RIC : la France insoumise dépose sa proposition de loi

Le groupe parlementaire de la France insoumise a lancé, le 18 décembre dernier, un appel à amender la proposition de loi constitutionnelle sur le Referendum d’Initiative Citoyenne (RIC) qui sera présentée par les député·e·s insoumis·es lors de la prochaine niche parlementaire du 21 février (voir la conférence de presse).

Revendication majeure des Gilets Jaunes, soutenue à 80% par les français·es, et déjà présente dans notre programme « l’Avenir en commun », le RIC vise à mettre en place une capacité permanente d’intervention populaire. Dans une Vème République à bout de souffle, il s’agit de redonner la parole aux citoyen·ne·s tout en leur permettant de participer réellement aux décisions politiques à travers des référendums législatifs, abrogatoires, révocatoires ou encore en permettant la convocation d’une Constituante.

La rédaction et le dépôt de cette proposition de loi constitutionnelle (PPLC) s’inscrit pleinement dans la démarche du mouvement des Gilets Jaunes qui maintient ses demandes depuis plusieurs mois, notamment pour plus de démocratie. Le gouvernement, de son coté, reste sourd et poursuit sa stratégie du durcissement en favorisant la mise en place d’un arsenal répressif plutôt que de véritables mesures pour répondre aux attentes .

C’est pourquoi cette proposition de loi constitutionnelle était ouverte aux contributions des insoumis·es mais aussi de chaque citoyen·ne qui désirait amender le texte proposé par le groupe parlementaire. Individuellement ou lors d’ateliers collectifs, les participant·e·s ont été particulièrement nombreux·ses à contribuer à la création de cette proposition de loi, signe de l’importance et de l’urgence de cette revendication populaire.

Ce sont finalement plus de 800 contributions qui ont été recensées avant la clôture de la participation le 7 janvier !

Retrouvez ci-dessous un premier retour sur ces contributions qui ont donné lieu au texte final de la proposition de loi constitutionnelle sur le RIC qui a été déposée ce mardi 8 janvier par le groupe parlementaire.

Merci aux nombreux·ses contributeurs et contributrices qui ont participé à l’élaboration de cette proposition de loi constitutionnelle. Les amendements ont permis d’enrichir la version finale de la PPL déposée le 8 janvier et viendront nourrir les débats tout au long du processus de la niche parlementaire concernant le Referendum d’Initiative Citoyenne. Les différents débats seront à suivre le 21 février lors de la niche parlementaire et à retrouver sur la plateforme de la France insoumise.

Une synthèse plus complète à partir des données brutes sera disponible dès la semaine prochaine. 

Plusieurs modifications majeures à la proposition de loi avant son dépôt.

Suite à la mise en ligne d’une première version du texte le 18 décembre dernier, plusieurs points ont été retenus et ajoutés avant son dépôt en tenant compte des différentes contributions. Trois modifications substantielles ont notamment été apportées :

– Le RIC permettra de modifier la Constitution actuelle sans recourir à une Constituante, grâce à l’adoption de lois constitutionnelles ;

– Le RIC pourra aussi concerner des matières économiques ;

– Les référendums devront se tenir dans un délai maximal de six mois à compter de l’obtention du seuil requis de signatures de soutien (au lieu de 3 mois dans la version précédente, ce afin de modifier la durée d’une campagne sur un sujet).

Plusieurs points fortement débattus dans les contributions

Les points suivants ont particulièrement été évoqués dans les amendements et seront soumis au débat parlementaire à l’étape de la commission puis à nouveau dans l’hémicycle par les député·e·s insoumis·es :

Un débat sur la demande de clause de non-régression des droits et sur le périmètre maximal du RIC. Il s’agit ici de limiter les effets du RIC en fonction des droits concernés ou des thèmes abordés, ce qui reste particulièrement difficile à traduire légistiquement ;

Un débat sur les différents seuils requis pour organiser un référendum, seuils qui varient selon les contributions ;

– Un débat sur la possibilité du vote à 16 ans (cette ouverture rend l’adoption d’un texte plus difficile puisque l’abstention des jeunes sera plus élevée que la moyenne).

Beaucoup de contributions concernent les modalités de mise en place du RIC mais ne peuvent être intégrées à la proposition de loi constitutionnelle

De nombreuses contributions pourront constituer des amendements en commission portés par le ou la rapporteur·e-député·e insoumis·se de cette proposition de loi constitutionnelle. Elles seront donc mises au débat et intégrées lors de cette prochaine étape. D’autres relèvent de lois organiques (qui préciseront les modalités du RIC) et seront donc mises en oeuvre après le vote de la proposition de loi constitutionnelle.

Ces contributions portent en particulier sur :

1 – Le périmètre sur lequel les RIC pourront porter :
Tout en souhaitant que le RIC puisse porter sur le plus de sujets possibles, notamment les traités et les matières budgétaires, plusieurs contributions souhaitent éviter que le RIC serve à porter atteinte à des droits conquis (avortement, abolition de la peine de mort, mariage pour tou·te·s, laïcité, etc.). Pour la révocation, plusieurs autres « fonctions » devant pouvoir faire l’objet d’une révocation étaient évoquées (sénateur·rice·s, certain·e·s magistrat·e·s, certaines personnes missionnées de façon discrétionnaire par un·e élu·e, etc.).

2 – Le nombre de RIC :
Certaines contributions proposent de mettre en place la possibilité d’instaurer une date unique avec plusieurs votes (nombre potentiellement illimité) ou une limitation à plusieurs convocations nationales par an (deux, trois, etc.). Ces deux options excluent la possibilité d’un vote budgétaire.
D’autres proposent de ne fixer aucune limitation du nombre de convocations en pointant toutefois le risque de « lassitude »

3 – Les seuils et les délais : 

– Les seuils de pétition : la proposition de la PPLC est la suivante : 2% maximum pour voter ou abroger une loi (y compris constitutionnelle) ; 5% pour révoquer un·e élu·e ou convoquer une Constituante. D’autres seuils sont proposés.
– Les seuils de vote : la PPLC n’introduit pas de majorité qualifiée ni de participation minimale pour qu’un RIC soit valide.
– Les délais de pétition et de campagne.
– Les délais de révocation (un tiers du mandat, la moitié, pas de délai, etc.).

4 – La place du tirage au sort :
– dans la formation de la constituante ;
– dans la composition d’un éventuel nouveau Sénat.

Une synthèse plus complète à partir des données brutes sera disponible dès la semaine prochaine. 

Le groupe La France insoumise a déposé une proposition de loi constitutionnelle sur le RIC

Communiqué de presse du groupe parlementaire La France insoumise.

Le groupe La France insoumise a déposé mardi une proposition de loi constitutionnelle visant à instaurer la possibilité de référendums d’initiative citoyenne.

Ces référendums pourront être législatifs, abrogatoires, révocatoires ou demander la mise en place d’une constituante.

La proposition a été soumise au débat depuis le 20 décembre sur le site internet de la France insoumise, relayé par les député·e·s du groupe.

Plus de 800 contributions ont été recensées, qui ont permis d’ajuster la proposition, mais surtout de suggérer des amendements que les député·e·s soumettront au débat en commission.
Les contributions qui n’entrent pas dans le cadre d’une loi constitutionnelle seront prises en compte pour la rédaction d’un proposition de loi organique.

Une synthèse complète des contributions sera accessible sur le site de la France insoumise courant janvier. Un premier résumé est d’ores-et-déjà disponible en ligne à cette adresse.

La proposition sera débattue dans l’hémicycle à l’occasion de la niche parlementaire de la FI, le 21 février prochain, et en commission la semaine précédente.

Journée internationale des migrants

Clic sur l’image pour accéder à la page officielle de la Journée internationale des migrants

A l’initiative du MRAP, de la Ligue des droits de l’Homme, de la Cimade, de la CGT, du collectif de veille et d’autres, dans le cadre de la journée des Migrant

 

Rassemblement à Troyes

18 décembre 18h

devant la préfecture

Témoignages, prises de parole, suivi d’un temps d’échange et de débat

Info :

Nous, Collectifs de Sans-papiers et Migrant.e.s, Syndicats, Associations et Marche des Solidarités appelons à des manifestations et rassemblements dans tout le pays le 18 décembre à 18h à l’occasion de la Journée Internationale des Migrant.e.s.

Nous marcherons toutes et tous ensemble, contre la montée des nationalismes, des racismes et des fascismes qui s’étendent sur l’Europe et le monde.

Nous marcherons aux flambeaux en mémoire des dizaines de milliers de femmes, hommes et enfants mort.e.s sur les routes de la migration victimes des frontières et des politiques anti-migratoires des gouvernements des pays les plus riches de la planète et de leurs complices.

Nous marcherons pour en finir avec ces mort.e.s, pour la liberté de circulation et la fermeture des centres de rétention.

Nous marcherons contre l’idée que l’immigration crée du dumping social, pour la régularisation des sans-papiers et pour l’égalité des droits.

Nous marcherons pour la ratification par la France de la « convention internationale sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille » adoptée par l’ONU le 18 décembre 1990 et qui vise à garantir l’égalité de traitement entre travailleurs français et immigrés.

C’est la précarisation générale, la remise en cause des acquis sociaux par les politiques d’austérité menées par nos gouvernants qui nourrissent les sentiments de mal-être et de repli sur soi dans la population. C’est en luttant ensemble que nous pourrons nous battre efficacement pour une société meilleure et égalitaire.

> Manifestation à Paris à République : https://www.facebook.com/events/203005990596271/

> Autres manifestations  : https://www.facebook.com/pg/18decembre/events/?ref=page_internal

> PREMIERS SIGNATAIRES :

CESP Paris1, CISPM, CSP 17-St Just, CSP59, CSP75, CSP92, CSP93, CSP95, CSP de Livry Gargan, CSP Paris 20, Collectif Schaeffer Aubervilliers, CTSP Vitry, Droits Devant !!, Intégration 21,

CGT, CNT, CNT-SO, Emancipation tendance intersyndicale, FSU, SAF, Syndicat de la Magistrature, Syndicat de la Médecine Générale, UEKF, UNEF Paris1, Union syndicale Solidaires,

100 pour 1 Vienne, Accueil de merde, Accueil des réfugiés dans le Cap, Act For Ref, ActUp-Paris, AC !, Ah Bienvenus Clandestins !, Alternatives et Autogestion 06, AIDES, Artisans du monde 06, Asil accueil 88, Assemblée des blessé-e-s, Association Bread and Roses, Association “Chemins Pluriels”, ACORT, ACTIT, Association collégiale l’Aubière (35), ADN, ADTF, AFAPREDESA, AFD International, AFJD, AID, ALIFSI, AMDH-Paris /IDF, AMF, AIDDA, Association Jarez Solidarités, Association Kolone, Anafé, Amnesty international Nimes, Association Pour la Paix en Syrie, APICED, ASEFRR, ASIAD, Association Stop Précarité, ATF, ATMF, ATTAC, Association Unjourlapaix, Auber sans la peur, Autremonde, Bagagérue, CMCAS Pays de Savoie, Centre d’Information Inter-Peuples, CRID, Cercle de silence d’Hazebrouck, Cercle Louis Guilloux, CIMADE, Citoyens solidaires 06, Collectif 20eme Solidaire avec tou.te.s les migrant.e.s, Collectif Accueil Migrants Valfleury, CAPJPO-EuroPalestine, Collectif aide aux réfugiés d’Epone et alentours, Collectif 3 C, Collectif Chabatz d’Entrar, Collectif citoyen Bevera, Collectif Faty Koumba, Collectif Fontenay diversité, Collectif inter-associatif du Livre Noir de St Denis, Collectif Justice & Libertés 67, Collectif Justice et Vérité pour Babacar, CIVCR 94, Collectif JUJIE, Collectif Les Voisins Solidaires de Versailles, Collectif Loire « Pour que personne ne dorme à la rue », Collectif migrants 44, Collectif Migrants 47, Collectif Migrants 83, Collectif Migrants Isère, Collectif migrants bienvenue 34, Collectif Mosellan de Lutte contre la Misère, Collectif Outils du soin, Collectif poitevin « D’ailleurs Nous Sommes d’Ici », Collectif pour l’avenir des foyers, Collectif pour l’égalité des droits-rive droite 33, Collectif réfugiés du Vaucluse, Collectif respect des droits des étrangers – solidarité migrants Pau, Collectif Romeurope du Val Maubuée, Collectif Rosa Parks, Collectif Sarthois “Pour une Terre plus Humaine”, Collectif Solidarité Migrant-es Paris Centre, Collectif Sorbonne Sans Frontières, Collectif de soutien aux migrants de Bégard, Collectif de soutien migrants Nantes, Collectif de soutien de l’EHESS aux sans-papiers et aux migrant-es, Collectif de soutien aux sans-papiers du Trégor, Collectif Urgence Welcome de Mulhouse, Collectif Vérité et Justice pour Lamine Dieng, Collectif Vigilance pour les Droits des Etrangers 12ème, Comité d’Accueil 72, Comité Adama, CADTM, CCFD -Terre solidaire 93, CDKF, Comegas, Comité de Soutien aux Migrants du Goelo, CRLDHT, Coordination iséroise de solidarité avec les étrangers migrants, D’ailleurs Nous Sommes d’Ici 67, DTC, Des Lits Solidaires du Havre, DIEM25, DAL, DIEL, Ecole THOT, Éducation.World 86, EGM 58, EGM de Blois, Emmaüs International, Emmaüs France, FASTI, FCPE Nice, FEP, FETAF, FTCR, Femmes en Lutte 93, Flandre Terre Solidaire, Fondation Frantz Fanon, Football Club Phenix de Versailles, FAL, Fraternité Douarnenez, FUIQP, Grèce France Résistance, GISTI, Habitat et Citoyenneté, ICARE 05, Identité plurielle, Infléchir, IPAM-Cedetim, La Boussole 02, La cabane juridique, LCD, L’Auberge des Migrants, Le Mouvement de la Paix, Le paria, LDH, Maghrébines sans frontières, MAN, MDS, MDDM, MRAP, Organisation de Femmes Egalité, Paris d’Exil, Planning familial 06, Planning familial de Paris, Réseau AMY, Réseau Chrétien-Immigrés, RESF, REMCC, RESOME, Réseau Euromed France, Réseau européen pour une santé mentale démocratique, Réseau Foi et Justice Afrique Europe, Réseau IDD, Réseau RITIMO, RUSF Paris1, RUSF Paris 8, Romans International, Roya citoyenne, SOS Racisme de la Vienne, Survie, Système B, TADAMOON, Terre des Hommes France, Tous Citoyens !, Tous Migrants, TPC Maison Solidaire, Unaterra74, UJFP, United Migrants, UNRPA Paris, UTAC, Un Toit C’est Tout, Utopia56, Vallées solidaires 06, Vies Volées, Voix des Migrants, Welcome Poitiers, WISE, Yvelines Entraide, ZSP18,

Instants Vidéo Numériques et Poétiques, Revue A, Revue Vacarme

AL, Ecologie Sociale, Ensemble, EELV, FA, Génération.s, Mouvement ECOLO, NPA, PCF, PCOF, PG, PIR, Réfugiés-Migrants FI 35, SKB, Unité Populaire Paris, UPC-MANIDEM

JEFTA : interpellez vos eurodéputé·e·s maintenant !

Nous relayons ci-dessous un appel urgent du collectif Stop-TAFTA concernant le traité de libre échange UE-Jaoin, le JEFTA.

Démarrées en 2012, les négociations avec le Japon sont restées opaques jusqu’à leurs conclusions en septembre 2017. Un an plus tard, l’Accord de commerce entre le Japon et l’Union européenne (JEFTA) a été approuvé par le Conseil européen. Il doit être soumis à la ratification du Parlement européen entre le 11 et le 13 décembre prochain.

Or, seul le Parlement européen votera pour ou contre cet accord : à l’inverse du CETA, le JEFTA ne contient pas de partie sur les tribunaux d’arbitrages, les Parlements nationaux ne sont donc pas consultés. L’Union européenne négocie un autre accord en parallèle pour étendre les droits des investisseurs et l’instauration d’un mécanisme de règlement des différends entre investisseurs et États.

Alors que la Commission européenne justifie ce traité au nom de la croissance, espérant un gain de 0,76 % de PIB par an, une étude commanditée par le Gouvernement allemand prévoit quant à elle une croissance de 0,04 % du PIB de l’Union européenne. En revanche, les risques pour les citoyens sont réels :

  • Le JEFTA comporte un chapitre sur la coopération réglementaire, voie ouverte aux entreprises transnationales pour influer sur les réglementations nationales, notamment en matière d’agriculture, de droits sociaux, de protection de l’environnement, du consommateur et des données personnelles.
  • Il adopte l’approche des « listes négatives » pour la libéralisation des services : tout service qui n’est pas explicitement exclu de l’accord est considéré comme un marché ouvert. La défense des hôpitaux, écoles et transports publics n’est plus garantie si ces services ne sont pas explicitement protégés par les États.
  • Le JEFTA ne comporte pas de mécanisme de sanctions rendant contraignantes les normes sociales et environnementales référencées dans le chapitre sur le développement durable. Or le Japon n’a pas ratifié toutes les conventions fondamentales de l’OIT. Comment l’Union européenne peut-elle négocier un traité commercial avec un pays qui n’a pas signé la Convention 105 sur l’interdiction du travail forcé de 1957 ni la Convention 111 concernant la discrimination (emploi et profession) ?

Le Collectif Stop TAFTA-CETA France demande aux eurodéputé·e·s français·e·s de voter contre le JEFTA et de s’opposer à la logique des accords commerciaux secrets qui font passer les intérêts des entreprises avant tout !

Cliquez sur l’image pour aller sur la page, et signer l’interpellation à vos eurodéputés pour qu’ils disent non à cette nouvelle machine de guerre du libéralisme.

 

La télémédecine ne remplacera pas les moyens humains !

Grande nouvelle annoncée par Agnès Buzyn lors de sa venue à Troyes vendredi dernier : l’Aube sera un des plus grands centres de télémédecine du Grand-Est, selon Agnès Buzyn…

Bon, même en admettant que les promesses en ces temps de vote du budget de la sécu se concrétisent, ça va nous donner quoi ? Eh bien l’Est-éclair assure encore une fois le service après-vente de la politique gouvernementale : “La télémédecine se développe à grande vitesse car elle semble être l’un des moyens permettant de lutter contre les déserts médicaux.” Encore une fois, la technologie au service des économies comme solution à tous nos maux !

Qu’on nous permette d’être prudent… Un insoumis à qui j’en parlais me disait le scepticisme d’un de ses amis, exerçant dans le secteur libéral en milieu rural. Comme le dit cet excellent document de l’université suisse de Fribourg, “La qualité de la relation entre le patient et son médecin est un des déterminants majeurs de son succès et conditionne la réussite du traitement médical. La médecine est, par essence, un métier relationnel où toute erreur relationnelle mène à l’insatisfaction du patient et de son médecin. Plus grave, une mauvaise relation initiale peut conduire à une prise en charge inadéquate du patient susceptible de nuire à ce dernier.” Aussi notre ami évoquait-il deux difficultés réelles : la difficulté à évaluer la partie non verbale du questionnement à cause de la distance, et aussi la réticence que pourraient avoir des personnes le plus souvent éloignées des techniques nécessaires à ce type de procédure…

Et donc on va mettre la télémédecine en EHPAD… Mais de quoi donc se plaignent les personnels, qui sont en souffrance sans être entendus depuis des mois ?

Ce point de vue de la raison a été évoqué dans les débats sur le projet de loi de financement de la sécurité sociale par Adrien Quatennens.

Pour la France insoumise, les réponses aux déserts médicaux se doivent d’être humaines. Parce que nous voulons faire passer la santé d’abord  et pour tous , nous proposons une mesure concrète pour lutter contre les déserts médicaux.

Combler les déserts médicaux et créer un corps de médecins généralistes fonctionnaires rémunérés pendant leurs études, afin de pallier l’insuffisance de médecins dans certaines zones.

Pour en savoir plus sur nos propositions, lisez le livret programmatique sur la santé en cliquant sur l’image !

Hier matin à l’aube, ils ont arrêté Mimmo Lucano, maire de Riace

Ci-dessous un article de Babadicte Mondeville, dans Le club de Mediapart, sur l’arrestation honteuse du maire de Riace, Domenico Lucano, pour son attitude courageusement et radicalement humaine sur la question de l’accueil des migrants.

Domenico Lucano dit Mimmo a été arrêté hier matin sur ordre du procureur de Locri. Il est accusé d’ « aide à l’immigration clandestine ». Depuis deux ans Riace est dans l’œil du cyclone xénophobe qui s’abat sur l’Europe. Son maire et ses habitants n’arrangent pas les affaires de ceux qui entendent accéder ou se maintenir au pouvoir en répandant la peur et le mensonge raciste. D’ailleurs, Matteo Salvini, ministre de l’intérieur d’extrême droite du gouvernement ligue/5 étoiles, multiplie les déclarations belliqueuses à leur encontre. Une obsession qui a vraisemblablement conduit à l’arrestation de Mimmo Lucano, maire de Riace, petit village de Calabre au bord de la mer Ionienne.
L’histoire contemporaine de Riace commence en 1998 quand un navire de 300 migrants kurdes s’échoue sur ses côtes. Mimmo, qui n’est pas encore maire à l’époque, convainc son prédécesseur d’accueillir les réfugiés. Les habitants du village ont vu partir tant d’enfants sur les routes de l’exile. Ils savent ce qu’émigrer veut dire faute d’un avenir possible sur leur terre natale. Beaucoup regardent la mer avec défiance. Quand rendra-t-elle ce qu’elle a pris ? Le village se meurt même si l’été certains reviennent d’Allemagne, d’Angleterre, des Etats-Unis sur cette terre vaincue d’abord par les prétentions hégémoniques du Nord, ensuite par la mondialisation capitaliste. Alors ce jour de 1998, la mer rendait au village une partie des vies qu’elle lui avait volées.

Je suis allée à Riace pour la première fois en novembre 2017. Alors que nous approchions du village, j’étais frappée par la lumière vive et chaude à cette époque de l’année qui rendait le bleu de la mer si intense. Le paysage alentours déroulait toutes les nuances de jaune possibles. Le village est divisé en deux. La partie basse, Riace marina, et la partie haute juchée sur un monticule de terre blondie par le soleil. Le centre est là. Nous arrivons à l’heure du déjeuner accompagnés par le secrétaire de Rifondazione comunista pour la Calabre et d’une chercheuse en sociologie qui a fait de Riace un de ses terrains d’études. Sur la route, nous croisons plusieurs panneaux qui annoncent “Riace, village de l’accueil”. Nous débarquons sur la place principale devant une grande porte symbolique en fer forgé ; une grande porte, grande ouverte. La place est animée et nous ne pouvons pas ne pas remarquer la présence nombreuse d’hommes et de femmes visiblement d’ailleurs. Des enfants jouent en contre bas. Ils ont toutes les couleurs, toutes les formes de nez, d’yeux, toutes les textures de cheveux possibles. Ils jouent comme tous les enfants. Ils courent comme tous les enfants. Ils crient, en italien, comme tous les enfants qui grandissent ici, en Italie. Sur la place, nous rencontrons un journaliste allemand. Depuis que Wim Wenders a fait un film sur Riace qu’il a qualifié de seule utopie en acte en Europe, le village reçoit un certain intérêt. Le lendemain, j’y ferai la connaissance d’une française de Calais venue voir ce que le discours dominant dissimule en prétendant que c’est impossible : une communauté politique fondée sur le droit à la vie, le droit à l’avenir, pour tous. Mimmo nous attend. Nous le retrouvons dans sa mairie affairé à régler les affaires courantes, chemise bleu à manches courtes, jean et chaussures bateau. C’est son troisième mandat. La première fois les gens l’ont élu en connaissance de cause. C’est lui qui avait convaincu l’ancien maire d’accueillir les 300 naufragés Kurdes. Les deux autres fois aussi. Car l’histoire de son engagement est aussi celui de toute une communauté. Sauf, bien sûr, les collaborateurs de toujours. Une minorité qui se rétracte ou reflue en fonction des intérêts du pouvoir dominant.

Mimmo Lucano

À notre arrivée un vendeur de légumes nous lance en découvrant ses dents cariées d’un large sourire : « notre maire est un homme bien, il veut le bien du village mais certains voudraient le voir cuir dans un chaudron ». Mimmo est inquiet. Le procureur de Calabre l’a mis en examen pour abus de biens sociaux. En Italie, n’importe quelle commune peut donner sa disponibilité à accueillir des migrants auprès du SPRAR, le système national d’accueil des réfugiés. La plupart ne le font qu’à travers des structures d’accueil déléguées à des associations ou gérées plus ou moins honnêtement par des privés. Ces structures reçoivent 35€ par jour et par migrant pendant six mois pour subvenir à leurs besoins élémentaires ; logement et nourriture, en attendant que leur sort soit réglé (quand il l’est) par l’administration. Riace reçoit cet argent. Mais les délais sont longs et ces structures ou collectivités doivent emprunter aux banques en attendant les versements de l’Etat. Une solution que Domenico Lucano a toujours refusée. Pourquoi les banques devraient gagner de l’argent sur l’accueil des réfugiés ? Alors Riace bat sa propre monnaie, garantie par l’argent que l’Etat s’est engagé à donner. Sur ces 35€, la mairie prélève ce que lui coûte l’hébergement des hommes, des femmes et des enfants accueillis. À Riace, les volets des maisons laissées vacantes par les émigrants ont été rouverts par les immigrants. Le reste de l’argent leur est donné directement. Pourquoi devrions-nous décider pour eux ce qu’ils veulent en faire ? Acheter des pâtes plutôt que du riz, leur fournir de quoi manger et empocher le reste en sur-facturant comme ces structures trop nombreuses qui sont devenues de véritables instruments de spéculation sur le dos des migrants et de l’Etat. Aussi Mimmo ne demande pas à ses hôtes de fournir les justificatifs de tout ce qu’ils achètent. Et le procureur lui demande des comptes. Pourtant, il sait que les billets qui circulent, à l’effigie de Gandhi, Nelson Mandela, Che Guevara, Antonio Gramsci, Martin Luther King ou Peppino Impastato, journaliste sicilien assassiné par la mafia, ne peuvent s’échanger qu’ici. Il sait que les rideaux décatis des échoppes aux couleurs brulées par le soleil à force de rester baissés ont été repeints, que les terrasses des cafés ont ajouté des tables, que les rues du villages résonnent d’une effervescence nouvelle et que même les corps des vieux, assis sur la place, se sont redressés, gagnés par elle. Et qu’importe d’où viennent ces enfants qui courent, rient, crient autour d’eux pourvu qu’ils soient là. Qu’importe, puisqu’ils sont là et que la vie a repris.

Monnaie Riace

Mais le procureur s’en moque comme il se moque qu’alentours les mafias prospèrent en louant les bras au plus bas coût possible de milliers de migrants humiliés. Le premier rapport, commandé par lui, soupçonnait Mimmo de s’être enrichi avec l’argent du SPRAR. Un deuxième, demandé par la défense l’a contredit et proposé Riace comme modèle de l’accueil mais aussi de ce qu’il faudrait faire pour sauver ces terres que la modernité éreinte. N’empêche, Mimmo est inquiet. Il sait que Riace est menacé.

Nous sommes retournés à Riace cet été avec un ami sicilien, immigré en France il y a plus de 20 ans et une vingtaine de ses étudiants. Enthousiasmé par la politique d’accueil intelligente et humaine menée par Mimmo Lucano, il les a convaincus de l’accompagner. D’autant qu’ils participent tous d’une manière ou d’une autre d’une histoire de migration. Ce fut un moment d’une grande intensité. Les récits des migrants de Riace, arrivés d’Afghanistan, du Soudan, d’Irak, du Congo, d’Erythrée, du Kurdistan, de Syrie, du Cameroun, du Sénégal, … ont fait ressurgir les histoires de ces grands parents arrivés de Pologne avant la première guerre mondiale, ou d’Italie dans les années 20 dont ils fuyaient le régime fasciste à pied à travers les Alpes, du Maroc ou d’Algérie pour venir travailler dans les usines en France après la deuxième guerre. Il y eut des larmes et beaucoup de sourires, beaucoup de compassion et de chaleur humaine. De la colère aussi et de l’incompréhension devant les attaques répétées des autorités italiennes ces deux dernières années qui semblent s’être données pour objectif de faire disparaitre le modèle Riace et dont le dernier coup vient d’être porté. Car, depuis 20 ans, les habitants de Riace et son maire Domenico Lucano opposent au venin xénophobe un démenti cinglant en nous rappelant l’extraordinaire plasticité des sociétés humaines et en faisant la démonstration que l’accueil est un mouvement réciproque qui profitent aussi bien à ceux qui sont accueillis qu’à ceux qui accueillent. 

Le 6 octobre avec l’Aquarius

CI-dessous l’article que JLM consacre à l’Aquariums sur son blog !

L’Aquarius est désormais un nom connu. Ce bateau opère en Méditerranée depuis presque trois ans. Il a mené 230 opérations de sauvetage et secouru 29 523 personnes menacées de noyade. Ce sont des hommes, femmes ou enfants, migrants ou réfugiés, en danger de mort lors de la traversée de la Méditerranée. Compte tenu de sa mission et de l’état des gens au moment du secours, l’Aquarius opère en partenariat avec Médecins sans Frontières. Mais il est affrété par SOS Méditerranée. Cette association de sauvetage en mer n’a-t-elle pas reçu en 2017 le label «grande cause» de la part du gouvernement français ? Le même gouvernement qui aujourd’hui ferme les yeux à chaque fois que l’Aquarius en appelle à lui. Tels sont les hypocrites qui nous gouvernent !

Ces derniers mois, l’Aquarius a été la cible de lourdes manœuvres politiques pour mettre un terme à sa mission de sauvetage en criminalisant ses équipages. Après la fermeture des ports italiens, il y a une difficulté répétée à trouver un port sûr pour débarquer les rescapés. Enfin, l’Aquarius été attaqué par l’État sous le pavillon duquel il naviguait. Le navire s’est ainsi vu retirer deux fois son pavillon en un mois : d’abord par Gibraltar, puis par le Panama, sous pression de l’Italie. L’Italie de Salvini a en effet menacé de ne plus laisser entrer dans ses eaux un navire sous pavillon panaméen. Puis elle s’est plainte de ce que « le navire ait refusé de ramener les migrants et réfugiés secourus à leur lieu d’origine ». Or, le droit international ordonne qu’un navire débarque des survivants au port le plus sûr et le plus proche. Le prétexte juridique de l’Italie ne vaut rien. La seule raison d’agir contre le pavillon de l’Aquarius est politique.

Emmanuel Macron n’est pas passé loin de l’Aquarius quand il était à Marseille, avec Madame Merkel le 7 septembre dernier. Il annonçait incarner alors un grand mouvement «progressiste » face aux « nationalistes » Matteo Salvini et Viktor Orban. Mais « en même temps », il se faisait le plus proche complice de Salvini en jouant au Roi du silence. Il y a un an, il annonçait « Nous devons accueillir les réfugiés, c’est notre devoir et notre honneur ». Et en même temps, il refuse à plusieurs reprise de leur ouvrir les ports français. D’après ses propres mots, donc, le gouvernement français a failli à son devoir et terni notre honneur.

Les navires de sauvetage sont empêchés dans leur mission ; l’obligation de porter assistance en mer n’est donc plus respectée. La solidarité et l’humanité sont criminalisées, en mer mais aussi à terre comme on a pu le voir avec la persécution de Cédric Herrou. Sans pavillon, le navire ne pourra plus opérer. D’autres vies seront alors sacrifiées en silence aux portes de l’Europe. Les gouvernements se rendent donc coupables de non assistance à personnes en danger.

Porter assistance aux personnes en détresse en mer est une obligation que les États doivent respecter. Toutes les manoeuvres visant à criminaliser les sauveteurs et travailleurs humanitaires sont une honte. Qu’est-ce qui empêche les États européens d’octroyer un pavillon au navire pour permettre à l’équipage de l’Aquarius de reprendre sa mission de sauvetage ? Pourquoi refuser d’établir un modèle de sauvetage européen en Méditerranée, incluant un mécanisme prévisible et pérenne de débarquement des rescapés dans un port sûr ?

Des êtres humains meurent en Méditerranée chaque jour ! Neuf morts par jour ! L’Aquarius, avec le soutien de la société civile, tente de les secourir. C’est le moment d’agir. Face à la défaillance des gouvernement européens, c’est au peuple de se mobiliser. Pour cela on peut donner sa signature à la pétition internationale lancée par SOS Méditerranée. Il faut aussi rejoindre les rassemblements qui auront lieu dans toute l’Europe le 6 octobre prochain. Soyons nombreuses et nombreux dans toute la France à le faire. Nous ferons des « vagues oranges », couleur des gilets de sauvetage et de l’Aquarius. Ou bien les mots « humanité universelle » ne veulent plus rien dire.

Attention : il y a deux pétitions, celle de SOS Méditerranée demandant l’octroi d’un pavillon par un état européen, et une autre (que nous reprenons sur le site ici) demandant que la France fasse, à son honneur, cette démarche.

Hambourg : 30 000 personnes contre le racisme…

Au moment où des petites phrases ont semé un trouble légitime parmi les Insoumsis-e-s du département, on ne peut plus se prétendre être un mouvement et rester dans l’entre-soi.

Alors nous avons décidé d’en parler, et d’ouvrir le plus possible le débat dans ces colonnes. Mais pour l’introduire il nous semblait légitime, à l’encontre des media bien pensants prêts à reprendre au plus vite les antiennes les plus imbéciles, que le peuple allemand est un peuple anti-fasciste dont nous sommes résolument solidaires.

La présente dépêche vient du bureau de l’agence Pressenza à Athènes, elle a été traduite du grec par nos soins.

“Le racisme vous cause un tort terrible, à vous et à vos proches” 

Un des slogans, avec “En force contre les nazis” : voilà ce que l’on pouvait lire sur deux des centaines de pancartes avec lesquelles ont défilé 30000 personnes ce samedi à Hambourg.

“La marche contre le racisme” regroupe 450 organisations, qui ont revendiqué la sécurité des passages, l’apport d’une protection aux réfugiés, la fin des expulsions et le frein à la montée de l’extrême-droite et du fascisme en Europe.”

Retenons encore cette photo : 

Notre classe ne se connaît pas d’étrangers !

La forêt ? les réponses de l’Avenir en Commun

Le programme L’avenir en commun aborde en ces termes la question de la forêt.

La France possède l’une des plus importantes forêts d’Europe. Mais nous importons chaque année du bois pour construire des meubles ou des maisons ! Pire, la forêt française est progressivement abandonnée à la finance. Ce joyau mérite une autre politique, écologiquement soutenable et utile pour construire une filière bois créatrice d’emplois locaux.

Nous proposons de réaliser les mesures suivantes :

Pour aller plus loin, et mieux connaître les positions de la FI sur cette question, vous pouvez consulter et télécharger le livret programmatique sur La forêten cliquant sur l’image ci-dessous.