Débat à l’UDAF

Nous étions donc, Dominique et moi, dans les nouveaux locaux de l’UDAF vendredi 24 mars pour répondre aux préoccupations des familles.

Un accueil d’une grande gentillesse, une réelle qualité d’écoute. Merci aux participants et aux organisateurs !

Merci aussi à Reynald de nous avoir aidés, avec toute son expérience, à préparer le débat. Ce fut notre première déception. Sans filet, nous avions travaillé à partir du communiqué de l’UNAF exposant les dix préoccupations essentielles des familles : “Élections 2017 : Les candidats doivent prendre en compte les préoccupations des familles et leur donner confiance.” Des dix axes abordés, il n’en avait été retenu que trois par les organisateurs locaux : le pouvoir d’achat, l’emploi et la santé.

Le débat a été bien sage. Trop sage ? A vouloir éviter toute polémique et aller au fond des choses, ambition louable, on a privilégié des temps de parole assez longs, sans véritable échange entre les candidats… Ce qui a donné plutôt une juxtaposition de monologues qu’une réelle confrontation d’idées… Je dois avouer que je me suis permis de déroger à la règle pour dire toute la colère que m’inspiraient les propos du porte-parole du FN sur la “préférence nationale aux Français et son refus de prendre en charge des gens qui traversaient la Méditerranée”…

Débat trop sage donc, et, il faut le dire, pour nous décevant, car nous n’avons souvent entendu qu’une litanie de propositions concrètes : la vieille recette de prétendre à l’expertise pour impressionner… Sans qu’aucune idée forte n’apparaisse sur la philosophie des candidats … “Trop de social tue le social” pour le FN !  Et “chez Macron, on ne rase pas gratis !”. Je vous laisse juges …

Enfin, dernier regret, que le temps ait filé trop vite, et qu’il n’y ait pas eu de questions dans la salle…

Le premier thème abordé a été celui du pouvoir d’achat : il a vite été réduit à la question du montant du SMIC. J’ai bien évidemment rappelé notre revendication d’augmentation de 16% du SMIC (pour arriver à 1326 € nets pour 35 heures… Je dois avouer que j’ai été incapable de préciser comment on arrivait à cette somme lors du débat !) Mais j’ai aussi précisé que le pouvoir d’achat se renforçait autrement, en particulier en accordant la gratuité des premiers mètres cube d’eau et des premiers kilowatts d’énergie. J’ai par contre oublié de préciser que notre projet s’inscrivait aussi dans une volonté de changer les modes de consommation (et donc de production)… c’est très certainement une erreur.

Sur le deuxième thème, l’emploi, où il était difficile en quelques minutes d’être exhaustif, j’ai privilégié l’approche par la règle verte, qui suppose un changement des modes de production, et une relocalisation de l’emploi : à preuve notre volonté de développer une agriculture paysanne, gisement de 300 000 emplois, et une politique d’énergie 100% renouvelable qui, en termes d’emploi, de localisation des usines de production et de maintenance, entraînera la production de 400 000 emplois. Si j’ai bien précisé que pour nous l’abandon du nucléaire se ferait avec les compétences des travailleurs de la filière, dont l’emploi n’est donc en aucune cause menacé, j’ai réalisé a posteriori que je n’avais pas abordé le problème concret des délocalisations dans l’Aube. Et que nos concurrents n’en  aient pas soufflé mot n’est pas une excuse !

Troisième thème enfin : la santé. La prévention a eu de la peine à s’inviter dans le débat, qui s’est très souvent réduit à une litanie de mesures concrètes, sans que jamais ne soit évoqué l’incohérence avec la continuation de politiques d’austérité. Pour ma part, j’ai placé mon intervention sous l’idée que les maladies les mieux soignées sont celles que l’on ne contracte pas : d’où l’urgence de la règle verte dans un département champion de France de l’utilisation des pesticides, et de restaurer et développer une réelle médecine du travail. J’ai enfin évoqué très rapidement, en réponse à l’éloge que la candidate LR faisait des maisons de santé privées, notre volonté de revenir sur les partenariats public-privé, en dénonçant le scandale du nouvel établissement de ce type en prévision en Haute-Marne, et souligné notre mesure de création d’un corps de 15000 médecins fonctionnaires qui seraient nommés là où les besoins se feraient sentir. Cela m’a permis de souligner que notre programme, en particulier en comparaison de celui de Benoît Hamon, n’hésitait pas à donner à l’Etat – dans le cadre d’un fonctionnement démocratique nouveau qui serait celui de la VIème République – les moyens d’imposer, au détriments d’intérêts égoïstes et privés, les mesures indispensables d’intérêt général humain.

Michel

 

Réunion publique à Aix en Othe

André Smolarz a commencé par rappeler quelques éléments clés qui distinguent la France Insoumise des autres candidatures de la campagne présidentielle.
Revendiquer l’ “insoumission” et travailler à la “révolution citoyenne”, voila qui fait que notre candidature et notre projet sont uniques, et inédits dans cette campagne.
Pourquoi ? Parce que, contrairement à nos concurrents ou adversaires, nous ne disons pas aux citoyens : “Votez pour nous, rentrez chez vous et rendez-vous dans cinq ans !”
La FI ce sont les citoyens à la manœuvre !
Etre insoumis,

  • C’est refuser la fatalité, refuser de se faire confisquer les urnes, comme c’est le cas depuis plusieurs élections, par un prétendu vote “utile”,
  • C’est refuser la compétitivité pour lui préférer la coopération,
  • C’est refuser la charité pour promouvoir la solidarité,
  • C’est refuser qu’une minorité s’accapare et nous confisque, en les gaspillants très souvent, les richesses que nous voulons partager,
  • C’est refuser de détruire la planète, en détruisant par conséquent des vies et en menaçant l’avenir de l’humanité,
  • C’est refuser d’être subordonnés à des traités (européens, libre-échange type TAFTA, CETA, TISA…) qui imposent la concurrence entre les peuples sur fond d’austérité, de dumping social et visent à interdire toute autonomie et toute souveraineté politique par les états,
  • C’est refuser, enfin, d’être associés à des organisation telles que l’OTAN qui nous entraînent dans des conflits et des guerres, alors que nous œuvrons pour la paix.

Etre insoumis, c’est vouloir et exiger, même, de faire de la politique et de la faire autrement.

Alors que nous sommes face à des candidats qui sont accrochés à leurs appareils ou, pour certain, à leurs sponsors, qui leur dictent leurs programmes, nous sommes, nous les insoumis, animés et guidés exclusivement par l’intérêt général et le bien commun.

C’est dans ce contexte et avec ces objectifs que Jean-Luc Mélenchon a proposé, en février 2016, sa candidature à l’élection présidentielle en nous demandant d’être tous ensemble la France insoumise. Nous voulons restaurer la démocratie et mettre en place les politiques sociales et environnementales qui font cruellement défaut. Il y a urgence !

André a ensuite présenté un bref historique de la FI (février 2016, 5 juin 2016 et 15-16 octobre 2016), puis les 10 mesures sorties en tête de la convention de Lille.

Les discussions avec la salle ont ensuite abordé divers sujets tels que les enjeux et risques d’une union ou pas de la gauche, mais aussi de l’importance de communiquer sur le réalisme des mesures que nous proposons. A ce sujet André a informé les personnes qui s’interrogeaient là-dessus, que le programme avait été entièrement chiffré et que la présentation du chiffrage était accessible sur la chaîne Youtube de Jean-Luc Mélenchon.

Une personne a émis la crainte que notre programme soit difficile à appliquer et à mettre en place en raison de l’opposition féroce que la finance, les instituions et les grandes firmes qui détiennent un pouvoir quasi absolu aujourd’hui risquent de manifester. Sur ce point, André a convenu, que ce ne serait pas simple, mais a indiqué qu’un certain nombre de mesures pourraient être appliquées très rapidement et sans trop d’obstacles si nous sommes élus. Ce sont, par exemple, la revalorisation du SMIC, l’abrogation de la loi El Khomri, la sécurité sociale intégrale à 100%… La mise en place de ces mesures et leur application donneraient rapidement de l’air au pays et surtout au peuple et enverrait des signaux d’entraînement et d’aspiration.

Les débats se sont achevés en petits groupes de façon conviviale aux alentours de 21h30.

 

Géopolitique et défense : les précisions de Jean-Luc Mélenchon

En précision des questions que nous avons abordée lors de la réunion citoyenne du 19 janvier à Bar sur Aube, une intervention de Jean-Luc Mélenchon.

Le vendredi 31 mars 2017, Jean-Luc Mélenchon prononçait un discours de présentation de la vision de la France insoumise en matière de géopolitique et de défense. Il a expliqué que notre objectif était l’indépendance de la France au service de la paix, ce qui signifie la sortie de l’OTAN, la non participation à l’Europe de la défense, le réinvestissement de l’ONU et la création d’un alliance des pays non-alignés. Jean-Luc Mélenchon a également parlé de la montée des risques de bouleversements géopolitiques liés au changement climatique et a montré comment la transition énergétique répondait aussi à un enjeu géopolitique en aidant la France à se passer de matières premières comme le pétrole ou le gaz. Il a enfin présenté plusieurs de ses propositions, notamment le service civil ou militaire obligatoire pendant 9 à 12 mois pour les jeunes de 18 à 25 ans ou encore la conférence de la sécurité de l’Atlantique à l’Oural pour poser par la voie diplomatique la question des frontières en Europe.

Meeting du Havre : un insoumis aubois y était !

Merci Lou !

19h23 : “Petite fille d’attente mais on y croit je vais entrer.”

 

19h42 : “J’ai réussi des gradins supplémentaires ont été ouverts et la file d’attente à l’extérieur ne désemplit pas.”

 

22h00 : “Une dernière pour la route. Super expérience, autour de moi des convaincus mais aussi des gens pour qui c’était le premier meeting politique (et pas forcément des jeunes) curieux à l’entrée, convaincus à la sortie.”

Lettre ouverte d’un jeune de gauche à Benoît Hamon

Nous reproduisons ci-dessous, à la demande de plusieurs insoumis(e)s qui l’ont reçue, une lettre de Marwen Belkaid…

“Mon cher Benoît, j’ai quelque peu hésité avant de t’adresser cette lettre. La liras-tu ? J’ose espérer que oui toi qui en appelles au peuple très souvent et qui veut renouveler les pratiques politiques de notre pays. J’espère que tu excuseras mon tutoiement mais je me permets de te tutoyer étant donné que tu te dis proche du peuple. J’imagine que tu ne m’en tiendras pas rigueur et si c’est le contraire tant pis ça sera une nouvelle preuve de l’hypocrisie dans le monde politique. Si je prends cette liberté, c’est aussi parce que nous sommes relativement proche au niveau des idées sur pas mal de points : une répartition plus équitable des richesses, la dénonciation d’une Europe trop libérale ou encore l’appel à une VIème République. Cette proximité d’idées, c’est aussi la raison pour laquelle j’ai hésité à t’écrire cette lettre. De la même manière que j’avais hésité à adresser une lettre à Jean-Luc Mélenchon il y a un peu plus d’un an lors du lancement de sa candidature, j’ai longuement hésité à t’adresser ces quelques mots.

Si j’ai hésité à t’adresser cette missive, c’est également en raison de la probabilité que tes soutiens me traitent de je ne sais quel nom et m’accusent d’être dans une cabale contre ta personne aujourd’hui pour favoriser et soutenir Jean-Luc Mélenchon, qu’on me demande, en somme, comme l’affirmait le slogan de mai 68 d’où je parle. A l’heure actuelle je pense m’abstenir dans quelques semaines et je ne suis pas membre de la France Insoumise. Cette proximité d’idées que j’ai évoquées plus haut c’est aussi la raison pour laquelle je me sens obligé de t’adresser cette lettre. Au-delà des accusations stériles qui ne manqueront sans doute pas de pulluler vis-à-vis de ce texte, il me semble que le moment historique que nous sommes en train de traverser nous oblige, femmes et hommes de gauche, à la franchise et à ne pas refuser le débat. Comme le disait Jaurès, que tu as cité lors de ton grand meeting de Bercy, dans son magnifique Discours à la jeunesse, « le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire ; c’est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe, et de ne pas faire écho, de notre âme, de notre bouche et de nos mains aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques ». Alors voilà cette lettre pour te dire ma vérité à ton encontre.

Le plus dramatique dans toute cette affaire c’est que je te crois lorsque tu dis être sincèrement de gauche. Voir un tel gâchis est proprement édifiant. Je ne vais pas te mentir j’étais profondément content de ta victoire lors de la primaire du PS. Non pas parce que je te soutenais mais parce que tu représentes l’aile gauche de ton parti, que voir Valls s’incliner était plutôt jubilatoire et que ta victoire ouvrait une fenêtre de tir pour une véritable recomposition de ton parti et de la gauche française. Dans une autre vie – je n’aime pas vraiment la politique fiction mais je fais exceptionnellement une entorse – j’aurai pu militer pour ta victoire dans quelques semaines. Mais dans cette autre vie, il aurait fallu que tu fasses preuve de courage, ce courage qui te fait dramatiquement défaut depuis que tu l’as emporté au second tour de la primaire.

Lorsque Jean-Luc Mélenchon a réclamé de voir les investitures remises à plat dans ton parti comme préalable à toute alliance, tu lui as répondu, et je te cite, qu’on ne faisait pas d’alliance en « coupant des têtes ». Déjà à ce moment-là tu as laissé entrevoir ta pusillanimité face à l’appareil du Parti Socialiste. La grande clarification qui pouvait se faire dans ton parti, qui n’est plus qu’un astre mort depuis le jour où il s’est jeté avec amour dans les bras du néolibéralisme et du marché, tu lui as tourné le dos. Cet épisode était malheureusement préfigurateur de toute la suite de ta campagne. Plutôt qu’accepter franchement la rupture avec le quinquennat précédent et sa politique désastreuse économiquement et socialement, tu as tenté d’adopter une position de synthèse que n’aurait pas renié François Hollande en son temps. Alors que la base de ton parti réclamait un franc virage à gauche tu as tergiversé face à ce moment historique. Tu n’as pas voulu t’émanciper franchement de l’appareil et des caciques du Parti Socialiste et les voilà qui aujourd’hui te font couler à pic.

« Il ne faut pas couper des têtes ». Quand je repense à cette justification pour ne pas écarter les candidats investis tenants d’une ligne libérale qui sied à Emmanuel Macron, je ne peux m’empêcher de rire jaune, d’avoir un sourire amer. Non il n’était pas question de personnes mais bien d’idées politiques tout comme il n’était nullement question d’égo dans la non-alliance entre Jean-Luc Mélenchon et toi comme le racontent les médias dans leurs fadaises mais bien de divergences politiques.  D’ailleurs, nombreux sont les députés investis par ton parti qui soutiennent désormais Emmanuel Macron, à commencer par Christophe Castaner son porte-parole. A force de vouloir ménager la chèvre, le chou, le chasseur et le jardinier, tu t’es fourvoyé dans le même piège que François Hollande : de la synthèse te voilà devenu l’homme de l’indécision. Inutile de te dire que j’ai tressailli lorsque tu as fait applaudir Messieurs Hollande et Cazeneuve sur la question du terrorisme. Tu dis vouloir tourner la page des politiques nauséabondes et tu fais applaudir des gens qui ont mis en place l’état d’urgence permanent et des lois sécuritaires absolument abjectes ? Allons, ce n’est pas sérieux. Ou bien tu es complètement candide – ce que j’ai du mal à croire – ou bien ces incohérences démontrent un manque de courage ou un cynisme absolu.

« Il ne faut pas couper des têtes ». Cher Benoît j’y reviens à cette phrase qui t’a servi de cache-sexe mais qui ne cache plus rien du tout. Voilà le roi nu. En ne t’émancipant pas radicalement des caciques de ton parti tu as créé les conditions pour que ta campagne patine. Les voilà qui te somment de changer ton programme. Toi qui paraissais si sûr de ton fait et qui maitrisais si bien ton programme lors de la campagne de la primaire, te voilà désormais balbutiant. Lors du débat de lundi dernier tu ne maitrisais absolument plus tes dossiers. J’étais déjà plus que sceptique sur ta proposition de revenu universel et j’étais d’accord avec Jean-Luc Mélenchon qui parlait de trappe sociale. Tu imagines bien que je suis encore moins d’accord avec la nouvelle ébauche de ta mesure maintenant que tu ne la réserves plus qu’à certaines personnes – il serait donc temps que tu arrêtes d’appeler ça revenu universel – et qu’en plus tu l’as raboté pour qu’il n’atteigne finalement même pas 500€. Dois-je te rappeler que le seuil de pauvreté dans notre pays est situé à 803 ou 964€ selon le seuil que l’on prend (50 ou 60% du revenu médian) ? L’appareil du PS est en train de te manger tout cru et tu le laisses faire.

Il est bientôt temps de conclure mon cher Benoît, je ne voudrais pas abuser de ton temps. Toutefois, je ne peux terminer cette missive sans évoquer l’un des sujets les plus importants, sinon le plus important : celui de l’Union Européenne et de l’euro. Pour sortir de l’ornière ordolibérale imposée par le traité de Maastricht avec toutes les pesanteurs qui nous forcent à mener une politique de rigueur, tu proposes de créer un Parlement de la zone euro comme si, par enchantement, un tel Parlement pouvait régler tous les problèmes. Il y a une chose qui est claire, il ne sera pas possible de changer de politique au sein de la zone euro si les traités ne sont pas renégociés et réécrits. En effet, tout Parlement de la zone euro, quel qu’il soit, devra se conformer aux traités en vigueur. Et que disent ces traités ? Que la règle d’or est sacrée et qu’il n’est pas possible de sortir des sacro-saints 3% de déficit public. Dire qu’un Parlement de la zone euro sans renégociation aucune des traités résoudra les problèmes est au mieux de la naïveté, au pire de la tartufferie.

J’arrive au bout de ma lettre Benoît je te le promets. La dernière chose dont je souhaitais te parler concerne le débat de lundi dernier et, plus précisément, ta conclusion. Après trois heures à vous écouter discourir – parfois en même temps dans une joyeuse cacophonie – je t’avoue que j’étais quelque peu fatigué et pas forcément attentif au moment d’écouter vos conclusions. Tu as pourtant réussi à me sortir de ma léthargie lors de ton propos en affirmant que tu représentais le « vote utile ». Tu as bien essayé d’expliquer qu’il était utile vis-à-vis de l’écologie et de tout un tas d’autres sujets mais tout de même, tu ne me feras pas croire que l’utilisation de cette expression est innocente, d’autant plus que cette conclusion tu l’as préparée ce n’était pas du spontané. Je crois pour ma part qu’il n’y a pas plus grande insulte à la démocratie que l’expression « vote utile ». Celle-ci présuppose en effet qu’il y aurait des votes inutiles – au hasard tu pensais à Mélenchon ? – et donc de facto qu’il existe des électeurs inutiles. Cette expression que tu as utilisée ne t’honores pas, ne te grandis pas non plus au contraire. Elle est assurément le signe d’une candidature en difficulté, repliée sur elle-même pour ne pas dire aux abois. Toujours dans son Discours à la jeunesse, Jaurès définit le courage d’une autre manière : « Le courage c’est d’agir et de se donner aux grandes causes sans savoir quelle récompense réserve à notre effort l’univers profond, ni s’il lui réserve une récompense ». Nous vivons un moment historique, un moment qui nous dépasse, un moment qui te dépasse. Je reste convaincu que ce qui vous rapproche avec Jean-Luc Mélenchon est immensément plus grand que ce qui vous sépare.

Tu peux encore réussir à t’émanciper de l’appareil socialiste afin de faire gagner la gauche en te ralliant à Jean-Luc Mélenchon et en créant une véritable synergie, il est encore temps. Il n’est pas trop tard mais l’urgence se fait toujours plus pressante. Tu as le choix entre te battre pour devenir le futur premier secrétaire d’un champ de ruines ou œuvrer à la victoire de la gauche, peut-être la plus belle de notre histoire. Comme le disait Camus dans son Discours de Suède en parlant de l’écrivain « aucun de nous n’est assez grand pour une pareille vocation. Mais dans toutes les circonstances de sa vie, obscur ou provisoirement célèbre, jeté dans les fers de la tyrannie ou libre pour un temps de s’exprimer, l’écrivain peut retrouver le sentiment d’une communauté vivante qui le justifiera, à la seule condition qu’il accepte, autant qu’il peut, les deux charges qui font la grandeur de son métier : le service de la vérité et celui de la liberté ». Tu as le choix Benoît, cela ne signifie pas qu’il sera exempt de sacrifice mais tu as encore totalement la possibilité de t’arracher du joug de l’appareil socialiste. Mais ça, personne d’autre ne pourra le faire pour toi.”

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