Bolivie : “Maintenant oui, c’est la guerre civile!

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Nous reproduisons ci-dessous un article de l’agence Anred : le peuple bolivien se mobilise contre le coup d’Etat et se heurte aux mêmes brutalités policières et médiatiques qu’au Chili ou en Equateur !

La ville qui entoure la capitale bolivienne est la deuxième plus grande du pays et est sortie dans la rue contre la destitution du Président Evo Morales. Depuis hier soir, les conseils de quartier ont lancé un ultimatum contre le leader de l’opposition Camacho. Des barrages routiers et des affrontements avec la police… les militaires et les paramilitaires ont fait jusqu’à présent deux morts et 15 blessés par balle. Aujourd’hui, le commandant général de la police a démissionné.

La wipala, drapeau des peuples andins, symbole national en Bolivie depuis la nouvelle Constitution
(Clic sur l’image pour en savoir plus)

Hier, alors que les forces armées “suggéraient » la démission du Président, en même temps que le commandant général de la police, Yuri Calderón, se pliait à la demande de démission, le cercle qui contraignait Evo Morales à démissionner se fermait. Les arrestations de dirigeants du Mouvement pour le socialisme (MAS) et l’attaque de locaux et de maisons privées, ainsi que l’incendie de wipalas, ont été couronnées par l’arrivée du leader de l’opposition, lié au commerce du gaz, Luis Camacho, qui, une bible en main et dans une zone libérée par la police, a pu entrer dans le Palais Quemado (ancienne résidence des chefs d’état NDLR).

Mobilisation contre le coup d’état

Mais à El Alto, cette nuit, les premières barricades ont été érigées pour bloquer La Paz et repousser le coup d’État. La Fédération des comités de quartier (Fejuve) a donné 48 heures aux putschistes pour quitter La Paz “pour avoir incité à la division et à la violence entre Boliviens”.

Camarades, nous nous sommes rassemblés à El Alto…
Il n’y a rient à la télé pour raconter ce qui se passe ici

Aujourd’hui, les affrontements se sont intensifiés dans plusieurs endroits de la ville. Les manifestants ont repoussé les forces de police, mais les forces de sécurité ont tiré des coups de feu, tuant au moins deux personnes et en blessant une quinzaine d’autres. Au cri de “Mesa, Camacho, nous voulons votre tête », ils ont mis le feu à un commissariat à El Alto et ont neutralisé plusieurs véhicules de police.

La situation s’est aggravée et le commandant de la Police nationale Calderon a démissionné. La presse hégémonique bolivienne a réduit les manifestations à des actes de vandalisme et de pillage de « profiteurs du chaos social pour voler”. L’opération de désinformation présente les mêmes caractéristiques que les soulèvements en Équateur et au Chili.

“Voila ce que la presse ne montre pas… C’est une enfant !”

Vu que les forces de polices étaient débordées, des unités de l’armée bolivienne sont entrées avec des chars dans certaines avenues d’El Alto. Le haut commandement militaire a commencé à mettre en œuvre un plan d’urgence pour assurer les services publics. Cependant, les habitants ont dénoncé depuis hier la coupure de l’eau. En même temps, une forte concentration d’habitants brandissant des wipalas se sont mobilisés en chantant “Maintenant oui, c’est la guerre civile”.

La situation ne cesse de s’aggraver, l’OEA a demandé à l’Assemblée législative de se réunir d’urgence pour assurer “une sortie constitutionnelle” et l’Union européenne a exprimé, par l’intermédiaire de la Haut-Commissaire, que des élections crédibles, exprimant la volonté du peuple, soient organisées dès que possible. Dans un communiqué publié sur les médias sociaux, Donald Trump a salué la destitution d’Evo Morales : “Les États-Unis applaudissent le peuple bolivien et les militaires boliviens. Le gouvernement mexicain a accordé l’asile politique au mandataire.

À ce jour, deux personnes ont été tuées à El Alto et une quinzaine d’autres ont été blessées, dont deux filles. Des affrontements se produisent à certains coins de rue. Alors que l’on craint l’arrivée de nouveaux contingents paramilitaires qui se joindraient à la répression des opposants au coup d’État.

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