Y’EN A QUI S’ENERVENT , OU C’EST UNE IDEE ? …..

Comme on parle beaucoup de Mélenchon dans les médias en ce moment,  je suis ça de près.

Avez-vous remarqué comment ils commencent à s’énerver de la popularité croissante de notre candidat ?

Surtout « le Figaro », et   « Challenges » qui affiche fièrement au dessus de l’article les cotations de la Bourse du jour  qui tombent dans le rouge…  Histoire de bien faire peur

 

Le « Figaro » de ce matin 12 avril  parle de la hausse de popularité de notre candidat, mais il intègre dans son article les liens vers quelques articles bien destinés à nous faire peur !!!   :  « Jean luc Mélenchon, un projet dévastateur pour la France »  ( !!)  ou encore : « le coup de massue fiscal sans précédent de JL Mélenchon »  ( !)

Et « Challenges »    nous met en marge quelques articles qui montrent bien ce qu’ils en pensent vraiment, de Mélenchon.

 

Gattaz panique, qu’ils disent…  C’est vrai que les patrons des patrons ont de quoi se faire du souci :  vu la configuration très nouvelle de cette présidentielle, ils ne savent pas trop vers qui se tourner pour protéger leurs intérêts !!

 

La Caravane insoumise aux Chartreux : “On compte sur vous !”

Ce fut une très belle journée, riche en rencontres et en interventions de la part des résidents.

Elise, candidate dans la circo 2

La matinée a été très productive sur ce plan avec les distributions du dernier tract. L’accueil est globalement positif.

Ensuite après un pique-nique joyeux et détendu, on est allé en binômes (bon, il a fallu des volontaires pour rester au stand…) frapper aux portes des immeubles qui entourent la place du marché. Ce fut une belle opération d’après les retours qu’on s’est faits en revenant pour écouter la fin de l’intervention de JLM à Marseille.

Le Haut-parleur de la caravane planté sur la place a diffusé l’intégralité du discours et on a vu peu à peu arriver des gens qu’on avait rencontrés le matin sur le marché ou l’après midi en frappant à leur porte.

Vers 16h30, comme on l’avait annoncé dans la matinée et lors de la tournée des étages, Gérald s’est mis à la guitare et sa femme au micro. On a passé près d’une heure en chansons parmi les plus chouettes du répertoire francophone et les enfants du quartier nous ont fait l’honneur d’assister aux premières loges à ce concert improvisé avec un enthousiasme et un plaisir spontané qui a installé l’ambiance détendue et surtout curieuse et pleine d’attente qui n’a pas fléchi jusqu’à la fin de la journée.

Après les chansons, Guillaume a fait une courte intervention pour “planter” le décor du programme et l’objet de cette manifestation, avant de proposer le micro aux personnes qui s’étaient rapprochées du lieu. A partir de cet instant, il n’y a pas eu de temps mort. Les échanges ont été très riches, à partir des questions qui ont porté sur des sujets aussi pointus que l’Europe, le moyen de financer le programme, la dépénalisation du cannabis, les promesses et les cadeaux des candidats, l’évasion fiscale, le chômage…

André Smolarz, candidat dans la circo 2

C’est une expérience à renouveler. J’étais garé à 2m du banc où étaient assises plusieurs femmes avec leurs enfants et quand je suis parti en leur disant au revoir, elles m’ont balancé : “On compte sur vous”. Je leur ai juste répondu “Nous aussi” ! Manifestement il n’y avait plus de doute à ce sujet.

Télécharger l’article de Libération Champagne

La planification écologique, thème de la troisième assemblée citoyenne à Bar sur Aube

Une quarantaine de personnes ont participé à la réunion !

Michel a rapidement présenté les grandes lignes de la planification écologique. Un résumé avec les diapositives de présentation.

D’abord le constat…

Puis la parole à JLM pour nous expliquer la règle verte

Quelques précisions enfin, et nos propositions…

Ensuite Josiane a  présenté les dangers de l’énergie nucléaire : elle a démonté les arguments de ses défenseurs.

1. “Le nucléaire garantit l’indépendance énergétique de la France” FAUX :   il ne peut y avoir aucune indépendance, puisque, pour faire fonctionner un réacteur on a besoin d’uranium, qui sera ensuite transformé en plutonium dans le cœur du réacteur. Or l’uranium ne se trouve pas chez nous mais dans les pays africains et on imagine parfaitement les tractations et les soutiens aux dictateurs en place pour récupérer l’uranium à bas prix. Sans compter les conditions de travail, celles des enfants en particulier.

Josiane expose les dangers du nucléaire

2. “Le nucléaire est une énergie sûre” FAUX : Nous avons très peu de renseignements fiables de la part d’EDF en ce qui concerne la sécurité des centrales, puisque nous nous trouvons face à un système très opaque qui fonctionne en vase clos, sans contrôle démocratique des élus.
Le nucléaire et l’Etat sont intimement liés à tel point que critiquer le nucléaire relève quasi du crime contre l’Etat. Tous les accidents sont minimisés ou cachés. En 1999, lors de la fameuse tempête, une vague a coupé tous les circuits électriques de la centrale de Blaye à côté de Bordeaux. Résultat : 2 réacteurs s’arrêtent et menacent d’exploser. C’est grâce à l’intervention rapide d’un technicien que nous n’avons pas eu de Fukushima ! La ministre de l’Ecologie de l’époque, Dominique Voynet n’avait même pas été prévenue.  On ne compte plus le nombre de cuves fissurées, susceptibles de laisser passer des radiations  (Il y a 18 réacteurs en arrêt pour fissures).
Se rappeler de Tchernobyl, mensonge d’Etat.
Il suffit d’un dérèglement climatique important (inondations : toutes les centrales sont construites près de cours d’eau) ou d’une erreur humaine (comme à Three Miles Island) pour que nous soyons face à un risque majeur.

3. “C’est l’énergie la moins chère” FAUX : 80% des centrales ont plus de 30 ans. Fessenheim en a 40 ! Un grand carénage est prévu par EDF jusqu’en 2022. Il faudra alors trouver 31 milliards pour les pousser jusqu’à 40 ans. Cela se répercutera forcément sur le prix du Kwatt.
Après la catastrophe de Tchernobyl, de nombreux pays ont décidé un moratoire sur le nucléaire. En France, l’Etat a décidé de créer des centrales encore plus puissantes, les EPR. Pour celui de Flamanville, 3,3 milliards étaient prévus. On en est à 8,5 milliards et 4 ans de retard. Qui va payer ?
Le coût du nucléaire ne cesse d’augmenter et celui des énergies renouvelables de diminuer.
Le démantèlement va coûter très cher, d’autant plus que les ingénieurs ne savent pas démanteler intégralement une centrale. L’Etat a joué aux apprentis sorciers en créant une structure qu’il ne sait pas arrêter.A Prébilis, dans le Finistère, la centrale est en phase de démantèlement depuis 25 ans. C’est très compliqué car tout est radioactif. De 20 millions prévus au départ, ils en sont à 400 millions.
Le prix bas du nucléaire est faux car il ne prend pas en compte le démantèlement, l’enfouissement des déchets et l’assurance, car le nucléaire ne peut être assuré car trop dangereux.

4. “C’est une énergie propre” FAUX : problème des déchets radioactifs qui polluent les nappes phréatiques . Problème de santé avec la recrudescence de cancers de la thyroïde. Problème de protection des salariés employés par les entreprises de sous-traitance, souvent intérimaires, dont on ne peut contrôler la santé à long terme.

5. “Supprimer le nucléaire, c’est en supprimer les emplois” FAUX : Les centrales ne pourront pas être arrêtés dans l’immédiat, pas avant que la recherche n’ait trouvé les moyens de les démanteler proprement. Les salariés conserveront donc leur travail, ils seront formés au démantèlement des centrales et au développement des énergies renouvelables (c’est un gisement de création de 300 000 emplois).

En conclusion, le nucléaire arrive en bout de course :

  • il devient très cher, dangereux
  • c’est une énergie de guerre puisque qqs grammes de plutonium peuvent faire des dégâts irréversibles. (A relier avec les attentats.)
  • la recherche sur les énergies renouvelables s’amplifie dans les autres pays, sauf la France, à cause du monopole d’EDF
  • le photovoltaïque commence à devenir moins cher à l’investissement et permet une véritable indépendance.
Alexandre Faou, candidat de la France insoumise dans la première circonscription

Enfin Alexandre est intervenu sur l’intérêt de la planification écologique en termes de relocalisation d’emploi (éoliennes, agriculture paysanne)

Un débat animé s’en est ensuivi… Face à quelques auditeurs un peu sceptiques, nous avons évoqué le scénario Negawatt comme hypothèse crédible de travail (il y en a d’autres !)

JLM, candidat des droits de l’homme

Le groupe d’appui Genève Insoumise s’est rendue au domicile de Jean Ziegler pour cet entretien filmé. Membre du comité consultatif du conseil des droits de l’homme à l’ONU, Jean Ziegler a souhaité transmettre ce message de soutien à Jean-Luc Mélenchon, comme un message porteur d’espoir pour les droits de l’homme dans le monde à la perspective de l’élection d’un homme comme lui à la présidence française.

Débat à l’UDAF

Nous étions donc, Dominique et moi, dans les nouveaux locaux de l’UDAF vendredi 24 mars pour répondre aux préoccupations des familles.

Un accueil d’une grande gentillesse, une réelle qualité d’écoute. Merci aux participants et aux organisateurs !

Merci aussi à Reynald de nous avoir aidés, avec toute son expérience, à préparer le débat. Ce fut notre première déception. Sans filet, nous avions travaillé à partir du communiqué de l’UNAF exposant les dix préoccupations essentielles des familles : “Élections 2017 : Les candidats doivent prendre en compte les préoccupations des familles et leur donner confiance.” Des dix axes abordés, il n’en avait été retenu que trois par les organisateurs locaux : le pouvoir d’achat, l’emploi et la santé.

Le débat a été bien sage. Trop sage ? A vouloir éviter toute polémique et aller au fond des choses, ambition louable, on a privilégié des temps de parole assez longs, sans véritable échange entre les candidats… Ce qui a donné plutôt une juxtaposition de monologues qu’une réelle confrontation d’idées… Je dois avouer que je me suis permis de déroger à la règle pour dire toute la colère que m’inspiraient les propos du porte-parole du FN sur la “préférence nationale aux Français et son refus de prendre en charge des gens qui traversaient la Méditerranée”…

Débat trop sage donc, et, il faut le dire, pour nous décevant, car nous n’avons souvent entendu qu’une litanie de propositions concrètes : la vieille recette de prétendre à l’expertise pour impressionner… Sans qu’aucune idée forte n’apparaisse sur la philosophie des candidats … “Trop de social tue le social” pour le FN !  Et “chez Macron, on ne rase pas gratis !”. Je vous laisse juges …

Enfin, dernier regret, que le temps ait filé trop vite, et qu’il n’y ait pas eu de questions dans la salle…

Le premier thème abordé a été celui du pouvoir d’achat : il a vite été réduit à la question du montant du SMIC. J’ai bien évidemment rappelé notre revendication d’augmentation de 16% du SMIC (pour arriver à 1326 € nets pour 35 heures… Je dois avouer que j’ai été incapable de préciser comment on arrivait à cette somme lors du débat !) Mais j’ai aussi précisé que le pouvoir d’achat se renforçait autrement, en particulier en accordant la gratuité des premiers mètres cube d’eau et des premiers kilowatts d’énergie. J’ai par contre oublié de préciser que notre projet s’inscrivait aussi dans une volonté de changer les modes de consommation (et donc de production)… c’est très certainement une erreur.

Sur le deuxième thème, l’emploi, où il était difficile en quelques minutes d’être exhaustif, j’ai privilégié l’approche par la règle verte, qui suppose un changement des modes de production, et une relocalisation de l’emploi : à preuve notre volonté de développer une agriculture paysanne, gisement de 300 000 emplois, et une politique d’énergie 100% renouvelable qui, en termes d’emploi, de localisation des usines de production et de maintenance, entraînera la production de 400 000 emplois. Si j’ai bien précisé que pour nous l’abandon du nucléaire se ferait avec les compétences des travailleurs de la filière, dont l’emploi n’est donc en aucune cause menacé, j’ai réalisé a posteriori que je n’avais pas abordé le problème concret des délocalisations dans l’Aube. Et que nos concurrents n’en  aient pas soufflé mot n’est pas une excuse !

Troisième thème enfin : la santé. La prévention a eu de la peine à s’inviter dans le débat, qui s’est très souvent réduit à une litanie de mesures concrètes, sans que jamais ne soit évoqué l’incohérence avec la continuation de politiques d’austérité. Pour ma part, j’ai placé mon intervention sous l’idée que les maladies les mieux soignées sont celles que l’on ne contracte pas : d’où l’urgence de la règle verte dans un département champion de France de l’utilisation des pesticides, et de restaurer et développer une réelle médecine du travail. J’ai enfin évoqué très rapidement, en réponse à l’éloge que la candidate LR faisait des maisons de santé privées, notre volonté de revenir sur les partenariats public-privé, en dénonçant le scandale du nouvel établissement de ce type en prévision en Haute-Marne, et souligné notre mesure de création d’un corps de 15000 médecins fonctionnaires qui seraient nommés là où les besoins se feraient sentir. Cela m’a permis de souligner que notre programme, en particulier en comparaison de celui de Benoît Hamon, n’hésitait pas à donner à l’Etat – dans le cadre d’un fonctionnement démocratique nouveau qui serait celui de la VIème République – les moyens d’imposer, au détriments d’intérêts égoïstes et privés, les mesures indispensables d’intérêt général humain.

Michel

 

Géopolitique et défense : les précisions de Jean-Luc Mélenchon

En précision des questions que nous avons abordée lors de la réunion citoyenne du 19 janvier à Bar sur Aube, une intervention de Jean-Luc Mélenchon.

Le vendredi 31 mars 2017, Jean-Luc Mélenchon prononçait un discours de présentation de la vision de la France insoumise en matière de géopolitique et de défense. Il a expliqué que notre objectif était l’indépendance de la France au service de la paix, ce qui signifie la sortie de l’OTAN, la non participation à l’Europe de la défense, le réinvestissement de l’ONU et la création d’un alliance des pays non-alignés. Jean-Luc Mélenchon a également parlé de la montée des risques de bouleversements géopolitiques liés au changement climatique et a montré comment la transition énergétique répondait aussi à un enjeu géopolitique en aidant la France à se passer de matières premières comme le pétrole ou le gaz. Il a enfin présenté plusieurs de ses propositions, notamment le service civil ou militaire obligatoire pendant 9 à 12 mois pour les jeunes de 18 à 25 ans ou encore la conférence de la sécurité de l’Atlantique à l’Oural pour poser par la voie diplomatique la question des frontières en Europe.

Lettre ouverte d’un jeune de gauche à Benoît Hamon

Nous reproduisons ci-dessous, à la demande de plusieurs insoumis(e)s qui l’ont reçue, une lettre de Marwen Belkaid…

“Mon cher Benoît, j’ai quelque peu hésité avant de t’adresser cette lettre. La liras-tu ? J’ose espérer que oui toi qui en appelles au peuple très souvent et qui veut renouveler les pratiques politiques de notre pays. J’espère que tu excuseras mon tutoiement mais je me permets de te tutoyer étant donné que tu te dis proche du peuple. J’imagine que tu ne m’en tiendras pas rigueur et si c’est le contraire tant pis ça sera une nouvelle preuve de l’hypocrisie dans le monde politique. Si je prends cette liberté, c’est aussi parce que nous sommes relativement proche au niveau des idées sur pas mal de points : une répartition plus équitable des richesses, la dénonciation d’une Europe trop libérale ou encore l’appel à une VIème République. Cette proximité d’idées, c’est aussi la raison pour laquelle j’ai hésité à t’écrire cette lettre. De la même manière que j’avais hésité à adresser une lettre à Jean-Luc Mélenchon il y a un peu plus d’un an lors du lancement de sa candidature, j’ai longuement hésité à t’adresser ces quelques mots.

Si j’ai hésité à t’adresser cette missive, c’est également en raison de la probabilité que tes soutiens me traitent de je ne sais quel nom et m’accusent d’être dans une cabale contre ta personne aujourd’hui pour favoriser et soutenir Jean-Luc Mélenchon, qu’on me demande, en somme, comme l’affirmait le slogan de mai 68 d’où je parle. A l’heure actuelle je pense m’abstenir dans quelques semaines et je ne suis pas membre de la France Insoumise. Cette proximité d’idées que j’ai évoquées plus haut c’est aussi la raison pour laquelle je me sens obligé de t’adresser cette lettre. Au-delà des accusations stériles qui ne manqueront sans doute pas de pulluler vis-à-vis de ce texte, il me semble que le moment historique que nous sommes en train de traverser nous oblige, femmes et hommes de gauche, à la franchise et à ne pas refuser le débat. Comme le disait Jaurès, que tu as cité lors de ton grand meeting de Bercy, dans son magnifique Discours à la jeunesse, « le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire ; c’est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe, et de ne pas faire écho, de notre âme, de notre bouche et de nos mains aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques ». Alors voilà cette lettre pour te dire ma vérité à ton encontre.

Le plus dramatique dans toute cette affaire c’est que je te crois lorsque tu dis être sincèrement de gauche. Voir un tel gâchis est proprement édifiant. Je ne vais pas te mentir j’étais profondément content de ta victoire lors de la primaire du PS. Non pas parce que je te soutenais mais parce que tu représentes l’aile gauche de ton parti, que voir Valls s’incliner était plutôt jubilatoire et que ta victoire ouvrait une fenêtre de tir pour une véritable recomposition de ton parti et de la gauche française. Dans une autre vie – je n’aime pas vraiment la politique fiction mais je fais exceptionnellement une entorse – j’aurai pu militer pour ta victoire dans quelques semaines. Mais dans cette autre vie, il aurait fallu que tu fasses preuve de courage, ce courage qui te fait dramatiquement défaut depuis que tu l’as emporté au second tour de la primaire.

Lorsque Jean-Luc Mélenchon a réclamé de voir les investitures remises à plat dans ton parti comme préalable à toute alliance, tu lui as répondu, et je te cite, qu’on ne faisait pas d’alliance en « coupant des têtes ». Déjà à ce moment-là tu as laissé entrevoir ta pusillanimité face à l’appareil du Parti Socialiste. La grande clarification qui pouvait se faire dans ton parti, qui n’est plus qu’un astre mort depuis le jour où il s’est jeté avec amour dans les bras du néolibéralisme et du marché, tu lui as tourné le dos. Cet épisode était malheureusement préfigurateur de toute la suite de ta campagne. Plutôt qu’accepter franchement la rupture avec le quinquennat précédent et sa politique désastreuse économiquement et socialement, tu as tenté d’adopter une position de synthèse que n’aurait pas renié François Hollande en son temps. Alors que la base de ton parti réclamait un franc virage à gauche tu as tergiversé face à ce moment historique. Tu n’as pas voulu t’émanciper franchement de l’appareil et des caciques du Parti Socialiste et les voilà qui aujourd’hui te font couler à pic.

« Il ne faut pas couper des têtes ». Quand je repense à cette justification pour ne pas écarter les candidats investis tenants d’une ligne libérale qui sied à Emmanuel Macron, je ne peux m’empêcher de rire jaune, d’avoir un sourire amer. Non il n’était pas question de personnes mais bien d’idées politiques tout comme il n’était nullement question d’égo dans la non-alliance entre Jean-Luc Mélenchon et toi comme le racontent les médias dans leurs fadaises mais bien de divergences politiques.  D’ailleurs, nombreux sont les députés investis par ton parti qui soutiennent désormais Emmanuel Macron, à commencer par Christophe Castaner son porte-parole. A force de vouloir ménager la chèvre, le chou, le chasseur et le jardinier, tu t’es fourvoyé dans le même piège que François Hollande : de la synthèse te voilà devenu l’homme de l’indécision. Inutile de te dire que j’ai tressailli lorsque tu as fait applaudir Messieurs Hollande et Cazeneuve sur la question du terrorisme. Tu dis vouloir tourner la page des politiques nauséabondes et tu fais applaudir des gens qui ont mis en place l’état d’urgence permanent et des lois sécuritaires absolument abjectes ? Allons, ce n’est pas sérieux. Ou bien tu es complètement candide – ce que j’ai du mal à croire – ou bien ces incohérences démontrent un manque de courage ou un cynisme absolu.

« Il ne faut pas couper des têtes ». Cher Benoît j’y reviens à cette phrase qui t’a servi de cache-sexe mais qui ne cache plus rien du tout. Voilà le roi nu. En ne t’émancipant pas radicalement des caciques de ton parti tu as créé les conditions pour que ta campagne patine. Les voilà qui te somment de changer ton programme. Toi qui paraissais si sûr de ton fait et qui maitrisais si bien ton programme lors de la campagne de la primaire, te voilà désormais balbutiant. Lors du débat de lundi dernier tu ne maitrisais absolument plus tes dossiers. J’étais déjà plus que sceptique sur ta proposition de revenu universel et j’étais d’accord avec Jean-Luc Mélenchon qui parlait de trappe sociale. Tu imagines bien que je suis encore moins d’accord avec la nouvelle ébauche de ta mesure maintenant que tu ne la réserves plus qu’à certaines personnes – il serait donc temps que tu arrêtes d’appeler ça revenu universel – et qu’en plus tu l’as raboté pour qu’il n’atteigne finalement même pas 500€. Dois-je te rappeler que le seuil de pauvreté dans notre pays est situé à 803 ou 964€ selon le seuil que l’on prend (50 ou 60% du revenu médian) ? L’appareil du PS est en train de te manger tout cru et tu le laisses faire.

Il est bientôt temps de conclure mon cher Benoît, je ne voudrais pas abuser de ton temps. Toutefois, je ne peux terminer cette missive sans évoquer l’un des sujets les plus importants, sinon le plus important : celui de l’Union Européenne et de l’euro. Pour sortir de l’ornière ordolibérale imposée par le traité de Maastricht avec toutes les pesanteurs qui nous forcent à mener une politique de rigueur, tu proposes de créer un Parlement de la zone euro comme si, par enchantement, un tel Parlement pouvait régler tous les problèmes. Il y a une chose qui est claire, il ne sera pas possible de changer de politique au sein de la zone euro si les traités ne sont pas renégociés et réécrits. En effet, tout Parlement de la zone euro, quel qu’il soit, devra se conformer aux traités en vigueur. Et que disent ces traités ? Que la règle d’or est sacrée et qu’il n’est pas possible de sortir des sacro-saints 3% de déficit public. Dire qu’un Parlement de la zone euro sans renégociation aucune des traités résoudra les problèmes est au mieux de la naïveté, au pire de la tartufferie.

J’arrive au bout de ma lettre Benoît je te le promets. La dernière chose dont je souhaitais te parler concerne le débat de lundi dernier et, plus précisément, ta conclusion. Après trois heures à vous écouter discourir – parfois en même temps dans une joyeuse cacophonie – je t’avoue que j’étais quelque peu fatigué et pas forcément attentif au moment d’écouter vos conclusions. Tu as pourtant réussi à me sortir de ma léthargie lors de ton propos en affirmant que tu représentais le « vote utile ». Tu as bien essayé d’expliquer qu’il était utile vis-à-vis de l’écologie et de tout un tas d’autres sujets mais tout de même, tu ne me feras pas croire que l’utilisation de cette expression est innocente, d’autant plus que cette conclusion tu l’as préparée ce n’était pas du spontané. Je crois pour ma part qu’il n’y a pas plus grande insulte à la démocratie que l’expression « vote utile ». Celle-ci présuppose en effet qu’il y aurait des votes inutiles – au hasard tu pensais à Mélenchon ? – et donc de facto qu’il existe des électeurs inutiles. Cette expression que tu as utilisée ne t’honores pas, ne te grandis pas non plus au contraire. Elle est assurément le signe d’une candidature en difficulté, repliée sur elle-même pour ne pas dire aux abois. Toujours dans son Discours à la jeunesse, Jaurès définit le courage d’une autre manière : « Le courage c’est d’agir et de se donner aux grandes causes sans savoir quelle récompense réserve à notre effort l’univers profond, ni s’il lui réserve une récompense ». Nous vivons un moment historique, un moment qui nous dépasse, un moment qui te dépasse. Je reste convaincu que ce qui vous rapproche avec Jean-Luc Mélenchon est immensément plus grand que ce qui vous sépare.

Tu peux encore réussir à t’émanciper de l’appareil socialiste afin de faire gagner la gauche en te ralliant à Jean-Luc Mélenchon et en créant une véritable synergie, il est encore temps. Il n’est pas trop tard mais l’urgence se fait toujours plus pressante. Tu as le choix entre te battre pour devenir le futur premier secrétaire d’un champ de ruines ou œuvrer à la victoire de la gauche, peut-être la plus belle de notre histoire. Comme le disait Camus dans son Discours de Suède en parlant de l’écrivain « aucun de nous n’est assez grand pour une pareille vocation. Mais dans toutes les circonstances de sa vie, obscur ou provisoirement célèbre, jeté dans les fers de la tyrannie ou libre pour un temps de s’exprimer, l’écrivain peut retrouver le sentiment d’une communauté vivante qui le justifiera, à la seule condition qu’il accepte, autant qu’il peut, les deux charges qui font la grandeur de son métier : le service de la vérité et celui de la liberté ». Tu as le choix Benoît, cela ne signifie pas qu’il sera exempt de sacrifice mais tu as encore totalement la possibilité de t’arracher du joug de l’appareil socialiste. Mais ça, personne d’autre ne pourra le faire pour toi.”

Pour voir la lettre sur le blog original, cliquez sur l’image

Venue de Christian Audoin : la force de la conviction au service de l’enthousiasme

Il est des signes qui ne trompent pas, et le succès de la réunion publique organisée mardi 7 mars à Troyes est bien le signe que l’Aube insoumise s’est inscrite de manière forte et durable dans le paysage politique aubois.

Une bonne quarantaine de personnes se sont retrouvées pour un échange toujours passionnant, parfois un peu passionné, sur les questions de fond que pose cette campagne électorale, bien loin du climat des “affaires” et autres alliances de circonstance… Une façon d’affirmer que faire de la politique autrement est un long travail, de patience et de rigueur…

Christian nous en a donné une preuve éclatante…

Deux extraits vidéos ci-dessous, car la batterie est tombée en panne ! Pas trop tôt heureusement…

Une première réponse de Christian à une question qui est à l’esprit de tout le monde : pourquoi ne pas faire un rassemblement “à gauche” qui, mathématiquement, permettrait à un candidat (lequel ?) d’être au second tour ? Dans les images qui suivent, Christian précise à quel point notre projet est d’une autre envergure, soucieux de construire dans les têtes et les coeurs le rapport de force nécessaire à nourrir la dynamique sociale d’émancipation à mettre en place et à soutenir contre les assauts de la réaction et du patronat après la victoire électorale, première étape certes, mais simplement une étape.

Dans un deuxième temps, Christian a répondu à toute une quantité de questions, portant sur les services publics, l’éloignement des gens de leur lieu de travail, la pollution… Beaucoup de réponses, et une méthode : faire intervenir et travailler les gens autrement, en les associant aux prises de décision dans la perspective de l’ntérêt général humain.

Et pour vous consoler de cette fin trop brusque, le livret programmatique “Pour la justice et l’égalité territoriale” dont Christian est le co-auteur.

Si le livret ne s’affiche pas, vous pouvez le consulter et le télécharger sur le site de L’Avenir en commun

Débat de l’ACR : les interventions de nos représentantes…

A noter d’entrée de jeu, la dimension collective nous est bien spécifique, puisque nous sommes les seuls à ne pas avoir délégué à un seul représentant la tâche de défendre notre programme.

Anne et Julie s’y sont attachées, avec efficacité et pugnacité. Merci à toutes celles et ceux qui, par leur contribution lors des travaux préparatoires, ont permis de nourrir leur intervention.

Premier thème : l’économie

anne-disc-acrAprès son intervention, Anne a pu, dans un débat plus que rapide (trois question du public !) réaffirmer notre volonté d’une retraite à taux plein à 60 ans avec quarante annuités de cotisation, ainsi que notre volonté de développement d’une agriculture nouvelle, respectueuse de l’environnement et de la santé, exigeante en qualification professionnelle et créatrice de 300 000 emplois.

Elle a pu insister aussi, quand le public a demandé si on ne “leurrait” pas les électeurs en prétendant lutter contre le chômage, sur la nécessité d’abandonner les vieilles recettes libérales, promues par tous nos concurrents, et que ce n’est qu’au prix de cette rupture que la lutte contre le chômage deviendra enfin une dynamique pour le plein emploi…

Télécharger l’intervention d’Anne

Deuxième thème : Jeunesse et éducation

julie-disc-acrDans son intervention, Julie, en réponse aux questions posées par les jeunes du MRJC, a bien insisté sur notre revendication d’une réelle égalité homme-femme. Mais, au contraire des autres candidats, qui ont réduit la jeunesse à l’école (et dans le pire des cas libéraux à un apprentissage au service de l’exploitation – quel sens donner au  mot ?), elle a été la seule à aborder la question de la jeunesse dans sa globalité, abordant les thèmes de la contraception, du respect légitime que les forces de l’ordre doivent témoigner à la jeunesse, et, parce que cela tient à son coeur d’étudiante en licence professionnelle de patrimoine, d’une réelle démocratisation de la culture.

Télécharger l’intervention de Julie

Où est donc passée la culture ?

Ci-dessous l’intervention de Julie Lapeyre, lors de la présentation de sa candidature dans la première circonscription.

julieOù est donc passée la culture ?

En tant qu’étudiante de la licence professionnelle Métiers du Livre et du Patrimoine dispensée au Centre Universitaire de Troyes, la culture est quelque chose qui me tient à cœur. J’entends et je lis depuis une vingtaine d’années que les subventions pour la culture diminuent d’années en années, et cela me conduit à m’investir pour la culture au niveau du territoire.
La culture est quelque chose de fondamental pour la démocratie. La culture doit en effet permettre à tous de s’émanciper, de pouvoir faire son propre avis sans subir celui des autres. En tant que future professionnelle de la culture, je suis alarmée par la non-présence de la culture dans les programmes des candidats à la présidentielle, à l’exception de celui de la France Insoumise qui remet la culture au cœur du débat.
La culture n’est plus aussi démocratisée qu’avant, à présent de grands groupes se mêlent à des institutions culturelles comme Vivendi, Sony ou Pinault, pour ne citer qu’eux, qui se font passer pour des mécènes – ce dont les institutions culturelles ont réellement besoin – pour ne pas payer d’impôts parce qu’ils « aident à promouvoir la culture ». Des œuvres sont confisquées au public du fait de la spéculation dont elles sont victimes. Les institutions culturelles se concentrent dans les grandes villes. La culture n’est plus une priorité politique depuis les années 1990 et c’est encore plus flagrant de nos jours.
La culture, et en particulier l’art, est à présent dévoyée pour servir le marketing et la culture de masse homogène à laquelle les dirigeants aspirent. L’exception culturelle française, celle qui nous permettait de nous affirmer comme puissance de la culture sans la mettre au service du mercantilisme que proposaient les Etats-Unis, est menacée.
L’Aube, département dont le patrimoine remonte aux temps antiques, doit pouvoir faire reconnaître la culture qui est la sienne. Elle a déjà commencé en numérisant la bibliothèque de l’abbaye de Clairvaux, mis en avant son patrimoine médiéval, mais cela ne suffit pas. Les Aubois ne sont pas forcément au fait de l’immense richesse de leur patrimoine, et la France Insoumise peut les y aider avec son programme consacré à la culture.
Nous proposons d’étendre la gratuité dans les musées et autres lieux culturels recevant des subventions publiques nationales, en ouvrant notamment les institutions culturelles gratuitement tous les dimanches. Cela passe notamment par la sortie des indicateurs tels que les recettes, qui ne sont que quantitatifs, et imposer la diversité des publics, notamment grâce aux visites scolaires. Pour cela, embaucher des personnels est nécessaire, et nous proposons d’augmenter le nombre des enseignant.e.s spécialisé.e.s dans l’enseignement artistique qui fait cruellement défaut à l’Education nationale. Enfin, l’investissement public en matière de culture sera de 1% du PIB, demandé depuis 1956 par André Malraux, premier Ministre de la Culture, et jamais atteint depuis.
Pour que la France soit enfin reconnue comme puissance culturelle, c’est à nos candidatures, celle de la France Insoumise, celle de Jean-Luc Mélenchon, qu’il faut faire confiance.