu’il nous a transmises…

18H25 ! Je vais être en retard ! Je n’aurais probablement pas le choix des places . . .

J’appuie sur les pédales pour rattraper ce temps déjà perdu.

J’arrive avec 7 minutes de retard à l’Espace Didier Bienaimé de La Chapelle Saint Luc pour une information sur le projet de construction d’une UVE (Unité de Valorisation Energétique), façon apaisante de parler d’incinérateur.

J’entends la voix d’une femme dans le haut-parleur. Je longe les rangées de sièges qui me dominent et me cachent encore la scène. J’avance jusqu’à l’allée qui s’ouvre sur les intervenants à droite et sur le public à gauche.

Une hôtesse me remet un ticket imprimé de ces inscriptions « VALAUBIA / Réunion Publique / Lundi 26 mars 2018 – 18h30 / Coupon n° : 120 (écrit au stylo) ».

Je me tourne pour apprécier la participation du public. En effet, la salle est loin d’être pleine.

Manque d’intérêt ou manque de communication ?

Je regarde la scène. Une tablée de 3 hommes est en coin, au fond du plateau. Presqu’en face de moi, la voix est identifiée par une personne, l’animatrice de la soirée, qui se tient debout en léger retrait d’un homme dressé au pied d’un pupitre qui fait face à la salle. La speakerine est en train de présenter les 3 autres personnes (1 femme entourée de 2 hommes) assises, elles, devant l’auditoire.

Ce sont des représentants techniques et un responsable national de la société Veolia (leader mondial des services collectifs liés à l’environnement, n°1 mondial dans le domaine de l’eau et des opérateurs privés de transport public, et n°2 dans le domaine des déchets) sur le pôle “déchets”.

Je monte quelques marches et vais m’assoir au 3ème rang.

La présentatrice développe le cadre dans lequel cette réunion publique s’inscrit et les “règles du jeu” (déroulé de la soirée, modalités d’intervention et le temps imparti pour cette soirée).

Pour apprécier l’assistance, elle invite chacun à lever la main pour signaler sa participation à la réunion publique du 10 janvier dernier. Nombre des personnes présentes ce soir, étaient comme moi : c’était une première.

2 vidéos se succèdent pour vanter la pertinence du projet et les bienfaits que les 77 millions d’euros d’investissement vont apporter aux Aubois.

Madame Boeglin, Présidente du SDEDA (Syndicat Départemental d’Élimination des Déchets de l’Aube), est invitée à monter sur l’estrade. Elle rappelle les raisons de cette réunion publique (annulation de la 1ère enquête publique sur l’incinérateur), les obligations légales (la réunion publique en faisant partie) et l’historique du cheminement qui a abouti au projet sur le finage de cette ville.

La présentation est à l’image des vidéos qui ont été dévoilées : mesurées, alléchantes, dépourvues de failles . . .

Probablement afin d’assoir la sérénité qui semblait s’installer, les organisateurs avaient fait venir un spécialiste à l’origine d’une étude sur les conséquences des rejets de fumées d’un incinérateur dans le sud-ouest de la France. A l’entendre, le Maire de Bègles validait pleinement ses conclusions. Est-ce pour se rassurer lui-même ou est-ce pour rassurer la salle qu’il répétait (trop) fréquemment le nom de “Noël Mamère” ?

Le temps passait et la parole n’était toujours pas donnée à la salle.

L’animatrice revient sur “une question ; une réponse

Les premières questions du public arrivent enfin.

Le micro est remis aux personnes qui déclinent leur identité et leur commune avant de s’exprimer.

Les questions portent sur des problèmes très concrets (santé, coût, quantité, etc.) que se posent les gens, s’appuyant sur les présentations faites juste avant.

-«N’oubliez pas de redonner votre micro ! » rappelle la présentatrice avant d’inviter les intervenants à répondre. Il ne faut pas qu’il y ait de débordement.

Le copain courageux qui est allé affronter la communication véoliesque en a été tellement ébloui qu’il a oublié de prendre une photo… Alors un p’tit dessin, quoiqu’avec Véolia il soit difficile de croire au Père Noël 

Trois fois de suite, une personne est “invisible” lorsqu’elle demande la parole en levant la main. Connue pour être une militante contre le projet d’incinérateur, la manœuvre d’évitement semble l’irriter. Elle a la promesse d’être la prochaine écoutée.

Trop tard. La salle semble échapper aux organisateurs.

Avec ou sans micro, les un-e-s et les autres interpellent le SDEDA, Veolia et quelques Maires de communes qui s’enferment dans des réponses de plus en plus “convenues” et sans contenu.

Le frémissement s’amplifie. Les résistants au projet confrontent leurs données à celles des porteurs de ce projet.

Ces derniers révèlent un courrier du Gouvernement en réponse à une Députée du Département. Cette réponse lue est dénoncée comme non conforme à celle brandie par un opposant qui dévoile les “parties inadaptées” à son propre texte.

La salle s’insurge contre cette méthode et gronde son mécontentement.

Le micro est donné a un auditeur du premier rang qui se présente conformément à la procédure demandée plus avant.

Il se tourne vers la salle. Je le reconnais pour l’avoir entendu en 2017 lors d’une intervention en faveur du projet.

Snipper de la Présidente du SDEDA, il débute son lancinant couplet sur . . .

C’en est trop ! « une question ! une réponse !”

Les gens se lèvent. Les gens couvrent son déroulé et arrivent à le faire taire.

La séance est levée pour laisser les personnels de l’Espace Didier Bienaimé préparer la manifestation prévue ce mardi, dans ses murs

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Frédéric Pierru à Troyes

A l’invitation de la mutuelle Aubeane, Frédéric Pierru donnera une conférence à la Maison du Patrimoine, à Saint Julien les Villas, le jeudi 16 novembre 2017 à 18 heures 30.

Profitez de la lecture de cet article pour leur rendre une petite visite !
Clic pour consulter / télécharger le livret

 

Qui est Frédéric Pierru ? Voici la présentation qui en est faite sur la page de présentation du livret thématique sur la santé, dont il est le co-auteur : “Docteur en science politique, chercheur en sociologie au CNRS, Frédéric Pierru est un spécialiste des politiques publiques de santé et de la sociologie du champ médical.

Il est l’auteur de nombreux articles scientifiques et ouvrages. Il a notamment codirigé (avec André Grimaldi, Yvanie Caillé et Didier Tabuteau) l’ouvrage collectif, Le grand défi du système de santé. Les maladies chroniques, paru en mars 2017 aux éditions Odile Jacob.”

Ci-dessous une présentation vidéo du thème de la santé dans le programme L’avenir en commun

 

La réalité en pleine face ?

 

A chaque endoctriné sévissant au volant d’un bahut, d’une camionnette, d’une bagnole, ou tirant dans le tas ou se faisant péter les tripes en public, nous avons le droit à d’éternels débats stériles, à de maudites lois et décrets tout aussi liberticides qu’inactifs. On en parle moins évidemment voire pas du tout quand ça tombe dans de pauvres patelins secondaires. Ce qui compte avant tout c’est d’émouvoir, de faire chialer dans les chaumières, de faire pisser la pseudo-compassion des cloportes et de vite passer à d’autres faits tout aussi épouvantables. D’autres experts payés un smic l’émission de télé viennent disserter en rangs bien ordonnés, des marches blanches, des cellules psychologiques, des bougies… et puis ça recommence. Pendant ce temps, les possédants s’occupent de tout pour vous, et surtout d’entretenir cet état de fait. Des pauvres qui en tuent d’autres, ça émeut surtout… les pauvres.

D’un autre côté, moins vendeur médiatiquement et politiquement, on dénombre plus de morts au travail, plus de trucidés par la pollution, de crève-la-dalle, et bientôt plus de victimes du changement climatique par an que les guerres et le terrorisme en font. Le glyphosate ? Tout le monde en bouffe, en boit, en a dans le sang et les larmes, mais il n’est pas qualifié de terroriste. On l’interdit aux particuliers, mais les empoisonneurs de la FNSEA qui en utilisent par tonnes continuent à le répandre en toute légalité. Les camions transportant des trucs venus d’on ne sait où qui fument tout noir ? Pas terroristes non-plus, on préfère “vélibiser” quelques tocards de parisiens, punir le pécore qui n’a plus rien dans son bled que des maisons de chômeurs et doit rouler trente borne pour aller au taf s’il en a un ou faire ses courses à la ville en lui augmentant le gasoil. Nos déchets polluent ? Ben quoi, bandes de fainéants, achetez de la bouffe de merde dans des emballages pourris, du soda dégueu dans des bouteilles en plastoque mais n’oubliez pas de trier vos déchets. Les fabricants de toutes ces saloperies vous en remercient par avance car ils continueront à s’engraisser en vous les vendant. Votre gosse est gras comme une frite de chez MacDo ? Pas grave, qu’il marche un peu pour Halloween, le porte à porte ça fait maigrir et s’il se goinfre des bonbons Haribo en rentrant, vous saurez à qui vous en prendre. La sécu vous rembourse mal ? Bah, aller hop ! payez-vous une bonne mutuelle à prix d’or et privez-la de revenus, bientôt elle n’existera plus. Vous crevez au boulot ? De TMS, de harcèlement ? Mais continuez à y aller sinon vous crèverez à la rue.
Là, vous vous dites, et la relation entre le premier et le second paragraphe ? Peur de vous prendre la réalité en pleine face ? Relisez et réfléchissez.

Non, il n’est pas trop tard pour stopper le TAFTA

 

Communiqué d’Attac

“Le gouvernement a finalement annoncé son plan d’action pour « accompagner » l’application du CETA, traité de commerce et d’investissement entre le Canada et l’Union Européenne. Ce plan d’action ne répond pas aux grands risques engendrés par le CETA, notamment sur la santé, le climat et l’environnement, pourtant reconnus par la commission d’expert.e.s mandatée par le gouvernement. La stratégie du gouvernement n’est ainsi pas d’empêcher le pire, mais, en se plaçant sur le plan de la communication, d’éviter d’affronter les problèmes que pose l’accord. A l’heure où Emmanuel Macron veut se présenter comme leader international sur le climat, cette stratégie est inacceptable.”

Lire la suite du communiqué sur le site d’Attac France 

Collomb, le Ministre intestinal, enfonce le clou “bordélique”.

“S’ils veulent vraiment trouver un travail, les ouvriers de GM&S peuvent très bien aller travailler tous les jours à 180 kilomètres de chez eux”, a estimé Gérard Collomb ce dimanche 8 octobre sur BFMTV. La preuve : lui-même fait très souvent le trajet Lyon-Paris en TGV.

Je suis donc allé visiter sa page Facebook et je lui ai laissé ce petit commentaire.

Monsieur, je prends connaissance de vos propos sur les salariés GM&S et par extension sur tous les demandeurs d’emplois et j’aimerais que vous m’expliquiez comment peut-on faire 8 heures de présence sur le lieu de travail, 3h de trajet aller/retour, 7 heures de sommeil, environ 1h30 de préparation le matin, quelques courses, et en plus de tout cela, simplement avoir le droit de vivre, éduquer nos enfants, nous cultiver, faire l’amour, manger, pratiquer nos sports ou hobbies. Comment en outre payer en plus de nos charges, les trajets avec un misérable salaire, et trouver encore assez de moyens pour faire tout ce que j’ai cité plus haut, hormis, évidemment, faire l’amour à moins qu’il ne soit tarifé.

Nous sommes beaucoup à admirer vos propos et attendons donc votre aide en ce sens, mais comment faire car :
– nous payons nos frais, nos transports et nos véhicules,
– nous travaillons dur et souvent physiquement, ou
– nous nous battons à plus de 20 chômeurs sur le même poste,
– nous préparons nous-mêmes le repas familial,
– nous n’avons pas de chauffeur ni de personnel de maison…
– et pour l’immense majorité nous ne nous glandons pas la nénette à parader à la télé ou dans les salons feutrés des ministères, mais nous produisons tout ce dont vous jouissez sans trop vous fatiguer.
Sans explications précises de votre part, nous nous verrons dans l’obligation de foutre le bordel, cyniques et fainéants que nous sommes, en ayant bien conscience d’être des extrémistes qui désirent se payer des costards sans travailler. Mais peut-être que votre pensée est elle aussi trop complexe pour les illettrés que nous sommes ?

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Ministre d’État, Ministre de l’intérieur, mes sincères indignations.

 

Quatre mois de “Macron-économie”.

crayon

Pour éviter que notre mémoire ne s’efface au fur et à mesure que les mauvaises décisions économiques et sociales (1) du gouvernement s’accumulent, tentons un petit récapitulatif depuis le début du quinquennat.

Ordonnances sur le travail

  • Plafonnement des indemnités prudhommales pour licenciement illégal : c’est la prime à la fraude, une sorte de principe de faveur à l’envers. Plafonnement pour les patrons licenciant « sans cause sérieuse et réelle », mais diminution des indemnités pour les salariés licenciés. Dans les très petites entreprises (TPE de 1 à 10 salariés), le plancher des indemnités de licenciement est encore plus bas que dans les entreprises de plus de 10 salariés : un demi-mois de salaire pour une ancienneté inférieure à 2 ans ; un mois entre 2 et 4 ans d’ancienneté, etc. Le délai de recours est raccourci de deux ans à un an avec obligation pour le salarié de fournir préalablement un dossier complet.
  • Avec la remise en cause de la hiérarchie des normes, la négociation au plus près de l’entreprise va accroître la subordination des salariés à leur employeur et renforcer la tendance à l’individualisation de la relation salariale. L’aménagement du temps de travail avait déjà été inclus dans ce cadre par les lois précédentes, notamment Fillon et El Khomri. La négociation des salaires entre dans le périmètre de la compétence de l’entreprise, avec une extension du domaine des accords d’entreprise signés par des syndicats minoritaires. Dans les entreprises de moins 11 et de moins de 20 salariés si elles n’ont pas de délégué syndical (c’est le cas presque partout), le chef d’entreprise pourra organiser un référendum (dans la loi El Khomri c’était sur initiative des syndicats représentant 30 % des salariés). Dans les entreprises de moins de 50 salariés, les employeurs pourront négocier avec un élu du personnel non mandaté par un syndicat.
  • Le contrat de chantier : nouvelle manière de contourner le CDI sans supprimer les défauts du CDD. La négociation des contrats précaires se fera dans l’entreprise. Il y a présomption de légalité des accords d’entreprises, nouveau socle du droit du travail. Jusqu’ici les CDD relevaient de règles établies par la loi ; désormais ils relèveront de règles fixées au niveau des branches.
  • Rupture conventionnelle collective pour éviter les plans « sociaux ».
  • Périmètre national du bénéfice pour juger des difficultés de l’entreprise, sans tenir compte de l’implantation des multinationales : c’est la négation de la notion de consolidation des bénéfices.
  • Fusion des institutions représentatives du personnel avec diminution des moyens : en particulier, le Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT), outil au service de la protection des salariés, passe à la trappe. Globalement, la capacité d’expertise va être dégradée avec la création d’un unique Comité social et économique.
  • Que devient le compte pénibilité du travail  renommé compte professionnel de prévention ? À la demande du Medef, il sera « simplifié » par décret pour lui enlever les dispositions « inapplicables », comme la manutention de charges lourdes, l’exposition aux postures pénibles, aux vibrations mécaniques et aux risques chimiques. C’est ainsi que « l’obligation de suivi de l’exposition aux risques chimiques sera supprimée ». C’est cohérent avec la suppression des CHSCT !
  • Aggravation des conditions d’emploi des femmes, notamment par le recul de l’encadrement du temps partiel (auquel 31 % des femmes sont soumises) avec le contournement (déjà effectué dans certaines branches, notamment celle du nettoyage) du seuil minimal de 24 heures hebdomadaires).
  • Le candidat Macron avait promis d’étendre l’assurance chômage à tous les indépendants et de donner droit aux indemnités de licenciement aux salariés démissionnaires. Mais, baisse des dépenses oblige, le président Macron ne sait pas où trouver les « 8 à 14 milliards la première année » et les « 3 à 5 milliards les années suivantes ». Si l’on en croit la presse, pour alléger le coût pour l’Unédic, le gouvernement cherche à inventer un régime particulier comme il en existe pour les intermittents du spectacle. L’astuce consisterait à moins indemniser ces catégories que celles des chômeurs, au nom de l’idée que « universalité ne veut pas dire uniformité » (2). Il fallait y penser !

Au total, l’ensemble des mesures contenues dans les ordonnances et dans la loi qui les validera prochainement doivent être comprises comme une régression du droit du travail. Au-delà de celui-ci, il s’agit aussi d’une attaque brutale contre le travail lui-même, dans ce qu’il a de plus vivant, pour donner encore plus d’espace au capital, cette chose morte.

Fiscalité

Instauration d’une taxe forfaitaire de 30 % sur les revenus du patrimoine (dividendes, intérêts, loyers, plus-values), incluant les prélèvements sociaux : ils échapperont donc à l’impôt sur le revenu progressif (dont la tranche supérieure est imposée à 45 %). Plusieurs milliards de recettes fiscales en moins par an. Sans compter l’optimisation et l’évasion fiscales qui perdureront.

Transformation de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) en excluant la fortune financière, principale fortune des plus riches (71 % pour les 1 % les plus riches ; 84 % pour les 0,1 % les plus riches) ainsi que les objets de luxe (yachts, jets privés, voitures de luxe, œuvres d’art, chevaux de course…, certaines catégories étant encore en discussion), pour ne garder comme assiette que la partie immobilière : une perte de 4,5 milliards € par an de recettes fiscales.

Augmentation de la CSG de 1,7 point, dont le taux passera de 7,5 % à 9,2 % : cela pour baisser les cotisations sociales salariales maladie (0,75 %) et chômage (2,4 %). Au final, 60 % des retraités seront pénalisés, dès lors que le revenu fiscal de référence dépasse 14 404 € pour une personne seule et 22 095 € pour un couple. Le gain de pouvoir d’achat des salariés du privé atteindra 390 € par an pour un salaire brut mensuel de 2000 € et 1690 € pour un salaire brut mensuel de 20 000 €. Quant aux fonctionnaires, c’est la stagnation des salaires perpétuée.

Revalorisation des retraites de base de seulement 0,8 % en octobre 2017 (après le gel de 2016, une revalorisation de 0,1 % en 2015 et un gel en 2014), mais la prochaine revalorisation est renvoyée à janvier 2019. (3) Quant aux retraites complémentaires des salariés du privé, versées par l’Agirc et l’Arrco, elles devraient être normalement revalorisées au 1er novembre 2017, mais comme elles sont indexées sur l’inflation moins un point, il y a peu de chances qu’elles le soient cette année compte tenu de la faible inflation.

Suppression de la taxe d’habitation pour 80 % des foyers fiscaux (en deçà d’un revenu fiscal de référence de 28 000 € pour une personne seule et de 45 000 € pour deux personnes) : si l’assise de cette taxe n’est pas exempte de défauts puisqu’elle est vieille de plus de 30 ans, qu’est-il prévu pour compenser la baisse des recettes fiscales pour les collectivités territoriales ? D’autant plus que les annonces de coupes de dotations se multiplient.

Transformation progressive du Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) en baisse de cotisations sociales patronales : le CICE permet de déduire de l’impôt sur les bénéfices (IS) 7 % des salaires versés l’année précédente jusqu’à 2,5 fois le Smic. Il sera remplacé par une baisse de 6 points sur la part de la masse salariale inférieure à ce seuil. S’ajoutera une diminution de 4,1 points au niveau du Smic. Et le Medef n’est pas content : parce que, au contraire du CICE, la baisse des cotisations augmente le bénéfice comptable, donc potentiellement l’IS. Gageons que le patronat trouvera une astuce pour faire évader pas mal de choses… En attendant que la baisse du taux de l’IS de 33,3 % à 25 % promise en 2022 arrive…

Progression de la fiscalité environnementale : le litre de gazole taxé de 10,4 centimes de plus en 4 ans ; la Contribution climat énergie, dite taxe carbone, actuellement de 30,5 €/t/CO2, portée à 44 € en 2018 et 86 € en 2022. Ce pourrait être un bon signe, mais à quand la réaction des lobbies ? En attendant, le gouvernement prévoit de supprimer les aides « au maintien des agriculteurs biologiques »… Le marché y pourvoira, a déclaré le ministre de l’agriculture, Stéphane Travert. Le marché agricole, nouveau bon exemple de marché ? Sous l’impulsion du lobbying pro-glyphosate de la FNSEA ? (4)

Quant à la taxe sur les transactions financières (TTF) dont discutent depuis plusieurs années une dizaine de pays européens, elle est toujours dans les limbes, et le projet a même reculé puisqu’Emmanuel Macron a remis en cause le début d’accord en proposant à la place une « stamp duty tax », sorte d’impôt de bourse à l’assiette étroite, confirmant ainsi la disposition du projet de budget français 2018 qui renonce à étendre la TTF aux opérations spéculatives infra-quotidiennes.[11] L’obsession des financiers de Paris est d’attirer ceux de la City après le Brexit.

Politiques budgétaire et de dépenses publiques

Entre 15 et 20 milliards de baisse programmée des dépenses publiques, selon les annonces variables du gouvernement. C’est le signe de la poursuite des politiques d’austérité : 7 milliards de moins pour l’État, 5 pour la Sécurité sociale et 3 pour les collectivités territoriales. La loi de financement de la Sécurité sociale de 2018 exige de l’assurance-maladie une économie de 4,2 milliards. Le forfait hospitalier augmente de 2 euros par jour : la ministre des solidarités et de la santé, Agnès Buzyn, affirme qu’il sera payé par les mutuelles et « non par les Français » : or, qui paie les cotisations aux mutuelles, de plus non dépendantes des revenus, donc moins solidaires que celles à la Sécurité sociale ?

Diminution des « emplois aidés » de 440 000 à 200 000 l’an prochain (5) pour économiser 2,6 milliards d’euros (un emploi aidé coûte 11 000 euros par an). Cela dans le contexte où les dépenses de fonctionnement des collectivités locales s’élevaient en 2016 à 168,5 milliards d’euros, en baisse de 0,2 % par rapport à 2015, et les dépenses d’investissement à 45,5 milliards, en baisse de 3 %. Les restrictions apportées à l’accompagnement des « parcours professionnels, carrières et rémunérations », commencées déjà à la fin du quinquennat Hollande, se font en niant l’utilité de ces emplois, tant en termes d’utilité des services rendus que d’aides pour entrer dans l’emploi. De plus, qu’est-ce qu’un emploi aidé quand les exonérations de cotisations sociales représentent 52 milliards d’euros par an (CICE et Pacte de responsabilité inclus), auxquels vont s’ajouter 4 milliards en 2018 au titre de zéro cotisation au niveau du Smic ?

Diminution de l’aide personnalisée au logement (APL) de 5 euros par mois qui va toucher 6,5 millions de ménages, dont 800 000 étudiants. Ainsi, les HLM auront 1,4 milliard d’euro sen moins s‘ils répercutent la baisse des APL sur les loyers.

Le gouvernement annonce un plan de 57 milliards d’investissement (20 pour la transition écologique, 15 pour la formation des chômeurs et des travailleurs peu qualifiés, 13 au titre dernier plan d’investissement décidé par Hollande, 9 pour la transformation numérique des services de l’État, dont la santé). Sur quel laps de temps : le quinquennat ? Le financement de ce plan, dans un contexte de baisse des impôts, se fera par emprunt, alors qu’on n’a guère de visibilité des politiques du taux d’intérêt des banques centrales dans un proche avenir.

Le gouvernement table sur un regain de croissance économique (1,6 ou 1,7 % par an ?) avec en ligne de mire l’équilibre budgétaire « structurel » (hors aléas de la conjoncture), c’est-à-dire un équilibre variable en fonction des… variations. Absurde. Aussi absurde que de déclarer improductifs les travailleurs dans les services non marchands (6) et de considérer les dépenses publiques comme n’alimentant pas la demande vers toute l’économie (7).

L’absurdité se nomme aussi allégeance au dogme de la compétitivité et à celui du couple contradictoire concurrence/concentration : Alstom avait déjà vendu sa branche électricité à General Electric, sa branche TGV passe sous contrôle de Siemens, et les chantiers navals de Saint-Nazaire seront dirigés par Fincantieri. Aux politiques budgétaire, fiscale et sociale injustes s’ajoute une politique industrielle évanescente.

Le fondé de pouvoir et les fondus de pouvoir

Au bout de quatre mois, la preuve est faite qu’Emmanuel Macron est le fondé de pouvoir de la haute classe bourgeoise, bruyamment applaudi par le Medef. Même l’éditorialiste du Monde, Françoise Fressoz, qui durant toute la période électorale appelait à ce qui ne s’appelait pas encore le macronisme, commente : « Au bonheur des riches ! » (Le Monde, 28 septembre 2017).

Il faut être au moins professeur au Collège de France pour affirmer que le volet sécurité de la flexicurité est en marche pour les salariés, que le ruissellement de la richesse des riches vers les pauvres est à l’œuvre et que l’argent placé à la Bourse alimente l’économie (Philippe Aghion, France-Inter, 21 septembre 2017). Et, être professeur à Polytechnique et à l’ENSAE donne la légitimité de réclamer d’aller encore plus loin dans la libéralisation (Pierre Cahuc, « Le big bang n’a pas eu lieu », Le Monde, 26 septembre 2017) qui a conduit à la crise (8).

Le fondé de pouvoir a derrière lui des fondus de pouvoir voulant imposer leur magistère sur une science économique galvaudée, au point de considérer que la cause du chômage est le droit du travail, comme les accidents de la route qui seraient dus au code de la route, c’est bien connu.

                                                                                                                                       4 octobre 2017

 

(1) Nous laissons de côté ici les débats sur l’état d’urgence permanent, même s’il y aurait beaucoup à dire en matière démocratique.

(2) Étienne Lefebvre, Les Échos, 3 octobre 2017.

(3) La date de revalorisation avait déjà été repoussée de janvier à avril en 2009, puis d’avril à octobre en 2014.

(4) Dans Le Monde du 1er et 2 octobre 2017, Stéphane Foucart raconte (« L’expert doit-il être un plagiaire ? »), comment l’Autorité européenne de sécurité des aliments a validé le rapport d’évaluation du glyphosate remis par l’Institut fédéral allemand d’évaluation des risques, qui était lui-même un « copier-coller » des déclarations des « sociétés demandant la réautorisation du glyphosate ».

(5) Dans son entretien avec Libération, 4 octobre 2017, Édouard Philippe affirme que le nombre d’emplois aidés passera de 280 000 à 200 000.

(6) Sur ce point très discuté, voir Jean-Marie Harribey, La richesse, la valeur et l’inestimable ; Fondements d’une critique socio-écologique de l’économie capitaliste, Les Liens qui libèrent, 2013.

(7) Voir Les Économistes atterrés, Changer d’avenir ! Réinventer le travail et le modèle économique, Les Liens qui libèrent, 2017.

(8) Voir Attac, Par ici la sortie, Cette crise qui n’en finit pas, LLL, 2017.