Contre les femmes, contre les pauvres, violence fasciste ordinaire en Bolivie…

Deux tweets pour montrer qu’Amélie de Montchanin, en défendant le coup d’état, nie la violence faite aux femmes, nie la violence faite aux humbles, nie la violence faite aux progressistes…

“Reconnaissez que nous sommes devant un coup d’Etat”

Voici la question que Mathilde Panot a posée à propos du coup d’état en Bolivie… “L’intégrité physique de plusieurs élus, poussés à la démission par l’armée, est en jeu. La vie de milliers de militants et des populations autochtones dans le pays est menacée par une opposition fasciste et une oligarchie nostalgique des privilèges qu’elle a perdus depuis l’arrivée au pouvoir du premier président amérindien de Bolivie”
En guise de réponse, la secrétaire d’Etat Amélie de Montchalin affirme son soutien au coup d’état !

Peut-être la dite secrétaire n’avait pas reçu les tweets suivants…

"Nous allons les cribler de balles..."
Le coup d'Etat en Bolivie.. Fascisme, racisme toujours contre les plus humbles... Et il y en a qui ne veulent pas appeler ça un coup d'état !

Bolivie : “Maintenant oui, c’est la guerre civile!

Pour lire l’article (en espagnol) sur le site original, clic sur le logo

Nous reproduisons ci-dessous un article de l’agence Anred : le peuple bolivien se mobilise contre le coup d’Etat et se heurte aux mêmes brutalités policières et médiatiques qu’au Chili ou en Equateur !

La ville qui entoure la capitale bolivienne est la deuxième plus grande du pays et est sortie dans la rue contre la destitution du Président Evo Morales. Depuis hier soir, les conseils de quartier ont lancé un ultimatum contre le leader de l’opposition Camacho. Des barrages routiers et des affrontements avec la police… les militaires et les paramilitaires ont fait jusqu’à présent deux morts et 15 blessés par balle. Aujourd’hui, le commandant général de la police a démissionné.

La wipala, drapeau des peuples andins, symbole national en Bolivie depuis la nouvelle Constitution
(Clic sur l’image pour en savoir plus)

Hier, alors que les forces armées “suggéraient » la démission du Président, en même temps que le commandant général de la police, Yuri Calderón, se pliait à la demande de démission, le cercle qui contraignait Evo Morales à démissionner se fermait. Les arrestations de dirigeants du Mouvement pour le socialisme (MAS) et l’attaque de locaux et de maisons privées, ainsi que l’incendie de wipalas, ont été couronnées par l’arrivée du leader de l’opposition, lié au commerce du gaz, Luis Camacho, qui, une bible en main et dans une zone libérée par la police, a pu entrer dans le Palais Quemado (ancienne résidence des chefs d’état NDLR).

Mobilisation contre le coup d’état

Mais à El Alto, cette nuit, les premières barricades ont été érigées pour bloquer La Paz et repousser le coup d’État. La Fédération des comités de quartier (Fejuve) a donné 48 heures aux putschistes pour quitter La Paz “pour avoir incité à la division et à la violence entre Boliviens”.

Camarades, nous nous sommes rassemblés à El Alto…
Il n’y a rient à la télé pour raconter ce qui se passe ici

Aujourd’hui, les affrontements se sont intensifiés dans plusieurs endroits de la ville. Les manifestants ont repoussé les forces de police, mais les forces de sécurité ont tiré des coups de feu, tuant au moins deux personnes et en blessant une quinzaine d’autres. Au cri de “Mesa, Camacho, nous voulons votre tête », ils ont mis le feu à un commissariat à El Alto et ont neutralisé plusieurs véhicules de police.

La situation s’est aggravée et le commandant de la Police nationale Calderon a démissionné. La presse hégémonique bolivienne a réduit les manifestations à des actes de vandalisme et de pillage de « profiteurs du chaos social pour voler”. L’opération de désinformation présente les mêmes caractéristiques que les soulèvements en Équateur et au Chili.

“Voila ce que la presse ne montre pas… C’est une enfant !”

Vu que les forces de polices étaient débordées, des unités de l’armée bolivienne sont entrées avec des chars dans certaines avenues d’El Alto. Le haut commandement militaire a commencé à mettre en œuvre un plan d’urgence pour assurer les services publics. Cependant, les habitants ont dénoncé depuis hier la coupure de l’eau. En même temps, une forte concentration d’habitants brandissant des wipalas se sont mobilisés en chantant “Maintenant oui, c’est la guerre civile”.

La situation ne cesse de s’aggraver, l’OEA a demandé à l’Assemblée législative de se réunir d’urgence pour assurer “une sortie constitutionnelle” et l’Union européenne a exprimé, par l’intermédiaire de la Haut-Commissaire, que des élections crédibles, exprimant la volonté du peuple, soient organisées dès que possible. Dans un communiqué publié sur les médias sociaux, Donald Trump a salué la destitution d’Evo Morales : “Les États-Unis applaudissent le peuple bolivien et les militaires boliviens. Le gouvernement mexicain a accordé l’asile politique au mandataire.

À ce jour, deux personnes ont été tuées à El Alto et une quinzaine d’autres ont été blessées, dont deux filles. Des affrontements se produisent à certains coins de rue. Alors que l’on craint l’arrivée de nouveaux contingents paramilitaires qui se joindraient à la répression des opposants au coup d’État.

Demandez un devis de traduction

Bolivie : La France Insoumise soutient Evo Morales

Communiqué de presse du groupe parlementaire La France insoumise

Ce matin du dimanche 10 novembre, dans un souci d’apaisement, le président Morales a appelé à de nouvelles élections qui devront être organisées par un tribunal électoral renouvelé. Malgré cela, l’opposition continue à réclamer sa démission immédiate et son exclusion du futur scrutin. 

L’opposition multiplie les actes racistes et les violences dans une logique de coup d’État et demande le départ de tous les élus de la majorité. Les militaires ont ainsi envahi le palais présidentiel et le président Morales est contraint de quitter le pays. 

La France insoumise s’associe aux protestations contre la violence de l’extrême-droite putchiste bolivienne et partage le soutien à Evo Morales qu’ont exprimé les principaux dirigeants des pays d’Amérique du Sud et les partis progressistes de cette région du monde. Nous en appelons à la solidarité avec le peuple bolivien, au respect de la Constitution novatrice dont il s’est doté. Nous assurons Evo Morales de notre soutien dans le processus de pacification démocratique qu’il a engagé.

Lula livre !

C’est aujourd’hui plus qu’un slogan, c’est un fait. Lula était prisonnier depuis le 7 avril de l’an dernier pour une condition dans l’affaire du triplex de Guarujá dans le cadre de la procédure Lava Jato, dont le but avoué et révélé par des sites américains d’information a été d’éviter l’élection de Lula, grand favori pour les dernières élections présidentielles.

Lula a quitté le siège de la Police Fédérale par la porte de devant, accompagné par des parlementaires du PT (le Parti des Travailleurs, le parti de Lula) et ses avocats. Il s’est dirigé vers ses soutiens qui l’attendaient dans un parc, et s’u est adressé aux militants.

Pendant 20 minutes environ, Lula a remercié les militants du PT qui ont campé en face de la Police Fédérale de Curitiba pendant les 580 jours de son incarcération. L’ex-président a également déclaré qu’il allait retourner à Sao Paulo et participer en fin de semaine à des réunion au sein du Syndicat de la Métallurgie.

“Je ne pensais pas qu’aujourd’hui je pourrais être ici, conversant avec des hommes et des femmes qui, pendant 580 jours, ont ici crié “Bonjour, Lula”. Vous êtes l’aliment de la démocratie pour que je résiste”, a-t-il affirmé.

Pour mieux comprendre les tenants et les aboutissants de cette manifestation mondialement connue du lawfare, ci-dessous a note de blog que Jean-Lu Mélenchon a rédigé après sa visite à Lula en septembre de cette année.

“Il est possible que vous ayez vu mon direct Facebook à la sortie de la prison où est enfermé Lula à Curitiba au Brésil dans l’État de Paraná (le Brésil est un État fédéral). Vous retrouvez ici le lien qui vous y conduit. Mais je ne crois pas que je me répèterai de trop.

Lula est en prison depuis 516 jours. Il purge une peine de 12 ans et 11 mois. Pour un crime qu’il n’a pas commis. Son incarcération se fait au siège de la police fédérale de l’État et non dans un établissement pénitencier. Sa cellule a été aménagée à partir du local où dormaient auparavant à tour de rôle les gardes de cet édifice. Au pied de l’immeuble, ses amis ont loué un terrain où est établi un campement permanent de militants. Chaque matin à sept heures ils se retrouvent pour crier « Bonjour Lula ». Chaque jour à quatre heures, ils lui crient encore tous ensemble « Bon après-midi Lula », chaque soir à 19H 30 « Bonne nuit Lula ». Le reste du temps, ils font des cours de formation et des activités les plus diverses. Un aimable folklore existe aussi. Certains ne se coupent pas la barbe jusqu’à la libération de Lula, d’autres cousent des motifs sur des drapeaux ou pancartes « Lula Libre ». Et bien d’autres choses. Mais au total, la dimension humaine de l’emprisonnement du dirigeant politique est totalement partie prenante de la lutte qui se mène pour sa libération.

Je crois qu’il est utile pour ceux qui entrent seulement dans ce sujet de connaitre d’abord quelle est cette affaire.

Jaïr Bolsonaro, le président d’extrême droite a prévenu : « Lula pourrira en prison ». Le milliardaire président exulte. Car Lula a été condamné six mois avant l’élection présidentielle à laquelle il était candidat, et favori. Deux mois avant cette élection, en conséquence de cette condamnation, il a été déclaré inéligible. Le fasciste Bolsonaro a remporté l’élection et le juge Sergio Moro, qui a condamné Lula, est devenu son ministre de la justice.

Il faut sans cesse s’en souvenir : Lula est innocent. Il est victime d’une machination politique judiciaire visant à empêcher son retour au pouvoir. Moro l’a accusé d’avoir reçu un « pot de vin » de l’entreprise Petrobras. Il s’agirait d’un appartement triplex « avec vue sur mer ». Mais il n’a jamais apporté la preuve de ce qu’il avançait. Où est ce triplex ? Pour mener à bien son opération, il a dû inventer une théorie judiciaire de la condamnation « malgré l’absence de preuves » de culpabilité. Lula est donc condamné pour corruption « pour fait indéterminé ». Je tiens à le préciser. Ce point me parait crucial.

En effet je constate un détail navrant dans les revues de presse que je suis bien obligé de lire. Je dis obligé car en réalité, depuis trois mois, je ne lis quasiment plus aucun journal français, en tous cas plus aucune rubrique politique, ni ne regarde une télé ou n’écoute une radio française. Dans ces revues de presse je note un grand appétit à reproduire mot par mot l’accusation sans que jamais un « détail » crucial soit mentionné : personne n’a jamais vu, ni connu, ni entendu parler de ce triplex où que ce soit au Brésil ou ailleurs dans le monde. Et cela pour une raison simple : il n’existe pas.

Je ne suis pas étonné. La technique de la guerre judiciaire inclut la manipulation médiatique comme un élément essentiel de son action. Le « juge » Moro explique sans fard comment les fuites de presse et la diffusion de pseudos informations privilégiées sont un moyen de pression sur les victimes à persécuter. Les manipulateurs comptent sur un effet de système. Pas besoin que les milliardaires qui possèdent la presse téléphonent à qui que ce soit dans la rédaction. Goût du scandale, appétit de clics et parti-pris politique : les mécanismes du dénigrement médiatique fonctionnent en pilotage automatique. La manipulation de la presse par les juges a joué à plein contre Lula, au mépris le plus complet des droits de la défense.

Dans un article où il explique ses stratégies, Moro a théorisé le fait d’utiliser les fuites dans la presse et les mises en scènes médiatiques afin de mettre la pression à sa victime. Depuis les révélations qui ont prouvé les manipulations du « juge » Moro, certains médias ont fait leur mea culpa. C’est au point que certains n’ont eu d’autres choix que de manger leur chapeau. L’une des premières télés, Globo, a dû présenter ses excuses pour la désinformation à laquelle ses journalistes ont activement participé. En France aussi, le journaliste international de France inter Anthony Bellanger a fait ce mea culpa totalement inhabituel et inconnu dans sa profession : « Oui, j’ai cru en l’indépendance de la justice brésilienne et j’ai eu tort. Le petit juge Sergio Moro, avait bien un agenda politique ». Un cas unique en Europe et qui mérite d’être salué comme tel. Aucune contagion en vue cependant.

Pour la persécution de Lula, on a vu se déployer toutes les techniques caractéristiques du « Lawfare » qui ont depuis été réutilisées partout et dorénavant en France aussi. Le Lawfare c’est « la guerre judiciaire ». La destruction des adversaires politiques par la judiciarisation de la politique. Tout commence par une dénonciation venant d’un personnage perturbé. La presse reprend l’accusation et fait le tam-tam par goût du scandale. Un juge prend en charge la dénonciation et ouvre « une enquête ». Alors le rouleau compresseur se met en marche. Sans pause ni trêve. Le piège est armé. Tous les coups sont permis, sans recours, sous les apparences du fonctionnement indépendant de « la justice ». En coulisse prévaut le piétinement de l’État de droit en toute connivence et impunité.

Ainsi, au Brésil, les policiers, les procureurs et les juges sont censés former des corps indépendants les uns des autres. Dans le cas Lula, tous ont au contraire travaillé sous la direction directe du « juge » Sergio Moro. C’est lui qui supervisait les enquêtes, déterminait les peines à requérir et les prononçait. Mais il a surtout utilisé la méthode des « délations récompensées » selon laquelle des personnes condamnées voient leur peine réduite si elles pointent du doigt le coupable que le juge leur désigne. Grâce à cette méthode, dans le cadre de « l’enquête » du « juge » Sergio Moro, un riche patron, vraiment corrompu, a pu réduire sa peine de 19 ans à 2 ans et demi. Il avait auparavant dans le passé nié en trois occasions différentes avoir eu à faire avec Lula. Dès qu’il a eu changé d’avis sur le sujet il a été immédiatement récompensé par une mise en liberté anticipé. Quand on lui a demandé pourquoi il avait changé son discours, il a répondu : « parce que mon avocat m’a conseillé de le faire pour pouvoir être libéré ».

Mettre Lula en prison n’aura pas suffi à satisfaire la hargne du système contre lui. Le but des opérations de Lawfare est de briser psychologiquement ses victimes. Depuis son incarcération, les humiliations continuent pour Lula. En janvier dernier, avaient lieu les obsèques de son frère. La permission qu’il a demandée pour y assister lui a été accordée. Mais la cérémonie était déjà commencée quand elle lui est arrivée. Lula n’a donc pas eu l’occasion d’accompagner son frère défunt. Il n’a pas pu non plus veiller au chevet de son petit-fils de 7 ans, décédé en mars dernier d’une méningite.

Rafinement anxiogène : début août, la juge d’application des peines qui s’occupe de son cas, Carolina Lebbos, a cru bon d’ordonner son transfert dans une prison connue pour accueillir les criminels et tueurs en série les plus honnis du Brésil. On craignait clairement pour sa vie dans un tel environnement propice à toutes les manipulations. Pour justifier sa décision, madame Lebbos a déclaré qu’il fallait « réduire les coûts humains et financiers » de l’incarcération de Lula. Le transfert a été in extremis refusé par la cour suprême dans l’attente du jugement d’une demande de liberté déposée par les avocats de Lula. Au Brésil comme partout en pareil cas. Passés les premiers temps de la jouissance des coups portés à un personnage politique aussi typé que Lula, des gens se ressaisissent. L’image d’un pays où la justice est une comédie de cette nature n’est bon ni pour les affaires ni pour la réputation collective. Dans les milieux de la magistrature et dans celui des affaires aussi certains commencent à trouver la comédie trop coûteuse. « Il ne savent plus quoi faire de moi » m’a dit Lula. Le garder en prison est infamant pour la classe dominante, le relâcher est ingérable.

Rappelons tout de même qui est Lula pour le Brésil. Il est l’homme qui a mis en place les programmes « bolsa familia » et « faim zéro », qui sont parmi les plus amples plans de lutte contre la pauvreté jamais mis en œuvre par un gouvernement dans le monde. Sous ses mandats, 40 millions de brésiliens sont sortis de la pauvreté. Il a donné accès aux médicaments de base à 43 millions de personnes qui en étaient privées. Il a considérablement augmenté le taux de scolarisation et le niveau général d’éducation dans son pays. En 2010, il fut nommé par le programme alimentaire mondial de l’ONU « champion mondial dans la lutte contre la faim ». Après 8 ans de présidence, il a quitté le pouvoir avec 90% d’opinions positives. Avec Nestor et Cristina Kirchner, Evo Morales, Hugo Chavez et d’autres, il a aussi travaillé à sortir l’Amérique du sud de l’alignement complet sur les États-Unis et de l’obéissance aux grossiers proconsuls dont ce pays accable ses voisins.

Aujourd’hui, les éléments s’accumulent pour montrer que Lula est bel et bien la victime d’un complot politique. En Juin 2019, le journaliste Glenn Greenwald, responsable des révélations sur la façon avec laquelle la NSA américaine espionne le monde, en a publié des preuves accablantes dans le magazine The Intercept. Il s’agit de conversations privées entre le procureur Moro et les juges qui ont condamné Lula. Ils montrent que le premier fournissait des conseils et des instructions aux seconds tout le long de la procédure au mépris de tous les principes qui font un procès équitable. Dans ces échanges, les juges disent explicitement qu’ils ne disposent pas de preuves de la culpabilité de Lula. Il s’agissait donc bien d’un tissu de mensonges, d’une attaque politique déguisée en affaire judiciaire. Pour la démocratie brésilienne, le mal est fait et il s’appelle Bolsonaro. Mais pour que des Bolsonaro soit possibles il faut avant qu’il y ait des « juges » Moro, Lebbos et ainsi de suite dont les manœuvres mensongères ont été relayées sans recul ni réserve par des journalistes aussi corrompus moralement qu’eux.

Toutes ces méthodes ont été appliquées à Cristina Kirchner en Argentine. Peu s’en est fallu qu’elle soit elle aussi incarcéré. Car avant elle, ce fut le cas de son ex vice-président, Amado Boudou, désormais en prison. Certes, depuis, il a été lavé de toutes les accusations de corruption qui pesaient contre lui. Mais il reste détenu pour le crime incompréhensible de « fausseté idéologique ». J’en passe et des meilleures.

Au Brésil comme en Argentine la réplique a parfois tardé à se mettre en place. Depuis, elle fonctionne à plein régime. J’ai rencontré les groupes d’avocats qui dans les deux pays tiennent la dragée haute aux procureurs et juges moralement corrompus qui rabaissent la justice de leur pays au niveau de ce genre de triste règlement de compte politique. Nous même en France, nous avons mis beaucoup de temps à comprendre que le « lawfare », la guerre politique judiciaire, était engagée contre nous. Je prends ma part de responsabilité dans ce retard. Jusqu’à l’affaire de Nice et celle de Nantes, et jusqu’au refus de Belloubet d’ouvrir une enquête pour sanctionner la vente d’information à la presse sur la procédure qui nous concerne, jusqu’à l’instrumentalisation des procédures pendant la campagne électorale européenne et la diffusion des comptes rendus d’audition par deux journaux qui les ont de surcroît manipulés à charge, je n’arrivais pas à croire que la justice de notre pays en soit rendue à ce point. Dorénavant ma conviction est faite et nous en avons tous tiré les conclusions qui s’imposaient.

Lula nous l’a dit : il n’y a pas d’issue judiciaire pour nous dans ce type de situation. Aucune naïveté n’est possible. Tout est politique et la réplique doit être aussi politique et coûteuse pour nos adversaires qu’elle l’est pour nous. Les noms des manipulateurs, leurs réseaux, leurs mensonges et montages doivent être mis à nus. Il faut retourner les procédures contre leurs auteurs. Moro aujourd’hui fait l’objet de plusieurs incriminations judiciaires du fait des révélations sur son attitude secrète. L’attention du public doit être attirée sur les manipulateurs, leurs carrières, comme elle l’est sur les accusations pourtant mensongères dont nous souffrons.

Au plan international, nous avons décidé cet été de nous coordonner et ma tournée y a contribué de façon très directe. Car je ne me suis pas contenté de mener mon enquête à propos du nouveau moment politique dans le sous-continent latino-américain et sur les percées vers le nord jusqu’aux États-Unis. Sur ce thème, ma moisson est importante également.

Mais j’ai fait la tournée des juristes et des responsables politiques qui ont en charge les contres offensives dans le domaine du Lawfare. J’ai appris beaucoup sur ce thème. Il est devenu mondial. Il existe aujourd’hui une école de formation au Lawfare aux Etats Unis où se préparent les agents de cette forme de guerre. Il y a une étroite connexion entre les juges de tous les pays qui coopèrent dans la persécution politique. On croirait voir revenu le mode du plan Condor qui liait les militaires entre eux pour la persécution des militants politique et syndicalistes dans les années 70. Nous allons donc établir notre propre système de connexion et de lutte en réseau pour aider ceux qui sont les plus isolés et les plus maltraités. Plusieurs ont évoqué l’aide que nous ont déjà apporté les hackers qui ont permis la révélation des manœuvres secrètes du « juge » Moro. On ne doit donc jamais exclure non plus des possibilités d’appui spontané venant aussi de l’intérieur de l’appareil judiciaires ou des salles de presse où se trouvent des gens qui croient à leur métier et refusent son abaissement à ces pratiques de vendetta. Nous sommes donc en cours d’organisation et il s’agit d’être rapidement au niveau, comme eux, en Europe, en Afrique, en Asie et aux Amériques (nord et sud).”

Kurdistan syrien. « Nous n’avons aucune confiance dans les acteurs sur le terrain »

Nous reproduisons ci-dessous un article de Sylvain Mercadier et Raphaël Lebrujah, journalistes indépendants, sur la situation dans le Rojava et sur les enjeux politiques de la résistance à l’invasion turque.

Cet article est publié sur le site Orient XXI. Pour lire l’article sur le site original, cliquez sur le logo…

En direct du Rojava · L’opération militaire baptisée « Source de paix » a vu déferler l’armée turque et ses supplétifs de l’Armée nationale syrienne sur le nord-est de la Syrie. De violents combats ont déjà coûté la vie à des centaines de combattants mais aussi de civils et engendré une complexe bataille diplomatique. Prise en étau, l’Administration autonome du nord et de l’est de la Syrie semble toutefois déterminée à préserver son autonomie chèrement acquise. Réactions des habitants sur place.

À Qamishli, la bannière des Forces démocratiques syriennes (FDS) flotte encore. Quasi quotidiennes, les manifestations rassemblent des habitants de la ville devant le siège de l’ONU où ils brandissent le drapeau jaune de la milice comme un pied de nez à l’accord russo-turc qui prévoit son retrait de la zone. « Nous sommes-là pour soutenir les FDS. C’est pour cela que nous venons devant les bureaux de l’ONU, pour faire entendre notre voix, afin que la Turquie arrête son offensive, que celle-ci soit condamnée de manière plus ferme, plus officielle et plus cohérente par la communauté internationale », explique Mohamed Ahmed, le coprésident du Conseil de la jeunesse kurde du Rojava, l’un des organisateurs de la manifestation du 28 octobre.

Depuis le début de cette opération1, l’armée turque s’est emparée d’un large corridor le long de sa frontière allant de Ras Al-Ayn à Tell Abyad, en coupant l’autoroute M4. C’est sur cette voie reliant Qamishli à Manbij que des djihadistes s’étaient illustrés en assassinant des civils désarmés, dont la femme politique kurde Hevrin Khalaf.

ACCORD TACTIQUE

En parallèle à l’accord russo-turc qu’appliquent les FDS, et depuis la trahison de leur parrain américain, l’Administration autonome du nord et de l’est de la Syrie (Aanes)2 a fait appel au régime syrien via une médiation russo-iranienne pour renforcer ses défenses. Cet accord tactique a permis le déploiement de soldats du régime sur de nombreux fronts, mais n’a pas pour autant rendu caduque l’administration autonome, qui continue de gérer la région appuyée par ses services de sécurité.

« Le régime est venu dans le cadre d’un dialogue de Syrien à Syrien […]. Il souhaite revenir et se réinstaller. C’est un problème pour l’auto-administration. Nous n’avons pas discuté de ce projet, mais uniquement de la venue de soldats pour protéger la frontière »,précise Berivan Khaled, la coprésidente du Conseil démocratique syrien, la plus haute instance politique de l’Aanes. Comme elle, la plupart des cadres de l’administration autonome de Ayn Issa se sont repliés à Rakka, désormais menacée par l’offensive turque. La dernière route reliant l’ancienne capitale de l’organisation de l’État islamique (OEI) aux villes de l’est passe plus au sud, via Hassakeh notamment.

Dans la ville encore ravagée par la bataille contre l’OEI, l’administration autonome s’est installée dans les locaux du conseil cantonal de Rakka, lui-même situé dans une ancienne université reconvertie en bâtiment administratif et placé sous haute surveillance. De nombreuses fois visés par les attentats de l’OEI ces derniers jours, les représentants rencontrés semblaient particulièrement tendus. « J’ai survécu à un attentat il y a deux jours », raconte Abd El Salem Hamsourak, le coordinateur local des affaires humanitaires, visiblement éprouvé par l’incident. Il nous explique que l’opération turque a engendré une résurgence soudaine des actes terroristes orchestrés par des cellules dormantes de l’OEI.

Dans un bureau voisin, nous rencontrons Ibrahim Hassan, un Turkmène de la région de Tell Abyad. Un an et demi plus tôt, il a survécu à un attentat qui lui a coûté l’usage de ses jambes. « Je suis le coresponsable3 des travaux de reconstruction de la ville. Depuis la libération, nous avons bien entamé la reconstruction de la ville. Mais cette nouvelle guerre va interrompre nos efforts pour les mois à venir. »

Même analyse pessimiste de la part d’Abd El Kader Mowahed, le coprésident du bureau pour les affaires humanitaires de la région. « Avec l’arrivée du régime, les organisations internationales qui travaillaient dans le nord-est ont brusquement évacué leurs employés étrangers, souvent les plus qualifiés, et mis un terme à de nombreux projets, alors que la crise humanitaire enfle de jour en jour », déplore-t-il. « En plus de cela, l’ONU se retrouve coincée par le régime qui n’a pas donné son accord pour la construction de nouveaux camps dans la région alors qu’elle en a grandement besoin. On est obligé de trouver des places dans les camps déjà existants ou chez l’habitant. Avec l’hiver qui approche, la crise humanitaire risque d’être dramatique »,conclut Mowahed, amer.

Prompt à envoyer ses soldats sécuriser les frontières de la Syrie, mais beaucoup moins à collaborer pour une assistance humanitaire, le régime syrien espère pouvoir enfin reprendre le contrôle de la région qui lui échappe en majeure partie depuis le début de la guerre en 2011. Depuis l’annonce de l’accord entre les FDS et le régime, l’éventualité d’un retour de l’appareil d’État baasiste est sur toutes les lèvres. Dans Amoudeh, lors d’un conseil des communes qui gèrent les affaires de quartier, regroupant chacun environ 1 500 habitants, un cadre politique est venu expressément rassurer la population et le personnel enseignant que l’accord en vigueur n’ouvrait pas la voie à un retour du régime. « Nous avions peur que ce soit la fin de notre programme scolaire. Nous ne voulons pas être forcés d’enseigner le programme de Damas qui est idéologique et nie la pluralité de la nation syrienne », nous explique une directrice d’école. Dans ses déclarations, le régime semble avoir mis l’éducation en troisième priorité derrière l’armée et la police concernant la réintégration dans le giron baasiste des institutions de la région autonome.

« Nous n’avons aucune confiance dans les acteurs sur le terrain quel qu’ils soit », explique Abd El Karim Omar, le responsable des relations diplomatiques de l’Aanes. Malgré la position extrêmement délicate de l’administration, les institutions semblent tenir bon. Les différents accords internationaux ont cependant poussé les FDS à se replier officiellement en dehors d’une bande de 32 km de la frontière turque sous supervision russe. Savoir si ce retrait est effectif est une autre question. Les FDS se sont préparés à l’offensive turque depuis des mois. Dans toutes les villes frontalières des centaines de kilomètres de galeries souterraines ont été creusées pour soutenir un siège, se protéger des bombardements et prendre l’ennemi à revers. Ces travaux se sont fortement accélérés ces dernières semaines. « Les FDS ne se sont jamais vraiment retirées de la frontière. Ils font partie de la population. Qui défendrait nos villes si la Turquie procédait à une attaque-surprise ? », nous déclare anonymement un habitant d’Amoudeh.

IMBROGLIO MILITAIRE

L’évacuation partielle de la région par les forces américaines a permis l’entrée en action des militaires russes qui organisent désormais des patrouilles le long de la frontière avec la Turquie. Grâce au retrait américain, pour la première fois depuis le début de la guerre en Syrie, le drapeau russe flotte dans les rues de Qamishli, d’Amoudeh et de Hassakeh. De leur côté les marines suivent des ordres confus et contradictoires. Après avoir abandonné leurs installations dans la région de Kobané et Ayn Issa, ils ont finalement établi un nouvel objectif de contrôle des champs de pétrole situés entre la région de Deir Ezzor et Jezireh, dans l’est du pays. Cette mission difficilement justifiable permet aux États-Unis de se maintenir en Syrie.

Après avoir tenté en vain de rapprocher les FDS des rebelles djihadistes d’Idlib, les Américains semblent désormais vouloir éloigner les contingents arabes des Kurdes pour garder le contrôle de la zone, pendant que la population de la région manifeste régulièrement contre un retour du régime syrien.

LE POIDS DE L’AVIATION

Désormais, la frontière syro-turque vit au rythme des curieuses allées et venues de patrouilles militaires tantôt russo-baasistes, russo-turques, russo-Asaysh4, baasiste-Asaysh, quand ce ne sont pas des convois militaires américains escortés par des hélicoptères qui vont et viennent sans que personne ne comprenne vraiment quelle est leur destination. Malgré la présence pléthorique de ces forces de maintien de l’ordre censées faire appliquer l’accord de cessez-le-feu, les forces turques ont continué leur poussée dans certains secteurs.

« Si les avions turcs n’opéraient pas en Syrie, leurs forces au sol ne pourraient pas prendre une seule ville. Il n’y a pas de doutes là-dessus. À Ras Al-Ayn, ils ont avancé dans la ville de jour et les FDS ont repris le dessus la nuit », soutient Zaidan Al-Assi, le coprésident du conseil de la Défense de l’Aanes. Renforcée par des contingents de djihadistes, l’armée turque menace désormais la région de la rivière Khabbour, peuplée entre autres de populations chrétiennes. « La communauté syriaque du Khabbour subit une menace existentielle du fait des opérations turques. Sa sécurité doit être assurée », nous alerte Kino Gabriel, porte-parole des FDS et commandant du Conseil militaire syriaque.

Mais il n’y a pas que les minorités chrétiennes qui luttent pour se maintenir dans la région. Les Arabes sont également inquiets et ont été tout aussi prompts à se mobiliser pour contrer la menace turco-djihadiste. « Les Arabes forment plus de 70 % des FDS. Il ne faut pas l’oublier. Venez voir les martyrs tombés ces derniers jours, la majorité d’entre eux sont arabes », lance Zaidan Al-Assi, lui-même un ancien commandant arabe d’une milice laïque de l’Armée syrienne libre (ASL) originaire d’Hassakeh et ayant rejoint les FDS après l’islamisation de l’opposition syrienne.

À ces contingents déjà engagés se sont joints des combattants spécialement mobilisés issus des tribus arabes solidaires de la lutte contre l’invasion turque. Loin d’avoir divisé les communautés de la région autonome, l’offensive turque semble les avoir rassemblés. Comme lors de l’opération Rameau d’olivier à Afrine en 2018, l’agression par Ankara a ravivé l’unité nationale syrienne.

Livrés à eux-mêmes et malgré un rôle central joué dans la traque et l’élimination d’Abou Bakr Al-Baghdadi, calife autoproclamé de l’OEI, les FDS se retrouvent acculées par une armée turque dirigée par un président qui a juré de leur « casser la tête ». Parallèlement, la fragilisation de l’l’Administration autonome du nord et de l’est de la Syrie (Aanes)5 pourrait aider à concrétiser le souhait de Damas de réimposer son autorité sur une région qui lui échappe depuis des années. Néanmoins, les représentants de l’Aanes rencontrés ces derniers jours insistent sur le fait qu’ils ne sont pas prêts à renier si facilement une autonomie si chèrement gagnée. « Nous avons eu 11 000 martyrs et 24 000 blessés pour libérer nos territoires des djihadistes, nous n’allons pas baisser les bras et continuerons de résister. […] Une fois qu’on aura stabilisé [la région] sur le plan militaire, nous aurons un dialogue avec le régime sur la question de l’auto-administration et nous espérons qu’il y aura un soutien international lorsque celui-ci aura lieu », ajoute Berivan Khaled.

SYLVAIN MERCADIERJournaliste indépendant.

RAPHAËL LEBRUJAHJournaliste indépendant.

Appel à action du 8 au 11 novembre : libérez Khalida Jarrar, Heba al-Labadi, Samer Arbeed et tous les prisonniers palestiniens !

Khalida, Heba et Sameer ont tous-tes, indépendamment les un-e-s des autres, organisé et parlé en faveur des prisonniers palestiniens. Khalida est l’une des plus importantes avocates pour les prisonniers palestiniens, ancienne vice-présidente du bureau des directeurs de l’association pour le soutien aux prisonniers et pour les droits humains Addameer. Heba a écrit et a fait campagne en faveur des prisonniers politiques palestiniens, pour inciter à leur libération, dont celle de Georges Abdallah, emprisonné en France pendant 35 ans. Samer Arbeed a été bénévole et a travaillé pour des organisations réclamant la libération de prisonniers — et il a déjà été ciblé pour ce travail. 

Du vendredi 8 novembre au lundi 11 novembre, parlez en faveur de Khalida, Heba, Samer et des milliers de Palestiniens retenus derrière les barreaux. La torture, la détention arbitraire et la violence ont lieu devant le monde entier et nous devons parler pour soutenir ces Palestiniens réclamant leurs droits les plus fondamentaux. Libérez tous les prisonniers palestiniens ! Liberté pour la Palestine !

Lire la suite de cet appel à action en date d’hier sur le site de l’Agence.

A lire aussi sur le site de l’Agence: 

« Vous voulez savoir de quoi je suis accusée ? Moi aussi ».

Et cet article publié le 31 octobre dernier:

Khalida Jarrar, figure de la gauche palestinienne, arrêtée par Israël

Rojava : rassemblement de soutien

Mercredi 30 octobre à 18 heures se tenait un rassemblement de soutien au Rojava agressé, au mépris du droit international, par l’armée turque, et abandonné lâchement par ceux, pays de l’Europe et Etats-Unis, pour lesquels ils ont sacrifie 11000 jeunes gens et filles pour vaincre Daesh.

Mercredi 30 octobre à 18 heures se tenait un rassemblement de soutien au Rojava agressé, au mépris du droit international, par l’armée turque, et abandonné lâchement par ceux, pays de l’Europe et Etats-Unis, pour lesquels ils ont sacrifie 11000 jeunes gens et filles pour vaincre Daesh.

Les Insoumis sur la place de l'Hôtel de Ville

Des Insoumis-e-s étaient venu-e-s de tout le département, et même trois camarades avaient fait le déplacement depuis la Haute-Marne pour affirmer notre attachement à cette expérience exceptionnelle de justice, de féminisme, de démocratie et d’écologie qu’est le projet politique du Rojava.

Des Insoumis-e-s étaient venu-e-s de tout le département, et même trois camarades avaient fait le déplacement depuis la Haute-Marne pour affirmer notre attachement à cette expérience exceptionnelle de justice, de féminisme, de démocratie et d’écologie qu’est le projet politique du Rojava.

No Title

Un soldat ne tire pas contre le peuple
Clic sur l’image pour accéder au site de la pétition

Lucas ROCHETTE-BERLON a lancé cette pétition adressée à António Guterres (Secretary General of the United Nations) et à 1 autre

Pas de COP25 à Santiago sous le couvre-feu et la menace des balles !

À António Guterres, secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies
À Patricia Espinosa, secrétaire exécutive de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques 

Monsieur, Madame

Le Chili connaît actuellement un mouvement social de très grande ampleur. Le gouvernement a décrété l’état d’urgencedans plusieurs régions du pays, déléguant ainsi le maintien de l’ordre aux autorités militaires, et a instauré un couvre-feu. Le pouvoir a ainsi fait le choix d’une répression brutale. À ce jour, on déplore 18 morts et plus de 2000 arrestations.

Les femmes et les hommes qui protestent sont accusés par le Président Piñera « d’avoir fomenté une guerre », alors qu’elles et ils manifestent contre des mesures d’augmentation du ticket de métro dans une ville, Santiago, devenue irrespirable du fait de la pollution automobile. Ces personnes ont été traitées comme des délinquantes alors qu’elles contestaient – comme en Équateur, au Liban, au Soudan, en Égypte, ou encore en France – les conséquences des politiques néo-libérales autoritaires qui jettent dans la pauvreté et dans la lutte quotidienne pour la survie, des millions de personnes. 
Ces femmes et ces hommes désignés comme “terroristes” n’ont pourtant fait que s’indigner de leurs conditions de vie. Leur mobilisation pour une vie digne est un exemple pour les générations futures.

Obnubilés par les enjeux de profit à court terme, les États et les entreprises multinationales restent insensibles aux innombrables cris d’alarme des populations, tant en matière de justice sociale que de justice climatique, alors que les investissements nécessaires pour remédier à la crise écologique devraient être une priorité. Le financement de ces politiques en faveur du climat et de la vie devrait se faire à proportion des moyens de chacun, sur des bases de justice, tandis que nous vivons aujourd’hui un processus de concentration de la richesse insupportable.

La lutte contre le changement climatique ne doit pas se faire au détriment des plus fragiles. C’est, et vous le savez pour l’avoir souvent dit, l’un et l’autre, l’un des enjeux de la COP 25 : qui doit financer les politiques publiques de lutte contre la crise climatique ?

La COP25 ne saurait se tenir dans un pays en état de siège, dans une ville soumise au couvre-feu militaire, dans un Chili où manifester pour des conditions de vie dignes peut valoir la mort. Nous vous demandons d’agir pour que cessent ces violences militaires et policières. 
Dans la dramatique situation actuelle, provoquée par les mesures répressives mises en place par le gouvernement chilien, nous, initiateurs et signataires de cette pétition, estimons que le Chili ne peut accueillir dans ces circonstances la COP25.

Nous vous demandons Monsieur le secrétaire général, Madame la secrétaire exécutive, de le signifier au gouvernement chilien et de prendre les mesures adéquates.

Nous, initiateurs et signataires, appelons solennellement au boycott du Chili comme pays hôte de la COP25.

Justice sociale et justice climatique sont liées indissolublement. Ce serait cynique et caricatural d’organiser la COP25 sous la menace des balles d’une armée qui s’est funestement illustrée sous la dictature d’Augusto Pinochet. Ce serait une faute de faire ainsi un chèque en blanc à un gouvernement qui a décidé de réprimer avec la pire des brutalités celles et ceux qui veulent que le système change pour le bien commun. Ce serait un soutien à un gouvernement qui a violé dans un même mouvement les droits à une vie digne, les libertés fondamentales et les droits humains.


Nous sommes sûrs que vous vous ferez les messagers de cette pétition auprès des pays membres de l’Organisation des Nations Unies.


Nous vous prions de croire, Monsieur le secrétaire général, Madame la secrétaire exécutive, à nos sentiments respectueux.

Liste des 100 premières personnes signataires :

Ali Aguado, militant pour les droits des personnes LGBTQI+
Eliane Assassi, sénatrice communiste 
Jean-Christophe Attias, universitaire 
Marianne Auffret, élue municipale
Clémentine Autain, députée FI
Rusen Aytac, avocate 
Sébastien Barles, Marseille en commun 
Esther Benbassa, senatrice EELV de Paris
Ugo Bernalicis, député FI
Olivier Besancenot, militant révolutionnaire, NPA
Martine Billard, ancienne députée
Fred Bladou, activiste SIDA
Michel Bock, maire adjoint honoraire de Guyancourt
Nathan Boumendil, activiste SIDA
Arthur Cahn, auteur 
Christian Camerlynck, chanteur 
Erika Campelo, co-présidente de Autres Bresils
Damien Carême, eurodeputé EELV
Rolando J. Carmona, commissaire d’art
Leila Chaibi, eurodeputée FI
Florian Chavanon, chef d’édition
Cécile Ciekerman, sénatrice communiste
Alexis Corbière, député FI
David Cormand, eurodeputé, secrétaire national d’EELV
Ricardo Coronado, militant écologiste
Sergio Coronado, ancien député EELV, Pour une écologie populaire et sociale (PEPS)
Laurence Debril, journaliste
Laurence De Cock, enseignante
Edouard Denouel, fonctionnaire, Bagnolet en Commun 
Philippe Donadieu, éleveur
Philippe Doux-Laplace, journaliste
Matthieu Dupas, maître de conférence
Gabrielle Durana, directrice d’association
Konstantinos Eleftheriadis, professeur
Cayetano Espinosa, cinéaste
Gwen Fauchois, activiste et blogueuse
Elsa Faucillon, députée communiste 
Caroline Fesselier, professeur des écoles, militante insoumise
Caroline Fiat, députée FI
Fabien Gay, sénateur communiste 
Guillaume Gontard, sénateur de l’Isère
Anne Lise Hering, responsable de bibliothéque
Frederic Hocquard, maire-adjoint de Paris, 
Vincent Jarousseau, photographe-documentaire
Marion Jobert, juriste franco-chilienne
Samy Khaldy, conseiller fédéral EELV
Bastien Lachaud, député FI
Geoffroy de Lagasnerie, philosophe et sociologue
Thomas Lalire, expert en politiques publiques
Jean-Charles Lallemand, militant pour le climat et l’écologie sociale
Cécile Lavergne, conseillère consulaire de Colombie
Stéphane Lavignotte, théologien protestant, militant écologiste
Pierre Lebret, consultant 
Cy Lecerf-Maulpoix, journaliste
Gildas Le Dem, journaliste
Marie-Noëlle Lienemann, sénatrice de Paris 
Thomas Linard, militant
Francois Longerinas, journaliste, écologiste insoumis,
Noël Mamère, ancien député écologiste
Gilles Martinet, doctorant 
Alexis Mazade, adjoint au maire de Tremblay-en-France
Jean-Luc Mélenchon, député FI
Gilles Monsillon, écologiste insoumis 
Ricardo Montserrat, écrivain
Benedicte Monville, conseillère régionale FI
Corinne Morel Darleux, auteur, conseillère régionale Auvergne-Rhônes Alpes
Danielle Obono, députée FI
Mehet Ozguner, étudiant
Mathilde Panot, députée du val de Marne, vice-présidente du groupe France Insoumise 
Anne Pauly, journaliste et auteure
Yann Pedler, avocat
Manuela Picq, journaliste
Cassandre Pinto, enseignante
Claudio Pulgar Pingaud, architecte urbaniste
Adrien Quatennens, député FI
Jean-Hugues Ratenon, député FI
Giovanna Rincon, directrice d’Acceptess-T, militante pour les droits des personnes LGBTQI+
Michele Rivasi, eurodéputée EELV
Lucas Rochette-Berlon, étudiant, cadre associatif, militant écolo
Christian Rodriguez, militant internationaliste
Gilbert Roger, sénateur de Seine-Saint-Denis
Barbara Romagnan, ancienne députée, Génération.s
Roberto Romero, conseiller régional, Génération.s
Sabine Rubin, députée FI
Michele Rubirola, conseille départementale écologiste
Anne de Rugy, militante écologiste
Eros Sana, journaliste 
Judith Silberfeld, militante LGBTI
Karine Solene Espineira, sociologue, militante transfeministe
Sophie Taillée-Pollan, sénatrice du Val-de-Marne, Génération·s
David Thomas, journaliste, militant insoumis
Benjamin Toix, militant pour les droits des personnes LGBTI
Marie Toussaint, eurodéputée EELV
Valerie Sandrossian, responsable en collectivité territoriale 
Herve Segata, comédien
Pierre Serne, conseiller régional, porte-parole de Génération·s
Gabriel Serville, député de Guyane
Luc Stanescou, architecte
Rabaté Ulysse, élu local, président d’association
Stéphan Vernhes, activiste dans le la lutte contre le VIH