Et le SDEDA créa Valaubia !

Une enquête publique (quand même pas une consultation citoyenne, faut pas exagérer), mais dès qu’on nous annonce un frémissement de démocratie locale, nous on est preneurs… Alors un copain y est allé… et en est revenu avec une certaine amertume… Voici quelques impressions qu’il nous a transmises…

18H25 ! Je vais être en retard ! Je n’aurais probablement pas le choix des places . . .

J’appuie sur les pédales pour rattraper ce temps déjà perdu.

J’arrive avec 7 minutes de retard à l’Espace Didier Bienaimé de La Chapelle Saint Luc pour une information sur le projet de construction d’une UVE (Unité de Valorisation Energétique), façon apaisante de parler d’incinérateur.

J’entends la voix d’une femme dans le haut-parleur. Je longe les rangées de sièges qui me dominent et me cachent encore la scène. J’avance jusqu’à l’allée qui s’ouvre sur les intervenants à droite et sur le public à gauche.

Une hôtesse me remet un ticket imprimé de ces inscriptions « VALAUBIA / Réunion Publique / Lundi 26 mars 2018 – 18h30 / Coupon n° : 120 (écrit au stylo) ».

Je me tourne pour apprécier la participation du public. En effet, la salle est loin d’être pleine.

Manque d’intérêt ou manque de communication ?

Je regarde la scène. Une tablée de 3 hommes est en coin, au fond du plateau. Presqu’en face de moi, la voix est identifiée par une personne, l’animatrice de la soirée, qui se tient debout en léger retrait d’un homme dressé au pied d’un pupitre qui fait face à la salle. La speakerine est en train de présenter les 3 autres personnes (1 femme entourée de 2 hommes) assises, elles, devant l’auditoire.

Ce sont des représentants techniques et un responsable national de la société Veolia (leader mondial des services collectifs liés à l’environnement, n°1 mondial dans le domaine de l’eau et des opérateurs privés de transport public, et n°2 dans le domaine des déchets) sur le pôle “déchets”.

Je monte quelques marches et vais m’assoir au 3ème rang.

La présentatrice développe le cadre dans lequel cette réunion publique s’inscrit et les “règles du jeu” (déroulé de la soirée, modalités d’intervention et le temps imparti pour cette soirée).

Pour apprécier l’assistance, elle invite chacun à lever la main pour signaler sa participation à la réunion publique du 10 janvier dernier. Nombre des personnes présentes ce soir, étaient comme moi : c’était une première.

2 vidéos se succèdent pour vanter la pertinence du projet et les bienfaits que les 77 millions d’euros d’investissement vont apporter aux Aubois.

Madame Boeglin, Présidente du SDEDA (Syndicat Départemental d’Élimination des Déchets de l’Aube), est invitée à monter sur l’estrade. Elle rappelle les raisons de cette réunion publique (annulation de la 1ère enquête publique sur l’incinérateur), les obligations légales (la réunion publique en faisant partie) et l’historique du cheminement qui a abouti au projet sur le finage de cette ville.

La présentation est à l’image des vidéos qui ont été dévoilées : mesurées, alléchantes, dépourvues de failles . . .

Probablement afin d’assoir la sérénité qui semblait s’installer, les organisateurs avaient fait venir un spécialiste à l’origine d’une étude sur les conséquences des rejets de fumées d’un incinérateur dans le sud-ouest de la France. A l’entendre, le Maire de Bègles validait pleinement ses conclusions. Est-ce pour se rassurer lui-même ou est-ce pour rassurer la salle qu’il répétait (trop) fréquemment le nom de “Noël Mamère” ?

Le temps passait et la parole n’était toujours pas donnée à la salle.

L’animatrice revient sur “une question ; une réponse

Les premières questions du public arrivent enfin.

Le micro est remis aux personnes qui déclinent leur identité et leur commune avant de s’exprimer.

Les questions portent sur des problèmes très concrets (santé, coût, quantité, etc.) que se posent les gens, s’appuyant sur les présentations faites juste avant.

-«N’oubliez pas de redonner votre micro ! » rappelle la présentatrice avant d’inviter les intervenants à répondre. Il ne faut pas qu’il y ait de débordement.

Le copain courageux qui est allé affronter la communication véoliesque en a été tellement ébloui qu’il a oublié de prendre une photo… Alors un p’tit dessin, quoiqu’avec Véolia il soit difficile de croire au Père Noël 

Trois fois de suite, une personne est “invisible” lorsqu’elle demande la parole en levant la main. Connue pour être une militante contre le projet d’incinérateur, la manœuvre d’évitement semble l’irriter. Elle a la promesse d’être la prochaine écoutée.

Trop tard. La salle semble échapper aux organisateurs.

Avec ou sans micro, les un-e-s et les autres interpellent le SDEDA, Veolia et quelques Maires de communes qui s’enferment dans des réponses de plus en plus “convenues” et sans contenu.

Le frémissement s’amplifie. Les résistants au projet confrontent leurs données à celles des porteurs de ce projet.

Ces derniers révèlent un courrier du Gouvernement en réponse à une Députée du Département. Cette réponse lue est dénoncée comme non conforme à celle brandie par un opposant qui dévoile les “parties inadaptées” à son propre texte.

La salle s’insurge contre cette méthode et gronde son mécontentement.

Le micro est donné a un auditeur du premier rang qui se présente conformément à la procédure demandée plus avant.

Il se tourne vers la salle. Je le reconnais pour l’avoir entendu en 2017 lors d’une intervention en faveur du projet.

Snipper de la Présidente du SDEDA, il débute son lancinant couplet sur . . .

C’en est trop ! « une question ! une réponse !”

Les gens se lèvent. Les gens couvrent son déroulé et arrivent à le faire taire.

La séance est levée pour laisser les personnels de l’Espace Didier Bienaimé préparer la manifestation prévue ce mardi, dans ses murs

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Manif du 22 mars … Les Insoumis-es y étaient !

Belle mobilisation ce jeudi 22 mars à Troyes pour défendre la SNCF et plus largement les services publics…

Ci-dessous quelques images… Présence des Inosumis-e-s en appui à l’action syndicale, pour le bien commun…

Rendez-vous pour la prochaine, c’est le 19 avril, en attendant que se concrétise la proposition de la France insoumise pour une grande manifestation le week-end, qui permette à tou-te-s les citoyen-ne-s d’affirmer concrètement leur solidarité…

La vidéo

 

 

Quelques photos

No Title

Compteurs Linky : la riposte s’organise à Troyes

Après la constitution d’un collectif de défense des usagers à Bar sur Aube face aux agissements d’Enedis, un autre est en voie de constitution à Troyes. C’est le propos de la réunion d’information publique qui est organisée le jeudi 21 octobre à 18 heures 30, à l’espace Salengro (ex B3)au 26 rue Roger Salengro de La Chapelle Saint-Luc.

Dès la campagne présidentielle, Jean-Luc Mélenchon avait alerté sur les dangers de ces compteurs. Il a entre autre été rejoint par Danielle Simonnet, conseillère municipale de Paris, et Clémentine Autain, députée FI (voir leurs interventions)

Plan d’accès à la réunion

Le prétexte de l’imposition de ces compteurs au titre de la transition énergétique n’est pas sérieux : outre leurs multiples défauts (voir le tract ci-dessous), il faut sortir de l’illusion qu’on sortira des maux crées par le capitalisme, et EDF de sa situation de quasi-faillite, en lui offrant d’autres opportunités prédatrices sur l’environnement et nos vies quotidiennes.

La transition énergétique est d’abord affaire de volonté politique, et projet de société. Elle ne peut être réussie que sous l’impulsion et le contrôle des citoyens. C’est le sens de la  proposition de L’Avenir en Commun, pour rendre le bien commun de l’énergie au peuple :

Créer un pôle public de l’énergie pour mener une politique cohérente, en renationalisant EDF et Engie (ex-GDF) en lien avec des coopératives locales de production et de consommation d’énergies renouvelables et en favorisant l’autoproduction et le partage des excédents.

Alors soyons nombreux-ses jeudi pour élaborer collectivement une réponse et une attitude citoyennes.

Le tract d’invitation à la réunion (cliquez sur l’image pour télécharger le document en .pdf)

Attentes !

Dimanche 26 novembre 2017 ; 10 heures !

Le soleil commence à percer les nuages.

3 voitures arrivent sur le parking vide d’un hôtel de la périphérie de Troyes où s’entassent une cinquantaine de familles étrangères en attente d’une décision des autorités à pouvoir rester sur le sol français. Migrants des brutalités de la mondialisation inhumaine, certains couples sont là depuis plusieurs années à partager les 12m² avec leurs enfants, dans l’attente du sésame qui leur garantira de vivre ! Du moins, chacun l’espère et endure cette précarité, les violences de l’incertitude avec patience et angoisses quotidiennes.

Quelle(s) pièce(s) manque(nt) au dossier constitué avec la participation attentive des organisations humanitaires locales ?

Quelle décision l’OFPRA¹, le CNDA² ou la Préfecture vont prendre à leur demande ?

Quand l’OQTF³ ou le transfert dans un Centre de Rétention va-t-il avoir lieu ?

Les jours et les nuits se succèdent inexorablement dans ce même lot d’incertitudes et d’attente où (presque) autant d’enfants sont témoins des angoissent de leurs parents.

Pour un grand nombre, ces enfants ont de nombreuses difficultés pour accéder à la scolarité (très éloigné du lieu de vie) ou à un accueil collectif d’intégration (du type crèche ou centre de loisirs) comme la déclaration des droits de l’enfant le préconise.

Sur le territoire de France, des gamins n’ont pas le droit de vivre une enfance émancipatrice et ludique !

C’est sans compter sur la détermination d’Elise et de ses copains.

4 jeunes femmes et un homme, tous dans la petite trentaine, descendent des véhicules et ouvrent les portières arrières et les coffres pleins pour en sortir du matériel : bacs de jeux d’enfants et de victuailles, ballons, tapis de sol, table de camping, réchaud, . . .

En un rien de temps, le matériel est transporté et installé dans le terrain vague situé derrière les logements

Cette jeune femme que nous avons pu voir s’affairer auprès des “familles de Jules Guesde” avait prévenue : « (…) Il n’est pas possible de laisser des enfants sans possibilité de jouer ! Ils ne peuvent avoir pour seul horizon que les murs de la chambre dans laquelle ils vivent ou le parking des hôtels. Il nous faut sortir des chemins balisés et agir ! (…) »

Le groupe s’appuie sur une association “Mouvement d’L” spécialement créée pour cet objectif. C’est une association qui pourrait avoir des similitudes avec l’organisation “Réseau Sans Frontière”, mais dans le domaine des loisirs des enfants.

La première animation avait donc lieu ce 26 novembre.

Alors qu’une partie des bénévoles crée l’environnement récréatif, d’autres vont frapper aux portes des chambres pour revenir rapidement avec des enfants dans les bras ou à leur suite.

Petit-à-petit, le terrain devient animé par des rires, des cris de joie et des chants. 20 gosses partagent les jouets, les crayons de couleur, . . . le bien-être ensemble, loin du quotidien oppressant. La langue n’est pas un handicap pour partager. Les gestes et l’attention suffisent.

Une petite collation (chocolat chaud et pâtisserie) participe à réchauffer les mômes dans cette matinée maintenant bien sortie d’une nuit à la température négative.

Des rondes ludiques emportent l’énergie et laissent éclater des rires francs sous le regard bienveillant de quelques parents venus observer l’initiative.

Un accordéon lance des rythmes connus par certains pour les amener sur des airs plus exotiques, ceux du pays dans lequel ils sont.

Le soleil est maintenant haut.

Elise invite les enfants et les animateurs à s’assoir en rond pour dire ce qu’ils pensent de l’initiative.

Unanimement, les enfants demandent à ce que les animateurs reviennent.

Rendez-vous est pris pour le 17 décembre.

Enfants et adultes rapportent le matériel au coffre des voitures.

21 jours d’attente pour construire de nouveaux beaux souvenirs.

¹ OFPRA : Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides

² CNDA : Comité National des Demandeurs d’Asile

³ OQTF : Obligation de Quitter le Territoire Français

Projet d’incinérateur à La Chapelle Saint-Luc – Comment faire passer la pilule ?

Auteur de l’article: Reynald

 

image001Nous savons tous que si les gens sont bien informés sur le développement d’un projet potentiellement néfaste, ils sont susceptibles de ne pas y adhérer.

Pour ce qui concerne le projet d’incinérateur, si on présente objectivement et dans le détail les facteurs économiques (les surcoût des taxes, les retombées pour Véolia, . . .), les conséquences des techniques utilisées (rejets de fumées, de microparticules, . . .) les impacts environnementaux (circulation plus importante, . . .) on peut admettre que, si les citoyens se mobilisent contre, ce sera en toute connaissance de cause.

C’est probablement pour cette raison que Madame BOEGLIN, Présidente du Syndicat Départemental d’Élimination des Déchets de l’Aube (SDEDA), explique dans son « mot » du 19 mai 2017 qu’elle utilise le vocabulaire règlementaire en parlant, à propos de l’unité industrielle prévue à la Chapelle-Saint-Luc, du projet « d’Unité de Valorisation Energétique » (UVE).

Ici et à cet instant, le Citoyen que je suis cherche à éveiller votre intérêt sur cette affaire dont les associations « Aube Durable »  et « Aube écologie » se sont emparées depuis quelques temps.
La presse locale du 12 février dernier titrait « Troyes a failli construire un incinérateur… en 1934 ». Il s’agit bien de la même chose entre « Unité de Valorisation Energétique » et « Incinérateur », même 83 ans après.

Alors pourquoi toute cette pudeur à appeler un chat un chat ? Pourquoi ne pas nommer par un vocabulaire simple le projet d’incinérateur prévu à La Chapelle Saint Luc ?
Une « Unité de Valorisation Energétique » renvoie à une image plus sympathique et positive qu’un vulgaire « Incinérateur », même si l’un comme l’autre sont de même composition et ont les mêmes finalités, bâties sur les mêmes chimères. C’est comme parler « d’optimisation des profits » pour éviter de dire « évasion fiscale ». Ça n’a pas le même accueil dans l’oreille.

Pourquoi tant de discrétion sur le sujet ? Ma volonté n’est pas de revenir sur les arguments déjà présentées par les associations citées ci-dessus. Elles apportent, comme l’étude de l’Agence de l’Environnement et de la Maitrise de l’Energie (ADEME), des arguments techniques dont je n’ai pas la maîtrise. Ma volonté est plus de chercher à comprendre « à qui profite le crime » derrière cette supercherie de manque d’informations aux Citoyens ? Quels sont les conflits d’intérêts entre les différents acteurs impliqués ? Ma participation à la réunion publique du 30 janvier 2017 m’a permis de constater que la salle était plutôt défavorable à ce projet.

Cela me rappelle le projet d’aéroport sur la commune de Notre Dame des Landes où, lorsque des investigations sur les tenants et aboutissants sont faites, le projet n’a plus le même aspect. La démocratie n’est pas en panne ! Ce sont les représentants de nos institutions qui spolient nos décisions.

Alors du 4 décembre 2017 au 13 janvier 2018
Donnons notre avis ! Les Citoyens veulent être acteurs de leur devenir.

La pilule ne passera pas !

Pour ce dossier « UVE – Incinérateur », il est possible de donner sa position en participant à l’enquête publique en Mairies* ou par messagerie électronique qui se déroule du 4 décembre 2017 au 13 janvier 2018.

* Rencontrez le commissaire enquêteur ou renseignez le registre lors de l’une de ses permanences.

  • Lundi 4 décembre de 10h à 12h à la mairie de La Chapelle Saint Luc
  • Jeudi 14 décembre de 9h à 12h à la mairie des Noës
  • Mardi 19 décembre de 14h à 16h à la mairie de Sainte-Savine
  • Vendredi 22 décembre de 14h à 16h à la mairie de Barberey
  • Mercredi 3 janvier de 10h à 12h à l’Hôtel du Petit Louvre à Troyes (Direction de l’Urbanisme)
  • Samedi 13 janvier de 9h à 12h à la mairie de La Chapelle Saint Luc.

L’Aube insoumise organise une projection du film “L’Assemblée”

Voici la présentation du film sur le site national qui lui est consacré : ”

Pourquoi le film L’Assemblée ?

31 mars 2016, place de la République à Paris naît le mouvement Nuit debout. Pendant plus de trois mois, des gens venus de tous horizons s’essayent avec passion à l’invention d’une nouvelle forme de démocratie.  Comment parler ensemble sans parler d’une seule voix ? ”

Interroger de façon la plus large possible cette construction nous a semblé, à l’Aube insoumise, un moyen pertinent de (re)lancer un débat indispensable à la constitution du mouvement d’ampleur porteur de la révolution citoyenne dont notre pays a besoin de manière urgente !

Francis Parny, qui animera le débat après la projection, a milité, au sein du PCF, pour le soutien à Jean-Luc Mélenchon et à la France insoumise lors des dernières élections présidentielle et législatives. Vous pouvez faire plus ample connaissance en parcourant son blog, en particulier en découvrant cet article qu’il consacre au film de Marianne Otero.

Nous vous espérons nombreux(ses) pour un débat fraternel, constructif et porteur d’espoir !