22 mars : communiqué de l’espace des luttes

#22 Mars – Communiqué de l’Espace des Luttes
19 mars 2018 dans Espace des luttes
Communiqué de l’Espace des Luttes de la France Insoumise

L’offensive libérale de Macron, depuis les ordonnances sur le code du travail jusqu’à l’annonce de l’agression sur les Cheminots et la SNCF, est d’une ampleur sans précédent dans notre pays. Elle vise clairement à marchandiser tout ce qui ne l’est pas encore et à augmenter drastiquement la rentabilité de ce qui l’est déjà. Les conséquences immédiates de cette politique seront moins d’Egalité, moins de Liberté et moins de Fraternité, dans un monde où nous avons au contraire besoin de plus de lien, plus de solidarité, plus de dignité.

Depuis des mois, l’Espace des Luttes de la France Insoumise soutient, relaie, accompagne les luttes sur le terrain. Nous avons soutenu, et soutenons, les luttes collectives des salariés de PSA, de PIMCKIE, CARREFOUR, de KINGFISHER (Castorama et Brico-Dépot), des EHPADs, de l’Hôpital, de PAGES-JAUNES, d’AIR FRANCE, de GM&S, de G.E. Hydro Grenoble, de McDo (Collectif des salariés de la restauration rapide), de MOBIPEL (groupe ILIAD-FREE), de LA POSTE, de ONET, HOLIDAY INN, Le Collectif des Travailleurs du Jeu Vidéo, et bien d’autres.

L’Espace des Luttes est également aux cotés de luttes individuelles emblématiques : nous avons ainsi soutenu Céline Boussié dans son combat pour la dignité des enfants handicapés accueillis en IME. Nous soutenons également le combat de Philippe Christmann, administrateur CGT de la Fédération de la Construction, Bois et Ameublement, poursuivi en justice pour jet de… Confettis, ou encore Gaël Quirante, victime de discrimination syndicale et de harcèlement par son employeur, La Poste, depuis 10 ans !!

Après les manifs du 15 mars aux cotés des salarié.e.s des EHPADs, dont les revendications pour un peu plus de dignité des soignant.e.s et des soigné.e.s ne sont absolument pas entendues par le ministère de la Santé, et aux cotés des retraité.e.s durement touché.e.s par la hausse de la CSG, nous serons jeudi 22 mars aux cotés des Cheminot.e.s, des salarié.e.s de la distribution, de la RATP, des étudiant.e.s, et de la fonction publique.

Le collectif des Cheminot.e.s Insoumis.es et les militant.e.s de l’Espace des Luttes vous accueillerons sur le Point Fixe de la France Insoumise pendant toute la manifestation.

Enfin, l’Espace des Luttes invite les Groupes d’Action à s’adresser aux citoyen.ne.s-usager.e.s des services publics, tou.te.s concerné.e.s par la volonté de privatisation, seul leitmotiv de l’attaque du statut des cheminots par le gouvernement. Nous les invitons à organiser des caisses de grève en solidarité avec les cheminots, et à inviter toutes les luttes de leurs territoires à converger avec les cheminots et les fonctionnaires le 22 mars. Pour l’Espace des Luttes, il est plus que jamais nécessaire d’organiser une grande marche, un week-end, pour toutes et tous dire « Macron, un an ça suffit ! »

Parce que « Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent », luttons !

#Résistance

Assemblée et votation citoyenne : pari tenu !

Jeudi 15 mars, comme prévu, s’est tenue une assemblée citoyenne, à l’initiative du groupe d’action de la FI de Bar sur Aube…

Une quinzaine de personnes ont participé au débat, animé par Jacques Leray, porte-parole du Comité contre l’enfouissement des déchets radioactifs. C’est dire que l’on a beaucoup parlé de la folie de Cigéo, mais on a aussi abordé la question de la transition énergétique, comme réponse à la fausse évidence de l’incontournabilité du nucléaire.

Un bureau de vote était également organisé, qui a permis de récolter dix huit suffrages…

Rendez-vous sur le marché samedi 17 !

 

 

Sécurité routière : quand le libéralisme tue !

dans #Desintox

Au nom de la sécurité routière, le gouvernement a décidé d’abaisser à 80 km/h la vitesse maximale sur les routes secondaires à double sens sans séparateur central. L’argument invoqué consiste à limiter les décès liés aux accidents de circulation, alors que le nombre de morts repart à la hausse depuis 2013. Cependant, ce lien ne pose pas toutes les bonnes questions, et fait l’impasse sur le caractère social de la mortalité routière. Une politique de sécurité routière doit voir plus loin.

Il s’agit d’une décision prise en aveugle. En effet, une expérimentation lancée en 2015 et achevée en juillet 2017 a permis de tester la réduction de la vitesse autorisée sur les routes nationales à double sens. Or, depuis 6 mois, les résultats de l’expérimentation n’ont toujours pas été publiés ! De plus, cette focalisation sur la vitesse est tout à fait théorique et abstraite. En réalité, d’après les données de l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière pour 2016, les automobilistes roulaient à 82 km/h sur les routes limitées à 90 km/h ! La limite à 80 km/h est déjà très proche de la majorité des comportements routiers.

En réalité, les accidents de la route ne sont pas qu’une question de vitesse autorisée. Cette réforme se contente de culpabiliser les automobilistes en laissant tranquilles les constructeurs de véhicules ou les assureurs ! Alors que la mortalité routière est une mortalité de classe. Les cadres supérieurs meurent 7 fois moins sur la route que les artisans ou commerçants, 6 fois moins que les étudiants, ou 4 fois moins que les ouvriers.

Pourquoi de telles inégalités ? C’est que la plupart des accidents touchent les individus qui ont des horaires de travail atypiques (la nuit, ou en travail posté) et qui sont fatigués, physiquement ou moralement (une grande partie des victimes de la mortalité routière sont en instance de divorce, veufs, isolés ou en rupture sociale). A chaque fois que des salariés basculent en travail de nuit pour garder leur emploi, ou doivent parcourir 20 kilomètres de plus à l’aller pour se rendre au travail, ils prennent des risques accrus et finissent la journée épuisés. A chaque plan social, des individus doivent parcourir tout le département à la recherche d’une offre d’emploi. Et les politiques menées depuis le début du quinquennat Macron, dans la lignée des quinze années précédentes, renforcent toutes ces causes de mortalité routière. On s’en rend particulièrement compte avec la hausse des décès depuis 2013. La loi El Khomri puis les ordonnances Macron étendent la précarité, cause de mortalité routière. La sécurité routière passe donc par la sécurité de l’emploi et la promotion d’horaires de travail stables et choisis.

De plus, les véhicules les plus protecteurs de leurs passagers sont généralement les plus chers, et donc possédés par des individus à revenus moyens ou élevés. Le capitonnage de l’habitacle ou la réactivité du freinage varient selon l’argent mis dans le véhicule. La sécurité routière passe donc aussi par la lutte contre la pauvreté. Quant aux accidents mortels, ils sont concentrés à la campagne (pour 80% d’entre eux). Il n’y aura donc pas non plus de sécurité routière sans stopper clairement l’étalement urbain, et sans rapprocher les lieux de vie et les lieux de travail.

Mais la libéralisation des transports a aussi directement contribué à la mortalité routière : chaque gare qui ferme dans une petite ville condamne une partie de la population à des aller-retours redoublés en  véhicule motorisé. Beaucoup de Françaises et de Français préféreraient utiliser le TER ou le bus pour se rendre au travail, mais les lignes sont supprimées depuis des décennies ! Des 49.000 kilomètres de voies ferrées présentes sur le territoire en 1914, il n’en demeure plus que 30.000 kilomètres. Rappelons aussi que les routes les moins propices aux accidents sont les autoroutes… qui ont été privatisées en 2006, confiées aux trois-quarts à Vinci, Eiffage et Sanef, et dont le prix s’envole depuis lors (+1,6% en moyenne par an) ! Tout est donc mis en place pour enrichir des concessionnaires privés et repousser les conducteurs précaires ou pauvres en-dehors des transports les plus sûrs. La sécurité routière passe donc par une re-nationalisation des autoroutes et du rail, et le maintien des TER en-dehors du marché.

Ainsi, la mortalité sur les routes de France est aussi directement connectée au gavage des super-riches. La casse du code du travail pour complaire au Medef, les politiques d’austérité dans les transports collectifs et le racket que nous subissons sur les autoroutes privatisées tuent au quotidien sur les routes secondaires. Le passage à 80 km/h ne change rien aux causes profondes d’accidents de circulation, et est contredit par toutes les autres politiques du gouvernement. Il n’y aura pas de vraie sécurité routière en se contentant de pointer du doigt les automobilistes !