VMC (Visage, Mains, Cul)

Elle était annoncée et… elle s’est bien réalisée : la mobilisation !
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Depuis quelques jours, les Médias informent que les personnels soignants chargés d’accompagner les personnes âgées en établissement ou à domicile devaient se mobiliser ce mardi 30 janvier pour une journée de grève, à l’appel d’une intersyndicale regroupant l’ensemble des organisations nationales.

Nous entendions « souffler le vent d’une belle mobilisation » des personnels d’établissements publics et privés qui ont pour attitude naturelle, celle de la discrétion en faveur du bien-être des patients. Ce souffle bienveillant est arrivé jusqu’à Troyes !

Elles et ils sont les « petites mains » chargées des toilettes, des repas… et autres conforts quotidiens des aînés de notre société qui ne peuvent plus réaliser leurs propres soins de façon autonome.

Elles et ils sont, contre leur gré, devenus maltraitants alors qu’elles et ils s’étaient investis dans leur métier (Assistant-e de Soins en Gérontologie, Aide-soignant-e, Infirmier-e, Masseur-kinésithérapeute, …) pour apporter de la serviabilité, de l’empathie aux personnes devenues dépendantes.

Des conditions de travail insupportables pour les usagers

Plus de 70 personnes s’étaient regroupées devant la Maison des Syndicats et de la Citoyenneté, ce mardi après-midi pour revendiquer plus de moyens pour le maintien d’une décence des personnes âgées.

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Un salarié demande à ses collègues « Vous savez ce que c’est que le VMC ? » avant de répondre à sa propre question « Visage, Mains, Cul » et de préciser « Nous n’avons plus le temps de faire une toilette entière aux personnes que nous avons en charge ! On est contraint de faire le plus vite possible, ce qui aboutit au VMC ! »

Une autre salariée témoigne « Nous manquons de personnel dans les établissements. Dans certains services nous sommes souvent à 2 alors que nous devrions être 4, voire 6. Il m’arrive de laisser une personne sur les toilettes en lui disant que je reviens rapidement. Appelé en urgence auprès d’un autre résident, c’est une autre employée qui s’en occupe plus tard. J’ai honte de la façon dont on m’impose de faire ce métier ! »

Une autre demande le porte-voix. « Aujourd’hui, pour les Aides à Domicile, nous ne sommes même plus payés pour les kilomètres réalisés. Et, dans les communes rurales, certaines fois nous faisons plus de 500 kilomètres par semaines ! Nous sommes des catégories professionnelles sous-payées. »

Où en est le Plan de Solidarité Grand Age promu en 2006 ?

Le Délégué Syndical qui a pris la parole en début de rassemblement avait rappelé la cause du malaise à l’origine de cette mobilisation nationale : « (…) la loi mettant en place le “plan de solidarité grand âge” promettait un ratio de 1 agent par résident, la moyenne est de 0,6 pour 1, voire 0,3 dans certains cas. Alors que tout le monde, y compris à travers la “mission-flash” de Mme Iborra pour l’Assemblée Nationale, reconnait les besoins criants du secteur des Établissements d’Hébergement pour Personnes Âgées Dépendantes (EHPAD) et de l’Aide à Domicile, le gouvernement met en place la “convergence des tarifs dépendance et soins”, (…) c’est à dire prendre un peu aux établissements soi-disant bien dotés pour donner peu aux établissements en déshérence. Et rien sur la nécessité d’avoir plus d’EHPAD publics et plus de moyens ! »

Il présente les raisons de l’appel des organisations syndicales « La principale c’est la situation scandaleuse que subissent les personnels et nos aîné-e-s comme le démontrent les multiples témoignages de salarié-e-s et de familles. (…) C’est le décalage innommable entre les discours [politiques] sur la bientraitance dans la prise en charge de nos ainé-e-s et une réalité bien différente. » avant de dénoncer « Autre situation scandaleuse, les difficultés nombreuses auxquelles sont confrontées les résidents et leurs familles dans les établissements du secteur marchand dont l’appétit financier grandit. Dans l’Aube le coût mensuel d’un hébergement dans un établissement du secteur marchand est au minimum de 2 400 euros pouvant aller jusqu’à 2 700 euros environ. Très au-dessus des montants de retraite des Aubois et Auboises. », et de préciser « La gestion des maisons de retraites médicalisées s’avère très rentable pour les grands groupes privés lucratifs, côtés en bourse. Exemple le groupe Korian présent dans le département, qui avec plus de 24 000 lits a réalisé 15,5% de marge et un bénéfice de plus de 6% en 2016 avec un doublement des dividendes pour les actionnaires. » et de conclure sur ce registre « Les salarié-e-s quant à eux n’en profitent pas. Ils sont confronté-e-s aux mêmes difficultés que dans le secteur public et associatif ».

Et demain ?

Le leader Syndical dénonce les insuffisances des gouvernements successifs : « Déjà frappés par une nouvelle restriction budgétaire de 200 millions d’euros décidée par le précédent gouvernement [du fait de la] loi sur l’adaptation de la société au vieillissement (dite ASV), les EHPAD vont en plus subir la réduction de l’enveloppe des contrats aidés. »

Il précise « [qu’] à l’heure actuelle, les EHPAD français embauchent aujourd’hui 12 500 personnes à travers ce dispositif, selon la Fédération Hospitalière de France (FHF). Au regard du manque de moyens humains supplémentaires que va créer cette suppression d’emplois, la revendication des organisations syndicales de transformer ces contrats aidés en véritables emplois qualifiés en Contrat à Durée Indéterminée (CDI) est amplement justifiée.

Le président de la République interpelé sur cette question a refusé de recevoir les organisations syndicales et la ministre de la Santé, après avoir déclaré que les difficultés des EHPAD n’étaient pas qu’une question financière, mais un problème de management, notamment dans les établissements publics, ne propose qu’un groupe de réflexion sur la qualité de vie au travail (QVT) !

Il rapporte que « la Ministre Agnès Buzyn a annoncé qu’en plus des 100 millions inscrits au budget 2018 de la Sécurité sociale, 50 millions d’euros vont être donnés aux Agences Régionales de Santé (ARS) pour qu’elles puissent accompagner au cas par cas, en fonction des difficultés, les EHPAD qui souffrent aujourd’hui d’un manque de moyens. » et indique « Cependant Mme Buzin défend la réforme du financement des EHPAD, initiée par le précédent gouvernement, qu’elle a décidé de poursuivre ».

A l’issue du rassemblement, les manifestants sont allés déposer leurs revendications auprès du Préfet.

 

Le débat mené par Daniel Mermet avec les salariés en lutte de GM&S Industry, Eric Cocquerel et Nedjim Bouizzoul

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« Je ne l’accepte pas. » Voilà ce qu’Emmanuel Macron a déclaré ce dimanche 15 octobre aux trois journalistes venus l’interroger à l’Élysée. Qu’est-ce qui scandalise à ce point le président déterminé à « dire les choses » ? La diminution de l’impôt de solidarité sur la fortune ? La baisse des aides personnalisées au logement ?

Voici donc un petit courrier de rappel de Franck Dépretz

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De Jospin à Macron, la pente descendante vers la médiocrité politique !

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Souvenons-nous de Jospin qui déclarait en septembre 1999 sur TF1 « il ne faut pas tout attendre de l’État », Sarkozy qui prétendait « tout régler du haut de l’État », Hollande qui dans son programme annonçait « Réguler, contrôler, sanctionner » et enfin, Macron qui, sous couvert de modernité (tu parles !) déclare tout énervé en évoquant le cas GM&S, «bien connu dans la région», qu’on ne pouvait pas prétendre «protéger tous les emplois», y compris ceux qui n’ont «plus de destin économique». Ce serait, dit-il, «une mauvaise politique».

C’était il y a 2 jours en Corrèze, le mercredi 4 octobre 2017, lors de son déplacement qui portait sur la formation professionnelle et l’apprentissage. Juste avant sa déclaration il avait déclaré en off (capté par les caméras de BFMTV) «Il y en a certains, au lieu de foutre le bordel, ils feraient mieux d’aller regarder s’ils ne pourraient avoir des postes là-bas […] parce qu’il y en a qui ont des qualifications pour le faire». C’était à propos des salariés de GM&S à La Souterraine qui étaient venus en car avec des élus en demandant à le rencontrer.

Pour toute réponse ils ont été accueillis par les lacrymos des CRS et le mépris de classe du Président. Il est bien en Marche, dans les pas de ses prédécesseurs, vers la médiocrité croissante en politique où le «destin» du Monde n’est «qu’économique».

S’il veut le bordel, il ne s’y prendrait pas mieux ! Reste plus qu’à tous les faignants à se réveiller !

Indemnités prud’homales : les trois mensonges de Pénicaud face à Elise Lucet

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Muriel Pénicaud, le 31 août à Matignon. Photo Alain Jocard. AFP

Tiré de Libération Pauline Moullot

Dans «Cash Investigation» sur France 2, la ministre du Travail a tenté de justifier l’instauration d’un barème des indemnités prud’homales, au prix de grosses contre-vérités.

C’était l’une des séquences attendues de l’émission Cash Investigation, mardi soir sur France 2. Après avoir constaté pendant deux heures les conditions de travail épouvantables chez Lidl ou chez Free sur lesquelles ont enquêté les équipes d’Elise Lucet, la ministre du Travail allait devoir justifier sa réforme, qui risque d’aggraver la situation de bon nombre de personnes.
Interrogée sur les indemnités prud’homales et le barème contraignant mis en place par les ordonnances, Muriel Pénicaud a notamment dû s’expliquer sur la situation de Nelson, licencié abusivement alors qu’il avait moins d’un an d’ancienneté. Aux prud’hommes, il a touché six mois de salaire d’indemnités, alors qu’avec le nouveau barème il n’aurait touché qu’un mois. Elle a donc essayé de s’en sortir au prix de plusieurs mensonges.

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