GRÈCE : L’ENFER DU CAMP DE MORIA FACE À LA MENACE DU CORONAVIRUS

Des réfugiés montent un hôpital de fortune
© Mortaza Behboudi / CdB
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Comment confiner le plus grand camp de réfugiés d’Europe ? Depuis une semaine, les volontaires des ONG qui travaillent dans le complexe de Moria sont en quarantaine et, depuis lundi, le confinement a été décrété par le gouvernement grec. Alors que plus de 20 000 réfugiés s’entassent dans l’île de Lesbos, la situation sanitaire déplorable fait craindre une progression rapide de l’épidémie de Covid-19. La Grèce dénombre officiellement 695 personnes touchées par la maladie, et 17 décès sont déjà à déplorer, mais ces chiffres pourraient rapidement augmenter.

Dans le camp de Moria, des milliers de tentes sont installées les unes à côté des autres, et les migrants dorment serrés comme des sardines. L’entrée dans la zone est interdite aux organisations humanitaires et aux visiteurs depuis quelques jours, mais il est toujours possible d’y pénétrer en se faisant passer pour un réfugié. Les habitants du camp tentent de survivre, sans médicament, parfois sans eau et sans électricité. Ici, on manque de médecins, mais aussi de savon pour se laver les mains.

e camp de la Moria ne dort jamais et la violence couve au sein de la population. La police grecque préfère ne plus intervenir. Certains sont ici depuis des mois voire des années, les procédures de demande d’asile trainent et s’éternisent. « Nous ne pouvons pas dormir quand l’obscurité tombe. Des hommes viennent avec des couteaux pour nous voler ce qu’il nous reste. Mon mari est électricien, il travaille bénévolement pour une ONG, ici, dans le camp de Moria. Mais cela lui cause des problèmes, des gens nous menacent pour qu’il les raccorde au réseau électrique », raconte une mère de famille afghane.

“Si on ne fait rien, beaucoup de gens vont mourir avec le coronavirus. Ils nous ont abandonné mais on ne baisse pas les bras.”

Désormais, toutes les entrées du camp sont surveillées par la police grecque. Personne ne peut sortir, sauf les personnes ayant des rendez-vous médicaux dans le centre de Mytilène. Aucun médecin ne travaille dans le camp le week-end et la permanence de Médecins sans frontières (MSF) est restée fermée durant deux jours. Dans ce chaos, quelques réfugiés ont commencé à construire une clinique de fortune pour accueillir ceux qui ne manqueront pas d’être atteints par le Covid-19. Quatre personnes ont déjà contracté la maladie sur l’île de Lesbos et tout le monde redoute que la pandémie se propage dans le camp, où l’hygiène est désastreuse.

Deux cas suspects ont bien été identifiés parmi les réfugiés du camp de Moria, le 12 mars dernier, mais ces derniers se sont finalement avérés négatifs. Ce qui n’empêche pas la peur de roder, surtout parmi les personnes âgées. « Le coronavirus est déjà là mais personne n’en sait rien car nous n’avons pas les moyens de le détecter », raconte une migrante congolaise, arrivée depuis quatre mois. « Il faut faire la queue trois ou quatre heures pour voir un médecin. Il faut faire la queue pour tout, pour manger, pour prendre une douche ».

Certaines femmes ont commencé depuis la semaine dernière à coudre des masques de protection, mais ces derniers ne sont pas efficaces, expliquent les volontaires de MSF. En attendant, les enfants jouent dans les poubelles ou restent prostrés dans leurs tentes, puisque les écoles ont fermé depuis deux semaines. « Si on ne fait rien, beaucoup de gens vont mourir avec le coronavirus. Ils nous ont abandonné, mais on ne baisse pas les bras. Je suis jeune et fort mais il nous faudrait au moins de l’eau et du savon », continue un demandeur d’asile somalien, qui aide à monter l’hôpital de fortune.

“Il faut évacuer les réfugiés vers le continent pour lutter efficacement contre la propagation de l’épidémie.”

Il est interdit de filmer et de photographier à l’intérieur du camp. Les réfugiés peuvent se voir refuser leur demande d’asile si une image est diffusée sur les réseaux sociaux. La police n’hésite pas à casser les portables de ceux qui veulent filmer leur vie quotidienne. « Je veux parler de ce qui se passe ici, de la situation désastreuse du camp. Nous ne vivons pas bien, il ne faut pas cacher cela », veut croire Olivier, un journaliste congolais arrivé à Lesbos il y a quatre mois.

Lundi matin, un bateau est encore arrivé à 7h du matin avec plus de 50 migrants à son bord. Mais les autorités grecques n’acceptent plus aucune demande d’asile depuis début mars. Ces derniers vont donc être directement transférés au nord d’Athènes, dans le camp de Malakasa. Depuis lundi matin, les migrants du camp de Moria n’ont également plus l’autorisation de se rendre en ville. Il n’y a plus aucun transport, sauf des taxis, qui sont autorisés à prendre une seule personne, et seulement pour aller à l’hôpital.

Depuis début mars, les migrants qui arrivent sur les îles grecques sont séparés des migrants déjà présents sur place, afin d’éviter une propagation de l’épidémie de Covid-19. MSF le répète inlassablement aux dirigeants européens : évacuer les réfugiés vers le continent et vers d’autres pays de l’Union européenne est indispensable pour lutter efficacement contre la propagation de l’épidémie.

Chloroquine : en pleine crise du Covid-19, l’État laisse mourir son industrie pharmaceutique

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La chloroquine va-t-elle nous sortir de la pandémie ? Pour l’heure, rien de sûr. Mais la seule usine en France capable d’en produire est en redressement judiciaire. Quand bien même le gouvernement volerait à son secours, n’est-il pas déjà trop tard ?

Frédéric Gibert est élu du CSE, délégué CGT et magasinier de FAMAR Lyon.

 

Regards. Comment votre usine en est-elle arrivée au redressement judiciaire ?

Frédéric Gibert. On a eu une perte de deux clients courant 2019, qui a fait que le groupe voulait se séparer de Saint-Genis-Laval. En juin 2019, le groupe FAMAR a décidé, dans le cadre d’une cessation de paiement, de placer l’usine de Saint-Genis-Laval en redressement judiciaire. Le groupe l’a fait car elle avait le souhait de vendre l’entité FAMAR auprès de groupes industriels ou de fonds d’investissement, ce qui a été fait : la partie Nord a été vendue à Delpharm – qui est aussi un acteur de la sous-traitance pharmaceutique en France – et la partie Sud à un fonds d’investissement américain York/ECM. Aujourd’hui, cette usine emploie 250 salariés, une trentaine d’intérimaires et une quinzaine de salariés d’entreprises extérieures. Et nous n’avons pas de repreneur, nous n’avons reçu aucune offre permettant un avenir au site industriel. L’audience au tribunal, qui devait avoir lieu le 17 mars, demandait un renouvellement de l’activité jusqu’à juillet. Le tribunal étant fermé pour raison de confinement, on dépend de cette situation. Quoi qu’il arrive, il y a de fortes chances que l’usine soit fermée après juillet.

 

On ne sait pas encore si la chloroquine peut aider à vaincre le Covid-19. Mais l’urgence est là, tant pour la santé des Français que pour l’avenir de votre usine. Que dites-vous de cette situation ?

Le risque, c’est qu’on découvre que la chloroquine soigne après la fermeture de l’usine. Et encore, pour pouvoir fabriquer la Nivaquine – dont le principe actif est la chloroquine sulfate –, on passe par un tiers, Sanofi, qui est détenteur de ce produit. Donc avant de commencer la production de la Nivaquine, il faut permettre au fabricant du principe actif de pouvoir nous le livrer. Or, le délai d’approvisionnement est important, d’autant plus que le fabricant est en Inde…

C’est tout le principe d’une crise : si elle n’est pas anticipée, c’est fichu…

Exactement. Tant qu’une situation n’est pas critique, on reste sur la même politique. Le jour où, dans leurs rouages, il y a un blocus, des questions se posent et on remet à plat les problématiques d’indépendance et de besoins sanitaires. Je ne suis pas certain que la crise sauve notre usine, car nous ne savons pas si la chloroquine est le produit certifié pour éradiquer le Covid-19. On a des chances de pouvoir donner un souffle au site de Saint-Genis-Laval, le temps de la crise puis le temps de retrouver un repreneur, mais de là à dire que ça sauvera le site… Le chemin est long.

« Il n’y a aucune projection, aucune résonance, en termes de santé publique, sur le besoin sanitaire en France. La crise du Covid-19 ne change rien pour l’instant. Mais le débat va se poser. »

Votre usine produit 12 médicaments d’intérêt thérapeutique majeur, dont la Nivaquine, un antipaludéen à base de chloroquine. En pleine crise du Covid-19, vos adresses au gouvernement se font plus pressantes. Avez-vous eu des retours ?

Avant même notre redressement judiciaire, on a adressé des lettres aux ministères de la Santé et de l’Économie. Nous n’avons eu aucun retour de leur part. Jusqu’à ce jour. On commence juste à avoir des retours de quelques sénateurs et députés, du fait de la pandémie.

Mettons le Covid-19 de côté. Votre usine fabrique des médicaments, notamment contre le paludisme. Or, la pandémie de coronavirus montre les dangers d’une dépendance envers d’autres pays pour assurer le soin des Français. Cette situation est paradoxale, non ?

C’est clair. Il n’y a aucune projection, aucune résonance, en termes de santé publique, sur le besoin sanitaire en France. La crise du Covid-19 ne change rien pour l’instant. Mais le débat va se poser. Je ne sais pas si les décisions qui seront prises par la suite permettront de redistribuer les cartes du besoin sanitaire en France, du besoin d’indépendance, mais le débat aura lieu. Après, à qui profitera-t-il ? Ce qui est certain, c’est que l’industrie est mise à mal, dont l’industrie pharmaceutique. On se retrouve dans une situation où le manque industriel devient criant.

IL FAUT NATIONALISER FAMAR

Manifestation des salariés de FAMAR le 4 juillet

Talis : Les profs français, les plus méprisés du monde ?

Depuis les “riens”, on n’en est plus à une insulte près ! Mais la twitteuse ci-dessous a raison par rapport aux propose de la porte-parole d’un gouvernement qui, à défaut de maîtriser quoi que ce soit, a le souci du contrôle de sa communication. Et c’est pour ça que le rapport Talis, qui démontre que les professeurs français sont les plus méprisés du monde, tombe à pic !

Si les professeurs français sont parmi ceux qui se sentent les moins estimés parmi les pays de l’OCDE cela a peut-être  à voir aussi avec la façon dont leur propre institution les traite. C’est la leçon qu’on peut retenir de la publication par l’OCDE d’un nouveau volume de Talis, une enquête touchant 260 000 professeurs de 48 pays. En 2013 l’OCDE estimait qu’il y avait urgence à valoriser les enseignants français. En 2018, Talis démontre que les enseignants français ne sont pas seulement isolés, sous payés mais aussi méprisés par leur institution.

Voilà l’introduction de l’article que François Jarraud consacre à cette question sur le site du Café pédagogique. Si les enseignants François sont parmi les premiers à aimer leur travail, la France se qualifie en queue de peloton quant au sentiment de reconnaissance éprouvé par la profession.

Et François Jarraud de préciser : “La grande particularité du système français c’est d’avoir totalement marginalisé dans leur institution les enseignants. Ce que montre Talis c’est que les professeurs français sont les moins écoutés du monde. Eux le savent. Talis le démontre.”

Il ne s’agit pas de se lamenter, il s’agit de se demander ce que sera l’école le jour d’après… Mais la politique menée par le ministre Blanquer ne peut pas continuer, car, comme le conclut l’article cité :

Le métier est encore perçu chez beaucoup comme un métier à vie et une fonction sociale et non comme un job. Ce sont ces conceptions qui pourraient sauter avec le « nouveau métier enseignant » et « le management de proximité ».

Lire l’article complet sur le site du Café pédagogique en cliquant sur le logo

Le Venezuela, la France et le Coronavirus

Les hyènes médiatiques avaient prévu un désastre sanitaire. “Le système de santé n’est absolument pas capable de faire face” a annoncé Le FigaroLe Monde mentionne “un système de santé dévasté face au coronavirus” pendant que l’AFP ricane : “du thé à l’ail et au citron contre le coronavirus”. Bien entendu, les petits trouffions médiatiques et académiques du néolibéralisme se sont bien gardés d’expliquer aux rares lecteurs qui les croient encore que le Venezuela est victime d’un blocus criminel de la part des États-Unis et de ses vassaux. Une véritable guerre économique qui interdit le commerce de pétrole avec ce pays, et prive le gouvernement d’une manne non négligeable de devises au moment d’importer médicaments, matériels chirurgicales et sanitaires, aliments, pièce de rechange pour l’industrie.
Pour enfoncer le clou, le 12 mars 2020, dès l’annonce de la pandémie du Covid 19 par l’Organisation Mondial de la Santé, les États-Unis renforcent le blocus contre le Venezuela. L’entreprise russe (filiale de Rosneft) TNK Trading International, qui commercialisait le pétrole vénézuélien est sanctionnée. Ses avoirs et ses comptes aux USA sont gelés. Cette sanction, qui s’ajoute à une très longue liste depuis 2014, a pour conséquence de réduire les possibilités pour le gouvernement vénézuélien de faire face á la menace du Coronavirus en entravant l’importation de médicaments, de réactifs, et de masques. Le 18 mars 2020, dans le cadre de la lutte contre la pandémie de coronavirus, le Venezuela sollicite 5 milliards de dollars au Fond Monétaire International provenant de l’Instrument de Financement Rapide de l’organisme financier. Malgré le fait que le FMI a débloqué des fonds pour venir en aide aux pays “vulnérables”, la demande du Venezuela est rejetée. Son porte-parole indiqueque “le Fonds n’est pas en mesure de prendre en considération cette demande” car l’action du FMI est “fondée sur une reconnaissance officielle du gouvernement par la communauté internationale (…) Il n’y a pas de reconnaissance claire à ce stade”. L’idéologie et la guerre contre le Venezuela prime sur la défense du genre humain.
Les vénézuéliens savent pourtant faire preuve de résilience. Nicolas Maduro a conscience que gérer une crise sanitaire mondiale dans ces conditions n’a rien d’une sinécure. Dès l’annonce de la pandémie, et sans attendre son expansion, le président vénézuélien décrète l’urgence nationale, le confinement et la fermeture des lieux publics. Pas question de jouer avec la santé du peuple. D’autant plus que le Venezuela est sous la menace permanente d’une intervention militaire, et le coronavirus pourrait donner des idées à certains. Le journal El Nuevo Herald publiera un appel non dissimulé à profiter de la pandémie pour lancer un coup d’État contre le président Maduro.
Bien loin de se plier aux suppliques des ultras de l’opposition, l’armée vénézuélienne a prêté main forte pendant les premiers jours de confinement.  Pas pour réprimer ceux qui sortaient de leur confinement volontaire, mais pour désinfecter toutes les grandes villes du pays et les moyens de transports publics.

Les hyènes médiatiques avaient prévu un désastre sanitaire. “Le système de santé n’est absolument pas capable de faire face” a annoncé Le FigaroLe Monde mentionne “un système de santé dévasté face au coronavirus” pendant que l’AFP ricane : “du thé à l’ail et au citron contre le coronavirus”. Bien entendu, les petits trouffions médiatiques et académiques du néolibéralisme se sont bien gardés d’expliquer aux rares lecteurs qui les croient encore que le Venezuela est victime d’un blocus criminel de la part des États-Unis et de ses vassaux. Une véritable guerre économique qui interdit le commerce de pétrole avec ce pays, et prive le gouvernement d’une manne non négligeable de devises au moment d’importer médicaments, matériels chirurgicales et sanitaires, aliments, pièce de rechange pour l’industrie.
Pour enfoncer le clou, le 12 mars 2020, dès l’annonce de la pandémie du Covid 19 par l’Organisation Mondial de la Santé, les États-Unis renforcent le blocus contre le Venezuela. L’entreprise russe (filiale de Rosneft) TNK Trading International, qui commercialisait le pétrole vénézuélien est sanctionnée. Ses avoirs et ses comptes aux USA sont gelés. Cette sanction, qui s’ajoute à une très longue liste depuis 2014, a pour conséquence de réduire les possibilités pour le gouvernement vénézuélien de faire face á la menace du Coronavirus en entravant l’importation de médicaments, de réactifs, et de masques. Le 18 mars 2020, dans le cadre de la lutte contre la pandémie de coronavirus, le Venezuela sollicite 5 milliards de dollars au Fond Monétaire International provenant de l’Instrument de Financement Rapide de l’organisme financier. Malgré le fait que le FMI a débloqué des fonds pour venir en aide aux pays “vulnérables”, la demande du Venezuela est rejetée. Son porte-parole indiqueque “le Fonds n’est pas en mesure de prendre en considération cette demande” car l’action du FMI est “fondée sur une reconnaissance officielle du gouvernement par la communauté internationale (…) Il n’y a pas de reconnaissance claire à ce stade”. L’idéologie et la guerre contre le Venezuela prime sur la défense du genre humain.
Les vénézuéliens savent pourtant faire preuve de résilience. Nicolas Maduro a conscience que gérer une crise sanitaire mondiale dans ces conditions n’a rien d’une sinécure. Dès l’annonce de la pandémie, et sans attendre son expansion, le président vénézuélien décrète l’urgence nationale, le confinement et la fermeture des lieux publics. Pas question de jouer avec la santé du peuple. D’autant plus que le Venezuela est sous la menace permanente d’une intervention militaire, et le coronavirus pourrait donner des idées à certains. Le journal El Nuevo Herald publiera un appel non dissimulé à profiter de la pandémie pour lancer un coup d’État contre le président Maduro.
Bien loin de se plier aux suppliques des ultras de l’opposition, l’armée vénézuélienne a prêté main forte pendant les premiers jours de confinement.  Pas pour réprimer ceux qui sortaient de leur confinement volontaire, mais pour désinfecter toutes les grandes villes du pays et les moyens de transports publics.

Le 22 mars, une semaine après le confinement, le président Nicolas Maduro, annonce de nouvelles mesures. Il décrète :
✅La suspension des loyers pour les PARTICULIERS et les commerçants durant 6 mois
✅L’interdiction des licenciements jusqu’au 31 décembre 2020
✅La suspension des factures d’eau et d’électricité pendant 6 mois
✅La suspension des remboursements d’emprunt à la consommation ou hypothécaire
✅La massification du programme public de distribution d’aide alimentaire à domicile (CLAP)
✅La généralisation des bons d’ajustement salariaux (revenu universel)
✅L’État prend en charge les salaires des PME pendant 6 mois
✅Des crédits d’État pour les entreprises des secteurs santé, alimentation, pharmaceutiques, hygiène.
Le Venezuela conscient que le blocus criminel des États-Unis pouvait affecter sa capacité de réponse sanitaire a renforcé la quarantaine, mais il a surtout donné les moyens d’être confiné à sa population. Chacun jugera de la pertinence de ces mesures en comparaisons avec celles prises dans son pays.
A l’inverse de ses voisins, le Venezuela a, depuis longtemps, mis l’Humain au centre des préoccupations de son gouvernement. Pour faire face à la baisse drastique du prix du pétrole, il est passé, en 2016 d’un système de subventions généralisées à un système d’allocations qui prend en compte les revenus, la composition du foyer, l’âge, etc. Un système comparable à la Caisse d’Allocations Familiales française, en plus élaboré : c’est le Système de la Patrie. Chaque vénézuélien peut s’inscrire librement et reçoit la Carte de la Patrie, qui lui permet de faire des demandes d’allocations et d’aides gouvernementales. Ce système, banal dans un État-providence, va devenir sous le fiel des propagandistes médiatiques un dispositif de contrôle totalitaire.
C’est pourtant grâce à ce système que le gouvernement de Nicolas Maduro va pouvoir faire face à la menace du Covid 19. Dès les premiers jours, une grande enquête est lancée à travers l’application internet du Système de la Patrie. Le 23 mars, 10.965.969 vénézuéliens avaient répondu au recensement sanitaire de l’État.  21.801 vénézuéliens ont déclaré ressentir des symptômes grippaux. En retour, 13.808 médecins sont mobilisés (vénézuéliens pour la plupart, mais aussi cubains comme en Italie) pour aller réaliser un diagnostic des plaignants à leur domicile. Au jour du 22 mars, 17.550 personnes ont ainsi été auscultées. 77 personnes ont été diagnostiquées positives au Covid 19, et ont été transférées dans des centres de soins prévus à cet effet. Alors que les assurances privées refusaient de couvrir les frais médicaux lié au Covid 19, l’État vénézuélien prendra en charge gratuitement chacun des patients. Leurs familles ou proches avec qui les personnes infectées partageaient le confinement ont été mise en isolement pendant 14 jours afin de déterminer si elles ont été contaminées. Il n’y a pour l’instant aucun décès lié au Covid 19 au Venezuela.

✅L’interdiction des licenciements jusqu’au 31 décembre 2020✅La suspension des factures d’eau et d’électricité pendant 6 mois✅La suspension des remboursements d’emprunt à la consommation ou hypothécaire✅La massification du programme public de distribution d’aide alimentaire à domicile (CLAP)✅La généralisation des bons d’ajustement salariaux (revenu universel)
✅L’État prend en charge les salaires des PME pendant 6 mois✅Des crédits d’État pour les entreprises des secteurs santé, alimentation, pharmaceutiques, hygiène.
Le Venezuela conscient que le blocus criminel des États-Unis pouvait affecter sa capacité de réponse sanitaire a renforcé la quarantaine, mais il a surtout donné les moyens d’être confiné à sa population. Chacun jugera de la pertinence de ces mesures en comparaisons avec celles prises dans son pays.
A l’inverse de ses voisins, le Venezuela a, depuis longtemps, mis l’Humain au centre des préoccupations de son gouvernement. Pour faire face à la baisse drastique du prix du pétrole, il est passé, en 2016 d’un système de subventions généralisées à un système d’allocations qui prend en compte les revenus, la composition du foyer, l’âge, etc. Un système comparable à la Caisse d’Allocations Familiales française, en plus élaboré : c’est le Système de la Patrie. Chaque vénézuélien peut s’inscrire librement et reçoit la Carte de la Patrie, qui lui permet de faire des demandes d’allocations et d’aides gouvernementales. Ce système, banal dans un État-providence, va devenir sous le fiel des propagandistes médiatiques un dispositif de contrôle totalitaire.
C’est pourtant grâce à ce système que le gouvernement de Nicolas Maduro va pouvoir faire face à la menace du Covid 19. Dès les premiers jours, une grande enquête est lancée à travers l’application internet du Système de la Patrie. Le 23 mars, 10.965.969 vénézuéliens avaient répondu au recensement sanitaire de l’État.  21.801 vénézuéliens ont déclaré ressentir des symptômes grippaux. En retour, 13.808 médecins sont mobilisés (vénézuéliens pour la plupart, mais aussi cubains comme en Italie) pour aller réaliser un diagnostic des plaignants à leur domicile. Au jour du 22 mars, 17.550 personnes ont ainsi été auscultées. 77 personnes ont été diagnostiquées positives au Covid 19, et ont été transférées dans des centres de soins prévus à cet effet. Alors que les assurances privées refusaient de couvrir les frais médicaux lié au Covid 19, l’État vénézuélien prendra en charge gratuitement chacun des patients. Leurs familles ou proches avec qui les personnes infectées partageaient le confinement ont été mise en isolement pendant 14 jours afin de déterminer si elles ont été contaminées. Il n’y a pour l’instant aucun décès lié au Covid 19 au Venezuela.

Un médecin, accompagné des représentants du Comité de santé recensent maison par maison dans la Commune Socialiste de Altos de Lidice, à Caracas

Le 23 mars 2020, le gouvernement annonce disposer, grâce à l’aide chinoise, de deux millions de test de dépistage du Covid 19, et qu’il utilisera le traitement à la chloroquine pour soigner les personnes malades. Cet antipaludique avait eu des résultats probants en Chine avant que le professeur français Didier Raoult ne perfectionne le protocole de soins. Les français apprécieront sûrement de savoir que les vénézuéliens pourront utiliser ce traitement alors que, dans le même temps, les autorités sanitaires françaises trainent des pieds, et la plupart des médias ont déversé durant longtemps un torrent de boue sur le docteur marseillais.

Au-delà de la politique sanitaire vénézuélienne que chacun jugera en comparaison avec les protocoles de son propre pays, les vénézuéliens comptent sur un formidable réseau d’organisationspopulaires. Dès les premiers jours, et alors que les pharmacies privées augmentaient de 1000% le prix des masques et du gel hydro-alcoolique, les organisations de quartier se sont mises à fabriquer des masques pour les répartir gratuitement dans leur communauté de voisinage. Dans de nombreuses communes et conseils communaux, les comités de santé recensent les personnes, organisent la solidarité, les distributions de nourriture, transmettent les informations nécessaires sur la maladie. Que ce soit dans les quartiers populaires, dans les communes socialistes, ou dans les 2,5 millions de logements publics construits par la Révolution Bolivarienne entre 2011 et aujourd’hui, les relations sociales sont le ciment de la lutte contre la pandémie.
A la différence de la France, la notion “d’habiter” dans de très nombreux territoires du Venezuela fait corps avec l’organisation commune de l’espace, et de la prise de décision de manière collective. La notion de confinement est donc vécue différemment, et nous interpelle en Occident sur l’inexistence de construction des communs dans nos rapports de voisinage.

Le Venezuela a déjà connu une crise institutionnelle qui a été dépassée. Aujourd’hui, l’appel du président Maduro au confinement est respecté par tous les secteurs, pendant que Juan Guaido continue de faire le clown depuis sa chambre d’hôtel. La France, elle, est plongée dans une crise de légitimité. L’autorité politique de l’État ayant été publiquement défiée par l’autorité morale de l’infectiologue Didier Raoult. D’ores et déjà, des élus locaux se refusent à compter les morts en attendant le feu vert de l’État français. Ainsi, le maire de Nice, Christian Estrosi, décide d’abandonner le protocole ordonné par l’Etat pour suivre celui du professeur marseillais dans le CHU de sa ville. Alors que le Venezuela fait bloc derrière l’État révolutionnaire, la France, elle, semble revenir au système féodal.

Les ruptures de stock dans les magasins français, les spéculations et hausse de prix de certains produits, les vols de masques protecteurs (et peut être demain le marché noir si le confinement s’éternise) sont quelques uns des symptômes de la guerre économique que vit le Venezuela depuis plusieurs années. A la différence de l’Hexagone, les citoyens vénézuéliens sont déjà préparés à ce genre de conjoncture, et ont élaborés des solutions collectives pour pallier aux manques.

Enfin, les vénézuéliens sont rodés à la guerre médiatique et psychologique depuis plusieurs années. Ils savent que lorsque l’information vient des médias commerciaux, il ne faut pas s’y attarder une minute. En France, si les études du professeur Raoult se confirment, le système médiatique devrarendre des comptes pour avoir traité le médecin marseillais comme un charlatan. La palme revient, comme souvent, au Monde et à ses “décodeurs” pour avoir soutenu que le traitement à la chloroquine était une Fake News. Alors que plusieurs pays ont déjà adopté ce traitement en toute urgence (Chine, Venezuela, États-Unis, Argentine…), les médias français se sont déjà rendus coresponsables de milliers d’infection, et de centaines de morts. Les vénézuéliens savent déjà comment réagir face à ce système de propagande, et aux opérations psychologiques. Nous, nousapprenons à peine, et nous n’oublierons pas.
Encore une fois, les sicaires médiatiques et académiques attendent de voir comment la Révolution Bolivarienne succombera à la pandémie du Covid 19. Ils risquent encore de ronger leur frein, et de passer leur quarantaine noyés dans leur amertume.
Comme a dit Emmanuel Macron, “le jour d’après ne sera pas un retour au jour d’avant. Beaucoup de certitudes et de convictions seront remises en cause”. Espérons que ceux qui ont été contaminés par le virus de la désinformation sur le Venezuela, ne fassent pas l’impasse sur les recommandations du président français.

Article original à lire sur le site de Romain Mingus en cliquant sur l’image

Coronavirus: Des députés de tous bords réclament l’aide de Cuba

Des médecins cubains en Angola

De 20 ils sont passés à 45. Qui ? Les députés de tous bords, des Républicains à la France Insoumise, qui réclament à Edouard Philippe la venue d’une brigade de médecins cubains, connus pour leur expertise dans ce genre de situations, pour aider leurs collègues français à lutter contre l’épidémie de Covid-19.

Mais encore une fois il faut croire que leur monde nouveau est celui qui s’agrippe à de vieilles querelles et à des rancoeurs de classe de toujours. A cette demande de bon sens, le Premier Ministre oppose… un silence assourdissant…

A l’incompétence s’ajoute la honte !

Lire plus en détail l’article du Huffington Post

“J’ai la rage”

Lire sur le site du journal

C’est le titre d’une tribune qu’un médecin psychologue de l’hôpital de Mulhouse publie ce jour dans Libération. Tout notre soutien au personnel hospitalier, dans la lutte contre le libéralisme comme contre le Covid-19… et, parce que nos vies valent mieux que leurs profits, il faudra vaincre au plus vite ces deux ennemis !

Une victime du Covid-19 évacuée de l’hôpital de Mulhouse, le 17 mars 2020
Photo Sebastien Bozon.AFP

Un psychologue de l’hôpital de Mulhouse crie sa révolte contre ceux qui ont détruit le système de santé au nom des restrictions budgétaires. Une fois la pandémie passée, ceux-là mêmes rendront des comptes.

Tribune. Je suis en colère et j’ai la rage, quand ils défilent dans les médias, montrent leur trogne à la télévision, font entendre leur voix parfaitement maîtrisée à la radio, livrent leur discours dans les journaux. Toujours pour nous parler d’une situation dont ils sont un facteur aggravant, toujours pour pérorer sur la citoyenneté, sur le risque de récession, sur les responsabilités des habitants, des adversaires politiques, des étrangers… Jamais pour nous présenter leurs excuses, implorer notre pardon, alors même qu’ils sont en partie responsables de ce que nous vivons.

Je suis en colère et j’ai la rage, car en tant que psychologue dans l’hôpital le plus touché, celui de Mulhouse, je vois toute la journée des dizaines de personnes arriver en urgence dans nos locaux, et je sais que pour une bonne partie d’entre elles, elles n’en ressortiront pas vivantes, souriantes, insouciantes, comme ce pouvait être le cas il y a encore deux semaines.

Je suis en colère et j’ai la rage, car je sais que ces personnes, ces êtres vivants, ces frères et sœurs, pères et mères, fils et filles, grands-pères et grands-mères, mourront seules dans un service dépassé, malgré les courageux efforts des soignants ; seules, sans le regard ou la main de ceux et celles qui les aiment, et qu’ils aiment.

Je suis en colère et j’ai la rage, devant cette situation folle qui veut que nous laissions nos aînés, nos anciens, ceux et celles qui ont permis que notre présent ne soit pas un enfer, ceux et celles qui détiennent un savoir et une sagesse que nul autre n’a ; que nous les laissions donc mourir par grappes dans des maisons qui n’ont de retraite que le nom, faute de pouvoir sauver tout le monde, disent-ils.

Le deuil impossible des familles

Je suis en colère et j’ai la rage, en pensant à toutes ces familles qui vivront avec la terrible douleur d’un deuil impossible, d’un adieu impossible, d’une justice impossible. Ces familles auxquelles on ne donne pas accès à leur proche, ces familles qui appellent sans cesse les services pour avoir des nouvelles, et auxquelles aucun soignant ne peut répondre, trop occupé à tenter une intervention de la dernière chance. Ces familles qui sont ou pourraient être la nôtre…

Je suis en colère et j’ai la rage, quand je vois mes collègues soignants se battre, tous les jours, toutes les minutes, pour tenter d’apporter de l’aide à toutes les personnes qui se retrouvent en détresse respiratoire, y perdre une énergie folle, mais y retourner, tous les jours, toutes les minutes. Je suis en colère et j’ai la rage, devant les conditions de travail de mes collègues brancardiers, ASH, secrétaires, aides-soignants, infirmiers, médecins, psychologues, assistants sociaux, kinés, ergothérapeutes, cadres, psychomotriciens, éducateurs, logisticiens, professionnels de la sécurité… car nous manquons de tout, et pourtant, il faut aller au charbon.

Je suis en colère et j’ai la rage, car, lorsque je me rends à mon travail, et lorsque j’en pars, je croise en quelques minutes trois ou quatre véhicules d’urgence, transportant une personne pleine de l’espoir d’être sauvée… Comment ne pas avoir confiance dans nos hôpitaux ? Ils sont à la pointe, ils sont parfaitement en état de fonctionner, de protéger, de guérir… et pourtant, combien de ces ambulances mènent leur passager vers leur dernier lieu ? Combien de ces patients refranchiront la porte sains et saufs ?

Je suis en colère et j’ai la rage, car cela fait des années que nous crions notre inquiétude, notre incompréhension, notre dégoût, notre mécontentement, devant les politiques de santé menées par les différents gouvernements, qui ont pensé que l’hôpital était une entreprise comme une autre, que la santé pouvait être un bien spéculatif, que l’économie devait l’emporter sur le soin, que nos vies avaient une valeur marchande.

Je suis en colère et j’ai la rage quand je constate que nos services d’urgences demandent de l’aide depuis si longtemps, quand je pense que les personnes qui arrivent avec le Samu posent leur regard (souvent le dernier sur l’extérieur) sur ces banderoles disant «URGENCES EN GRÈVE», qu’elles se trouvent face à des médecins traitants à la retraite du fait du départ des urgentistes, ces spécialistes de l’urgence qui seraient tant nécessaires en ces jours sombres…

De l’exploitation des étudiants infirmiers

Je suis en colère et j’ai la rage devant la manière dont on exploite nos étudiants en soins infirmiers ou aides-soignants, qui se retrouvent à faire des travaux d’une dureté que je ne souhaiterais pas à mon pire ennemi, qui, a à peine 20 ans, doivent mettre les corps de nos morts dans des sacs mortuaires, sans préparation, sans soutien, sans qu’ils et elles aient pu se dire volontaires. Pourquoi demander ? Cela fait partie de leur formation, voyons ! Et ils devraient s’estimer heureux, ils reçoivent une gratification de quelques centaines d’euros, vu qu’ils interviennent en tant que stagiaires.

Je suis en colère et j’ai la rage, car la situation actuelle est le fruit de ces politiques, de ces fermetures de lits comme ils aiment le dire, oubliant que sur ces lits, il y avait des humains qui en avaient besoin, de ces putains de lits ! De ces suppressions de postes, parce qu’un infirmier, c’est cher, ça prend de la place sur le budget prévisionnel ; de ces externalisations de tous les métiers du soin, puisqu’un ASH en moins dans les chiffres du nombre de fonctionnaires, c’est toujours un fonctionnaire en moins dont ils peuvent s’enorgueillir.

Je suis en colère et j’ai la rage, car celles et ceux qui sont au boulot tous les jours, malgré la peur ancrée au ventre, peur d’être infecté, peur de transmettre le virus aux proches, peur de le refiler aux autres patients, peur de voir un collègue sur le lit de la chambre 10 ; celles-ci et ceux-là se sont fait cracher dessus pendant des années dans les discours politiques, se sont retrouvés privés de leur dignité lorsqu’on leur demandait d’enchaîner à deux professionnels tous les soins d’un service en quelques minutes, bousculés dans leur éthique et leur déontologie professionnelle par les demandes contradictoires et folles de l’administration. Et aujourd’hui, ce sont ces personnes qui prennent leur voiture, leur vélo, leurs pieds, tous les jours pour travailler malgré le risque continu d’être frappées par le virus, alors que ceux qui les ont malmenés sont tranquillement installés chez eux ou dans leur appartement de fonction.

Je suis en colère et j’ai la rage, parce qu’aujourd’hui, mon hôpital fait face à une crise sans précédent, tandis que celles et ceux qui l’ont vidé de ses forces sont loin. Parce que mon hôpital a été pris pour un putain de tremplin pour des directeurs aussi éphémères qu’incompétents qui ne visaient que la direction d’un CHU et qui sont passés par Mulhouse histoire de prouver qu’ils savaient mener une politique d’austérité bête et méchante… Parce que mon hôpital a été la cible d’injonctions insensées au nom d’une obscure certification, pour laquelle il semblait bien plus important de montrer une traçabilité sans faille plutôt qu’une qualité de soin humain.

Parce qu’en gros, mon hôpital ne fut rien de plus qu’un cobaye pour des administrateurs dont seule l’autovalorisation égoïste avait de l’importance. Parce qu’au-delà de mon hôpital, ce sont les personnes qui y sont accueillies qui ont été considérées comme des valeurs négligeables, des chiffres parmi d’autres, des variables sur la ligne recettes/dépenses. Parce que dans l’esprit bêtement comptable de la direction générale de l’organisation des soins, patients et soignants sont tous dans le même panier d’un lean management des plus écœurants…

Les premiers de cordée et leur respirateur

Je suis en colère et j’ai la rage, quand je me souviens des premiers de cordée censés tenir notre pays, censés être le fer de lance de notre pays, censés nous amener, nous, petites gens, vers des sommets ; et que ce sont ces petites gens, ces caissières de supermarché, ces éboueurs dans nos rues, ces ASH dans nos hôpitaux, ces agriculteurs dans les champs, ces manutentionnaires amazone, ces routiers dans leurs camions, ces secrétaires à l’accueil des institutions, et bien d’autres, qui permettent aux habitants de continuer de vivre, de se nourrir, de s’informer, d’éviter d’autres épidémies… Pendant que les premiers de cordée lorgnent leur respirateur artificiel personnel, le prospectus de la clinique hi-tech dernier cri qui les sauvera au cas où, regardent les fluctuations de la Bourse comme d’autres comptent les cadavres dans leur service.

Tweet rajouté par l’Aube Insoumise :
L’hommage de la Marconie aux personnels soignants !

Je suis en colère et j’ai la rage envers ces hommes et ces femmes politiques qui n’ont eu de cesse de détruire notre système social et de santé, qui n’ont eu de cesse de nous expliquer qu’il fallait faire un effort collectif pour atteindre le sacro-saint équilibre budgétaire (à quel prix ?) ; que «les métiers du soin, c’est du sacrifice, de la vocation»… Ces politiques qui aujourd’hui osent nous dire que ce n’est pas le temps des récriminations et des accusations, mais celui de l’union sacrée et de l’apaisement… Sérieux ? Vous croyez vraiment que nous allons oublier qui nous a mis dans cette situation ? Que nous allons oublier qui a vidé les stocks de masques, de tests, de lunettes de sécurité, de solutions hydroalcooliques, de surchaussures, de blouses, de gants, de charlottes, de respirateurs (de putain de respirateurs tellement primordiaux aujourd’hui) ? Que nous allons oublier qui nous a dit de ne pas nous inquiéter, que ce n’était qu’une grippe, que ça ne passerait jamais en France, qu’il ne servait à rien de se protéger, que même pour les professionnels, les masques, c’était too much ?

Que nous allons oublier l’indifférence et le mépris pour ce qui se passait chez nos sœurs et nos frères chinois, chez nos sœurs et nos frères iraniens, chez nos sœurs et nos frères italiens, et ce qui se passera sous peu chez nos sœurs et nos frères du continent africain et chez nos sœurs et nos frères latino-américains ? Nous n’oublierons pas ! Tenez-le-vous pour dit…

Je suis en colère et j’ai la rage, car je vis depuis une semaine avec cette satanée boule dans la gorge, cette envie de me prostrer, de pleurer toutes les larmes de mon corps, quand j’écoute la détresse et la souffrance de mes collègues, quand ils et elles me parlent du fait de ne pas pouvoir embrasser leurs enfants parce que personne ne peut être sûr de ne pas ramener le virus, lorsque s’expriment les moments de craquage dans la voiture avant et après la journée de travail, quand je pense aux ravages à venir, psychiquement parlant, lorsque tout ça sera derrière nous, et qu’il y aura le temps de penser…

Je suis en colère et j’ai la rage, mais surtout un désespoir profond, une tristesse infinie…

Je suis en colère et j’ai la rage, et je ne peux pas les laisser sortir pour le moment. Elles se tapissent au fond de mon âme, me consumant à petit feu. Mais sous peu, une fois que ce sera calme, je les laisserai jaillir, cette colère et cette rage, comme tous ceux et toutes celles qui les ont enfouies. Et croyez-moi, ce moment viendra. Elles flamberont, et nous exigerons justice, nous demanderons des comptes à tous ceux qui nous ont conduits dans ce mur terrible. Sans violence. A quoi bon ? Non, avec une humanité et une sagesse dont ils sont dépourvus. Entendez-vous cette petite musique ? Celle qui se murmure tout bas mais qui monte en puissance ? Ce refrain des Fugees : «Ready or not, here I come ! You can hide ! Gonna find you and take it slowly !» Nous arrivons…

Claude Baniam (pseudonyme) psychologue à l’hôpital de Mulhouse

Soigner en priorité les soldats américains ?

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C’est la conclusion ahusrissante que l’on est en droit de faire à la lecture de cet article de la Dépêche.fr. On vous laisse juge !

Le groupe pharmaceutique Biomérieux a annoncé le lancement à venir
de trois tests visant à répondre à l’épidémie de coronavirus.

Ce lundi, plus de 300 000 personnes étaient infectées par le Coronavirus dans le monde. Les besoins en tests de dépistage n’ont jamais été aussi importants. Bonne nouvelle pour la société BioMérieux dont les ateliers de fabrication sont installés dans l’Ariège, et aussi à Salt Lake City : elle a reçu l’autorisation des Etats-Unis pour vendre ses produits. Selon les Echos, la société a fait savoir ce mardi matin que l’US Food and Drug Administration, l’autorité sanitaire au Etats-Unis, lui avait donné le feu vert pour vendre en urgence ses tests Biofire Covid-19, conçus pour un dépistage de masse. 

“Face à l’urgence de l’épidémie de COVID-19, bioMérieux s’engage à proposer une solution de diagnostic complète qui réponde aux exigences de performance et de qualité les plus élevées”, nous indiquait il y a quelques jours de ça, Mark Miller, directeur exécutif des Affaires Médicales de l’entreprise. Un premier test, nommé SARS-CoV-2 R-GENE, produit en Ariège, sur le site de Verniolle, devra être agréé par la commission européenne et fera l’objet d’une demande d’autorisation d’utilisation en urgence auprès de l’Agence américaine du médicament. Une fois marqué CE, ce test pourra être produit à échelle industrielle à Verniolle, entre Foix et Pamiers. 

45 minutes de test

Le test  s’effectue à partir d’un prélèvement nasopharyngé et peut diagnostiquer si le patient est atteint du coronavirus en 45 minutes, c’est six fois plus rapide que les diagnostics moléculaires utilisés jusqu’à présent. Mais ces tests ne peuvent être réalisés que par ceux qui détiennent les plateformes d’analyses avec des machines bien spécifiques, développées elles aussi par BioMérieux. 11 000 de ces machines sont disponibles dans le monde. Pourtant développés dans l’Ariège, ces tests ne sont pas encore utilisés en France ou en Europe. L’entreprise a fait savoir qu’ils étaient avant tout destinés au Département de la défense aux Etats-Unis. 

Contre le coronavirus, les Allemands pédalent

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Les mesures de protection se mettent en place en Allemagne, mais pas un confinement total. Et les autorités encouragent la pratique du vélo, qui permet de moins propager le virus.

Le Covid-19 est devenu une épidémie mondiale, selon l’Organisation mondiale de la santé. Comment les autres États tentent-ils d’endiguer la propagation du virus ? Comment les habitants vivent-ils la crise au quotidien ? Reporterre a mobilisé ses correspondants à l’étranger pour vous le raconter.


L’Allemagne a longuement hésité. Confiner sa population pour ralentir la propagation du coronavirus, comme l’ont fait la France, l’Italie ou l’Espagne ? Priver ainsi ses citoyens de liberté est un sujet particulièrement sensible dans un pays qui a connu la dictature nazie puis un régime autoritaire communiste.

Dimanche 22 mars au soir, en accord avec les ministres-présidents des seize Länder, la chancelière Angela Merkel n’a finalement pas annoncé de confinement. Les Allemands restent autorisés à sortir de chez eux à condition qu’ils maintiennent 1,5 mètre de distance avec toute personne extérieure à leur propre foyer. Les rassemblements de plus de deux personnes sont interdits dans l’espace public, à l’exception des membres d’une famille vivant sous le même toit.

Dans l’arsenal de mesures adoptées pour limiter la diffusion du virus, une attire l’attention : depuis le début de la crise, les autorités allemandes encouragent la pratique… du vélo. Le ministre fédéral de la Santé, Jens Spahn, appelle les Allemands « à marcher ou prendre le vélo plutôt que les transports en commun », en complément des fameux « gestes barrières ».

« Le risque de contamination à vélo est quasi nul », a confirmé le porte-parole de la fédération des pneumologues d’Allemagne, Michael Barczok, à l’hebdomadaire Der Spiegel. Selon ce spécialiste, le vélo a tout bon car il permet de se protéger et de protéger les autres : il maintient à distance et évite d’être contaminé en touchant des surfaces sur lesquelles le coronavirus pourrait survivre plusieurs jours comme les barres du bus ou du métro.

Comme tout sport d’endurance, la pratique du vélo est aussi un bon moyen de prévention car « il permet au système respiratoire d’être bien ventilé et mieux alimenté en sang », souligne le magazine. « Vous respirez plus intensément, ce qui signifie que vous nettoyez bien vos poumons, explique Michael Barczok. C’est optimal en matière de protection contre les virus. » Dans son cabinet à Ulm, dans le Bade-Württemberg, le pneumologue recommande systématiquement le vélo à ses patients atteints de bronchite chronique, pour lesquels le jogging est déconseillé.

Le vélo pourrait-il faire baisser le taux de mortalité lié au coronavirus ? Aucune étude n’a été faite sur le sujet. Mais des chercheurs travaillent actuellement sur l’hypothèse d’un lien de causalité entre la pollution aux particules fines et la diffusion du virus. Une pollution de l’air justement largement réduite par l’usage du vélo à la place de la voiture, mais aussi des bus et métros.

Dimanche à Berlin : moins de contamination, plus d’écologie.

Dans les rues de Berlin, les panneaux électroniques qui préviennent d’ordinaire des travaux et des bouchons affichent ce message : « Aller au travail à vélo protège de la contamination. » Les 5.000 vélos en libre-service de la municipalité sont désormais gratuits si la course n’excède pas trente minutes. « En période de crise, se déplacer de façon saine doit être facile », a twitté la ministre régional écologiste des Transports Regine Günther, initiatrice d’un ambitieux plan vélo de 210 millions d’euros. Son service de presse précise que le guidon ne présente pas de risque particulier de contamination mais conseille aux usagers de porter des gants par précaution.

À Berlin comme dans le reste de l’Allemagne, les magasins de vélo sont autorisés à rester ouverts, à condition de maintenir les activités de réparation. « C’est un besoin de première nécessité, estime Jürgen Klöfkorn, qui dirige depuis 32 ans la boutique Räderwerk dans le quartier de Kreuzberg. Il faut bien entretenir les vélos ou que les gens puissent s’équiper ». Entre la crise du coronavirus et le retour du beau temps, il a observé une augmentation de ses ventes de bicyclettes. S’il peut satisfaire la demande pour l’instant, il s’inquiète de difficultés d’approvisionnement dans les mois à venir, car de nombreux vélos et accessoires sont fabriqués dans des usines chinoises partiellement mises à l’arrêt à cause de la pandémie.

Voisin de la boutique, Michael s’est justement équipé récemment : « J’ai vendu ma voiture en novembre dernier pour passer au métro, explique cet architecte berlinois. Avec le coronavirus, j’ai décidé d’aller plus loin et de n’utiliser que le vélo pour me rendre au travail. Ça a été un déclencheur. » Son bureau est à vingt minutes de trajet, ce qui lui permet en outre « de maintenir une activité physique », raconte-t-il.

Dans une ville comme Berlin, où 43 % des foyers n’ont pas de voiture, le vélo est synonyme d’indépendance et de mobilité — quoi qu’il arrive. Avant la crise du coronavirus, Mounia n’avait « jamais conduit de vélo de sa vie ». Elle qui prenait le bus tous les jours pour se rendre à son travail a soudainement pris conscience du risque de contamination : « Trop de monde, les fenêtres fermées, la catastrophe », raconte-t-elle. Le vélo lui permet aussi de porter plus de courses et ainsi de sortir moins fréquemment de chez elle.

Clarisse, jeune Française en stage dans la capitale allemande, a elle aussi acheté un vélo mais s’interroge sur les recommandations des autorités : « Je ne suis pas sûre que cela soit une bonne idée, affirme-t-elle. Le vélo peut être utilisé par les gens comme une excuse pour sortir au lieu de rester confinés chez eux, alors qu’ils n’en ont pas besoin. »Pour Lisa en tout cas, pas de doute : « C’est une bonne chose pour l’écologie. »

Changer ses habitudes, une façon de s’adapter à la crise actuelle mais aussi d’engager une transition sur le long terme. « Cela représente un grand potentiel pour établir de nouvelles routines de mobilité et soulager les villes des trajets inutiles en voiture », explique Burghard Stock, de l’association allemande des utilisateurs de vélo. L’ADFCestime qu’un tiers de ceux qui se mettent en selle à cause du coronavirus resteront fidèles à la petite reine.

23 mars 2020 / Violette Bonnebas (Reporterre)

Coronavirus. Des médecins cubains débarquent à Milan pour aider l’Italie

Des médecins cubains sur le départ pour l’Italie (Crédit image : Cubadebate)

Un groupe de 37 médecins et 15 infirmières cubains qui travailleront dans les hôpitaux de campagne mis en place par l’armée italienne en Lombardie a débarqué ce 22 mars en Italie. Ils sont arrivés directement de La Havane pour aider leurs collègues italiens en ces temps difficiles.

Ils ont atteint la Lombardie, en plein épicentre de l’épidémie de Covid-19, où le système de santé est en crise depuis des jours. En Lombardie, le personnel médical, malgré les efforts continus et énormes, souffre beaucoup et ne suffit plus à faire face à l’urgence sanitaire. Ces médecins rejoindront une douzaine de médecins chinois qui sont également arrivés à Milan ce 22 mars.

Leur destination finale est le nouvel hôpital de campagne qui sera construit à Bergame, la région de Lombardie la plus touchée par le Covid-19.

Il s’agit de personnel médical hautement spécialisé, avec une longue expérience dans le traitement des maladies infectieuses. Certains membres de cette équipe médicale se sont également retrouvés dans le passé à travailler pour endiguer les épidémies d’Ebola en Afrique. En attendant que tout soit prêt pour être transférés à l’hôpital de Bergame en construction, ils se rendront dans un premier temps à l’hôpital de Crema.

L’Italie n’est pas le seul pays à bénéficier de la solidarité cubaine. En fait, le ministère cubain de la santé publique a annoncé qu’il y a 37 pays dans lesquels des personnels de santé ont été envoyés pour faire face à la propagation du virus. On parle de plus de 1450 médecins cubains qui, ces derniers jours, ont été envoyés dans le monde entier pour faire face à cette pandémie de coronavirus.

En quittant l’aéroport de Malpensa, à Milan, l’équipe médicale cubaine a été accueillie par de longs applaudissements.

Actuellement, il y a un peu moins de 50.000 professionnels cubains dans le monde et plus de la moitié d’entre eux sont des médecins. Tout comme en Italie, ces médecins sont actuellement : en Europe (Russie et Portugal), dans une trentaine de nations en Afrique, dans les régions du Pacifique, au Moyen-Orient et en Asie de l’Est et dans plus de 20 pays en Amérique latine et dans les Caraïbes pour apporter un soutien sanitaire et une aide en ces temps de crise grave.

Ce service rendu par les services de santé cubains à l’humanité entière est d’une valeur énorme, ils sont déployés par milliers partout dans le monde en ces jours de grande urgence.

Outre les médecins, il y a des infirmières, des techniciens, des diplômés de diverses spécialités, des ingénieurs et du personnel d’appui.

« Il s’agit de personnel hautement qualifié qui a déjà lutté contre Ebola et qui sait comment traiter ce type de maladie », a annoncé Giulio Gallera, adjoint du gouverneur de la Lombardie en charge de la Santé, qui a ajouté que pour le moment ils iront « soulager la situation à l’hôpital de Crema ».

L’ambassadeur de Cuba en Italie, Josè Carlos Rodriguez Ruiz, a confirmé il y a quelques jours l’accord des autorités sanitaires cubaines compétentes pour appuyer l’Italie, suite à la demande d’aide de M. Gallera et du gouvernement italien, ainsi que de l’Association Italie Cuba.

« Nous avons réussi à récupérer un groupe de médecins pour rendre l’hôpital de Bergame efficace et performant, dont la construction a été ralentie hier par manque de personnel », a expliqué le président de la région de Lombardie, Attilio Fontana.

Et il a poursuivi : « Il était inutile de construire une cathédrale dans le désert. Maintenant, après avoir reçu la confirmation des médecins, les travaux vont reprendre ».

Cuba est proche « Nous n’offrons pas ce qui nous reste : nous partageons ce que nous avons ».



Et maintenant on culpabilise les citoyens !

Nous ne retournerons pas à la normalité, parce que la normalité était le problème

Une des stratégies les plus efficaces mises en œuvre dans toute situation d’urgence par les pouvoirs forts consiste à culpabiliser les individus pour obtenir d’eux qu’ils intériorisent la narration dominante sur les événements en cours, afin d’éviter toute forme de rébellion envers l’ordre constitué.

Cette stratégie a été largement mise en œuvre dans la dernière décennie avec le choc de la dette publique, présenté comme la conséquence de modes de vie déraisonnables, où l’on vivait au-dessus de ses moyens sans faire preuve de responsabilité envers les générations futures.

L’objectif était d’éviter que la frustration due à la dégradation des conditions de vie de larges couches de la population ne se transforme en rage contre un modèle qui avait donné la priorité aux intérêts des lobbies financiers et des banques sur les droits des individus.

C’est bien cette stratégie qu’on est est en train de déployer dans la phase la plus critique de l’épidémie de coronarivus.

L’épidémie a mis le roi à nu et fait ressortir toutes les impostures de la doctrine libérale.

Un système sanitaire comme celui de l’Italie, qui jusqu’il y a dix ans était l’un des meilleurs du monde, a été sacrifié sur l’autel du pacte de stabilité : des coupes budgétaires d’un montant global de 37 milliards et une réduction drastique du personnel (moins 46.500 personnes, entre médecins et infirmièr.e.s), avec pour brillant résultat la disparition de plus de 70.000 lits d’hôpital – ce qui veut dire, s’agissant de la thérapie intensive de dramatique actualité, qu’on est passé de 922 lits pour 100.000 habitants en 1980 à 275 en 2015.

Tout cela dans le cadre d’un système sanitaire progressivement privatisé, et soumis, lorsqu’il est encore public, à une torsion entrepreneuriale obsédée par l’équilibre financier.

Que la mise à nu du roi soit partie de la Lombardie est on ne peut plus illustratif : cette région considérée comme le lieu de l’excellence sanitaire italienne est aujourd’hui renvoyée dans les cordes par une épidémie qui, au cours du drame de ces dernières semaines, a prouvé la fragilité intrinsèque d’un modèle économico-social entièrement fondé sur la priorité aux profits d’entreprise et sur la prééminence de l’initiative privée.

Peut-on remettre en question ce modèle, et courir ainsi le risque que ce soit tout le château de cartes de la doctrine libérale qui s’écroule en cascade ? Du point de vue des pouvoirs forts, c’est inacceptable.

Et ainsi démarre la phase de culpabilisation des citoyens.

Désolés !
le style de vie que vous avez commandé
n’est plus disponible.

Ce n’est pas le système sanitaire, dé-financé et privatisé qui ne fonctionne pas ; ce ne sont pas les décrets insensés qui d’un côté laissent les usines ouvertes (et encouragent même la présence au travail par des primes) et de l’autre réduisent les transports, transformant les unes et les autres en lieux de propagation du virus ; ce sont les citoyens irresponsables qui se comportent mal, en sortant se promener ou courir au parc, qui mettent en péril la résistance d’un système efficace par lui-même.

Cette chasse moderne, mais très ancienne, au semeur de peste est particulièrement puissante, car elle interfère avec le besoin individuel de donner un nom à l’angoisse de devoir combattre un ennemi invisible ; voilà pourquoi désigner un coupable (« les irresponsables »), en construisant autour une campagne médiatique qui ne répond à aucune réalité évidente, permet de détourner une colère destinée à grandir avec le prolongement des mesures de restriction, en évitant qu’elle ne se transforme en révolte politique contre un modèle qui nous a contraints à la compétition jusqu’à épuisement sans garantir de protection à aucun de nous.

Continuons à nous comporter de façon responsable et faisons-le avec la détermination de qui a toujours à l’esprit et dans le cœur une société meilleure.

Mais commençons à écrire sur tous les balcons : « Nous ne reviendrons pas à la normalité, car la normalité, c’était le problème. »

Texte de Marco Bersani (Attac Italie)