GRÈCE : L’ENFER DU CAMP DE MORIA FACE À LA MENACE DU CORONAVIRUS

Des réfugiés montent un hôpital de fortune
© Mortaza Behboudi / CdB
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Comment confiner le plus grand camp de réfugiés d’Europe ? Depuis une semaine, les volontaires des ONG qui travaillent dans le complexe de Moria sont en quarantaine et, depuis lundi, le confinement a été décrété par le gouvernement grec. Alors que plus de 20 000 réfugiés s’entassent dans l’île de Lesbos, la situation sanitaire déplorable fait craindre une progression rapide de l’épidémie de Covid-19. La Grèce dénombre officiellement 695 personnes touchées par la maladie, et 17 décès sont déjà à déplorer, mais ces chiffres pourraient rapidement augmenter.

Dans le camp de Moria, des milliers de tentes sont installées les unes à côté des autres, et les migrants dorment serrés comme des sardines. L’entrée dans la zone est interdite aux organisations humanitaires et aux visiteurs depuis quelques jours, mais il est toujours possible d’y pénétrer en se faisant passer pour un réfugié. Les habitants du camp tentent de survivre, sans médicament, parfois sans eau et sans électricité. Ici, on manque de médecins, mais aussi de savon pour se laver les mains.

e camp de la Moria ne dort jamais et la violence couve au sein de la population. La police grecque préfère ne plus intervenir. Certains sont ici depuis des mois voire des années, les procédures de demande d’asile trainent et s’éternisent. « Nous ne pouvons pas dormir quand l’obscurité tombe. Des hommes viennent avec des couteaux pour nous voler ce qu’il nous reste. Mon mari est électricien, il travaille bénévolement pour une ONG, ici, dans le camp de Moria. Mais cela lui cause des problèmes, des gens nous menacent pour qu’il les raccorde au réseau électrique », raconte une mère de famille afghane.

“Si on ne fait rien, beaucoup de gens vont mourir avec le coronavirus. Ils nous ont abandonné mais on ne baisse pas les bras.”

Désormais, toutes les entrées du camp sont surveillées par la police grecque. Personne ne peut sortir, sauf les personnes ayant des rendez-vous médicaux dans le centre de Mytilène. Aucun médecin ne travaille dans le camp le week-end et la permanence de Médecins sans frontières (MSF) est restée fermée durant deux jours. Dans ce chaos, quelques réfugiés ont commencé à construire une clinique de fortune pour accueillir ceux qui ne manqueront pas d’être atteints par le Covid-19. Quatre personnes ont déjà contracté la maladie sur l’île de Lesbos et tout le monde redoute que la pandémie se propage dans le camp, où l’hygiène est désastreuse.

Deux cas suspects ont bien été identifiés parmi les réfugiés du camp de Moria, le 12 mars dernier, mais ces derniers se sont finalement avérés négatifs. Ce qui n’empêche pas la peur de roder, surtout parmi les personnes âgées. « Le coronavirus est déjà là mais personne n’en sait rien car nous n’avons pas les moyens de le détecter », raconte une migrante congolaise, arrivée depuis quatre mois. « Il faut faire la queue trois ou quatre heures pour voir un médecin. Il faut faire la queue pour tout, pour manger, pour prendre une douche ».

Certaines femmes ont commencé depuis la semaine dernière à coudre des masques de protection, mais ces derniers ne sont pas efficaces, expliquent les volontaires de MSF. En attendant, les enfants jouent dans les poubelles ou restent prostrés dans leurs tentes, puisque les écoles ont fermé depuis deux semaines. « Si on ne fait rien, beaucoup de gens vont mourir avec le coronavirus. Ils nous ont abandonné, mais on ne baisse pas les bras. Je suis jeune et fort mais il nous faudrait au moins de l’eau et du savon », continue un demandeur d’asile somalien, qui aide à monter l’hôpital de fortune.

“Il faut évacuer les réfugiés vers le continent pour lutter efficacement contre la propagation de l’épidémie.”

Il est interdit de filmer et de photographier à l’intérieur du camp. Les réfugiés peuvent se voir refuser leur demande d’asile si une image est diffusée sur les réseaux sociaux. La police n’hésite pas à casser les portables de ceux qui veulent filmer leur vie quotidienne. « Je veux parler de ce qui se passe ici, de la situation désastreuse du camp. Nous ne vivons pas bien, il ne faut pas cacher cela », veut croire Olivier, un journaliste congolais arrivé à Lesbos il y a quatre mois.

Lundi matin, un bateau est encore arrivé à 7h du matin avec plus de 50 migrants à son bord. Mais les autorités grecques n’acceptent plus aucune demande d’asile depuis début mars. Ces derniers vont donc être directement transférés au nord d’Athènes, dans le camp de Malakasa. Depuis lundi matin, les migrants du camp de Moria n’ont également plus l’autorisation de se rendre en ville. Il n’y a plus aucun transport, sauf des taxis, qui sont autorisés à prendre une seule personne, et seulement pour aller à l’hôpital.

Depuis début mars, les migrants qui arrivent sur les îles grecques sont séparés des migrants déjà présents sur place, afin d’éviter une propagation de l’épidémie de Covid-19. MSF le répète inlassablement aux dirigeants européens : évacuer les réfugiés vers le continent et vers d’autres pays de l’Union européenne est indispensable pour lutter efficacement contre la propagation de l’épidémie.

Le Venezuela, la France et le Coronavirus

Les hyènes médiatiques avaient prévu un désastre sanitaire. “Le système de santé n’est absolument pas capable de faire face” a annoncé Le FigaroLe Monde mentionne “un système de santé dévasté face au coronavirus” pendant que l’AFP ricane : “du thé à l’ail et au citron contre le coronavirus”. Bien entendu, les petits trouffions médiatiques et académiques du néolibéralisme se sont bien gardés d’expliquer aux rares lecteurs qui les croient encore que le Venezuela est victime d’un blocus criminel de la part des États-Unis et de ses vassaux. Une véritable guerre économique qui interdit le commerce de pétrole avec ce pays, et prive le gouvernement d’une manne non négligeable de devises au moment d’importer médicaments, matériels chirurgicales et sanitaires, aliments, pièce de rechange pour l’industrie.
Pour enfoncer le clou, le 12 mars 2020, dès l’annonce de la pandémie du Covid 19 par l’Organisation Mondial de la Santé, les États-Unis renforcent le blocus contre le Venezuela. L’entreprise russe (filiale de Rosneft) TNK Trading International, qui commercialisait le pétrole vénézuélien est sanctionnée. Ses avoirs et ses comptes aux USA sont gelés. Cette sanction, qui s’ajoute à une très longue liste depuis 2014, a pour conséquence de réduire les possibilités pour le gouvernement vénézuélien de faire face á la menace du Coronavirus en entravant l’importation de médicaments, de réactifs, et de masques. Le 18 mars 2020, dans le cadre de la lutte contre la pandémie de coronavirus, le Venezuela sollicite 5 milliards de dollars au Fond Monétaire International provenant de l’Instrument de Financement Rapide de l’organisme financier. Malgré le fait que le FMI a débloqué des fonds pour venir en aide aux pays “vulnérables”, la demande du Venezuela est rejetée. Son porte-parole indiqueque “le Fonds n’est pas en mesure de prendre en considération cette demande” car l’action du FMI est “fondée sur une reconnaissance officielle du gouvernement par la communauté internationale (…) Il n’y a pas de reconnaissance claire à ce stade”. L’idéologie et la guerre contre le Venezuela prime sur la défense du genre humain.
Les vénézuéliens savent pourtant faire preuve de résilience. Nicolas Maduro a conscience que gérer une crise sanitaire mondiale dans ces conditions n’a rien d’une sinécure. Dès l’annonce de la pandémie, et sans attendre son expansion, le président vénézuélien décrète l’urgence nationale, le confinement et la fermeture des lieux publics. Pas question de jouer avec la santé du peuple. D’autant plus que le Venezuela est sous la menace permanente d’une intervention militaire, et le coronavirus pourrait donner des idées à certains. Le journal El Nuevo Herald publiera un appel non dissimulé à profiter de la pandémie pour lancer un coup d’État contre le président Maduro.
Bien loin de se plier aux suppliques des ultras de l’opposition, l’armée vénézuélienne a prêté main forte pendant les premiers jours de confinement.  Pas pour réprimer ceux qui sortaient de leur confinement volontaire, mais pour désinfecter toutes les grandes villes du pays et les moyens de transports publics.

Les hyènes médiatiques avaient prévu un désastre sanitaire. “Le système de santé n’est absolument pas capable de faire face” a annoncé Le FigaroLe Monde mentionne “un système de santé dévasté face au coronavirus” pendant que l’AFP ricane : “du thé à l’ail et au citron contre le coronavirus”. Bien entendu, les petits trouffions médiatiques et académiques du néolibéralisme se sont bien gardés d’expliquer aux rares lecteurs qui les croient encore que le Venezuela est victime d’un blocus criminel de la part des États-Unis et de ses vassaux. Une véritable guerre économique qui interdit le commerce de pétrole avec ce pays, et prive le gouvernement d’une manne non négligeable de devises au moment d’importer médicaments, matériels chirurgicales et sanitaires, aliments, pièce de rechange pour l’industrie.
Pour enfoncer le clou, le 12 mars 2020, dès l’annonce de la pandémie du Covid 19 par l’Organisation Mondial de la Santé, les États-Unis renforcent le blocus contre le Venezuela. L’entreprise russe (filiale de Rosneft) TNK Trading International, qui commercialisait le pétrole vénézuélien est sanctionnée. Ses avoirs et ses comptes aux USA sont gelés. Cette sanction, qui s’ajoute à une très longue liste depuis 2014, a pour conséquence de réduire les possibilités pour le gouvernement vénézuélien de faire face á la menace du Coronavirus en entravant l’importation de médicaments, de réactifs, et de masques. Le 18 mars 2020, dans le cadre de la lutte contre la pandémie de coronavirus, le Venezuela sollicite 5 milliards de dollars au Fond Monétaire International provenant de l’Instrument de Financement Rapide de l’organisme financier. Malgré le fait que le FMI a débloqué des fonds pour venir en aide aux pays “vulnérables”, la demande du Venezuela est rejetée. Son porte-parole indiqueque “le Fonds n’est pas en mesure de prendre en considération cette demande” car l’action du FMI est “fondée sur une reconnaissance officielle du gouvernement par la communauté internationale (…) Il n’y a pas de reconnaissance claire à ce stade”. L’idéologie et la guerre contre le Venezuela prime sur la défense du genre humain.
Les vénézuéliens savent pourtant faire preuve de résilience. Nicolas Maduro a conscience que gérer une crise sanitaire mondiale dans ces conditions n’a rien d’une sinécure. Dès l’annonce de la pandémie, et sans attendre son expansion, le président vénézuélien décrète l’urgence nationale, le confinement et la fermeture des lieux publics. Pas question de jouer avec la santé du peuple. D’autant plus que le Venezuela est sous la menace permanente d’une intervention militaire, et le coronavirus pourrait donner des idées à certains. Le journal El Nuevo Herald publiera un appel non dissimulé à profiter de la pandémie pour lancer un coup d’État contre le président Maduro.
Bien loin de se plier aux suppliques des ultras de l’opposition, l’armée vénézuélienne a prêté main forte pendant les premiers jours de confinement.  Pas pour réprimer ceux qui sortaient de leur confinement volontaire, mais pour désinfecter toutes les grandes villes du pays et les moyens de transports publics.

Le 22 mars, une semaine après le confinement, le président Nicolas Maduro, annonce de nouvelles mesures. Il décrète :
✅La suspension des loyers pour les PARTICULIERS et les commerçants durant 6 mois
✅L’interdiction des licenciements jusqu’au 31 décembre 2020
✅La suspension des factures d’eau et d’électricité pendant 6 mois
✅La suspension des remboursements d’emprunt à la consommation ou hypothécaire
✅La massification du programme public de distribution d’aide alimentaire à domicile (CLAP)
✅La généralisation des bons d’ajustement salariaux (revenu universel)
✅L’État prend en charge les salaires des PME pendant 6 mois
✅Des crédits d’État pour les entreprises des secteurs santé, alimentation, pharmaceutiques, hygiène.
Le Venezuela conscient que le blocus criminel des États-Unis pouvait affecter sa capacité de réponse sanitaire a renforcé la quarantaine, mais il a surtout donné les moyens d’être confiné à sa population. Chacun jugera de la pertinence de ces mesures en comparaisons avec celles prises dans son pays.
A l’inverse de ses voisins, le Venezuela a, depuis longtemps, mis l’Humain au centre des préoccupations de son gouvernement. Pour faire face à la baisse drastique du prix du pétrole, il est passé, en 2016 d’un système de subventions généralisées à un système d’allocations qui prend en compte les revenus, la composition du foyer, l’âge, etc. Un système comparable à la Caisse d’Allocations Familiales française, en plus élaboré : c’est le Système de la Patrie. Chaque vénézuélien peut s’inscrire librement et reçoit la Carte de la Patrie, qui lui permet de faire des demandes d’allocations et d’aides gouvernementales. Ce système, banal dans un État-providence, va devenir sous le fiel des propagandistes médiatiques un dispositif de contrôle totalitaire.
C’est pourtant grâce à ce système que le gouvernement de Nicolas Maduro va pouvoir faire face à la menace du Covid 19. Dès les premiers jours, une grande enquête est lancée à travers l’application internet du Système de la Patrie. Le 23 mars, 10.965.969 vénézuéliens avaient répondu au recensement sanitaire de l’État.  21.801 vénézuéliens ont déclaré ressentir des symptômes grippaux. En retour, 13.808 médecins sont mobilisés (vénézuéliens pour la plupart, mais aussi cubains comme en Italie) pour aller réaliser un diagnostic des plaignants à leur domicile. Au jour du 22 mars, 17.550 personnes ont ainsi été auscultées. 77 personnes ont été diagnostiquées positives au Covid 19, et ont été transférées dans des centres de soins prévus à cet effet. Alors que les assurances privées refusaient de couvrir les frais médicaux lié au Covid 19, l’État vénézuélien prendra en charge gratuitement chacun des patients. Leurs familles ou proches avec qui les personnes infectées partageaient le confinement ont été mise en isolement pendant 14 jours afin de déterminer si elles ont été contaminées. Il n’y a pour l’instant aucun décès lié au Covid 19 au Venezuela.

✅L’interdiction des licenciements jusqu’au 31 décembre 2020✅La suspension des factures d’eau et d’électricité pendant 6 mois✅La suspension des remboursements d’emprunt à la consommation ou hypothécaire✅La massification du programme public de distribution d’aide alimentaire à domicile (CLAP)✅La généralisation des bons d’ajustement salariaux (revenu universel)
✅L’État prend en charge les salaires des PME pendant 6 mois✅Des crédits d’État pour les entreprises des secteurs santé, alimentation, pharmaceutiques, hygiène.
Le Venezuela conscient que le blocus criminel des États-Unis pouvait affecter sa capacité de réponse sanitaire a renforcé la quarantaine, mais il a surtout donné les moyens d’être confiné à sa population. Chacun jugera de la pertinence de ces mesures en comparaisons avec celles prises dans son pays.
A l’inverse de ses voisins, le Venezuela a, depuis longtemps, mis l’Humain au centre des préoccupations de son gouvernement. Pour faire face à la baisse drastique du prix du pétrole, il est passé, en 2016 d’un système de subventions généralisées à un système d’allocations qui prend en compte les revenus, la composition du foyer, l’âge, etc. Un système comparable à la Caisse d’Allocations Familiales française, en plus élaboré : c’est le Système de la Patrie. Chaque vénézuélien peut s’inscrire librement et reçoit la Carte de la Patrie, qui lui permet de faire des demandes d’allocations et d’aides gouvernementales. Ce système, banal dans un État-providence, va devenir sous le fiel des propagandistes médiatiques un dispositif de contrôle totalitaire.
C’est pourtant grâce à ce système que le gouvernement de Nicolas Maduro va pouvoir faire face à la menace du Covid 19. Dès les premiers jours, une grande enquête est lancée à travers l’application internet du Système de la Patrie. Le 23 mars, 10.965.969 vénézuéliens avaient répondu au recensement sanitaire de l’État.  21.801 vénézuéliens ont déclaré ressentir des symptômes grippaux. En retour, 13.808 médecins sont mobilisés (vénézuéliens pour la plupart, mais aussi cubains comme en Italie) pour aller réaliser un diagnostic des plaignants à leur domicile. Au jour du 22 mars, 17.550 personnes ont ainsi été auscultées. 77 personnes ont été diagnostiquées positives au Covid 19, et ont été transférées dans des centres de soins prévus à cet effet. Alors que les assurances privées refusaient de couvrir les frais médicaux lié au Covid 19, l’État vénézuélien prendra en charge gratuitement chacun des patients. Leurs familles ou proches avec qui les personnes infectées partageaient le confinement ont été mise en isolement pendant 14 jours afin de déterminer si elles ont été contaminées. Il n’y a pour l’instant aucun décès lié au Covid 19 au Venezuela.

Un médecin, accompagné des représentants du Comité de santé recensent maison par maison dans la Commune Socialiste de Altos de Lidice, à Caracas

Le 23 mars 2020, le gouvernement annonce disposer, grâce à l’aide chinoise, de deux millions de test de dépistage du Covid 19, et qu’il utilisera le traitement à la chloroquine pour soigner les personnes malades. Cet antipaludique avait eu des résultats probants en Chine avant que le professeur français Didier Raoult ne perfectionne le protocole de soins. Les français apprécieront sûrement de savoir que les vénézuéliens pourront utiliser ce traitement alors que, dans le même temps, les autorités sanitaires françaises trainent des pieds, et la plupart des médias ont déversé durant longtemps un torrent de boue sur le docteur marseillais.

Au-delà de la politique sanitaire vénézuélienne que chacun jugera en comparaison avec les protocoles de son propre pays, les vénézuéliens comptent sur un formidable réseau d’organisationspopulaires. Dès les premiers jours, et alors que les pharmacies privées augmentaient de 1000% le prix des masques et du gel hydro-alcoolique, les organisations de quartier se sont mises à fabriquer des masques pour les répartir gratuitement dans leur communauté de voisinage. Dans de nombreuses communes et conseils communaux, les comités de santé recensent les personnes, organisent la solidarité, les distributions de nourriture, transmettent les informations nécessaires sur la maladie. Que ce soit dans les quartiers populaires, dans les communes socialistes, ou dans les 2,5 millions de logements publics construits par la Révolution Bolivarienne entre 2011 et aujourd’hui, les relations sociales sont le ciment de la lutte contre la pandémie.
A la différence de la France, la notion “d’habiter” dans de très nombreux territoires du Venezuela fait corps avec l’organisation commune de l’espace, et de la prise de décision de manière collective. La notion de confinement est donc vécue différemment, et nous interpelle en Occident sur l’inexistence de construction des communs dans nos rapports de voisinage.

Le Venezuela a déjà connu une crise institutionnelle qui a été dépassée. Aujourd’hui, l’appel du président Maduro au confinement est respecté par tous les secteurs, pendant que Juan Guaido continue de faire le clown depuis sa chambre d’hôtel. La France, elle, est plongée dans une crise de légitimité. L’autorité politique de l’État ayant été publiquement défiée par l’autorité morale de l’infectiologue Didier Raoult. D’ores et déjà, des élus locaux se refusent à compter les morts en attendant le feu vert de l’État français. Ainsi, le maire de Nice, Christian Estrosi, décide d’abandonner le protocole ordonné par l’Etat pour suivre celui du professeur marseillais dans le CHU de sa ville. Alors que le Venezuela fait bloc derrière l’État révolutionnaire, la France, elle, semble revenir au système féodal.

Les ruptures de stock dans les magasins français, les spéculations et hausse de prix de certains produits, les vols de masques protecteurs (et peut être demain le marché noir si le confinement s’éternise) sont quelques uns des symptômes de la guerre économique que vit le Venezuela depuis plusieurs années. A la différence de l’Hexagone, les citoyens vénézuéliens sont déjà préparés à ce genre de conjoncture, et ont élaborés des solutions collectives pour pallier aux manques.

Enfin, les vénézuéliens sont rodés à la guerre médiatique et psychologique depuis plusieurs années. Ils savent que lorsque l’information vient des médias commerciaux, il ne faut pas s’y attarder une minute. En France, si les études du professeur Raoult se confirment, le système médiatique devrarendre des comptes pour avoir traité le médecin marseillais comme un charlatan. La palme revient, comme souvent, au Monde et à ses “décodeurs” pour avoir soutenu que le traitement à la chloroquine était une Fake News. Alors que plusieurs pays ont déjà adopté ce traitement en toute urgence (Chine, Venezuela, États-Unis, Argentine…), les médias français se sont déjà rendus coresponsables de milliers d’infection, et de centaines de morts. Les vénézuéliens savent déjà comment réagir face à ce système de propagande, et aux opérations psychologiques. Nous, nousapprenons à peine, et nous n’oublierons pas.
Encore une fois, les sicaires médiatiques et académiques attendent de voir comment la Révolution Bolivarienne succombera à la pandémie du Covid 19. Ils risquent encore de ronger leur frein, et de passer leur quarantaine noyés dans leur amertume.
Comme a dit Emmanuel Macron, “le jour d’après ne sera pas un retour au jour d’avant. Beaucoup de certitudes et de convictions seront remises en cause”. Espérons que ceux qui ont été contaminés par le virus de la désinformation sur le Venezuela, ne fassent pas l’impasse sur les recommandations du président français.

Article original à lire sur le site de Romain Mingus en cliquant sur l’image

Coronavirus: Des députés de tous bords réclament l’aide de Cuba

Des médecins cubains en Angola

De 20 ils sont passés à 45. Qui ? Les députés de tous bords, des Républicains à la France Insoumise, qui réclament à Edouard Philippe la venue d’une brigade de médecins cubains, connus pour leur expertise dans ce genre de situations, pour aider leurs collègues français à lutter contre l’épidémie de Covid-19.

Mais encore une fois il faut croire que leur monde nouveau est celui qui s’agrippe à de vieilles querelles et à des rancoeurs de classe de toujours. A cette demande de bon sens, le Premier Ministre oppose… un silence assourdissant…

A l’incompétence s’ajoute la honte !

Lire plus en détail l’article du Huffington Post

Contre le coronavirus, les Allemands pédalent

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Les mesures de protection se mettent en place en Allemagne, mais pas un confinement total. Et les autorités encouragent la pratique du vélo, qui permet de moins propager le virus.

Le Covid-19 est devenu une épidémie mondiale, selon l’Organisation mondiale de la santé. Comment les autres États tentent-ils d’endiguer la propagation du virus ? Comment les habitants vivent-ils la crise au quotidien ? Reporterre a mobilisé ses correspondants à l’étranger pour vous le raconter.


L’Allemagne a longuement hésité. Confiner sa population pour ralentir la propagation du coronavirus, comme l’ont fait la France, l’Italie ou l’Espagne ? Priver ainsi ses citoyens de liberté est un sujet particulièrement sensible dans un pays qui a connu la dictature nazie puis un régime autoritaire communiste.

Dimanche 22 mars au soir, en accord avec les ministres-présidents des seize Länder, la chancelière Angela Merkel n’a finalement pas annoncé de confinement. Les Allemands restent autorisés à sortir de chez eux à condition qu’ils maintiennent 1,5 mètre de distance avec toute personne extérieure à leur propre foyer. Les rassemblements de plus de deux personnes sont interdits dans l’espace public, à l’exception des membres d’une famille vivant sous le même toit.

Dans l’arsenal de mesures adoptées pour limiter la diffusion du virus, une attire l’attention : depuis le début de la crise, les autorités allemandes encouragent la pratique… du vélo. Le ministre fédéral de la Santé, Jens Spahn, appelle les Allemands « à marcher ou prendre le vélo plutôt que les transports en commun », en complément des fameux « gestes barrières ».

« Le risque de contamination à vélo est quasi nul », a confirmé le porte-parole de la fédération des pneumologues d’Allemagne, Michael Barczok, à l’hebdomadaire Der Spiegel. Selon ce spécialiste, le vélo a tout bon car il permet de se protéger et de protéger les autres : il maintient à distance et évite d’être contaminé en touchant des surfaces sur lesquelles le coronavirus pourrait survivre plusieurs jours comme les barres du bus ou du métro.

Comme tout sport d’endurance, la pratique du vélo est aussi un bon moyen de prévention car « il permet au système respiratoire d’être bien ventilé et mieux alimenté en sang », souligne le magazine. « Vous respirez plus intensément, ce qui signifie que vous nettoyez bien vos poumons, explique Michael Barczok. C’est optimal en matière de protection contre les virus. » Dans son cabinet à Ulm, dans le Bade-Württemberg, le pneumologue recommande systématiquement le vélo à ses patients atteints de bronchite chronique, pour lesquels le jogging est déconseillé.

Le vélo pourrait-il faire baisser le taux de mortalité lié au coronavirus ? Aucune étude n’a été faite sur le sujet. Mais des chercheurs travaillent actuellement sur l’hypothèse d’un lien de causalité entre la pollution aux particules fines et la diffusion du virus. Une pollution de l’air justement largement réduite par l’usage du vélo à la place de la voiture, mais aussi des bus et métros.

Dimanche à Berlin : moins de contamination, plus d’écologie.

Dans les rues de Berlin, les panneaux électroniques qui préviennent d’ordinaire des travaux et des bouchons affichent ce message : « Aller au travail à vélo protège de la contamination. » Les 5.000 vélos en libre-service de la municipalité sont désormais gratuits si la course n’excède pas trente minutes. « En période de crise, se déplacer de façon saine doit être facile », a twitté la ministre régional écologiste des Transports Regine Günther, initiatrice d’un ambitieux plan vélo de 210 millions d’euros. Son service de presse précise que le guidon ne présente pas de risque particulier de contamination mais conseille aux usagers de porter des gants par précaution.

À Berlin comme dans le reste de l’Allemagne, les magasins de vélo sont autorisés à rester ouverts, à condition de maintenir les activités de réparation. « C’est un besoin de première nécessité, estime Jürgen Klöfkorn, qui dirige depuis 32 ans la boutique Räderwerk dans le quartier de Kreuzberg. Il faut bien entretenir les vélos ou que les gens puissent s’équiper ». Entre la crise du coronavirus et le retour du beau temps, il a observé une augmentation de ses ventes de bicyclettes. S’il peut satisfaire la demande pour l’instant, il s’inquiète de difficultés d’approvisionnement dans les mois à venir, car de nombreux vélos et accessoires sont fabriqués dans des usines chinoises partiellement mises à l’arrêt à cause de la pandémie.

Voisin de la boutique, Michael s’est justement équipé récemment : « J’ai vendu ma voiture en novembre dernier pour passer au métro, explique cet architecte berlinois. Avec le coronavirus, j’ai décidé d’aller plus loin et de n’utiliser que le vélo pour me rendre au travail. Ça a été un déclencheur. » Son bureau est à vingt minutes de trajet, ce qui lui permet en outre « de maintenir une activité physique », raconte-t-il.

Dans une ville comme Berlin, où 43 % des foyers n’ont pas de voiture, le vélo est synonyme d’indépendance et de mobilité — quoi qu’il arrive. Avant la crise du coronavirus, Mounia n’avait « jamais conduit de vélo de sa vie ». Elle qui prenait le bus tous les jours pour se rendre à son travail a soudainement pris conscience du risque de contamination : « Trop de monde, les fenêtres fermées, la catastrophe », raconte-t-elle. Le vélo lui permet aussi de porter plus de courses et ainsi de sortir moins fréquemment de chez elle.

Clarisse, jeune Française en stage dans la capitale allemande, a elle aussi acheté un vélo mais s’interroge sur les recommandations des autorités : « Je ne suis pas sûre que cela soit une bonne idée, affirme-t-elle. Le vélo peut être utilisé par les gens comme une excuse pour sortir au lieu de rester confinés chez eux, alors qu’ils n’en ont pas besoin. »Pour Lisa en tout cas, pas de doute : « C’est une bonne chose pour l’écologie. »

Changer ses habitudes, une façon de s’adapter à la crise actuelle mais aussi d’engager une transition sur le long terme. « Cela représente un grand potentiel pour établir de nouvelles routines de mobilité et soulager les villes des trajets inutiles en voiture », explique Burghard Stock, de l’association allemande des utilisateurs de vélo. L’ADFCestime qu’un tiers de ceux qui se mettent en selle à cause du coronavirus resteront fidèles à la petite reine.

23 mars 2020 / Violette Bonnebas (Reporterre)

Coronavirus. Des médecins cubains débarquent à Milan pour aider l’Italie

Des médecins cubains sur le départ pour l’Italie (Crédit image : Cubadebate)

Un groupe de 37 médecins et 15 infirmières cubains qui travailleront dans les hôpitaux de campagne mis en place par l’armée italienne en Lombardie a débarqué ce 22 mars en Italie. Ils sont arrivés directement de La Havane pour aider leurs collègues italiens en ces temps difficiles.

Ils ont atteint la Lombardie, en plein épicentre de l’épidémie de Covid-19, où le système de santé est en crise depuis des jours. En Lombardie, le personnel médical, malgré les efforts continus et énormes, souffre beaucoup et ne suffit plus à faire face à l’urgence sanitaire. Ces médecins rejoindront une douzaine de médecins chinois qui sont également arrivés à Milan ce 22 mars.

Leur destination finale est le nouvel hôpital de campagne qui sera construit à Bergame, la région de Lombardie la plus touchée par le Covid-19.

Il s’agit de personnel médical hautement spécialisé, avec une longue expérience dans le traitement des maladies infectieuses. Certains membres de cette équipe médicale se sont également retrouvés dans le passé à travailler pour endiguer les épidémies d’Ebola en Afrique. En attendant que tout soit prêt pour être transférés à l’hôpital de Bergame en construction, ils se rendront dans un premier temps à l’hôpital de Crema.

L’Italie n’est pas le seul pays à bénéficier de la solidarité cubaine. En fait, le ministère cubain de la santé publique a annoncé qu’il y a 37 pays dans lesquels des personnels de santé ont été envoyés pour faire face à la propagation du virus. On parle de plus de 1450 médecins cubains qui, ces derniers jours, ont été envoyés dans le monde entier pour faire face à cette pandémie de coronavirus.

En quittant l’aéroport de Malpensa, à Milan, l’équipe médicale cubaine a été accueillie par de longs applaudissements.

Actuellement, il y a un peu moins de 50.000 professionnels cubains dans le monde et plus de la moitié d’entre eux sont des médecins. Tout comme en Italie, ces médecins sont actuellement : en Europe (Russie et Portugal), dans une trentaine de nations en Afrique, dans les régions du Pacifique, au Moyen-Orient et en Asie de l’Est et dans plus de 20 pays en Amérique latine et dans les Caraïbes pour apporter un soutien sanitaire et une aide en ces temps de crise grave.

Ce service rendu par les services de santé cubains à l’humanité entière est d’une valeur énorme, ils sont déployés par milliers partout dans le monde en ces jours de grande urgence.

Outre les médecins, il y a des infirmières, des techniciens, des diplômés de diverses spécialités, des ingénieurs et du personnel d’appui.

« Il s’agit de personnel hautement qualifié qui a déjà lutté contre Ebola et qui sait comment traiter ce type de maladie », a annoncé Giulio Gallera, adjoint du gouverneur de la Lombardie en charge de la Santé, qui a ajouté que pour le moment ils iront « soulager la situation à l’hôpital de Crema ».

L’ambassadeur de Cuba en Italie, Josè Carlos Rodriguez Ruiz, a confirmé il y a quelques jours l’accord des autorités sanitaires cubaines compétentes pour appuyer l’Italie, suite à la demande d’aide de M. Gallera et du gouvernement italien, ainsi que de l’Association Italie Cuba.

« Nous avons réussi à récupérer un groupe de médecins pour rendre l’hôpital de Bergame efficace et performant, dont la construction a été ralentie hier par manque de personnel », a expliqué le président de la région de Lombardie, Attilio Fontana.

Et il a poursuivi : « Il était inutile de construire une cathédrale dans le désert. Maintenant, après avoir reçu la confirmation des médecins, les travaux vont reprendre ».

Cuba est proche « Nous n’offrons pas ce qui nous reste : nous partageons ce que nous avons ».



Et maintenant on culpabilise les citoyens !

Nous ne retournerons pas à la normalité, parce que la normalité était le problème

Une des stratégies les plus efficaces mises en œuvre dans toute situation d’urgence par les pouvoirs forts consiste à culpabiliser les individus pour obtenir d’eux qu’ils intériorisent la narration dominante sur les événements en cours, afin d’éviter toute forme de rébellion envers l’ordre constitué.

Cette stratégie a été largement mise en œuvre dans la dernière décennie avec le choc de la dette publique, présenté comme la conséquence de modes de vie déraisonnables, où l’on vivait au-dessus de ses moyens sans faire preuve de responsabilité envers les générations futures.

L’objectif était d’éviter que la frustration due à la dégradation des conditions de vie de larges couches de la population ne se transforme en rage contre un modèle qui avait donné la priorité aux intérêts des lobbies financiers et des banques sur les droits des individus.

C’est bien cette stratégie qu’on est est en train de déployer dans la phase la plus critique de l’épidémie de coronarivus.

L’épidémie a mis le roi à nu et fait ressortir toutes les impostures de la doctrine libérale.

Un système sanitaire comme celui de l’Italie, qui jusqu’il y a dix ans était l’un des meilleurs du monde, a été sacrifié sur l’autel du pacte de stabilité : des coupes budgétaires d’un montant global de 37 milliards et une réduction drastique du personnel (moins 46.500 personnes, entre médecins et infirmièr.e.s), avec pour brillant résultat la disparition de plus de 70.000 lits d’hôpital – ce qui veut dire, s’agissant de la thérapie intensive de dramatique actualité, qu’on est passé de 922 lits pour 100.000 habitants en 1980 à 275 en 2015.

Tout cela dans le cadre d’un système sanitaire progressivement privatisé, et soumis, lorsqu’il est encore public, à une torsion entrepreneuriale obsédée par l’équilibre financier.

Que la mise à nu du roi soit partie de la Lombardie est on ne peut plus illustratif : cette région considérée comme le lieu de l’excellence sanitaire italienne est aujourd’hui renvoyée dans les cordes par une épidémie qui, au cours du drame de ces dernières semaines, a prouvé la fragilité intrinsèque d’un modèle économico-social entièrement fondé sur la priorité aux profits d’entreprise et sur la prééminence de l’initiative privée.

Peut-on remettre en question ce modèle, et courir ainsi le risque que ce soit tout le château de cartes de la doctrine libérale qui s’écroule en cascade ? Du point de vue des pouvoirs forts, c’est inacceptable.

Et ainsi démarre la phase de culpabilisation des citoyens.

Désolés !
le style de vie que vous avez commandé
n’est plus disponible.

Ce n’est pas le système sanitaire, dé-financé et privatisé qui ne fonctionne pas ; ce ne sont pas les décrets insensés qui d’un côté laissent les usines ouvertes (et encouragent même la présence au travail par des primes) et de l’autre réduisent les transports, transformant les unes et les autres en lieux de propagation du virus ; ce sont les citoyens irresponsables qui se comportent mal, en sortant se promener ou courir au parc, qui mettent en péril la résistance d’un système efficace par lui-même.

Cette chasse moderne, mais très ancienne, au semeur de peste est particulièrement puissante, car elle interfère avec le besoin individuel de donner un nom à l’angoisse de devoir combattre un ennemi invisible ; voilà pourquoi désigner un coupable (« les irresponsables »), en construisant autour une campagne médiatique qui ne répond à aucune réalité évidente, permet de détourner une colère destinée à grandir avec le prolongement des mesures de restriction, en évitant qu’elle ne se transforme en révolte politique contre un modèle qui nous a contraints à la compétition jusqu’à épuisement sans garantir de protection à aucun de nous.

Continuons à nous comporter de façon responsable et faisons-le avec la détermination de qui a toujours à l’esprit et dans le cœur une société meilleure.

Mais commençons à écrire sur tous les balcons : « Nous ne reviendrons pas à la normalité, car la normalité, c’était le problème. »

Texte de Marco Bersani (Attac Italie)

Le nombre de décès liés au coronavirus explose en Italie parce que l’austérité a détruit la santé

En italien
Traduction en français

Via le site suisse Investigation, une analyse, par le site Contropiano, du démantèlement du système de santé de santé italien, bon élève de l’austérité européenne. A lire et à méditer avant que la catastrophe n’arrive avec une telle ampleur chez nous !


Le nombre de décès liés au coronavirus a atteint un total de 3.405 le jeudi 19 mars en Italie. Le pays, qui compte 60,48 millions d’habitants, dépasse ainsi en nombre de victimes la Chine d’où est partie la maladie et qui compte 1,39 milliard d’habitants. Comment expliquer que le covid-19 fasse autant de dégâts en Italie? Ce n’est pas tant le virus qui tue, que la faiblesse du système de santé italien. Le manque de lits, de personnel et de matériel médical est criant à cause des coupes budgétaires pratiquées ces dernières années et qui se révèlent fatales aujourd’hui. Explications.


En pleine explosion de l’épidémie liée au Coronavirus, tous semblent s’accorder sur l’existence d’un sérieux danger de manque d’installations et d’équipements, comme les appareils respiratoires et le nombre de lits en soins intensifs. Tôt ou tard, la situation mettra les professionnels du système de santé dans la position de devoir choisir à qui administrer les soins ou pas, en augmentant de cette façon la mortalité de la maladie pour des raisons qui n’ont rien à voir avec l’agressivité spécifique du Covid-19. Le 14 mars, la déclaration de l’adjoint en charge de la santé en Lombardie, Giulio Gallera, fait état d’un nombre désormais très limité de lits en soins intensifs dans la région, nombre totalement insuffisant face aux nouveaux patients enregistrés chaque jour.

A cet égard une polémique politique a éclaté sur les raisons d’une telle incapacité du système hospitalier à absorber le nombre croissant de patients graves. Tous s’accordent sur une chose : le Service Sanitaire National (SSN) est évidemment inadapté pour affronter cette situation. Toutefois, deux positions différentes émergent du débat sur cette insuffisance.

De toutes parts, on souligne que la cause principale de telles difficultés serait les coupes budgétaires dans la santé publique effectuées au cours des dernières années. Dans le camp de l’opposition, au contraire, les causes seraient à rechercher dans la mauvaise gestion des financements publics (dont l’attribution aurait carrément augmenté dans les dernières années), attribuable à l’inadéquation des dirigeants du secteur sanitaire et au chantage. Essayons de nous sortir de ce débat.

Nous partons, en premier lieu, d’une donnée incontestable : le SSN se révèle à ce jour, gravement inadapté pour affronter cette situation d’urgence. Les données italiennes sur le nombre de lits sont alarmantes : en 2017 (dernières données disponibles) il y avait 3.2 lits pour 1000 habitants (au lieu de 3.9 en 2010). Il s’agit d’une donnée impitoyable si on la rapporte à la moyenne de l’OCSE (4.7), et surtout à la France (6) et à l’Allemagne (8). De 2010 à 2017, s’est effondré le nombre de structures hospitalières, passant de 1.165 à 1.000 (-14.2%), ainsi que le nombre total de lits passant de 244 310 à 210 907 (-13.7% , qui devient 30% si nous partons de 2000).

De notre point de vue, ce déclin est issu d’un dessein politique et économique bien précis communément défini comme l’austérité : il s’agit d’un processus de privatisations et de réduction des dépenses publiques mené par les gouvernements de toutes les couleurs politiques des trente dernières années, sous l’impulsion du processus d’intégration européenne, et dont la réalisation a subi une violente accélération à partir de la crise de 2008.

Le système de santé est inapproprié car des dizaines de coupes budgétaires ont réduit le personnel médical et infirmier, le nombre de lits, les équipements et les services, au sein d’un plus ample projet politique qui est en train de désintégrer l’Etat social pour favoriser l’accumulation de profits d’une minorité. Il n’est pas surprenant que ces jours-ci, ceux qui ont favorisé, mis en pratique et encouragé l’austérité soient évidemment embarrassés et tentent de cacher leurs responsabilités historiques et politiques.

En particulier, le responsable économique du parti politique Italia Viva, Luigi Marattin, a déclaré que l’histoire des coupes budgétaires de la santé serait un canular et qu’au contraire, les financements publics au SSN a presque doublé au cours des 20 dernières années. Luigi Marattin, tout comme la ministre des Politiques agricoles, alimentaires et forestières Teressa Bellanova, fonde sa déclaration sur les données des dépenses de santé courantes (c’est-à-dire, les dépenses de personnel et les biens de consommations non durables) exprimées en termes nominaux. Ainsi calculées, en effet, les dépenses consacrées au SNN montrent une certaine croissance qui se prolonge, bien qu’à un rythme modeste, même pendant les années d’austérité les plus dures, après 2011. Marattin conclut que la faute de l’état d’urgence du SSN devrait donc être attribuée à une mauvaise gestion des ressources. 

Le graphique auquel fait référence Marattin et la ministre Bellanova se base sur des données fournies par le Ministère de la Santé. Les données de l’OCSE qui sont ici rapportées sur le graphique 1, confirment la tendance mise en évidence par Marattin : en termes nominaux, les dépenses courantes de la santé ont augmenté de manière assez significative jusqu’en 2008, et par la suite, bien qu’à un rythme plus lent, elles ont continué de croître.

Graphique 1 : Source : traitements sur les données OCSE, banque de données Cofog (dépenses gouvernementales par fonction). Milliards d’euros à prix courants. Les investissements ont été soustraits des dépenses globales (total government expenditure).

DEPENSES PUBLIQUES COURANTES DE LA SANTE (en termes nominaux)

Cependant, calculer le financement du système de santé en faisant référence aux données en termes nominaux signifie ne pas prendre en considération l’évolution des prix des biens et services achetés par l’administration publique dans le secteur de la santé. Au cours des années prises pour référence, en effet, il y a eu une augmentation du niveau des prix dans l’économie qui a dévalué le montant de ces crédits. Par ailleurs, le taux d’inflation annuel spécifique pour le secteur de la santé s’est révélé constamment supérieur par rapport au taux moyen d’inflation de l’économie (de 2000 à 2015 les prix moyens dans l’économie italienne ont augmenté d’environ 25%, tandis que l’augmentation des biens et des services du secteur de la santé a été de 37%), contribuant ainsi à dévaluer encore plus les valeurs nominales du financement.

Pour ces raisons, afin d’évaluer l’évolution des dépenses publiques de la santé, il est opportun de considérer le financement du système de santé en termes réels. Pourquoi est-ce cette donnée qui compte ? N’importe quelle grandeur économique doit être évaluée en termes réels dans son évolution temporelle, étant donné que 1 milliard d’euros en 2000 n’est pas équivalent à 1 milliard d’euros en 2020, puisque la hausse des prix signifie qu’en 2020 le même chiffre en termes nominaux ne permet pas d’acheter les mêmes quantités de biens, de services et de force de travail. En ce qui concerne le secteur de la santé, la croissance très marquée des prix des produits pharmaceutiques et des instruments médicaux ainsi que la dynamique plus lente des dépenses nominales de santé ont provoqué une réduction continue de la quantité des produits pharmaceutiques, équipements et de services médicaux à disposition du SSN.

En considérant la valeur déflatée, c’est-à-dire en termes réels, des dépenses publiques de la santé, obtenue en utilisant l’indice des prix d’un panier de biens et des services sanitaires, la dynamique de cette ampleur change radicalement (Graphique 2).

Graphique 2 : Source : traitements sur les données OCSE, banque de données Cofog (dépenses gouvernementales par fonction). Milliards d’euros à prix courants (base 2015). Les dépenses en termes nominaux présentées sur le graphique 1 ont été déflatées en utilisant le déflateur des prix de la santé disponible sur ce lien.

DEPENSES PUBLIQUES COURANTES DE SANTE (en termes réels)

Voici comment les valeurs en termes réels montrent clairement qu’après une phase de croissance dans la première décennie du nouveau siècle, à partir de 2011 il y a une contraction constante des dépenses de santé, causée par l’application des sévères politiques d’austérité européennes lancées par le gouvernement Monti et ensuite poursuivies. Il s’agit d’une baisse d’environ 26 milliards, soit 12%, du niveau des dépenses de 2009 à celui de 2018, qui se traduit par une baisse de 400 euros par habitant. 

En outre, les données jusqu’à présent prises en considération ne tiennent pas compte des investissements publics dans le secteur de la santé, c’est-à-dire des achats par l’Etat des biens de consommations durables, comme les installations et équipements, capables par exemple d’augmenter le nombre de lits ou de maintenir un niveau élevé d’installations standards (qui, par exemple, si elles ne sont pas renouvelées, peuvent souffrir d’obsolescence). Même dans ce cas, à partir de l’analyse effectué en termes réels nous enregistrons une constante diminution des investissements annuels (graphique 3), qui passent de 6.1 milliards en 2009 à 3.4 en 2018 (-44%). Les données sont encore plus frappantes si nous faisons référence aux seuls investissements dans le secteur hospitalier, celui qui est le plus sous pression ces jours-ci, diminués de 3 à 1.3 milliards (-56%).

Graphique 3 : Source : traitements sur les données OECD, banque de données Cofog (dépenses gouvernementales par fonction). Milliards d’euros à prix courants (base 2015). Les dépenses pour les investissements (gross capital formation) ont été déflatées en utilisant le déflateur des investissements globaux. 

INVESTISSEMENTS PUBLICS DE SANTE (en termes réels)

Dans l’ensemble, le montant de l’effort public (dépenses courantes plus les investissements) dans le secteur de la santé a chuté de 13% depuis 2008, de 136 milliards à 118 milliards annuels.

La baisse des ressources se révèle encore plus considérable si on considère qu’au cours des deux dernières décennies il s’est produit, en Italie comme dans de nombreux autres pays du monde occidental, un significatif vieillissement de la population : une part considérable des dépenses de santé est en effet allouée aux personnes âgées, et cela signifie que pour garantir un niveau égal de services, ceteris paribus, les dépenses auraient dû augmenter en termes réels, ne serait-ce que pour tenir compte de ces changements démographiques. 

De plus, l’évolution technologique- particulièrement marquée dans le secteur sanitaire- entraîne elle aussi une augmentation des financements dans le temps, indispensable pour l’adoption des nouveaux équipements, qui permettent à un système de soin d’évoluer au rythme des temps, et l’affinement de toutes les compétences spécifiques nécessaires.

Comme si cela ne suffisait pas, les ressources destinées à l’achat de produits pharmaceutiques et de matériels toujours plus coûteux ont été en partie identifiées grâce à la réduction de la masse salariale des médecins et des infirmiers. Voilà pourquoi dans les hôpitaux on enregistre un manque toujours plus préoccupant d’infirmiers et de personnel soignant (moins 36.000) et médical (moins 8.000). Afin de rejoindre l’équilibre budgétaire, des régions et des entreprises sanitaires ont réduit leurs effectifs. Il n’est pas surprenant du tout que le secteur de la santé ainsi que celui de l’assistance soit le pire en termes de déficit d’emplois par rapport à la moyenne européenne : en Italie, en 2017, il manquait 1 435 000 employés pour rejoindre le même taux d’emploi sectoriel que l’ensemble de l’UE15.

Finalement, nous voyons que les autres grands pays européens ont augmenté les dépenses nominales de façon beaucoup plus marquée que nous dans la période de référence. L’évolution la plus récente a encore réduit les dépenses de santé publique italiennes par rapport à celles des autres pays européens, où aucune réduction similaire n’a été effectuée en termes réels, dans un contexte d’application moins stricte des politiques d’austérité financière. En 2018, les dépenses publiques dans le secteur de la santé correspondent en Italie à 6.8% du PIB (7.4% en 2009), contre 8.1% pour la France (8%), 7.2% pour l’Allemagne (7.1%) et pour l’UE15 (7.5%).

Nous avons vu comment les différents Marattin essayent, de toutes les manières, de nier l’évidence, c’est-à-dire de nier que la responsabilité de l’insuffisance de notre NHS doit être attribuée aux politiques d’austérité. C’est l’austérité qui a décimé les hôpitaux, réduit le nombre de lits et le personnel médical, un choix tout politique que nous risquons désormais de payer très cher.

Ceux qui tentent aujourd’hui de détourner l’attention de l’austérité à une autre cause présumée du déclin du système national de santé (une mauvaise gestion pour Marattin, voire 100 pour Boeri!), le font par honte, car face à l’urgence sanitaire ils n’ont pas le courage de soutenir ouvertement un projet politique qui nécessite le sacrifice de beaucoup au profit d’une minorité. Mais il suffit de faire quelques pas en arrière, de sortir de l’urgence de ces semaines, pour tomber sur des déclarations sans équivoque qui vont dans le sens opposé.

De ce point de vue, le livre publié par Carlo Cottarelli en 2015 intitulé « La liste des dépenses: la vérité sur les dépenses publiques italiennes et comment les réduire » est emblématique. Dans le chapitre 12, consacré aux dépenses de santé, Cottarelli affirme ouvertement que l’Italie aurait fait « mieux que l’Allemagne »: nous étions « plus vertueux que les Allemands » car « les dépenses de santé ont augmenté ces dernières décennies (…) moins que ce qui s’est passé dans la plupart des autres pays avancés. » Et encore: «Que s’est-il passé ces dernières années? Nous avons également été plus vertueux: depuis 2008, les dépenses sont restées pratiquement constantes par rapport au PIB, malgré une baisse (en termes réels) du PIB « .

Cottarelli a conclu: « Le fait que les dépenses de santé ont moins augmenté que dans d’autres pays avancés montre que le Service national de santé a bien fonctionné », ajoutant une remarque significative: « au moins en termes de maîtrise des coûts ». Voici le point. Aujourd’hui, intimidés, ils nous disent que les dépenses publiques de santé n’ont jamais diminué, mais avant cette épidémie, arrogants, ils revendiquaient avec emphase la maîtrise des dépenses de santé. L’épidémie est un fait naturel, la difficulté que le système de santé a à la contenir est au contraire de leur responsabilité politique. Nous laissons les médecins combattre Covid-19, mais c’est à nous de lutter contre le virus de l’austérité.

Le plus grand exercice militaire mené par les Etats-Unis change d’échelle, mais le COVID-19 ne l’arrête pas !

Dernière minute ! L’exerciez des annulé. Lire : Defender Europe 2020 : Le jeu de guerre annulé en raison de la quarantaine

Traduction de l’image d’illustration
Defender Europe 20, mené par les Etats-Unis – Les alliés de l’OTAN s’entraînent ensemble pour s’assurer que l’OTAN reste prêt à intervenir et répondre à toute menace actuelle ou future.
Quelques chiffres : 37 000 participants, 20 000 participants et 13 navires nord-américains, 2 600 participants et 3 navires britanniques, 18 nations représentées, 10 pays accueillant des activités, 1 seul et unique jeu de valeurs partagées.
2 600 personnes de l’Armée Britannique s’engagent sur Defender Europe 20, elles travaillent avec les alliés de l’OTAN pour permettre à l’Armée nord-américaine de s’exercer à intervenir en Europe.
Les troupes britanniques vont
1 – Effectuer des opérations critiques au niveau des ports pour faciliter l’arrivée des forces nord-américaines.
2 – Ouvrir des routes en Europe et faire transiter les 20 000 soldats des troupes américaines et 13 000 pièces de matériel.
3 – Déployer un hôpital militaire capable d’effectuer des traitements d’urgence, de la chirurgie et des soins intensifs.
4 – Déployer une aviation des plus modernes (Apache, Wildcoat, Chinook).
5 – Déployer des manœuvres entre divisions, avec des passerelles multi-nationales.
6 – Déployer le Corps de Réaction Rapide Allié pour répéter les commandes et contrôles.
7 – Soutenir les exercices en lien avec les forces aériennes de Ex SWIFT RESPONSE et contribuer à la présence avancée avec Ex SPRING STORM.
#DefenderEurope 20 montre la contribution continue du Royaume-Uni à la sécurité européenne et leur rôle vital dans le lien transatlantique
army.mod.uk/defendereurope20

Defender Europe 20 est un gigantesque exercice militaire mené par les Etats-Unis, sur le sol européen, entre février et mai 2020. Il a déjà commencé, au beau milieu d’une Europe confinée à cause du coronavirus. Il s’agit de préparer des guerres, pas de construire la paix ou la confiance.

Le diagramme de l’Armée Britannique ci-dessus montre les détails de cette idée perverse et irréelle. A noter que l’Italie est l’un des participants prévus !

Vous n’avez très probablement pas entendu parler de Defender Europe 20. Dès lors qu’il est question des politiques extérieures et de guerre des Etats-Unis, tous les médias occidentaux principaux pratiquent l’auto-censure. Les médias n’oseraient pas écrire au sujet de cet exercice de folie militaire. Cela pourrait causer un scandale et mener à une condamnation morale en ces temps d’inquiétudes profondes sur les risques de guerre, le changement climatique et le coronavirus.

Il est mieux de ne rien écrire du tout et de ne pas causer de conflits diplomatiques avec ce Monsieur imprévisible et cholérique de Washington.

La soumission de l’UE aux Etats-Unis est très bien documentée par l’acte tacite d’avoir accepté que les sanctions extrêmement cruelles des Etats-Unis sur l’Iran pourraient aussi être implémentées par les alliés de l’OTAN / UE en Europe, et par le fait que l’UE n’a aucune politique alternative unifiée vis-à-vis de la Russie et de la Chine, même si on inclut la récente Initiative Route et Ceinture, le projet de coopération civil le plus grand et le plus visionnaire au monde.

Il y a au moins trois arguments qui démontrent que c’est tout simplement indécent et irresponsable :

• C’est clairement de la provocation, et cela fait augmenter la tension, de par son envergure et son objectif global. Cela ne fait qu’ajouter de la tension à l’atmosphère de Guerre Froide entre la Russie et l’OTAN / les Etats-Unis.

• C’est irresponsable de tenir un exercice avec autant de tonnes de matériel militaire lourd et un mouvement de milliers de soldats sur l’Atlantique et en Europe, alors que chaque citoyen informé dans le monde est inquiet au sujet de la situation climatique mondiale.

Judith Deutsch a récemment écrit un article dans The Transnational : « L’armée est la plus grosse institution émettrice de gaz à effet de serre, mais ces émissions bénéficient d’une exemption dans le Protocole de Kyoto, un accord confortable négocié par Al Gore, qui a reçu le Prix Nobel de la Paix. Sous couvert de la protection de la propriété et des installations oléifères, de son mandat de tuer, de la sécurisation des frontières, l’armée est l’unique et le plus gros contributeur à l’injustice climatique.»

• Avec le COVID-19, le coronavirus, aucune annonce n’a été faite pour l’annulation de l’EuroDefender20, seulement une limitation du nombre de participants.

Les risques qui sont pris sous couvert de « sécurité », un des mensonges des plus graves et des plus conséquents de notre temps, sont totalement irresponsables et contraires à l‘éthique.

C’est une provocation, alors que les citoyens du monde se retrouvent dans une situation de pandémie, de grande peur, de possible dégradation globale, et d’une crise économique profonde pour les mois et les années à venir.

Pour information

Le Commandement nord-américain en Europe a annoncé  le 16 mars que l’exercice serait revu et limité. Les troupes nord-américaines ne traverseront pas l’Atlantique mais le reste de l’exercice aura bien lieu.

Cette réaction, c’est la réaction tardive d’une armée dont le devoir est de rester en alerte et de réagir rapidement.

C’est déjà une folie que cet exercice soit planifié. Une provocation absurde. Des centaines de millions de dollars dépensés par des pays qui sont déjà endettés, en crise économique et structurelle.

C’est une pure folie de maintenir cet exercice, une provocation aux yeux d’un monde qui discute des politiques de changements climatiques.

Qu’il ait fallu autant de temps pour le gouvernement nord-américain, le Pentagone, l’Armée, et le Commandement nord-américain en Europe de comprendre la réalité prouve deux choses :

a) Ils vivent dans leur propre monde, un monde de déni, de mégalomanie, et
b) Ils n’ont absolument aucune préoccupation pour la sécurité vraie, la sécurité de leurs citoyens.

Le Commandement nord-américain en Europe (EUCOM) a eu le courage de déclaré que « la santé, la sécurité et la préparation de nos militaires, civils et cercles familiaux sont nos préoccupations principales. »

La préoccupation première est les Américains, et non les citoyens européens.

Cette déclaration vient de nombreux jours après que le Président Trump a annoncé que les Etats-Unis n’accepteraient plus les arrivées des avions civils de passagers en provenance de pays européens, exception faite du Royaume-Uni !

Et elle arrive après que le Pentagone a interdit tout voyage intérieur pour le personnel militaire et leurs familles en raison du coronavirus !

Les Etats-Unis étaient donc prêts à forcer leurs propres miliaires et équipements à aller vers l’Europe, un grand risque de contagion du coronavirus, tout en se protégeant eux-mêmes des civils européens et en gardant leurs soldats à la maison.

Est-ce que le coronavirus pourrait mener à davantage de militarisme ?

Traduction de l’affiche
Le plus large déploiement des forces armées nord-américains en Europe en plus de 25 ans.

Est-ce quelqu’un a dit que cet exercice ou cette réduction très tardive était « arrogant » ou « égoïste » ?

Avons-nous entendu des experts ou des politiciens crier «dépassé et déconnecté, besoin de vérifier la réalité » ?

Vous y attendiez-vous ? Par exemple, l’ancienne ministre de La Défense allemande, en tant que nouvelle présidente de l’UE, aurait pu faire preuve de davantage de bon sens.

Oh non. Au contraire, soyez sûrs que la prochaine campagne militaire promouvra l’idée que le militaire, ainsi que nos gouvernements de plus en plus autoritaires mais qui soi-disant protègent nos citoyens en contrôlant les frontières, en limitant par la loi les libertés et mouvements des gens entre et à l’intérieur des états, en éditant des lois pour plus de surveillance et d’urgence, sera notre réel sauveur. Notre défense, Notre protecteur. A la fois pour le changement climatique et pour le coronavirus.

Et les machines à propagande continueront à décrire par euphémisme de telles sociétés comme des sociétés civiles et démocratiques. Elles aideront à s’opposer aux « dictatures ».

Rappelez-vous la manière dont September 11 a porté préjudice au monde en raison de la « survictimisation » des Etats-Unis et de sa Guerre contre la Terreur.

J’admets que mon vilain esprit de paix me dit que le seul ennemi réel que nous avons est notre aveugle foi en le militarisme. Et c’est une menace encore plus grande pour nous tous que la crise économique, le changement climatique et le COVID-19.

Jan Oberg

Lire sur le site original (en anglais)
via Pressenza
traduction en français)
Traduction du schéma ci-dessus
Qu’est ce que #DefenderEurope 20 ?
1 – Déployer la plus grande force des Etats-Unis en Europe en 25 ans, 20 000 personnes.
2 – Transporter 13 000 pièces d’équipement.
3 – Faire transiter des personnes et des équipements sur 4 000 km pour participer à des exercices.
4 – Redéployer cette force vers les Etats-Unis
Démontrer la capacité militaire des Etats-Unis à déployer rapidement une grande force et soutenir l’OTAN pour répondre à toute crise.
WWW.EUR.ARMY.MIL/DEFENDEREUROPE

Des millions de Brésiliens protestent depuis fenêtres et balcons en exigeant la destitution de Bolsonaro.

“Dehors Bolsonaro”

Au pays des borgnes libéraux , les aveugles sont les roitelets de l’absurde…
Clic sur le logo pour lire l’article sur le site initial

Au Brésil, le président du Sénat a été testé positif au COVID-19, ainsi que deux ministres et 16 proches du président Jair Bolsonaro, qui se sont récemment rendus aux États-Unis pour rencontrer le président Donald Trump. Pendant le week-end, Bolsonaro –, qui aurait dû se mettre en quarantaine, selon les directives suggérées par son propre gouvernement – a participé à des rassemblements politiques, a embrassé ses partisans et a posé pour des selfies. Mercredi, Bolsonaro et les ministres du gouvernement ont porté des masques lors d’une conférence de presse au cours de laquelle ils ont annoncé de nouvelles mesures d’urgence pour contenir le virus.

Mercredi soir, des millions d’habitants de tout le Brésil, enfermés dans leurs maisons, sont sortis sur leurs balcons, tapant sur des casseroles et des poêles (un panelaço). et criant “Dehors Bolsonaro !” pour protester contre la gestion de la crise par le président d’extrême droite.

Coronavirus : la Bulgarie pourra-t-elle faire face à la crise ?

Fragilisé par la concurrence entre les pays européens, le système de santé bulgare, bien loin de sa splendeur passée, est devenu exsangue. Encore un élément pour montrer que l’Union européenne de la concurrence a beaucoup détruit de solidarité sur le temple de l’austérité monétaire… Voilà l’enseignement que l’on peut tirer à la lecture de cet article tiré du Courrier des Balkans (clic sur le logo pour lire sur le site original)

La Bulgarie a été placée vendredi en état d’urgence, jusqu’au 13 avril au moins. Les autorités se veulent rassurantes mais l’épidémie promet d’être un test à haut risque pour le système de santé du pays, décimé depuis des années par l’exode massif des personnels soignants.

Traduit et adapté par Simon Rico

« Dans dix jours, il y aura déjà beaucoup plus de cas, et dans un mois, encore beaucoup, beaucoup plus. Nous nous préparons, et le coronavirus sera un véritable test pour notre système de santé, nous montrant à quel point nous sommes prêts à relever des défis de ce genre. » C’est en ces termes que le professeur Athanase Mangarov, directeur du service pédiatrique à l’hôpital de Sofia a prévenu la population bulgare de l’évolution probable de l’épidémie de coronavirus dans le pays. C’était après l’annonce des quatre premiers cas. Alors que le nombre officiels de patients infectés était de 23, Sofia a déclaré vendredi l’état d’urgence, qui durera au moins jusqu’au 13 avril.

« Selon toute probabilité, nous avons en Bulgarie des personnes infectées mais non diagnostiquées », a ajouté le professeur Mangarov. « Quant à notre ’patient zéro’, je doute qu’il puisse être identifié : selon toute probabilité ce n’est pas une seule personne, mais plusieurs. » Des rumeurs et spéculations ont largement circulé en Bulgarie à ce sujet, le Premier ministre Boïko Borissov faisant lui-même état d’une « piste grecque » avant d’être contredit. D’autres ont pointé du doigt les travailleurs italiens actuellement engagés dans la construction du gazoduc Balkan Stream dans la région de Pleven, mais aucune preuve concrète ne confirme ces allégations.

LE GOUVERNEMENT VEUT MONTRER SA MOBILISATION

Immédiatement après avoir constaté les premiers cas, dimanche 8 mars, Boïko Borissov a convoqué d’urgence un Conseil des ministres extraordinaire, retransmis en direct à la télévision. Au cours de la réunion, le Premier ministre a tenté de rassurer la population et fait appel à l’autodiscipline des citoyens bulgares. « Nous ne fermerons l’accès aux villes [touchées par le coronavirus] qu’en dernière extrémité. Nous ne voulons pas paniquer, nous voulons utiliser la raison », a-t-il déclaré.

Pour faire face à la situation, un conseil d’urgence a été créé, dirigé par le général Ventsislav Mutafchiyski, directeur de l’Académie de médecine militaire. Parmi les mesures immédiatement prises figurent l’arrêt de tous les événements culturels dans des lieux fermés, l’organisation des événements sportifs à huis clos, l’interdiction des voyages scolaires, etc. Avec la proclamation de l’état d’urgence, tous les rassemblements de plus de 250 personnes sont désormais interdits.

Boïko Borissov a aussi annoncé l’achat de 50 000 masques et combinaisons de protection de la Turquie voisine, qui ont été livrés vendredi matin. Pour le Premier ministre, la Bulgarie dispose d’assez de tissu médical pour produire localement trois millions de masques. Des négociations avec les entreprises nationales capables de les produire ont déjà commencé, mais selon le ministre de la Santé Kiril Ananiev « il faudra quelques mois » pour que la production soit réalisée.

UN SYSTÈME DE SANTÉ FRAGILISÉ

Selon une étude publiée dans la version bulgare de Deutsche Welle, il y a actuellement environ 800 lits dans les services des maladies infectieuses de toute la Bulgarie. Or, dans certains hôpitaux majeurs, comme l’Académie de médecine militaire ou l’Hôpital des maladies infectieuses de Sofia, les capacités seraient déjà presque épuisées.

Il y a quelques jours, Angel Kunchev, inspecteur national en chef de la santé, a d’ailleurs admis au cours d’une interview télévisée que le problème le plus grave en cas d’épidémie en Bulgarie serait « le manque de médecins, plus encore que les installations hospitalières et les lits ». Pour faire face à la crise, le ministre de la Santé a évoqué d’un plan d’urgence pour renforcer les services des maladies infectieuses en réquisitionnant les soignants d’autres spécialités. En cas de situation extrême, les médecins et infirmières à la retraite seront appelés.

Les doutes quant à la validité du système en cas d’épidémie demeurent cependant alors que depuis des années, la Bulgarie est confrontée à un exode massif de ses personnels de santé. Médecins et infirmières partent à cause de la faiblesse des salaires et de conditions de travail qui ne cessent de se dégrader. Selon les données de l’Union des médecins bulgares, 1692 médecins ont quitté le pays en 2015-2018. Au cours des dix dernières années, près de 30 000 infirmières ont émigré, selon les syndicats.

Les premiers moments de tension se sont produits jeudi à l’hôpital Sainte-Anne de Sofia, spécialisé dans les maladies respiratoires. Médecins et infirmières ont menacé de démissionner collectivement pour protester contre le manque de masques et de vêtements de protection. Finalement, la contestation s’est apaisée après que la direction de l’hôpital a fourni les matériaux nécessaires. Mais la pénurie risque de refaire bientôt surface si aucune nouvelle mesure n’est rapidement prise.

LA VIE CONTINUE… POUR LE MOMENT

Malgré des nouvelles loin d’être rassurantes en provenance d’Italie, la Bulgarie espère toujours être épargnée des conséquences les plus lourdes de la pandémie de covid-19. Si les cinémas et les théâtres ont fermé, les centres commerciaux, les casinos, les restaurants et les cafés restent ouverts pour le moment.

Le Premier ministre Borissov a demandé la réouverture des écoles à partir de samedi, parce que « sinon les parents ne peuvent pas aller travailler ». Les grands médias ont tous publié des articles présentant le message « Ne paniquez pas », expliquant que « si vous avez moins de 50 ans et ne vivez pas en Chine, il est plus probable de gagner à la loterie du Nouvel An que de tomber malade du coronavirus ». Comme on l’a vu en Italie et maintenant en France, la situation et l’humeur risquent néanmoins de changer radicalement. La déclaration de la situation d’urgence vendredi après-midi en est sûrement le premier signe.