NON AU PROJET DE NOUVELLES INSTALLATIONS NUCLÉAIRES !

Nous reproduisons ci-dessous la pétition du Réseau Sortir du Nucléaire, pour s’opposer à la fuite en avant que représenterait la construction de six nouveaux réacteurs, malgré le fiasco technologique et économique qu’est l’aventure de Flamanville.

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Les positions de la France Insoumise

Voici les propositions que contient l’Avenir en Commun, programme de la France Insoumise.

Sortir du nucléaire

  • Fermer immédiatement Fessenheim en garantissant l’emploi des salariés et leur formation pour en faire un site pilote du démantèlement

  • Abandonner l’opération du grand carénage visant à prolonger la vie des centrales nucléaires au-delà de quarante ans

  • Abandonner les projets d’EPR (Flamanville et Hinkley Point) et d’enfouissement des déchets nucléaires à Bure

  • Rendre publique les données sur l’enfouissement des déchets nucléaires depuis soixante ans et informer sur les dangers sanitaires avérés et/ou éventuels 

  • L'action de nos parlementaires


    Question écrite
    Filière et stockage des déchets nucléaires

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    Proposition de loi pour la sortie du nucléaire et le développement des énergies renouvelables 

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    Jeudi 29 novembre 2018, la députée Mathilde Panot présentait la proposition de loi pour la sortie du nucléaire et le développement des énergies renouvelables issue de l’Atelier des lois de la France Insoumise, avec l’appui de Pamela Hocini et Sylvain Noël, membres de la coordination des ateliers des lois et Martine Billard, ancienne députée écologiste et animatrice du livret Planification écologique.

    Alors qu’Emmanuel Macron persiste dans la folie nucléaire, comme annoncé dans les premiers éléments de la programmation pluriannuelle de l’énergie, cette proposition issue d’une initiative citoyenne vise à un contrôle citoyen et parlementaire beaucoup plus fort de l’énergie nucléaire, et met en avant trois fondamentaux : la sobriété énergétique, l’efficacité énergétique et la production par les énergies renouvelables.

    Contre les femmes, contre les pauvres, violence fasciste ordinaire en Bolivie…

    Deux tweets pour montrer qu’Amélie de Montchanin, en défendant le coup d’état, nie la violence faite aux femmes, nie la violence faite aux humbles, nie la violence faite aux progressistes…

    “Reconnaissez que nous sommes devant un coup d’Etat”

    Voici la question que Mathilde Panot a posée à propos du coup d’état en Bolivie… “L’intégrité physique de plusieurs élus, poussés à la démission par l’armée, est en jeu. La vie de milliers de militants et des populations autochtones dans le pays est menacée par une opposition fasciste et une oligarchie nostalgique des privilèges qu’elle a perdus depuis l’arrivée au pouvoir du premier président amérindien de Bolivie”
    En guise de réponse, la secrétaire d’Etat Amélie de Montchalin affirme son soutien au coup d’état !

    Peut-être la dite secrétaire n’avait pas reçu les tweets suivants…

    "Nous allons les cribler de balles..."
    Le coup d'Etat en Bolivie.. Fascisme, racisme toujours contre les plus humbles... Et il y en a qui ne veulent pas appeler ça un coup d'état !

    Laïcité : lettre ouverte aux élus

    Nous publions ci-dessous un extrait d’un texte que le philosophe Henri Pena-Ruiz a fait paraître sur son blog le 1er décembre 2014. Ceci à la demande d’un Insoumis en désaccord avec la position prise par JLM et certains autres membres de la France Insoumise de soutenir la “marche contre l’islamophobie” du 10 novembre.

    Vu la difficulté du sujet, les commentaires sont bien sûr ouverts pour que vous puissiez y exprimer votre position…

    Henri Pena-Ruiz

    ” (…)Dans une déclaration à l’Observatoire de la laïcité, Madame Vallaud-Belkacem, Ministre de l’Education nationale, vient de permettre aux accompagnantes scolaires, au passage limités aux seules « mamans », de porter un signe religieux dans l’exercice de leur fonction. La laïcité implique l’égalité des droits des divers croyants et des athées. En toute logique, un(e) accompagnant(e) athée aura donc également le droit de porter un tee-shirt stipulant « Dieu n’existe pas ». Si on ne lui accorde pas ce droit, en soutenant que ce serait du prosélytisme, on fait deux poids deux mesures. Etrange interprétation de la laïcité, réduite à un égal traitement des seules religions et non de toutes les convictions. Pourquoi les athées n’auraient-ils pas le droit de mettre en avant leur choix spirituel, comme des croyants le font? Au nom de quoi une telle discrimination ? 

    Approfondissons cet exemple. Une conduite à prétention civique ou éthique doit pouvoir s’universaliser pour être recevable. Concrètement, une mère de famille musulmane ou catholique accepterait-elle que son enfant soit accompagné en voyage scolaire par un athée portant un tee-shirt mentionnant son choix spirituel athée ? Non sans doute. Un enfant de famille athée ne peut davantage être accompagné par une mère voilée ou un père coiffé d’une kipa. Car enfin un voyage scolaire n’est pas une sortie touristique. Le régime des libertés qui prévaut dans la société civile ne saurait donc être étendu à l’école, ni aux activités scolaires, qui concernent des élèves mineurs soumis à l’instruction obligatoire. Un voyage scolaire, c’est encore l’école, et d’ailleurs en cas d’accident c’est l’Education Nationale qui assure. L’obligation de réserve des enseignants, des conseillers d’éducation, doit donc valoir également pour les personnes qui sont volontaires pour accompagner des voyages scolaires. Parler de « mamans » (pourquoi pas de « papas » ?) c’est mettre en avant le rapport familial parent-enfant. Mais celui-ci ne vaut comme tel que pour l’enfant de l’accompagnant. Pour tous les autres, enfants-élèves, il ne saurait valoir, et la “maman” ou le “papa” n’est perçu(e) que comme accompagnant scolaire. C’est donc le rapport accompagnants scolaires-élèves qui est en jeu, et non le rapport enfant-maman. (…)”

    Lire l’intégralité de LaÏcité : lettre ouverte aux élus

    Henri Pena-Ruiz a aussi tenu une conférence aux Amfis de Toulouse, sur Les trois boussoles de la laïcité.

    Bolivie : “Maintenant oui, c’est la guerre civile!

    Pour lire l’article (en espagnol) sur le site original, clic sur le logo

    Nous reproduisons ci-dessous un article de l’agence Anred : le peuple bolivien se mobilise contre le coup d’Etat et se heurte aux mêmes brutalités policières et médiatiques qu’au Chili ou en Equateur !

    La ville qui entoure la capitale bolivienne est la deuxième plus grande du pays et est sortie dans la rue contre la destitution du Président Evo Morales. Depuis hier soir, les conseils de quartier ont lancé un ultimatum contre le leader de l’opposition Camacho. Des barrages routiers et des affrontements avec la police… les militaires et les paramilitaires ont fait jusqu’à présent deux morts et 15 blessés par balle. Aujourd’hui, le commandant général de la police a démissionné.

    La wipala, drapeau des peuples andins, symbole national en Bolivie depuis la nouvelle Constitution
    (Clic sur l’image pour en savoir plus)

    Hier, alors que les forces armées “suggéraient » la démission du Président, en même temps que le commandant général de la police, Yuri Calderón, se pliait à la demande de démission, le cercle qui contraignait Evo Morales à démissionner se fermait. Les arrestations de dirigeants du Mouvement pour le socialisme (MAS) et l’attaque de locaux et de maisons privées, ainsi que l’incendie de wipalas, ont été couronnées par l’arrivée du leader de l’opposition, lié au commerce du gaz, Luis Camacho, qui, une bible en main et dans une zone libérée par la police, a pu entrer dans le Palais Quemado (ancienne résidence des chefs d’état NDLR).

    Mobilisation contre le coup d’état

    Mais à El Alto, cette nuit, les premières barricades ont été érigées pour bloquer La Paz et repousser le coup d’État. La Fédération des comités de quartier (Fejuve) a donné 48 heures aux putschistes pour quitter La Paz “pour avoir incité à la division et à la violence entre Boliviens”.

    Camarades, nous nous sommes rassemblés à El Alto…
    Il n’y a rient à la télé pour raconter ce qui se passe ici

    Aujourd’hui, les affrontements se sont intensifiés dans plusieurs endroits de la ville. Les manifestants ont repoussé les forces de police, mais les forces de sécurité ont tiré des coups de feu, tuant au moins deux personnes et en blessant une quinzaine d’autres. Au cri de “Mesa, Camacho, nous voulons votre tête », ils ont mis le feu à un commissariat à El Alto et ont neutralisé plusieurs véhicules de police.

    La situation s’est aggravée et le commandant de la Police nationale Calderon a démissionné. La presse hégémonique bolivienne a réduit les manifestations à des actes de vandalisme et de pillage de « profiteurs du chaos social pour voler”. L’opération de désinformation présente les mêmes caractéristiques que les soulèvements en Équateur et au Chili.

    “Voila ce que la presse ne montre pas… C’est une enfant !”

    Vu que les forces de polices étaient débordées, des unités de l’armée bolivienne sont entrées avec des chars dans certaines avenues d’El Alto. Le haut commandement militaire a commencé à mettre en œuvre un plan d’urgence pour assurer les services publics. Cependant, les habitants ont dénoncé depuis hier la coupure de l’eau. En même temps, une forte concentration d’habitants brandissant des wipalas se sont mobilisés en chantant “Maintenant oui, c’est la guerre civile”.

    La situation ne cesse de s’aggraver, l’OEA a demandé à l’Assemblée législative de se réunir d’urgence pour assurer “une sortie constitutionnelle” et l’Union européenne a exprimé, par l’intermédiaire de la Haut-Commissaire, que des élections crédibles, exprimant la volonté du peuple, soient organisées dès que possible. Dans un communiqué publié sur les médias sociaux, Donald Trump a salué la destitution d’Evo Morales : “Les États-Unis applaudissent le peuple bolivien et les militaires boliviens. Le gouvernement mexicain a accordé l’asile politique au mandataire.

    À ce jour, deux personnes ont été tuées à El Alto et une quinzaine d’autres ont été blessées, dont deux filles. Des affrontements se produisent à certains coins de rue. Alors que l’on craint l’arrivée de nouveaux contingents paramilitaires qui se joindraient à la répression des opposants au coup d’État.

    Demandez un devis de traduction

    Bolivie : La France Insoumise soutient Evo Morales

    Communiqué de presse du groupe parlementaire La France insoumise

    Ce matin du dimanche 10 novembre, dans un souci d’apaisement, le président Morales a appelé à de nouvelles élections qui devront être organisées par un tribunal électoral renouvelé. Malgré cela, l’opposition continue à réclamer sa démission immédiate et son exclusion du futur scrutin. 

    L’opposition multiplie les actes racistes et les violences dans une logique de coup d’État et demande le départ de tous les élus de la majorité. Les militaires ont ainsi envahi le palais présidentiel et le président Morales est contraint de quitter le pays. 

    La France insoumise s’associe aux protestations contre la violence de l’extrême-droite putchiste bolivienne et partage le soutien à Evo Morales qu’ont exprimé les principaux dirigeants des pays d’Amérique du Sud et les partis progressistes de cette région du monde. Nous en appelons à la solidarité avec le peuple bolivien, au respect de la Constitution novatrice dont il s’est doté. Nous assurons Evo Morales de notre soutien dans le processus de pacification démocratique qu’il a engagé.

    La précarité détruit nos vies

    Un étudiant de Lyon 2, âgé de 22 ans et originaire de Saint-Étienne, a tenté de mettre fin à ses jours en s’immolant par le feu, ce vendredi 8 novembre 2019 vers 14h50, devant le 367, rue Garibaldi dans le 7e arrondissement de Lyon.

    Le syndicat Solidaires étudiants, dont il était membre, a publié le communiqué suivant

    Depuis hier après-midi, un de nos camarades et ami est entre la vie et la mort, à l’hôpital. En grande précarité financière, privé de bourse, désespéré, il s’est immolé par le feu devant le bâtiment du CROUS de Lyon. Nous n’avons pas suffisamment de mots pour crier notre douleur et notre tristesse.
    Notre dégoût, aussi, à l’égard de ces institutions qui l’ont poussé à l’irréparable, comme il l’a expliqué dans un message poignant. Car ce sont bien ces institutions inhumaines, cette précarité, cette violence trop commune que l’Etat et l’Université exercent contre les étudiant-e-s dans l’indifférence générale qui ont guidé son geste, profondément politique, acte désespéré mais aussi et surtout geste de lutte contre un système fascisant et raciste qui broie. Elles sont à ce titre responsables et coupables.
    Nous pensons à lui et à ses proches, ami-e-s et sa famille. Nous attendons et espérons sa rémission, pour retrouver, parmi nous et dans nos luttes, ce camarade et son sourire, syndicaliste impliqué, toujours prêt à aider les autres, chaleureux, humain.
    Pour reprendre son message, “Vive le socialisme, vive l’autogestion, vive la sécu”.
    Nous t’aimons. 

    Cet étudiant a laissé un message d’explication sur Facebook :

    APPEL À MANIFESTER

    COMMUNIQUE
    DE LA FRANCE INSOUMISE

    Communiqué de presse du mouvement La France insoumise.

    Vendredi 8 novembre, un étudiant de 22 ans s’est immolé par le feu devant le Crous de Lyon. Il est actuellement entre la vie et la mort. 

    La France insoumise exprime son soutien à l’ensemble de ses proches, à sa famille, à ses amis ainsi qu’à ses camarades du syndicat Solidaires étudiant·e·s.

    Sur les réseaux sociaux, il a expliqué son terrible geste notamment par sa détresse financière. 

    Il y a urgence à éradiquer la pauvreté qui a atteint le taux record de 14,7% de la population. Aujourd’hui en France, la pauvreté et la précarité mettent aussi en danger les étudiant·es. La France Insoumise renouvelle sa proposition d’une allocation d’autonomie pour les jeunes de 18 à 25 ans qui les protégera pendant leurs études. 

    Nous appelons aux rassemblements organisés par Solidaires Etudiant·e·s et l’Union Syndicale Solidaires, ce mardi 12 novembre devant tous les Crous de France pour rappeler que la précarité tue.

    Lula livre !

    C’est aujourd’hui plus qu’un slogan, c’est un fait. Lula était prisonnier depuis le 7 avril de l’an dernier pour une condition dans l’affaire du triplex de Guarujá dans le cadre de la procédure Lava Jato, dont le but avoué et révélé par des sites américains d’information a été d’éviter l’élection de Lula, grand favori pour les dernières élections présidentielles.

    Lula a quitté le siège de la Police Fédérale par la porte de devant, accompagné par des parlementaires du PT (le Parti des Travailleurs, le parti de Lula) et ses avocats. Il s’est dirigé vers ses soutiens qui l’attendaient dans un parc, et s’u est adressé aux militants.

    Pendant 20 minutes environ, Lula a remercié les militants du PT qui ont campé en face de la Police Fédérale de Curitiba pendant les 580 jours de son incarcération. L’ex-président a également déclaré qu’il allait retourner à Sao Paulo et participer en fin de semaine à des réunion au sein du Syndicat de la Métallurgie.

    “Je ne pensais pas qu’aujourd’hui je pourrais être ici, conversant avec des hommes et des femmes qui, pendant 580 jours, ont ici crié “Bonjour, Lula”. Vous êtes l’aliment de la démocratie pour que je résiste”, a-t-il affirmé.

    Pour mieux comprendre les tenants et les aboutissants de cette manifestation mondialement connue du lawfare, ci-dessous a note de blog que Jean-Lu Mélenchon a rédigé après sa visite à Lula en septembre de cette année.

    “Il est possible que vous ayez vu mon direct Facebook à la sortie de la prison où est enfermé Lula à Curitiba au Brésil dans l’État de Paraná (le Brésil est un État fédéral). Vous retrouvez ici le lien qui vous y conduit. Mais je ne crois pas que je me répèterai de trop.

    Lula est en prison depuis 516 jours. Il purge une peine de 12 ans et 11 mois. Pour un crime qu’il n’a pas commis. Son incarcération se fait au siège de la police fédérale de l’État et non dans un établissement pénitencier. Sa cellule a été aménagée à partir du local où dormaient auparavant à tour de rôle les gardes de cet édifice. Au pied de l’immeuble, ses amis ont loué un terrain où est établi un campement permanent de militants. Chaque matin à sept heures ils se retrouvent pour crier « Bonjour Lula ». Chaque jour à quatre heures, ils lui crient encore tous ensemble « Bon après-midi Lula », chaque soir à 19H 30 « Bonne nuit Lula ». Le reste du temps, ils font des cours de formation et des activités les plus diverses. Un aimable folklore existe aussi. Certains ne se coupent pas la barbe jusqu’à la libération de Lula, d’autres cousent des motifs sur des drapeaux ou pancartes « Lula Libre ». Et bien d’autres choses. Mais au total, la dimension humaine de l’emprisonnement du dirigeant politique est totalement partie prenante de la lutte qui se mène pour sa libération.

    Je crois qu’il est utile pour ceux qui entrent seulement dans ce sujet de connaitre d’abord quelle est cette affaire.

    Jaïr Bolsonaro, le président d’extrême droite a prévenu : « Lula pourrira en prison ». Le milliardaire président exulte. Car Lula a été condamné six mois avant l’élection présidentielle à laquelle il était candidat, et favori. Deux mois avant cette élection, en conséquence de cette condamnation, il a été déclaré inéligible. Le fasciste Bolsonaro a remporté l’élection et le juge Sergio Moro, qui a condamné Lula, est devenu son ministre de la justice.

    Il faut sans cesse s’en souvenir : Lula est innocent. Il est victime d’une machination politique judiciaire visant à empêcher son retour au pouvoir. Moro l’a accusé d’avoir reçu un « pot de vin » de l’entreprise Petrobras. Il s’agirait d’un appartement triplex « avec vue sur mer ». Mais il n’a jamais apporté la preuve de ce qu’il avançait. Où est ce triplex ? Pour mener à bien son opération, il a dû inventer une théorie judiciaire de la condamnation « malgré l’absence de preuves » de culpabilité. Lula est donc condamné pour corruption « pour fait indéterminé ». Je tiens à le préciser. Ce point me parait crucial.

    En effet je constate un détail navrant dans les revues de presse que je suis bien obligé de lire. Je dis obligé car en réalité, depuis trois mois, je ne lis quasiment plus aucun journal français, en tous cas plus aucune rubrique politique, ni ne regarde une télé ou n’écoute une radio française. Dans ces revues de presse je note un grand appétit à reproduire mot par mot l’accusation sans que jamais un « détail » crucial soit mentionné : personne n’a jamais vu, ni connu, ni entendu parler de ce triplex où que ce soit au Brésil ou ailleurs dans le monde. Et cela pour une raison simple : il n’existe pas.

    Je ne suis pas étonné. La technique de la guerre judiciaire inclut la manipulation médiatique comme un élément essentiel de son action. Le « juge » Moro explique sans fard comment les fuites de presse et la diffusion de pseudos informations privilégiées sont un moyen de pression sur les victimes à persécuter. Les manipulateurs comptent sur un effet de système. Pas besoin que les milliardaires qui possèdent la presse téléphonent à qui que ce soit dans la rédaction. Goût du scandale, appétit de clics et parti-pris politique : les mécanismes du dénigrement médiatique fonctionnent en pilotage automatique. La manipulation de la presse par les juges a joué à plein contre Lula, au mépris le plus complet des droits de la défense.

    Dans un article où il explique ses stratégies, Moro a théorisé le fait d’utiliser les fuites dans la presse et les mises en scènes médiatiques afin de mettre la pression à sa victime. Depuis les révélations qui ont prouvé les manipulations du « juge » Moro, certains médias ont fait leur mea culpa. C’est au point que certains n’ont eu d’autres choix que de manger leur chapeau. L’une des premières télés, Globo, a dû présenter ses excuses pour la désinformation à laquelle ses journalistes ont activement participé. En France aussi, le journaliste international de France inter Anthony Bellanger a fait ce mea culpa totalement inhabituel et inconnu dans sa profession : « Oui, j’ai cru en l’indépendance de la justice brésilienne et j’ai eu tort. Le petit juge Sergio Moro, avait bien un agenda politique ». Un cas unique en Europe et qui mérite d’être salué comme tel. Aucune contagion en vue cependant.

    Pour la persécution de Lula, on a vu se déployer toutes les techniques caractéristiques du « Lawfare » qui ont depuis été réutilisées partout et dorénavant en France aussi. Le Lawfare c’est « la guerre judiciaire ». La destruction des adversaires politiques par la judiciarisation de la politique. Tout commence par une dénonciation venant d’un personnage perturbé. La presse reprend l’accusation et fait le tam-tam par goût du scandale. Un juge prend en charge la dénonciation et ouvre « une enquête ». Alors le rouleau compresseur se met en marche. Sans pause ni trêve. Le piège est armé. Tous les coups sont permis, sans recours, sous les apparences du fonctionnement indépendant de « la justice ». En coulisse prévaut le piétinement de l’État de droit en toute connivence et impunité.

    Ainsi, au Brésil, les policiers, les procureurs et les juges sont censés former des corps indépendants les uns des autres. Dans le cas Lula, tous ont au contraire travaillé sous la direction directe du « juge » Sergio Moro. C’est lui qui supervisait les enquêtes, déterminait les peines à requérir et les prononçait. Mais il a surtout utilisé la méthode des « délations récompensées » selon laquelle des personnes condamnées voient leur peine réduite si elles pointent du doigt le coupable que le juge leur désigne. Grâce à cette méthode, dans le cadre de « l’enquête » du « juge » Sergio Moro, un riche patron, vraiment corrompu, a pu réduire sa peine de 19 ans à 2 ans et demi. Il avait auparavant dans le passé nié en trois occasions différentes avoir eu à faire avec Lula. Dès qu’il a eu changé d’avis sur le sujet il a été immédiatement récompensé par une mise en liberté anticipé. Quand on lui a demandé pourquoi il avait changé son discours, il a répondu : « parce que mon avocat m’a conseillé de le faire pour pouvoir être libéré ».

    Mettre Lula en prison n’aura pas suffi à satisfaire la hargne du système contre lui. Le but des opérations de Lawfare est de briser psychologiquement ses victimes. Depuis son incarcération, les humiliations continuent pour Lula. En janvier dernier, avaient lieu les obsèques de son frère. La permission qu’il a demandée pour y assister lui a été accordée. Mais la cérémonie était déjà commencée quand elle lui est arrivée. Lula n’a donc pas eu l’occasion d’accompagner son frère défunt. Il n’a pas pu non plus veiller au chevet de son petit-fils de 7 ans, décédé en mars dernier d’une méningite.

    Rafinement anxiogène : début août, la juge d’application des peines qui s’occupe de son cas, Carolina Lebbos, a cru bon d’ordonner son transfert dans une prison connue pour accueillir les criminels et tueurs en série les plus honnis du Brésil. On craignait clairement pour sa vie dans un tel environnement propice à toutes les manipulations. Pour justifier sa décision, madame Lebbos a déclaré qu’il fallait « réduire les coûts humains et financiers » de l’incarcération de Lula. Le transfert a été in extremis refusé par la cour suprême dans l’attente du jugement d’une demande de liberté déposée par les avocats de Lula. Au Brésil comme partout en pareil cas. Passés les premiers temps de la jouissance des coups portés à un personnage politique aussi typé que Lula, des gens se ressaisissent. L’image d’un pays où la justice est une comédie de cette nature n’est bon ni pour les affaires ni pour la réputation collective. Dans les milieux de la magistrature et dans celui des affaires aussi certains commencent à trouver la comédie trop coûteuse. « Il ne savent plus quoi faire de moi » m’a dit Lula. Le garder en prison est infamant pour la classe dominante, le relâcher est ingérable.

    Rappelons tout de même qui est Lula pour le Brésil. Il est l’homme qui a mis en place les programmes « bolsa familia » et « faim zéro », qui sont parmi les plus amples plans de lutte contre la pauvreté jamais mis en œuvre par un gouvernement dans le monde. Sous ses mandats, 40 millions de brésiliens sont sortis de la pauvreté. Il a donné accès aux médicaments de base à 43 millions de personnes qui en étaient privées. Il a considérablement augmenté le taux de scolarisation et le niveau général d’éducation dans son pays. En 2010, il fut nommé par le programme alimentaire mondial de l’ONU « champion mondial dans la lutte contre la faim ». Après 8 ans de présidence, il a quitté le pouvoir avec 90% d’opinions positives. Avec Nestor et Cristina Kirchner, Evo Morales, Hugo Chavez et d’autres, il a aussi travaillé à sortir l’Amérique du sud de l’alignement complet sur les États-Unis et de l’obéissance aux grossiers proconsuls dont ce pays accable ses voisins.

    Aujourd’hui, les éléments s’accumulent pour montrer que Lula est bel et bien la victime d’un complot politique. En Juin 2019, le journaliste Glenn Greenwald, responsable des révélations sur la façon avec laquelle la NSA américaine espionne le monde, en a publié des preuves accablantes dans le magazine The Intercept. Il s’agit de conversations privées entre le procureur Moro et les juges qui ont condamné Lula. Ils montrent que le premier fournissait des conseils et des instructions aux seconds tout le long de la procédure au mépris de tous les principes qui font un procès équitable. Dans ces échanges, les juges disent explicitement qu’ils ne disposent pas de preuves de la culpabilité de Lula. Il s’agissait donc bien d’un tissu de mensonges, d’une attaque politique déguisée en affaire judiciaire. Pour la démocratie brésilienne, le mal est fait et il s’appelle Bolsonaro. Mais pour que des Bolsonaro soit possibles il faut avant qu’il y ait des « juges » Moro, Lebbos et ainsi de suite dont les manœuvres mensongères ont été relayées sans recul ni réserve par des journalistes aussi corrompus moralement qu’eux.

    Toutes ces méthodes ont été appliquées à Cristina Kirchner en Argentine. Peu s’en est fallu qu’elle soit elle aussi incarcéré. Car avant elle, ce fut le cas de son ex vice-président, Amado Boudou, désormais en prison. Certes, depuis, il a été lavé de toutes les accusations de corruption qui pesaient contre lui. Mais il reste détenu pour le crime incompréhensible de « fausseté idéologique ». J’en passe et des meilleures.

    Au Brésil comme en Argentine la réplique a parfois tardé à se mettre en place. Depuis, elle fonctionne à plein régime. J’ai rencontré les groupes d’avocats qui dans les deux pays tiennent la dragée haute aux procureurs et juges moralement corrompus qui rabaissent la justice de leur pays au niveau de ce genre de triste règlement de compte politique. Nous même en France, nous avons mis beaucoup de temps à comprendre que le « lawfare », la guerre politique judiciaire, était engagée contre nous. Je prends ma part de responsabilité dans ce retard. Jusqu’à l’affaire de Nice et celle de Nantes, et jusqu’au refus de Belloubet d’ouvrir une enquête pour sanctionner la vente d’information à la presse sur la procédure qui nous concerne, jusqu’à l’instrumentalisation des procédures pendant la campagne électorale européenne et la diffusion des comptes rendus d’audition par deux journaux qui les ont de surcroît manipulés à charge, je n’arrivais pas à croire que la justice de notre pays en soit rendue à ce point. Dorénavant ma conviction est faite et nous en avons tous tiré les conclusions qui s’imposaient.

    Lula nous l’a dit : il n’y a pas d’issue judiciaire pour nous dans ce type de situation. Aucune naïveté n’est possible. Tout est politique et la réplique doit être aussi politique et coûteuse pour nos adversaires qu’elle l’est pour nous. Les noms des manipulateurs, leurs réseaux, leurs mensonges et montages doivent être mis à nus. Il faut retourner les procédures contre leurs auteurs. Moro aujourd’hui fait l’objet de plusieurs incriminations judiciaires du fait des révélations sur son attitude secrète. L’attention du public doit être attirée sur les manipulateurs, leurs carrières, comme elle l’est sur les accusations pourtant mensongères dont nous souffrons.

    Au plan international, nous avons décidé cet été de nous coordonner et ma tournée y a contribué de façon très directe. Car je ne me suis pas contenté de mener mon enquête à propos du nouveau moment politique dans le sous-continent latino-américain et sur les percées vers le nord jusqu’aux États-Unis. Sur ce thème, ma moisson est importante également.

    Mais j’ai fait la tournée des juristes et des responsables politiques qui ont en charge les contres offensives dans le domaine du Lawfare. J’ai appris beaucoup sur ce thème. Il est devenu mondial. Il existe aujourd’hui une école de formation au Lawfare aux Etats Unis où se préparent les agents de cette forme de guerre. Il y a une étroite connexion entre les juges de tous les pays qui coopèrent dans la persécution politique. On croirait voir revenu le mode du plan Condor qui liait les militaires entre eux pour la persécution des militants politique et syndicalistes dans les années 70. Nous allons donc établir notre propre système de connexion et de lutte en réseau pour aider ceux qui sont les plus isolés et les plus maltraités. Plusieurs ont évoqué l’aide que nous ont déjà apporté les hackers qui ont permis la révélation des manœuvres secrètes du « juge » Moro. On ne doit donc jamais exclure non plus des possibilités d’appui spontané venant aussi de l’intérieur de l’appareil judiciaires ou des salles de presse où se trouvent des gens qui croient à leur métier et refusent son abaissement à ces pratiques de vendetta. Nous sommes donc en cours d’organisation et il s’agit d’être rapidement au niveau, comme eux, en Europe, en Afrique, en Asie et aux Amériques (nord et sud).”

    “La honte isole… la prise de parole, ça fait de nous un peuple !”

    Ci-dessous l’interview qu’Aède Haenel a accordé à Mediapart au sujet des violences qu’elle a subies, et comment elle les transcende pour les fondre dans un combat commun d’émancipation de toute l’humanité…

    La France Insoumise, dans le chapitre 6 de l’Urgence Démocratique de son programme L’Avenir en commun propose :

    Abolir les ségrégations et lutter contre toutes les formes de racisme

    • Assurer l'égalité réelleet combattre les discriminations fondées sur le genre, le handicap, l'apparence, la couleur de peau, l'âge, l'orientation sexuelle, la religion ou la croyance, l'origine sociale ou la fortune.

    Abolir le patriarcat dans l'Etat et la société

    • Assurer l'égalité réelle et combattre les discriminations fondées sur le genre, le handicap, l'apparence, la couleur de peau, l'âge, l'orientation sexuelle, la religion ou la croyance, l'origine sociale ou la fortune
    • Renforcer la loi et les moyens contre les violences faites aux femmes
    • Généraliser le Planning familial dans ses missions de formation et d'éducation pour la contraception et le droit à l'avortement
    • Adopter une loi de lutte contre le sexisme
    • Abolir la prostitution et garantir la dignité de la personne humaine

    Une campagne de la France Insoumise

    Diffusons
    toutes et tous ce tract pour préparer la marche #nous toutes
    samedi 23 novembre

    Clic sur l'image pour télécharger le tract