JEFTA : interpellez vos eurodéputé·e·s maintenant !

Nous relayons ci-dessous un appel urgent du collectif Stop-TAFTA concernant le traité de libre échange UE-Jaoin, le JEFTA.

Démarrées en 2012, les négociations avec le Japon sont restées opaques jusqu’à leurs conclusions en septembre 2017. Un an plus tard, l’Accord de commerce entre le Japon et l’Union européenne (JEFTA) a été approuvé par le Conseil européen. Il doit être soumis à la ratification du Parlement européen entre le 11 et le 13 décembre prochain.

Or, seul le Parlement européen votera pour ou contre cet accord : à l’inverse du CETA, le JEFTA ne contient pas de partie sur les tribunaux d’arbitrages, les Parlements nationaux ne sont donc pas consultés. L’Union européenne négocie un autre accord en parallèle pour étendre les droits des investisseurs et l’instauration d’un mécanisme de règlement des différends entre investisseurs et États.

Alors que la Commission européenne justifie ce traité au nom de la croissance, espérant un gain de 0,76 % de PIB par an, une étude commanditée par le Gouvernement allemand prévoit quant à elle une croissance de 0,04 % du PIB de l’Union européenne. En revanche, les risques pour les citoyens sont réels :

  • Le JEFTA comporte un chapitre sur la coopération réglementaire, voie ouverte aux entreprises transnationales pour influer sur les réglementations nationales, notamment en matière d’agriculture, de droits sociaux, de protection de l’environnement, du consommateur et des données personnelles.
  • Il adopte l’approche des « listes négatives » pour la libéralisation des services : tout service qui n’est pas explicitement exclu de l’accord est considéré comme un marché ouvert. La défense des hôpitaux, écoles et transports publics n’est plus garantie si ces services ne sont pas explicitement protégés par les États.
  • Le JEFTA ne comporte pas de mécanisme de sanctions rendant contraignantes les normes sociales et environnementales référencées dans le chapitre sur le développement durable. Or le Japon n’a pas ratifié toutes les conventions fondamentales de l’OIT. Comment l’Union européenne peut-elle négocier un traité commercial avec un pays qui n’a pas signé la Convention 105 sur l’interdiction du travail forcé de 1957 ni la Convention 111 concernant la discrimination (emploi et profession) ?

Le Collectif Stop TAFTA-CETA France demande aux eurodéputé·e·s français·e·s de voter contre le JEFTA et de s’opposer à la logique des accords commerciaux secrets qui font passer les intérêts des entreprises avant tout !

Cliquez sur l’image pour aller sur la page, et signer l’interpellation à vos eurodéputés pour qu’ils disent non à cette nouvelle machine de guerre du libéralisme.

 

La télémédecine ne remplacera pas les moyens humains !

Grande nouvelle annoncée par Agnès Buzyn lors de sa venue à Troyes vendredi dernier : l’Aube sera un des plus grands centres de télémédecine du Grand-Est, selon Agnès Buzyn…

Bon, même en admettant que les promesses en ces temps de vote du budget de la sécu se concrétisent, ça va nous donner quoi ? Eh bien l’Est-éclair assure encore une fois le service après-vente de la politique gouvernementale : “La télémédecine se développe à grande vitesse car elle semble être l’un des moyens permettant de lutter contre les déserts médicaux.” Encore une fois, la technologie au service des économies comme solution à tous nos maux !

Qu’on nous permette d’être prudent… Un insoumis à qui j’en parlais me disait le scepticisme d’un de ses amis, exerçant dans le secteur libéral en milieu rural. Comme le dit cet excellent document de l’université suisse de Fribourg, “La qualité de la relation entre le patient et son médecin est un des déterminants majeurs de son succès et conditionne la réussite du traitement médical. La médecine est, par essence, un métier relationnel où toute erreur relationnelle mène à l’insatisfaction du patient et de son médecin. Plus grave, une mauvaise relation initiale peut conduire à une prise en charge inadéquate du patient susceptible de nuire à ce dernier.” Aussi notre ami évoquait-il deux difficultés réelles : la difficulté à évaluer la partie non verbale du questionnement à cause de la distance, et aussi la réticence que pourraient avoir des personnes le plus souvent éloignées des techniques nécessaires à ce type de procédure…

Et donc on va mettre la télémédecine en EHPAD… Mais de quoi donc se plaignent les personnels, qui sont en souffrance sans être entendus depuis des mois ?

Ce point de vue de la raison a été évoqué dans les débats sur le projet de loi de financement de la sécurité sociale par Adrien Quatennens.

Pour la France insoumise, les réponses aux déserts médicaux se doivent d’être humaines. Parce que nous voulons faire passer la santé d’abord  et pour tous , nous proposons une mesure concrète pour lutter contre les déserts médicaux.

Combler les déserts médicaux et créer un corps de médecins généralistes fonctionnaires rémunérés pendant leurs études, afin de pallier l’insuffisance de médecins dans certaines zones.

Pour en savoir plus sur nos propositions, lisez le livret programmatique sur la santé en cliquant sur l’image !

Hier matin à l’aube, ils ont arrêté Mimmo Lucano, maire de Riace

Ci-dessous un article de Babadicte Mondeville, dans Le club de Mediapart, sur l’arrestation honteuse du maire de Riace, Domenico Lucano, pour son attitude courageusement et radicalement humaine sur la question de l’accueil des migrants.

Domenico Lucano dit Mimmo a été arrêté hier matin sur ordre du procureur de Locri. Il est accusé d’ « aide à l’immigration clandestine ». Depuis deux ans Riace est dans l’œil du cyclone xénophobe qui s’abat sur l’Europe. Son maire et ses habitants n’arrangent pas les affaires de ceux qui entendent accéder ou se maintenir au pouvoir en répandant la peur et le mensonge raciste. D’ailleurs, Matteo Salvini, ministre de l’intérieur d’extrême droite du gouvernement ligue/5 étoiles, multiplie les déclarations belliqueuses à leur encontre. Une obsession qui a vraisemblablement conduit à l’arrestation de Mimmo Lucano, maire de Riace, petit village de Calabre au bord de la mer Ionienne.
L’histoire contemporaine de Riace commence en 1998 quand un navire de 300 migrants kurdes s’échoue sur ses côtes. Mimmo, qui n’est pas encore maire à l’époque, convainc son prédécesseur d’accueillir les réfugiés. Les habitants du village ont vu partir tant d’enfants sur les routes de l’exile. Ils savent ce qu’émigrer veut dire faute d’un avenir possible sur leur terre natale. Beaucoup regardent la mer avec défiance. Quand rendra-t-elle ce qu’elle a pris ? Le village se meurt même si l’été certains reviennent d’Allemagne, d’Angleterre, des Etats-Unis sur cette terre vaincue d’abord par les prétentions hégémoniques du Nord, ensuite par la mondialisation capitaliste. Alors ce jour de 1998, la mer rendait au village une partie des vies qu’elle lui avait volées.

Je suis allée à Riace pour la première fois en novembre 2017. Alors que nous approchions du village, j’étais frappée par la lumière vive et chaude à cette époque de l’année qui rendait le bleu de la mer si intense. Le paysage alentours déroulait toutes les nuances de jaune possibles. Le village est divisé en deux. La partie basse, Riace marina, et la partie haute juchée sur un monticule de terre blondie par le soleil. Le centre est là. Nous arrivons à l’heure du déjeuner accompagnés par le secrétaire de Rifondazione comunista pour la Calabre et d’une chercheuse en sociologie qui a fait de Riace un de ses terrains d’études. Sur la route, nous croisons plusieurs panneaux qui annoncent “Riace, village de l’accueil”. Nous débarquons sur la place principale devant une grande porte symbolique en fer forgé ; une grande porte, grande ouverte. La place est animée et nous ne pouvons pas ne pas remarquer la présence nombreuse d’hommes et de femmes visiblement d’ailleurs. Des enfants jouent en contre bas. Ils ont toutes les couleurs, toutes les formes de nez, d’yeux, toutes les textures de cheveux possibles. Ils jouent comme tous les enfants. Ils courent comme tous les enfants. Ils crient, en italien, comme tous les enfants qui grandissent ici, en Italie. Sur la place, nous rencontrons un journaliste allemand. Depuis que Wim Wenders a fait un film sur Riace qu’il a qualifié de seule utopie en acte en Europe, le village reçoit un certain intérêt. Le lendemain, j’y ferai la connaissance d’une française de Calais venue voir ce que le discours dominant dissimule en prétendant que c’est impossible : une communauté politique fondée sur le droit à la vie, le droit à l’avenir, pour tous. Mimmo nous attend. Nous le retrouvons dans sa mairie affairé à régler les affaires courantes, chemise bleu à manches courtes, jean et chaussures bateau. C’est son troisième mandat. La première fois les gens l’ont élu en connaissance de cause. C’est lui qui avait convaincu l’ancien maire d’accueillir les 300 naufragés Kurdes. Les deux autres fois aussi. Car l’histoire de son engagement est aussi celui de toute une communauté. Sauf, bien sûr, les collaborateurs de toujours. Une minorité qui se rétracte ou reflue en fonction des intérêts du pouvoir dominant.

Mimmo Lucano

À notre arrivée un vendeur de légumes nous lance en découvrant ses dents cariées d’un large sourire : « notre maire est un homme bien, il veut le bien du village mais certains voudraient le voir cuir dans un chaudron ». Mimmo est inquiet. Le procureur de Calabre l’a mis en examen pour abus de biens sociaux. En Italie, n’importe quelle commune peut donner sa disponibilité à accueillir des migrants auprès du SPRAR, le système national d’accueil des réfugiés. La plupart ne le font qu’à travers des structures d’accueil déléguées à des associations ou gérées plus ou moins honnêtement par des privés. Ces structures reçoivent 35€ par jour et par migrant pendant six mois pour subvenir à leurs besoins élémentaires ; logement et nourriture, en attendant que leur sort soit réglé (quand il l’est) par l’administration. Riace reçoit cet argent. Mais les délais sont longs et ces structures ou collectivités doivent emprunter aux banques en attendant les versements de l’Etat. Une solution que Domenico Lucano a toujours refusée. Pourquoi les banques devraient gagner de l’argent sur l’accueil des réfugiés ? Alors Riace bat sa propre monnaie, garantie par l’argent que l’Etat s’est engagé à donner. Sur ces 35€, la mairie prélève ce que lui coûte l’hébergement des hommes, des femmes et des enfants accueillis. À Riace, les volets des maisons laissées vacantes par les émigrants ont été rouverts par les immigrants. Le reste de l’argent leur est donné directement. Pourquoi devrions-nous décider pour eux ce qu’ils veulent en faire ? Acheter des pâtes plutôt que du riz, leur fournir de quoi manger et empocher le reste en sur-facturant comme ces structures trop nombreuses qui sont devenues de véritables instruments de spéculation sur le dos des migrants et de l’Etat. Aussi Mimmo ne demande pas à ses hôtes de fournir les justificatifs de tout ce qu’ils achètent. Et le procureur lui demande des comptes. Pourtant, il sait que les billets qui circulent, à l’effigie de Gandhi, Nelson Mandela, Che Guevara, Antonio Gramsci, Martin Luther King ou Peppino Impastato, journaliste sicilien assassiné par la mafia, ne peuvent s’échanger qu’ici. Il sait que les rideaux décatis des échoppes aux couleurs brulées par le soleil à force de rester baissés ont été repeints, que les terrasses des cafés ont ajouté des tables, que les rues du villages résonnent d’une effervescence nouvelle et que même les corps des vieux, assis sur la place, se sont redressés, gagnés par elle. Et qu’importe d’où viennent ces enfants qui courent, rient, crient autour d’eux pourvu qu’ils soient là. Qu’importe, puisqu’ils sont là et que la vie a repris.

Monnaie Riace

Mais le procureur s’en moque comme il se moque qu’alentours les mafias prospèrent en louant les bras au plus bas coût possible de milliers de migrants humiliés. Le premier rapport, commandé par lui, soupçonnait Mimmo de s’être enrichi avec l’argent du SPRAR. Un deuxième, demandé par la défense l’a contredit et proposé Riace comme modèle de l’accueil mais aussi de ce qu’il faudrait faire pour sauver ces terres que la modernité éreinte. N’empêche, Mimmo est inquiet. Il sait que Riace est menacé.

Nous sommes retournés à Riace cet été avec un ami sicilien, immigré en France il y a plus de 20 ans et une vingtaine de ses étudiants. Enthousiasmé par la politique d’accueil intelligente et humaine menée par Mimmo Lucano, il les a convaincus de l’accompagner. D’autant qu’ils participent tous d’une manière ou d’une autre d’une histoire de migration. Ce fut un moment d’une grande intensité. Les récits des migrants de Riace, arrivés d’Afghanistan, du Soudan, d’Irak, du Congo, d’Erythrée, du Kurdistan, de Syrie, du Cameroun, du Sénégal, … ont fait ressurgir les histoires de ces grands parents arrivés de Pologne avant la première guerre mondiale, ou d’Italie dans les années 20 dont ils fuyaient le régime fasciste à pied à travers les Alpes, du Maroc ou d’Algérie pour venir travailler dans les usines en France après la deuxième guerre. Il y eut des larmes et beaucoup de sourires, beaucoup de compassion et de chaleur humaine. De la colère aussi et de l’incompréhension devant les attaques répétées des autorités italiennes ces deux dernières années qui semblent s’être données pour objectif de faire disparaitre le modèle Riace et dont le dernier coup vient d’être porté. Car, depuis 20 ans, les habitants de Riace et son maire Domenico Lucano opposent au venin xénophobe un démenti cinglant en nous rappelant l’extraordinaire plasticité des sociétés humaines et en faisant la démonstration que l’accueil est un mouvement réciproque qui profitent aussi bien à ceux qui sont accueillis qu’à ceux qui accueillent. 

Le 6 octobre avec l’Aquarius

CI-dessous l’article que JLM consacre à l’Aquariums sur son blog !

L’Aquarius est désormais un nom connu. Ce bateau opère en Méditerranée depuis presque trois ans. Il a mené 230 opérations de sauvetage et secouru 29 523 personnes menacées de noyade. Ce sont des hommes, femmes ou enfants, migrants ou réfugiés, en danger de mort lors de la traversée de la Méditerranée. Compte tenu de sa mission et de l’état des gens au moment du secours, l’Aquarius opère en partenariat avec Médecins sans Frontières. Mais il est affrété par SOS Méditerranée. Cette association de sauvetage en mer n’a-t-elle pas reçu en 2017 le label «grande cause» de la part du gouvernement français ? Le même gouvernement qui aujourd’hui ferme les yeux à chaque fois que l’Aquarius en appelle à lui. Tels sont les hypocrites qui nous gouvernent !

Ces derniers mois, l’Aquarius a été la cible de lourdes manœuvres politiques pour mettre un terme à sa mission de sauvetage en criminalisant ses équipages. Après la fermeture des ports italiens, il y a une difficulté répétée à trouver un port sûr pour débarquer les rescapés. Enfin, l’Aquarius été attaqué par l’État sous le pavillon duquel il naviguait. Le navire s’est ainsi vu retirer deux fois son pavillon en un mois : d’abord par Gibraltar, puis par le Panama, sous pression de l’Italie. L’Italie de Salvini a en effet menacé de ne plus laisser entrer dans ses eaux un navire sous pavillon panaméen. Puis elle s’est plainte de ce que « le navire ait refusé de ramener les migrants et réfugiés secourus à leur lieu d’origine ». Or, le droit international ordonne qu’un navire débarque des survivants au port le plus sûr et le plus proche. Le prétexte juridique de l’Italie ne vaut rien. La seule raison d’agir contre le pavillon de l’Aquarius est politique.

Emmanuel Macron n’est pas passé loin de l’Aquarius quand il était à Marseille, avec Madame Merkel le 7 septembre dernier. Il annonçait incarner alors un grand mouvement «progressiste » face aux « nationalistes » Matteo Salvini et Viktor Orban. Mais « en même temps », il se faisait le plus proche complice de Salvini en jouant au Roi du silence. Il y a un an, il annonçait « Nous devons accueillir les réfugiés, c’est notre devoir et notre honneur ». Et en même temps, il refuse à plusieurs reprise de leur ouvrir les ports français. D’après ses propres mots, donc, le gouvernement français a failli à son devoir et terni notre honneur.

Les navires de sauvetage sont empêchés dans leur mission ; l’obligation de porter assistance en mer n’est donc plus respectée. La solidarité et l’humanité sont criminalisées, en mer mais aussi à terre comme on a pu le voir avec la persécution de Cédric Herrou. Sans pavillon, le navire ne pourra plus opérer. D’autres vies seront alors sacrifiées en silence aux portes de l’Europe. Les gouvernements se rendent donc coupables de non assistance à personnes en danger.

Porter assistance aux personnes en détresse en mer est une obligation que les États doivent respecter. Toutes les manoeuvres visant à criminaliser les sauveteurs et travailleurs humanitaires sont une honte. Qu’est-ce qui empêche les États européens d’octroyer un pavillon au navire pour permettre à l’équipage de l’Aquarius de reprendre sa mission de sauvetage ? Pourquoi refuser d’établir un modèle de sauvetage européen en Méditerranée, incluant un mécanisme prévisible et pérenne de débarquement des rescapés dans un port sûr ?

Des êtres humains meurent en Méditerranée chaque jour ! Neuf morts par jour ! L’Aquarius, avec le soutien de la société civile, tente de les secourir. C’est le moment d’agir. Face à la défaillance des gouvernement européens, c’est au peuple de se mobiliser. Pour cela on peut donner sa signature à la pétition internationale lancée par SOS Méditerranée. Il faut aussi rejoindre les rassemblements qui auront lieu dans toute l’Europe le 6 octobre prochain. Soyons nombreuses et nombreux dans toute la France à le faire. Nous ferons des « vagues oranges », couleur des gilets de sauvetage et de l’Aquarius. Ou bien les mots « humanité universelle » ne veulent plus rien dire.

Attention : il y a deux pétitions, celle de SOS Méditerranée demandant l’octroi d’un pavillon par un état européen, et une autre (que nous reprenons sur le site ici) demandant que la France fasse, à son honneur, cette démarche.

Hambourg : 30 000 personnes contre le racisme…

Au moment où des petites phrases ont semé un trouble légitime parmi les Insoumsis-e-s du département, on ne peut plus se prétendre être un mouvement et rester dans l’entre-soi.

Alors nous avons décidé d’en parler, et d’ouvrir le plus possible le débat dans ces colonnes. Mais pour l’introduire il nous semblait légitime, à l’encontre des media bien pensants prêts à reprendre au plus vite les antiennes les plus imbéciles, que le peuple allemand est un peuple anti-fasciste dont nous sommes résolument solidaires.

La présente dépêche vient du bureau de l’agence Pressenza à Athènes, elle a été traduite du grec par nos soins.

“Le racisme vous cause un tort terrible, à vous et à vos proches” 

Un des slogans, avec “En force contre les nazis” : voilà ce que l’on pouvait lire sur deux des centaines de pancartes avec lesquelles ont défilé 30000 personnes ce samedi à Hambourg.

“La marche contre le racisme” regroupe 450 organisations, qui ont revendiqué la sécurité des passages, l’apport d’une protection aux réfugiés, la fin des expulsions et le frein à la montée de l’extrême-droite et du fascisme en Europe.”

Retenons encore cette photo : 

Notre classe ne se connaît pas d’étrangers !

La forêt ? les réponses de l’Avenir en Commun

Le programme L’avenir en commun aborde en ces termes la question de la forêt.

La France possède l’une des plus importantes forêts d’Europe. Mais nous importons chaque année du bois pour construire des meubles ou des maisons ! Pire, la forêt française est progressivement abandonnée à la finance. Ce joyau mérite une autre politique, écologiquement soutenable et utile pour construire une filière bois créatrice d’emplois locaux.

Nous proposons de réaliser les mesures suivantes :

Pour aller plus loin, et mieux connaître les positions de la FI sur cette question, vous pouvez consulter et télécharger le livret programmatique sur La forêten cliquant sur l’image ci-dessous.

 

Joigny : l’évasion fiscale avec Bastien Lachaut

Le GA de Saint Julien les Villas a décidé d’organiser un co-voiturage pour y aller…

Vous pouvez passer par le site national : https://agir.lafranceinsoumise.fr/evenements/a81e40ff-0ceb-4c16-8dfe-9b51ab03adfb/

ou bien contacter le GA de Saint Julien en renseignant le formulaire ci-dessous

 

Gauche pa[t]éthique !

A tous nos lecteurs et lectrices qui ont eu sous les yeux le dernier article fracassant du capitaine Tricasse dans la Dépêche de l’Aube n° 1497 du 1er juin 2018, une petite réponse que nous a fait parvenir la “mouche du coche”. Mais avant de vous en proposer la lecture, les Insoumis-e-s de l’Aube tiennent à témoigner de leur estime et de leur amitié à toutes celles et ceux qui, au-delà de leurs convictions partisanes, luttent fraternellement pour un monde meilleur et plus solidaire, en un mot pour l’humain d’abord.

Dans la rubrique « écoutez-voir » de la Dépêche de l’Aube du 1er juin 2018, la France Insoumise est mise à l’honneur par « le capitaine Tricasse ». « Mise à l’honneur » est peut-être un abus de langage de ma part. Nul n’est parfait, et encore moins s’il est « insoumis ».

La science des lettres n’étant pas ma culture de base (je suis avant tout un manuel), je vais toutefois chercher à me mettre sur le même niveau pour répondre à cet interlocuteur, possible cadre militaire d’une armée toujours en manœuvre. Nous savons tous que si nous souhaitons la paix, il faut se fier aux militaires ! ☺

Mon Capitaine !

Simple fantassin volontaire pour le renversement de la dictature du capitalisme et de ses représentants, je puis vous assurer que mes compagnons d’arme semblent être aussi valeureux que vos troupes. S’ils apparaissent intervenir comme l’armée mexicaine, ils savent toutefois aboutir à des résultats qui pourraient faire des envieux.

Leur manière d’obtenir l’adhésion des Gens (le Peuple) s’inspire de ce que vous confondez avec un lombric (espèce animale toutefois nécessaire à l’aération du terreau). Le « φ » invite les gens à prendre de la hauteur pour mener leurs actions de transformation. Mes compagnons ne se sentent en rien supérieurs ou inférieurs à ceux qui arborent « un bélier » et « un serpent », ou une fleur, qu’elle soit rose ou ensoleillée.

Ces militants amateurs sont des résistants à l’adversité, à la perversité et à l’ignominie dont savent faire preuve leurs adversaires. La difficulté que rencontrent ces battants, est de discerner le «compagnon de lutte» du «trublion de pute» (celui qui se montre vierge pour coucher). Ils souhaitent tous simplement se faire respecter dans leurs singularités sans se tromper d’adversaires.

Mon Capitaine !

De quelle engeance êtes-vous pour colporter ce que nos adversaires communs utilisent : le discrédit sur une opposition pertinente contre la tyrannie d’un système autocratique dépourvu d’humanité ?

Pourquoi jouez-vous ce jeu d’insulter nos militants qui ne font rien d’autre que de chercher à se faire respecter pour mener à bien leur objectif ?

Pourquoi vous installez-vous comme donneur de leçons en insultant le travail qu’ils réalisent, une première fois en le détruisant, puis une seconde fois en les rendant responsables de vos propres insuffisances ?

La conclusion de votre texte est du même tonneau.

Arrêtez vos mensonges et vos supercheries !

Ayez un peu d’éthique, s’il vous plait !

Il faut que vous soyez en grande souffrance pour utiliser de vils propos méprisants à l’endroit de notre mouvement et de ceux qui le composent. Ces derniers, bonne pâte, ne manquent pas d’empathie envers les Communistes que vous représentez.

Quel avenir pourront construire nos mouvements pour contrer nos adversaires communs ?

Conservons que la situation des gens est une préoccupation commune.

(Parce que ça nous chatouille et nous gratouille)

La mouche du coche (moins prédatrice que le « moustique-tigre »)

***

Petite remarque additionnelle du rédacteur (pas en chef, surtout pas chez nous !) du blog : ce genre de métaphore animale et reptilienne nous rappelle de bien tristes errements oratoires et politiques…. Cliquez sur l’image pour voir un texte tout en finesse (ça nous changera) du site mots surannés sur cette tristissime vipère lubrique que nous pensions avoir enterrée, et disons-le tout net, pour reprendre ce genre de vocabulaire, nous préférons de loin la version de Jean Ferrat, dont nous partageons la conception glorieuse de la France, notre France !

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Démocratie formelle ou Démocratie réelle

27.03.2018 – Paris Rédaction France

Démocratie formelle ou Démocratie réelle

Lors d’un café avec quelques amis, Sabine Rubin, députée de la France Insoumise, nous a proposé de réfléchir à quelques thèmes essentiels aujourd’hui pour l’action politique. D’abord, je voulais la remercier de me donner cette occasion car je n’ai pas eu l’opportunité ces dernières années d’ordonner mes pensées sur cette question essentielle de la démocratie.

Par Denis Dégé

Cet article est rédigé pour aider à un projet de « Camionnette » qui va permettre à Sabine de se déplacer dans sa circonscription, d’échanger et de soutenir les habitants qui voudraient mener des actions contre des injustices ou pour défendre des droits… Je me suis imaginé dans cette camionnette, à la rencontre de gens comme j’en vois tous les jours autour de moi. Souvent, nous avons de bonnes intentions, mais nous sommes submergés par une sorte de fatalisme, répétant les discours des formateurs d’opinion, dubitatifs, quelquefois effrayés par le futur et sur ce qu’il y aurait lieu de faire. Je me propose donc de laisser librement s’exprimer mes opinions… laissant à celui qui voudrait approfondir la possibilité d’étudier, de discuter…

Il m’a semblé que l’un des moteurs de mon action, dans ma relation aux autres, que ce soit dans mon quartier, ou auprès d’amis humanistes dans différentes régions du globe, était la recherche d’une nouvelle forme d’être, d’être vers l’autre. Mes activités sociales comme mes recherches, sont motivées par un désir de justice sociale et de cohérence personnelle entre mon attitude et mes aspirations. De plus, je ne crois plus aux vieilles recettes des partis pour pouvoir offrir une solution à tous les êtres humains qui souffrent de la faim, de la guerre, de la maladie, du désespoir ou de la solitude, toute ces situations cruelles et insupportables.

Pourtant, je reste optimiste, parce qu’avec l’expérience, j’ai constaté qu’il y a un nouveau phénomène humain qui se fraie un chemin. Lentement, mais inexorablement l’être humain sort de la caverne[1] (Tant que nous nous battons encore pour du combustible et laissons les autres mourir de froid, de faim et de solitude, nous sommes encore dans la préhistoire !). Et si l’on parle de « démocratie », j’expérimente dans certaines communautés, certains mouvements, certaines associations et relations sociales le germe d’une nouvelledémocratie réelle.

Le constat du désastre démocratique, humain et planétaire est partagé par toujours plus de personnes, mais nous nous sentons démunis face à ce tableau noir.  Pourtant, il y a des solutions, j’en aborde ici quelques-unes. Pour que les générations futures puissent envisager de Vivre, on peut se poser la question de la démocratie, car c’est de cette question que découle toute organisation humaine qui pourrait permettre une issue.

Les raisons et les conséquences de la démocratie formelle

Aujourd’hui, on ne sait plus très bien ce qu’est exactement une démocratie, puisqu’elle est réduite au thème de la représentation, des partis, des élections. En outre, le sentiment général est que la démocratie recule et a été confisquée au peuple souverain par les forces de la Finance, par les médias et par les coupoles (les décisionnaires) des partis politiques. Le pouvoir politique est réduit à appliquer la politique économique d’une minorité, qui n’a pas de véritable représentativité démocratique. Les femmes et hommes politiques eux-mêmes, lorsqu’ils sont « élus » ne représentent plus la majorité de la population, du fait de l’abstentionnisme, du nombre croissant de non-inscrits, des votes blancs ou nuls. [2]

En France, l’État utilise abondamment le recours aux ordonnances qui permet de passer en force, altérant complètement le rôle et la fonction de l’Assemblée législative. « Il n’y a aucun contrôle de la fonction présidentielle. Ce régime est celui de la dépossession du peuple de sa part de souveraineté politique. En République, il n’y a pas d’autre souverain que le peuple. Pourtant, dans les faits, c’est tout le contraire qui se produit. L’exemple le plus connu et le plus scandaleux est celui du référendum bafoué du 29 mai 2005, lorsque la France a rejeté le traité constitutionnel européen ; à peine trois ans plus tard, le traité de Lisbonne, copie conforme du traité rejeté, était ratifié en catimini. »[3]

Texte : Le système

Le recul de la démocratie tient surtout au fait que la doctrine économique du libéralisme est mise au centre de tout. L’économie telle qu’elle est expliquée et imposée par les protagonistes du « libéralisme » n’est pas une science[4], mais plutôt une « croyance religieuse » avec un dieu placé au centre de toutes les préoccupations. Ce dieu de la finance et du Libre-marché a écarté les autres priorités nécessaires à l’équilibre humain et planétaire comme l’éducation, la santé, les conditions de vie, la culture, etc.

Les chocs produits par les crises financières et le terrorisme ont été les grandes justifications pour réduire la démocratie. D’un côté, on limite les possibilités de manifester ou de faire grève. D’un autre côté, on utilise les médias pour créer des boucs émissaires et conduire les citoyens à considérer que celui qui vit dans la misère ou souhaite échapper à la guerre est dangereux et est responsable des crises. En revanche, les gouvernements et les médias à leur solde se gardent bien d’expliquer le danger que représente pour les citoyens ceux qui accumulent les biens, les capitaux, les pouvoirs. Leur action prédatrice est pourtant la source du déséquilibre, de la pauvreté ou des guerres.

Enfin, au lieu d’occuper des territoires et d’engendrer des conflits pour y installer la « démocratie formelle » ou des dictatures favorables aux marchés, et, soi-disant, lutter contre l’intégrisme religieux, on devrait « travailler pour faire fonctionner la loi et la justice, aussi imparfaites qu’elles soient, au lieu de durcir les lois et les dispositions répressives qui tomberont aux mains de ceux-là mêmes qui font obstacle à la loi et à la justice »[5]. Enfin, on observe depuis plusieurs années déjà que l’étape qui se profile en réponse au libéralisme économique et à la démocratie de façade, est celle d’un populisme de l’extrémisme, outrancier et violent.

De plus, le phénomène intéressant et inévitable de la mondialisation permettrait d’envisager dans une coprésence et convergence des peuples, la naissance de la nation humaine universelle. Mais, en concentrant le pouvoir, les moyens de production et les ressources entre les mains de quelques-uns, ceci s’est transformé en globalisation qui porte préjudiceaux régions, aux Etats et aux municipalités, et ne répond pas aux nécessités, même les plus vitales, des personnes.  Ce système globalisant violent s’est amplifié jusqu’au moindre recoin de la planète, apportant ses conséquences désastreuses sur la vie humaine, et allant jusqu’à menacer l’avenir de la planète[6].

 La Démocratie locale, là où s’expérimente la démocratie réelle

La réelle démocratie met l’accent non seulement sur la représentativité mais aussi sur l’organisation de la base sociale[7]. Dans cette forme organisative, le plus important c’est la municipalité et le quartier, ainsi que les fronts d’actions ou organisations convergentes entre voisins, ou à l’intérieur des entreprises, des hôpitaux ou des universités.

Le cœur de la démocratie devrait être la municipalité et les quartiers, car les décisions et les actions du conseil municipal ont un impact direct et concret sur la vie quotidienne des habitants. C’est à cette échelle qu’il est possible de donner la réponse la plus adaptée aux nécessités des gens. De ce fait, les budgets alloués aux communes et aux régions devraient être conséquents, ce qui, par ailleurs, réduirait la corruption et le gaspillage que génèrent les pouvoirs centralisés, ainsi qu’un meilleur contrôle. Il pourrait y avoir une commission pluraliste, composée d’habitants tirés au sort, qui pourrait réguler l’action des élus. L’orientation devrait correspondre aux aspirations de la population, et placer en priorité la santé, l’éducation et la qualité de vie des habitants.[8]

Fomenter la compétitivité des personnes et des entreprises pour atteindre les sommets de la pyramide politique et économique se révèle totalement inefficace. La mission et le but, économique et politique, de développement humain et de progrès est un échec[9]. Il est donc urgent de rendre possible l’avènement d’une réelle démocratie. La recomposition du tissu social, qui passe par la valorisation et l’augmentation du travail à vocation sociale, est le plus important à réaliser. Les habitants peuvent y contribuer à travers des fronts d’action dans les domaines du travail, du logement, des syndicats, de la politique et de la culture. Si on intègre les principes de cohérence et de simultanéité du changement social et personnel, on peut alors créer les conditions pour l’insertion des différents groupes, individus et forces progressistes sans que ceux-ci ne perdent leur identité ou leurs caractéristiques propres, dont l’objectif sera de promouvoir l’union des forces capables d’exercer une influence croissante sur de vastes couches de la population.[10]

On peut construire de nouvelles formes d’organisations horizontales structurées, pour cela, il sera nécessaire que les partis politiques se convertissent en mouvements sociaux.

La démocratie réelle à construire

En plus du processus électoral, on doit favoriser la consultation de la population par le biais de référendums, en prenant soin d’informer complètement et de manière contradictoire sur le sujet qui lui est soumis. Le processus électoral doit être ouvert à toutes les personnes vivant sur un territoire et qui contribuent par leur travail, leur investissement et leurs impôts au développement de la collectivité. On doit également favoriser la possibilité de constituer des forums, dans lesquels les citoyens puissent réfléchir, échanger et s’organiser. Dans toute l’organisation, la reconnaissance de la diversité religieuse, sociale ou culturelle doit être reconnue et défendue.

Si l’on privilégie la base sociale, le rôle de l’État ou de toutes les autres associations politico-économiques (comme l’Union Européenne) doivent n’avoir qu’un rôle de représentation, de coordination et de solidarité. Les institutions, comme le pouvoir judiciaire, doivent être indépendantes du pouvoir politique, équitables et protéger les droits humains. L’armée doit être au service du peuple et doit répondre à une mission humanitaire de protection de la population.

Dans la démocratie réelle, le rôle de l’élu est d’être au service des gens. Il incite la population à s’exprimer, il l’informe, il l’écoute, il recherche le consensus. Il impulse la participation de la population dans les décisions. Il rend compte à la population du résultat de son action. Tout élu peut être démis de ses fonctions s’il n’accomplit pas sa mission dans l’intérêt de tous, sans distinction de condition, d’origine, etc.[11]. Il sera nécessaire d’avoir des représentants ayant une expérience sociale et humaine. De fait, les secteurs associatifs, syndicaux, du domaine de la santé et de l’éducation ou de l’économie solidaire regorgent de compétences et de savoir-faire techniques qui pourraient être mis au service de l’intérêt général.

Il existe encore aujourd’hui des personnes qui croient sincèrement qu’une réponse au désastre humain ou écologique pourrait venir des responsables politiques actuels, ou de « jeunes » leaders se présentant comme « la nouvelle alternative », qui transformeraient les anciennes organisations politiques. C’est naïf, car toute la « formation » de ceux qui accèdent au centre du pouvoir est basée sur une théorie naturaliste de l’Être Humain. Pour eux, nous serions à peine plus évolués qu’un animal, ce qui justifie la violence, les inégalités et la manipulation future d’êtres humains considérés comme objets de production et de consommation. Ces formateurs d’opinion ignorent le plus souvent les apports récents sur le fonctionnement du psychisme humain, sur l’intentionnalité de la conscience[12] ou sur la fonction interne de l’image.[13]

Si l’on prend conscience de ce qu’est l’être humain et de son incroyable potentiel, la tâche de résister aux violences (violence physique, religieuse ou raciale, mais aussi violence économique, sexuelle, psychologique et morale) dans notre propre milieu et dans notre sphère personnelle apparaît alors essentielle. Dans le chaos actuel, le choix délibéré de chaque être humain se transforme en action décisive pour le destin de l’espèce. La conscience humaine ne pourra pas supporter la violence et la fermeture de son futur. Elle cherchera des moyens et des issues pour pouvoir continuer son développement. La véritable démocratie n’est qu’une des multiples expressions de l’intentionnalité humaine, mais une nouvelle organisation humaine faisant converger toutes les intentions, toutes les actions progressistes et les actes de désobéissance, dans la construction d’un réseau humain constituerait la base de la Nation Humaine Universelle[14]. Celle-ci alors dépassera les structures du pouvoir qui ont mis en danger l’avenir de l’humanité.

Cette direction, vers une nouvelle organisation humaine, ne peut se bâtir sans mettre un point d’honneur à la transformation du système éducatif au sens large (éducation, formation, médias) qui fait naître « la bonne connaissance », un savoir qui a pour dessein de dépasser la douleur et la souffrance. Toute connaissance devrait atteindre la justice, la réconciliation, et permettre de déchiffrer l’extraordinaire et très sacré potentiel qui existe au fond de chaque être. Pour ce qui est de l’éducation des plus jeunes, une base possible pourrait être la théorie et la pratique de l’apprentissage intentionnel, comme le propose et le développe le COurant PEdagogique HUmaniste (COPEHU[15]).

 La condition du changement social et personnel simultané

Le changement social ne peut se réaliser si la moitié de la condition pour l’atteindre n’est pas mise en œuvre ! En effet, la démocratie est d’abord une question intime et personnelle. La violence dans le monde est le reflet de la contradiction intérieure de chaque être humain. Nous pouvons, par exemple, observer combien chaque acte du quotidien est empoisonné par la vengeance (nous vivons en voulant rejeter sur d’autres le préjudice que nous aurions subi jadis). Cela enchaîne notre vie, mais aussi nos relations et, en fin de compte, toute l’humanité. Si on parle de reconstruire le tissu social en partie détruit par l’égoïsme et la violence, il est nécessaire de voir sur le plan psychologique ce que nous devons changer dans notre comportement personnel, de comprendre l’origine des conflits intérieurs et avec nos proches.

Sur le plan existentiel, nous devons comprendre qu’il y a une vocation, un dessein, un esprit qui nous donnent la force d’agir dans la meilleure direction. Quand on connecte à cette profondeur de l’esprit humain, nous gagnons en force.

En observant combien nous sommes enchaînés, nous pouvons incorporer parallèlement « de nouvelles pratiques », germes d’une démocratie réelle. Celle-ci se construit autour des deux principes que sont la Règle d’or et la cohérence[16].

– La Règle d’or est un principe universel présent dans toutes les cultures dans leur aspect humaniste qui dit : « Traite les autres comme tu aimerais être traité ». En fonction de ce principe, si je regarde mes actes quotidiens, je comprends que je ne peux construire mes relations et mon action qu’avec une atmosphère caractérisée par « l’affection ». Nous devons retrouver dans nos relations, dans nos quartiers et avec les autres cet esprit de « Communauté[17]« , en nous rendant compte combien notre avenir est commun à tous, comment de la joie de l’autre dépend mon bonheur !

– Penser, sentir et agir dans la même direction, ce principe de cohérence est la base de tout acte intentionnel. Souvent, il y a une grande contradiction entre nos pensées, nos sentiments et nos actes. En unifiant notre vie, nous nous sentirions en accord avec nous-mêmes, nous aurions confiance en nous-mêmes. Nous aurions alors une influence positive sur ceux qui nous entourent.

Nous constatons que bien des politiciens agissent, sentent et pensent dans une direction destructrice. C’est le cas des racistes, des exploiteurs, des fanatiques et des violents mais aussi de ceux qui les soutiennent par leurs actes, leur vote, leur docilité ou leur silence. Leur incohérence dans la relation est évidente, parce qu’ils traitent les autres d’une façon très différente de celle qu’ils veulent pour eux-mêmes.

Par une méditation simple (en révisant par exemple chaque jour les actes que nous avons réalisés), nous pouvons très bien changer nos comportements et réparer les préjudices que nous pourrions avoir occasionnés, revenir le lendemain vers les autres d’une nouvelle manière et se proposer de réparer. Par cette intention soutenue, même si nos progrès peuvent paraître lents, nous finissons par observer qu’il est possible d’établir une nouvelle relation à l’autre, qui n’est plus pyramidale mais horizontale, dans un lien d’entraide et de compréhension. Les changements que nous désirons dans le monde, en faveur d’une réelle démocratie, de la justice sociale, ne peuvent pas être projetés dans l’abstrait, mais à partir de la situation que nous vivons et de notre comportement personnel.

Pour qu’une démocratie réelle voie le jour, il est nécessaire de mettre l’intention sur les organisations de bases, d’encourager les communautés de voisins, de travailleurs ou d’étudiants qui formeront des fronts d’actions. Ces communautés ne peuvent se construire que sur l’idée d’un changement social et personnel simultané, sur la reconnaissance de la diversité et sur une organisation horizontale structurée. À partir de ces organisations de base, on tendra à créer des organismes qui coordonneront et solidariseront les initiatives. Enfin, la finalité recherchée devrait être de construire un grand ensemble humain : La Nation Humaine Universelle, qui tendra à dépasser les anciennes structures violentes et pyramidales. Dans ce cadre, les anciens partis devront laisser la place à des mouvements sociaux, qui auront pour vocation d’établir la démocratie réelle, avec des élus qui ne seront préoccupés que du progrès humain, dont la jauge sera la qualité de la santé, le niveau d’éducation et l’amélioration des conditions de vie. Une nouvelle éducation accompagnera le développement de la conscience humaine. Cette Bonne Connaissance permettra de dépasser la douleur physique par le progrès de la science. On comprendra enfin la profondeur de l’Être-Humain et les capacités encore inutilisées de son psychisme, ce qui manque aujourd’hui pour pouvoir se développer dans une société harmonieuse.

À un moment du processus historique, une minorité a volé son pouvoir à l’être Humain, elle a commencé à le chosifier et à le violenter. Aujourd’hui nous avons bien avancé dans la compréhension de notre histoire, de notre psychisme, et dans nos connaissances… alors le moment est venu de nous demander si nous voulons vivre, et dans quelles conditions.

 

Notes

[1]      Référence à la fois à la période que nous traversons, où il semble que la véritable histoire humaine n’en soit qu’à ses balbutiements, et au mythe de Platon, l’allégorie de la Caverne, qui décrit très bien, l’ignorance ou le sommeil dans lequel nous vivons. http://plato-dialogues.org/fr/tetra_4/republic/caverne.htm

[2]     Si le vote blanc était reconnu et en prenant en compte le vote nul ainsi que l’abstention, le Président de la République, Emmanuel Macron n’aurait réuni que 43,63 % des suffrages du corps électoral français, sans compter les 9,5 millions de personnes non-inscrites. http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2017/05/08/et-si-les-resultats-de-la-presidentielle-avaient-pris-en-compte-le-vote-blanc-ou-l-abstention_5124412_4355770.html

[3]      Livret de La France insoumise sur le thème de l’intervention populaire et citoyenne (https://avenirencommun.fr/livret-intervention-populaire/) Livret de La France insoumise sur le thème de la 6ème République et de l’Assemblée constituante.  (https://avenirencommun.fr/livret-assemblee-constituante/)

[4]      Voir Silo, Lettres à mes amis, Lettre n°1, L’évolution sociale, Éditions Références, Paris, 2004, p. 26. ; et Arnaud Parienty, Idées & débats, L’économie est-elle une science ?, https://www.alternatives-economiques.fr/leconomie-une-science/00050875

[5]      Silo à ciel ouvert, Discours du 4 mai 2004 à Punta de Vacas, à l’occasion de la première célébration annuelle du Message de Silo, Éditions Références, Paris, 2007, http://www.silo.net/system/documents/32/original/VACAS04_french.rtf

[6]      « Ainsi la valeur de la fortune des 500 de Challenges, qui sont les 0,001% les mieux dotés, a été multipliée par 7 depuis 1996 et celle du Top 10, à la pointe des 0,0001% tout en haut de la pyramide par 12 ! » https://www.challenges.fr/patrimoine/patrimoine-les-riches-s-enrichissent-toujours-plus-vite-que-les-classes-moyennes_485236

[7]     Guillermo Sullings, À la croisée des chemins, Les pas de la transition vers la démocratie réelle, Éditions Références, Paris, 2017, p. 158.

[8]      Voir le PAHM : Plan d’Action Humaniste Municipal https://www.parti-humaniste-france.org/presentation/pahm.html

[9]     Il n’y a pas de progrès significatif concernant la pauvreté, par exemple. http://www.undp.org/content/undp/fr/home/presscenter/pressreleases/2014/07/24/2-2-billion-people-are-poor-or-near-poor-warns-2014-human-development-report-on-vulnerability-and-resilience.html

[10]    Silo, Lettres à mes amis, À propos de la crise sociale et personnelle dans le monde actuel, Éditions Références, Paris, 2004.

[11]    Voir la Charte de responsabilité politique. https://www.parti-humaniste-france.org/presentation/charte_responsabilite_politique.html

[12]    Hugo Novotny, Intentionnalité dans l’évolution humaine et universelle, sur le site du Parc d’étude et de réflexion La Belle Idée, et Silo, Notes de psychologie, Éditions Références, Paris, 2012.

[13]    Silo, Psychologie de l’image, dans Contribution à la pensée, à paraître Éditions références, Paris, 2018.

[14]    Manifeste « Ce qui nous unit vers la Nation Humaine Universelle » – Forum Humaniste de Madrid (Mai 2018) https://www.humanistforum.org/fr/manifeste/

[15]    https://www.copehu.org

[16]    Silo, Lettres à mes amis, À propos de la crise sociale et personnelle dans le moment actuel, Éditions références, 2004.

[17]    Quand on étudie ce qu’est une communauté, on comprend très vite que la démocratie trouve son origine dans le travail en commun pour le bien-être de tous. Par ailleurs, il existe de nombreux exemples de démocratie bien plus avancées et anciennes que la soi-disant démocratie occidentale.

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