Contre les femmes, contre les pauvres, violence fasciste ordinaire en Bolivie…

Deux tweets pour montrer qu’Amélie de Montchanin, en défendant le coup d’état, nie la violence faite aux femmes, nie la violence faite aux humbles, nie la violence faite aux progressistes…

“Reconnaissez que nous sommes devant un coup d’Etat”

Voici la question que Mathilde Panot a posée à propos du coup d’état en Bolivie… “L’intégrité physique de plusieurs élus, poussés à la démission par l’armée, est en jeu. La vie de milliers de militants et des populations autochtones dans le pays est menacée par une opposition fasciste et une oligarchie nostalgique des privilèges qu’elle a perdus depuis l’arrivée au pouvoir du premier président amérindien de Bolivie”
En guise de réponse, la secrétaire d’Etat Amélie de Montchalin affirme son soutien au coup d’état !

Peut-être la dite secrétaire n’avait pas reçu les tweets suivants…

"Nous allons les cribler de balles..."
Le coup d'Etat en Bolivie.. Fascisme, racisme toujours contre les plus humbles... Et il y en a qui ne veulent pas appeler ça un coup d'état !

Bolivie : “Maintenant oui, c’est la guerre civile!

Pour lire l’article (en espagnol) sur le site original, clic sur le logo

Nous reproduisons ci-dessous un article de l’agence Anred : le peuple bolivien se mobilise contre le coup d’Etat et se heurte aux mêmes brutalités policières et médiatiques qu’au Chili ou en Equateur !

La ville qui entoure la capitale bolivienne est la deuxième plus grande du pays et est sortie dans la rue contre la destitution du Président Evo Morales. Depuis hier soir, les conseils de quartier ont lancé un ultimatum contre le leader de l’opposition Camacho. Des barrages routiers et des affrontements avec la police… les militaires et les paramilitaires ont fait jusqu’à présent deux morts et 15 blessés par balle. Aujourd’hui, le commandant général de la police a démissionné.

La wipala, drapeau des peuples andins, symbole national en Bolivie depuis la nouvelle Constitution
(Clic sur l’image pour en savoir plus)

Hier, alors que les forces armées “suggéraient » la démission du Président, en même temps que le commandant général de la police, Yuri Calderón, se pliait à la demande de démission, le cercle qui contraignait Evo Morales à démissionner se fermait. Les arrestations de dirigeants du Mouvement pour le socialisme (MAS) et l’attaque de locaux et de maisons privées, ainsi que l’incendie de wipalas, ont été couronnées par l’arrivée du leader de l’opposition, lié au commerce du gaz, Luis Camacho, qui, une bible en main et dans une zone libérée par la police, a pu entrer dans le Palais Quemado (ancienne résidence des chefs d’état NDLR).

Mobilisation contre le coup d’état

Mais à El Alto, cette nuit, les premières barricades ont été érigées pour bloquer La Paz et repousser le coup d’État. La Fédération des comités de quartier (Fejuve) a donné 48 heures aux putschistes pour quitter La Paz “pour avoir incité à la division et à la violence entre Boliviens”.

Camarades, nous nous sommes rassemblés à El Alto…
Il n’y a rient à la télé pour raconter ce qui se passe ici

Aujourd’hui, les affrontements se sont intensifiés dans plusieurs endroits de la ville. Les manifestants ont repoussé les forces de police, mais les forces de sécurité ont tiré des coups de feu, tuant au moins deux personnes et en blessant une quinzaine d’autres. Au cri de “Mesa, Camacho, nous voulons votre tête », ils ont mis le feu à un commissariat à El Alto et ont neutralisé plusieurs véhicules de police.

La situation s’est aggravée et le commandant de la Police nationale Calderon a démissionné. La presse hégémonique bolivienne a réduit les manifestations à des actes de vandalisme et de pillage de « profiteurs du chaos social pour voler”. L’opération de désinformation présente les mêmes caractéristiques que les soulèvements en Équateur et au Chili.

“Voila ce que la presse ne montre pas… C’est une enfant !”

Vu que les forces de polices étaient débordées, des unités de l’armée bolivienne sont entrées avec des chars dans certaines avenues d’El Alto. Le haut commandement militaire a commencé à mettre en œuvre un plan d’urgence pour assurer les services publics. Cependant, les habitants ont dénoncé depuis hier la coupure de l’eau. En même temps, une forte concentration d’habitants brandissant des wipalas se sont mobilisés en chantant “Maintenant oui, c’est la guerre civile”.

La situation ne cesse de s’aggraver, l’OEA a demandé à l’Assemblée législative de se réunir d’urgence pour assurer “une sortie constitutionnelle” et l’Union européenne a exprimé, par l’intermédiaire de la Haut-Commissaire, que des élections crédibles, exprimant la volonté du peuple, soient organisées dès que possible. Dans un communiqué publié sur les médias sociaux, Donald Trump a salué la destitution d’Evo Morales : “Les États-Unis applaudissent le peuple bolivien et les militaires boliviens. Le gouvernement mexicain a accordé l’asile politique au mandataire.

À ce jour, deux personnes ont été tuées à El Alto et une quinzaine d’autres ont été blessées, dont deux filles. Des affrontements se produisent à certains coins de rue. Alors que l’on craint l’arrivée de nouveaux contingents paramilitaires qui se joindraient à la répression des opposants au coup d’État.

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Bolivie : La France Insoumise soutient Evo Morales

Communiqué de presse du groupe parlementaire La France insoumise

Ce matin du dimanche 10 novembre, dans un souci d’apaisement, le président Morales a appelé à de nouvelles élections qui devront être organisées par un tribunal électoral renouvelé. Malgré cela, l’opposition continue à réclamer sa démission immédiate et son exclusion du futur scrutin. 

L’opposition multiplie les actes racistes et les violences dans une logique de coup d’État et demande le départ de tous les élus de la majorité. Les militaires ont ainsi envahi le palais présidentiel et le président Morales est contraint de quitter le pays. 

La France insoumise s’associe aux protestations contre la violence de l’extrême-droite putchiste bolivienne et partage le soutien à Evo Morales qu’ont exprimé les principaux dirigeants des pays d’Amérique du Sud et les partis progressistes de cette région du monde. Nous en appelons à la solidarité avec le peuple bolivien, au respect de la Constitution novatrice dont il s’est doté. Nous assurons Evo Morales de notre soutien dans le processus de pacification démocratique qu’il a engagé.

Lula livre !

C’est aujourd’hui plus qu’un slogan, c’est un fait. Lula était prisonnier depuis le 7 avril de l’an dernier pour une condition dans l’affaire du triplex de Guarujá dans le cadre de la procédure Lava Jato, dont le but avoué et révélé par des sites américains d’information a été d’éviter l’élection de Lula, grand favori pour les dernières élections présidentielles.

Lula a quitté le siège de la Police Fédérale par la porte de devant, accompagné par des parlementaires du PT (le Parti des Travailleurs, le parti de Lula) et ses avocats. Il s’est dirigé vers ses soutiens qui l’attendaient dans un parc, et s’u est adressé aux militants.

Pendant 20 minutes environ, Lula a remercié les militants du PT qui ont campé en face de la Police Fédérale de Curitiba pendant les 580 jours de son incarcération. L’ex-président a également déclaré qu’il allait retourner à Sao Paulo et participer en fin de semaine à des réunion au sein du Syndicat de la Métallurgie.

“Je ne pensais pas qu’aujourd’hui je pourrais être ici, conversant avec des hommes et des femmes qui, pendant 580 jours, ont ici crié “Bonjour, Lula”. Vous êtes l’aliment de la démocratie pour que je résiste”, a-t-il affirmé.

Pour mieux comprendre les tenants et les aboutissants de cette manifestation mondialement connue du lawfare, ci-dessous a note de blog que Jean-Lu Mélenchon a rédigé après sa visite à Lula en septembre de cette année.

“Il est possible que vous ayez vu mon direct Facebook à la sortie de la prison où est enfermé Lula à Curitiba au Brésil dans l’État de Paraná (le Brésil est un État fédéral). Vous retrouvez ici le lien qui vous y conduit. Mais je ne crois pas que je me répèterai de trop.

Lula est en prison depuis 516 jours. Il purge une peine de 12 ans et 11 mois. Pour un crime qu’il n’a pas commis. Son incarcération se fait au siège de la police fédérale de l’État et non dans un établissement pénitencier. Sa cellule a été aménagée à partir du local où dormaient auparavant à tour de rôle les gardes de cet édifice. Au pied de l’immeuble, ses amis ont loué un terrain où est établi un campement permanent de militants. Chaque matin à sept heures ils se retrouvent pour crier « Bonjour Lula ». Chaque jour à quatre heures, ils lui crient encore tous ensemble « Bon après-midi Lula », chaque soir à 19H 30 « Bonne nuit Lula ». Le reste du temps, ils font des cours de formation et des activités les plus diverses. Un aimable folklore existe aussi. Certains ne se coupent pas la barbe jusqu’à la libération de Lula, d’autres cousent des motifs sur des drapeaux ou pancartes « Lula Libre ». Et bien d’autres choses. Mais au total, la dimension humaine de l’emprisonnement du dirigeant politique est totalement partie prenante de la lutte qui se mène pour sa libération.

Je crois qu’il est utile pour ceux qui entrent seulement dans ce sujet de connaitre d’abord quelle est cette affaire.

Jaïr Bolsonaro, le président d’extrême droite a prévenu : « Lula pourrira en prison ». Le milliardaire président exulte. Car Lula a été condamné six mois avant l’élection présidentielle à laquelle il était candidat, et favori. Deux mois avant cette élection, en conséquence de cette condamnation, il a été déclaré inéligible. Le fasciste Bolsonaro a remporté l’élection et le juge Sergio Moro, qui a condamné Lula, est devenu son ministre de la justice.

Il faut sans cesse s’en souvenir : Lula est innocent. Il est victime d’une machination politique judiciaire visant à empêcher son retour au pouvoir. Moro l’a accusé d’avoir reçu un « pot de vin » de l’entreprise Petrobras. Il s’agirait d’un appartement triplex « avec vue sur mer ». Mais il n’a jamais apporté la preuve de ce qu’il avançait. Où est ce triplex ? Pour mener à bien son opération, il a dû inventer une théorie judiciaire de la condamnation « malgré l’absence de preuves » de culpabilité. Lula est donc condamné pour corruption « pour fait indéterminé ». Je tiens à le préciser. Ce point me parait crucial.

En effet je constate un détail navrant dans les revues de presse que je suis bien obligé de lire. Je dis obligé car en réalité, depuis trois mois, je ne lis quasiment plus aucun journal français, en tous cas plus aucune rubrique politique, ni ne regarde une télé ou n’écoute une radio française. Dans ces revues de presse je note un grand appétit à reproduire mot par mot l’accusation sans que jamais un « détail » crucial soit mentionné : personne n’a jamais vu, ni connu, ni entendu parler de ce triplex où que ce soit au Brésil ou ailleurs dans le monde. Et cela pour une raison simple : il n’existe pas.

Je ne suis pas étonné. La technique de la guerre judiciaire inclut la manipulation médiatique comme un élément essentiel de son action. Le « juge » Moro explique sans fard comment les fuites de presse et la diffusion de pseudos informations privilégiées sont un moyen de pression sur les victimes à persécuter. Les manipulateurs comptent sur un effet de système. Pas besoin que les milliardaires qui possèdent la presse téléphonent à qui que ce soit dans la rédaction. Goût du scandale, appétit de clics et parti-pris politique : les mécanismes du dénigrement médiatique fonctionnent en pilotage automatique. La manipulation de la presse par les juges a joué à plein contre Lula, au mépris le plus complet des droits de la défense.

Dans un article où il explique ses stratégies, Moro a théorisé le fait d’utiliser les fuites dans la presse et les mises en scènes médiatiques afin de mettre la pression à sa victime. Depuis les révélations qui ont prouvé les manipulations du « juge » Moro, certains médias ont fait leur mea culpa. C’est au point que certains n’ont eu d’autres choix que de manger leur chapeau. L’une des premières télés, Globo, a dû présenter ses excuses pour la désinformation à laquelle ses journalistes ont activement participé. En France aussi, le journaliste international de France inter Anthony Bellanger a fait ce mea culpa totalement inhabituel et inconnu dans sa profession : « Oui, j’ai cru en l’indépendance de la justice brésilienne et j’ai eu tort. Le petit juge Sergio Moro, avait bien un agenda politique ». Un cas unique en Europe et qui mérite d’être salué comme tel. Aucune contagion en vue cependant.

Pour la persécution de Lula, on a vu se déployer toutes les techniques caractéristiques du « Lawfare » qui ont depuis été réutilisées partout et dorénavant en France aussi. Le Lawfare c’est « la guerre judiciaire ». La destruction des adversaires politiques par la judiciarisation de la politique. Tout commence par une dénonciation venant d’un personnage perturbé. La presse reprend l’accusation et fait le tam-tam par goût du scandale. Un juge prend en charge la dénonciation et ouvre « une enquête ». Alors le rouleau compresseur se met en marche. Sans pause ni trêve. Le piège est armé. Tous les coups sont permis, sans recours, sous les apparences du fonctionnement indépendant de « la justice ». En coulisse prévaut le piétinement de l’État de droit en toute connivence et impunité.

Ainsi, au Brésil, les policiers, les procureurs et les juges sont censés former des corps indépendants les uns des autres. Dans le cas Lula, tous ont au contraire travaillé sous la direction directe du « juge » Sergio Moro. C’est lui qui supervisait les enquêtes, déterminait les peines à requérir et les prononçait. Mais il a surtout utilisé la méthode des « délations récompensées » selon laquelle des personnes condamnées voient leur peine réduite si elles pointent du doigt le coupable que le juge leur désigne. Grâce à cette méthode, dans le cadre de « l’enquête » du « juge » Sergio Moro, un riche patron, vraiment corrompu, a pu réduire sa peine de 19 ans à 2 ans et demi. Il avait auparavant dans le passé nié en trois occasions différentes avoir eu à faire avec Lula. Dès qu’il a eu changé d’avis sur le sujet il a été immédiatement récompensé par une mise en liberté anticipé. Quand on lui a demandé pourquoi il avait changé son discours, il a répondu : « parce que mon avocat m’a conseillé de le faire pour pouvoir être libéré ».

Mettre Lula en prison n’aura pas suffi à satisfaire la hargne du système contre lui. Le but des opérations de Lawfare est de briser psychologiquement ses victimes. Depuis son incarcération, les humiliations continuent pour Lula. En janvier dernier, avaient lieu les obsèques de son frère. La permission qu’il a demandée pour y assister lui a été accordée. Mais la cérémonie était déjà commencée quand elle lui est arrivée. Lula n’a donc pas eu l’occasion d’accompagner son frère défunt. Il n’a pas pu non plus veiller au chevet de son petit-fils de 7 ans, décédé en mars dernier d’une méningite.

Rafinement anxiogène : début août, la juge d’application des peines qui s’occupe de son cas, Carolina Lebbos, a cru bon d’ordonner son transfert dans une prison connue pour accueillir les criminels et tueurs en série les plus honnis du Brésil. On craignait clairement pour sa vie dans un tel environnement propice à toutes les manipulations. Pour justifier sa décision, madame Lebbos a déclaré qu’il fallait « réduire les coûts humains et financiers » de l’incarcération de Lula. Le transfert a été in extremis refusé par la cour suprême dans l’attente du jugement d’une demande de liberté déposée par les avocats de Lula. Au Brésil comme partout en pareil cas. Passés les premiers temps de la jouissance des coups portés à un personnage politique aussi typé que Lula, des gens se ressaisissent. L’image d’un pays où la justice est une comédie de cette nature n’est bon ni pour les affaires ni pour la réputation collective. Dans les milieux de la magistrature et dans celui des affaires aussi certains commencent à trouver la comédie trop coûteuse. « Il ne savent plus quoi faire de moi » m’a dit Lula. Le garder en prison est infamant pour la classe dominante, le relâcher est ingérable.

Rappelons tout de même qui est Lula pour le Brésil. Il est l’homme qui a mis en place les programmes « bolsa familia » et « faim zéro », qui sont parmi les plus amples plans de lutte contre la pauvreté jamais mis en œuvre par un gouvernement dans le monde. Sous ses mandats, 40 millions de brésiliens sont sortis de la pauvreté. Il a donné accès aux médicaments de base à 43 millions de personnes qui en étaient privées. Il a considérablement augmenté le taux de scolarisation et le niveau général d’éducation dans son pays. En 2010, il fut nommé par le programme alimentaire mondial de l’ONU « champion mondial dans la lutte contre la faim ». Après 8 ans de présidence, il a quitté le pouvoir avec 90% d’opinions positives. Avec Nestor et Cristina Kirchner, Evo Morales, Hugo Chavez et d’autres, il a aussi travaillé à sortir l’Amérique du sud de l’alignement complet sur les États-Unis et de l’obéissance aux grossiers proconsuls dont ce pays accable ses voisins.

Aujourd’hui, les éléments s’accumulent pour montrer que Lula est bel et bien la victime d’un complot politique. En Juin 2019, le journaliste Glenn Greenwald, responsable des révélations sur la façon avec laquelle la NSA américaine espionne le monde, en a publié des preuves accablantes dans le magazine The Intercept. Il s’agit de conversations privées entre le procureur Moro et les juges qui ont condamné Lula. Ils montrent que le premier fournissait des conseils et des instructions aux seconds tout le long de la procédure au mépris de tous les principes qui font un procès équitable. Dans ces échanges, les juges disent explicitement qu’ils ne disposent pas de preuves de la culpabilité de Lula. Il s’agissait donc bien d’un tissu de mensonges, d’une attaque politique déguisée en affaire judiciaire. Pour la démocratie brésilienne, le mal est fait et il s’appelle Bolsonaro. Mais pour que des Bolsonaro soit possibles il faut avant qu’il y ait des « juges » Moro, Lebbos et ainsi de suite dont les manœuvres mensongères ont été relayées sans recul ni réserve par des journalistes aussi corrompus moralement qu’eux.

Toutes ces méthodes ont été appliquées à Cristina Kirchner en Argentine. Peu s’en est fallu qu’elle soit elle aussi incarcéré. Car avant elle, ce fut le cas de son ex vice-président, Amado Boudou, désormais en prison. Certes, depuis, il a été lavé de toutes les accusations de corruption qui pesaient contre lui. Mais il reste détenu pour le crime incompréhensible de « fausseté idéologique ». J’en passe et des meilleures.

Au Brésil comme en Argentine la réplique a parfois tardé à se mettre en place. Depuis, elle fonctionne à plein régime. J’ai rencontré les groupes d’avocats qui dans les deux pays tiennent la dragée haute aux procureurs et juges moralement corrompus qui rabaissent la justice de leur pays au niveau de ce genre de triste règlement de compte politique. Nous même en France, nous avons mis beaucoup de temps à comprendre que le « lawfare », la guerre politique judiciaire, était engagée contre nous. Je prends ma part de responsabilité dans ce retard. Jusqu’à l’affaire de Nice et celle de Nantes, et jusqu’au refus de Belloubet d’ouvrir une enquête pour sanctionner la vente d’information à la presse sur la procédure qui nous concerne, jusqu’à l’instrumentalisation des procédures pendant la campagne électorale européenne et la diffusion des comptes rendus d’audition par deux journaux qui les ont de surcroît manipulés à charge, je n’arrivais pas à croire que la justice de notre pays en soit rendue à ce point. Dorénavant ma conviction est faite et nous en avons tous tiré les conclusions qui s’imposaient.

Lula nous l’a dit : il n’y a pas d’issue judiciaire pour nous dans ce type de situation. Aucune naïveté n’est possible. Tout est politique et la réplique doit être aussi politique et coûteuse pour nos adversaires qu’elle l’est pour nous. Les noms des manipulateurs, leurs réseaux, leurs mensonges et montages doivent être mis à nus. Il faut retourner les procédures contre leurs auteurs. Moro aujourd’hui fait l’objet de plusieurs incriminations judiciaires du fait des révélations sur son attitude secrète. L’attention du public doit être attirée sur les manipulateurs, leurs carrières, comme elle l’est sur les accusations pourtant mensongères dont nous souffrons.

Au plan international, nous avons décidé cet été de nous coordonner et ma tournée y a contribué de façon très directe. Car je ne me suis pas contenté de mener mon enquête à propos du nouveau moment politique dans le sous-continent latino-américain et sur les percées vers le nord jusqu’aux États-Unis. Sur ce thème, ma moisson est importante également.

Mais j’ai fait la tournée des juristes et des responsables politiques qui ont en charge les contres offensives dans le domaine du Lawfare. J’ai appris beaucoup sur ce thème. Il est devenu mondial. Il existe aujourd’hui une école de formation au Lawfare aux Etats Unis où se préparent les agents de cette forme de guerre. Il y a une étroite connexion entre les juges de tous les pays qui coopèrent dans la persécution politique. On croirait voir revenu le mode du plan Condor qui liait les militaires entre eux pour la persécution des militants politique et syndicalistes dans les années 70. Nous allons donc établir notre propre système de connexion et de lutte en réseau pour aider ceux qui sont les plus isolés et les plus maltraités. Plusieurs ont évoqué l’aide que nous ont déjà apporté les hackers qui ont permis la révélation des manœuvres secrètes du « juge » Moro. On ne doit donc jamais exclure non plus des possibilités d’appui spontané venant aussi de l’intérieur de l’appareil judiciaires ou des salles de presse où se trouvent des gens qui croient à leur métier et refusent son abaissement à ces pratiques de vendetta. Nous sommes donc en cours d’organisation et il s’agit d’être rapidement au niveau, comme eux, en Europe, en Afrique, en Asie et aux Amériques (nord et sud).”

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Un soldat ne tire pas contre le peuple
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Lucas ROCHETTE-BERLON a lancé cette pétition adressée à António Guterres (Secretary General of the United Nations) et à 1 autre

Pas de COP25 à Santiago sous le couvre-feu et la menace des balles !

À António Guterres, secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies
À Patricia Espinosa, secrétaire exécutive de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques 

Monsieur, Madame

Le Chili connaît actuellement un mouvement social de très grande ampleur. Le gouvernement a décrété l’état d’urgencedans plusieurs régions du pays, déléguant ainsi le maintien de l’ordre aux autorités militaires, et a instauré un couvre-feu. Le pouvoir a ainsi fait le choix d’une répression brutale. À ce jour, on déplore 18 morts et plus de 2000 arrestations.

Les femmes et les hommes qui protestent sont accusés par le Président Piñera « d’avoir fomenté une guerre », alors qu’elles et ils manifestent contre des mesures d’augmentation du ticket de métro dans une ville, Santiago, devenue irrespirable du fait de la pollution automobile. Ces personnes ont été traitées comme des délinquantes alors qu’elles contestaient – comme en Équateur, au Liban, au Soudan, en Égypte, ou encore en France – les conséquences des politiques néo-libérales autoritaires qui jettent dans la pauvreté et dans la lutte quotidienne pour la survie, des millions de personnes. 
Ces femmes et ces hommes désignés comme “terroristes” n’ont pourtant fait que s’indigner de leurs conditions de vie. Leur mobilisation pour une vie digne est un exemple pour les générations futures.

Obnubilés par les enjeux de profit à court terme, les États et les entreprises multinationales restent insensibles aux innombrables cris d’alarme des populations, tant en matière de justice sociale que de justice climatique, alors que les investissements nécessaires pour remédier à la crise écologique devraient être une priorité. Le financement de ces politiques en faveur du climat et de la vie devrait se faire à proportion des moyens de chacun, sur des bases de justice, tandis que nous vivons aujourd’hui un processus de concentration de la richesse insupportable.

La lutte contre le changement climatique ne doit pas se faire au détriment des plus fragiles. C’est, et vous le savez pour l’avoir souvent dit, l’un et l’autre, l’un des enjeux de la COP 25 : qui doit financer les politiques publiques de lutte contre la crise climatique ?

La COP25 ne saurait se tenir dans un pays en état de siège, dans une ville soumise au couvre-feu militaire, dans un Chili où manifester pour des conditions de vie dignes peut valoir la mort. Nous vous demandons d’agir pour que cessent ces violences militaires et policières. 
Dans la dramatique situation actuelle, provoquée par les mesures répressives mises en place par le gouvernement chilien, nous, initiateurs et signataires de cette pétition, estimons que le Chili ne peut accueillir dans ces circonstances la COP25.

Nous vous demandons Monsieur le secrétaire général, Madame la secrétaire exécutive, de le signifier au gouvernement chilien et de prendre les mesures adéquates.

Nous, initiateurs et signataires, appelons solennellement au boycott du Chili comme pays hôte de la COP25.

Justice sociale et justice climatique sont liées indissolublement. Ce serait cynique et caricatural d’organiser la COP25 sous la menace des balles d’une armée qui s’est funestement illustrée sous la dictature d’Augusto Pinochet. Ce serait une faute de faire ainsi un chèque en blanc à un gouvernement qui a décidé de réprimer avec la pire des brutalités celles et ceux qui veulent que le système change pour le bien commun. Ce serait un soutien à un gouvernement qui a violé dans un même mouvement les droits à une vie digne, les libertés fondamentales et les droits humains.


Nous sommes sûrs que vous vous ferez les messagers de cette pétition auprès des pays membres de l’Organisation des Nations Unies.


Nous vous prions de croire, Monsieur le secrétaire général, Madame la secrétaire exécutive, à nos sentiments respectueux.

Liste des 100 premières personnes signataires :

Ali Aguado, militant pour les droits des personnes LGBTQI+
Eliane Assassi, sénatrice communiste 
Jean-Christophe Attias, universitaire 
Marianne Auffret, élue municipale
Clémentine Autain, députée FI
Rusen Aytac, avocate 
Sébastien Barles, Marseille en commun 
Esther Benbassa, senatrice EELV de Paris
Ugo Bernalicis, député FI
Olivier Besancenot, militant révolutionnaire, NPA
Martine Billard, ancienne députée
Fred Bladou, activiste SIDA
Michel Bock, maire adjoint honoraire de Guyancourt
Nathan Boumendil, activiste SIDA
Arthur Cahn, auteur 
Christian Camerlynck, chanteur 
Erika Campelo, co-présidente de Autres Bresils
Damien Carême, eurodeputé EELV
Rolando J. Carmona, commissaire d’art
Leila Chaibi, eurodeputée FI
Florian Chavanon, chef d’édition
Cécile Ciekerman, sénatrice communiste
Alexis Corbière, député FI
David Cormand, eurodeputé, secrétaire national d’EELV
Ricardo Coronado, militant écologiste
Sergio Coronado, ancien député EELV, Pour une écologie populaire et sociale (PEPS)
Laurence Debril, journaliste
Laurence De Cock, enseignante
Edouard Denouel, fonctionnaire, Bagnolet en Commun 
Philippe Donadieu, éleveur
Philippe Doux-Laplace, journaliste
Matthieu Dupas, maître de conférence
Gabrielle Durana, directrice d’association
Konstantinos Eleftheriadis, professeur
Cayetano Espinosa, cinéaste
Gwen Fauchois, activiste et blogueuse
Elsa Faucillon, députée communiste 
Caroline Fesselier, professeur des écoles, militante insoumise
Caroline Fiat, députée FI
Fabien Gay, sénateur communiste 
Guillaume Gontard, sénateur de l’Isère
Anne Lise Hering, responsable de bibliothéque
Frederic Hocquard, maire-adjoint de Paris, 
Vincent Jarousseau, photographe-documentaire
Marion Jobert, juriste franco-chilienne
Samy Khaldy, conseiller fédéral EELV
Bastien Lachaud, député FI
Geoffroy de Lagasnerie, philosophe et sociologue
Thomas Lalire, expert en politiques publiques
Jean-Charles Lallemand, militant pour le climat et l’écologie sociale
Cécile Lavergne, conseillère consulaire de Colombie
Stéphane Lavignotte, théologien protestant, militant écologiste
Pierre Lebret, consultant 
Cy Lecerf-Maulpoix, journaliste
Gildas Le Dem, journaliste
Marie-Noëlle Lienemann, sénatrice de Paris 
Thomas Linard, militant
Francois Longerinas, journaliste, écologiste insoumis,
Noël Mamère, ancien député écologiste
Gilles Martinet, doctorant 
Alexis Mazade, adjoint au maire de Tremblay-en-France
Jean-Luc Mélenchon, député FI
Gilles Monsillon, écologiste insoumis 
Ricardo Montserrat, écrivain
Benedicte Monville, conseillère régionale FI
Corinne Morel Darleux, auteur, conseillère régionale Auvergne-Rhônes Alpes
Danielle Obono, députée FI
Mehet Ozguner, étudiant
Mathilde Panot, députée du val de Marne, vice-présidente du groupe France Insoumise 
Anne Pauly, journaliste et auteure
Yann Pedler, avocat
Manuela Picq, journaliste
Cassandre Pinto, enseignante
Claudio Pulgar Pingaud, architecte urbaniste
Adrien Quatennens, député FI
Jean-Hugues Ratenon, député FI
Giovanna Rincon, directrice d’Acceptess-T, militante pour les droits des personnes LGBTQI+
Michele Rivasi, eurodéputée EELV
Lucas Rochette-Berlon, étudiant, cadre associatif, militant écolo
Christian Rodriguez, militant internationaliste
Gilbert Roger, sénateur de Seine-Saint-Denis
Barbara Romagnan, ancienne députée, Génération.s
Roberto Romero, conseiller régional, Génération.s
Sabine Rubin, députée FI
Michele Rubirola, conseille départementale écologiste
Anne de Rugy, militante écologiste
Eros Sana, journaliste 
Judith Silberfeld, militante LGBTI
Karine Solene Espineira, sociologue, militante transfeministe
Sophie Taillée-Pollan, sénatrice du Val-de-Marne, Génération·s
David Thomas, journaliste, militant insoumis
Benjamin Toix, militant pour les droits des personnes LGBTI
Marie Toussaint, eurodéputée EELV
Valerie Sandrossian, responsable en collectivité territoriale 
Herve Segata, comédien
Pierre Serne, conseiller régional, porte-parole de Génération·s
Gabriel Serville, député de Guyane
Luc Stanescou, architecte
Rabaté Ulysse, élu local, président d’association
Stéphan Vernhes, activiste dans le la lutte contre le VIH

Chili : Nous ne sommes pas en guerre

Réponse impressionnante du peuple chilien à son président, milliardaire nostalgique de Pinochet, suppôt du libéralisme, et invité de Macron au G7 de Biarritz, qui avait déclaré froidement, face aux mobilisations contre les inégalités sociales, “nous sommes en guerre”.

4 000 000 de personnes dans les rues, dont 1,5 à Santiago, qui reprennent en choeur le chant de Victor Jara, chanteur assassiné par les fascistes chiliens lors du coup d’état de 1973, “el derecho de vivir en paz” : le droit de vivre en paix !

Le montage est réalisé par nos soins à partir de photos sur Pressenza

Le droit de vivre

Poète Ho Chi Minh,

Qui frappe du Vietnam
A toute l’humanité.
Aucun canon n’effacera
Le sillon de ta rizière.
Le droit de vivre en paix.
 
L’Indochine est l’endroit
Bien au-delà de la vaste mer,
Où l’on fait sauter la fleur
A coup de génocide et de napalm.
La lune est une explosion
Que fait sauter toute la clameur
Le droit de vivre en paix.
 
Tío Ho, notre chanson
Est un feu de pur amour,
C’est un pigeon de pigeonnier
Un olivier d’oliveraie.
C’est le chant universel
Chaîne qui fera triompher
Le droit de vivre en paix.

https://lyricstranslate.com

Chili : les raisons de la colère populaire

 

S’il n’y a pas de pain pour le pauvre, il n’y aura pas de paix pour le riche

Cette semaine ( du 14 au 20 novembre 20109), il y a eu un appel massif à sauter au-dessus des tourniquets de paiement du métro de Santiago, en réponse à la quatrième hausse de l’année. La plupart des lycéens entraient en masse dans les gares, dépassant la capacité de réaction des gardes de sécurité. Peu de temps s’est écoulé avant la fermeture de certains postes et l’entrée des forces spéciales des carabiniers (police), réprimant à l’aide de bombes lacrymogènes, de matraques et même de chiens. Vendredi, il y a eu une répression à la chevrotine, qui a fait plusieurs blessés parmi les étudiants.

Le métro de Santiago (qui transporte environ 2,6 millions d’usagers par jour) est une icône du Chili sérieux, moderne et efficace qui veut se projeter vers l’extérieur, mais en même temps c’est le plus cher d’Amérique latine (un ticket à l’heure de pointe coûte environ 1,17 dollar), et les salaires du pays ne suffisent pas à maintenir le coût de la vie en hausse dans une société fortement inégalitaire, la plus marquée de l’OCDE. Cinquante pour cent des Chiliens gagnent moins de 550 dollars par mois (environ 400000 pesos), les transports représentant environ 10 % de ce montant, à quoi s’ajoutent les factures des services de base tels que l’électricité et l’eau, qui sont aussi parmi les plus hautes de la région.

Si l’on ajoute à cela les coûts du logement, de l’éducation et de la santé, nous avons une population qui vit en pratique avec des crédits de consommation, craignant de perdre son emploi et de ne pas pouvoir rembourser ses dettes. Et ceux qui ont pris leur retraite reçoivent des pensions très faibles (moins de 175000 pesos, environ 250 dollars) de leurs AFP (gestionnaires de fonds de pension)dans un système privatisé dont ils ne peuvent même pas retirer les fonds économisés de toute une vie. Telles sont les conséquences des réformes néolibérales introduites dans la société chilienne à l’époque de Pinochet (1973-1989) et approfondies par les gouvernements successifs de la Concertation pour la Démocratie, qui ont choisi de ne pas faire de changements de fond. En fait, le pays continue d’être régi par la Constitution de 1980, créée par le régime militaire.

 

Nous ne sommes ni de droite ni de gauche,
nous sommes ceux d’en bas et nous allons chercher ceux d’en haut !

Source de l’article : Chile: Evasión masiva en el Metro de Santiago, manifestaciones generalizadas en la capital y declaración de estado de emergencia

Manifestons ce lundi 21 octobre en solidarité avec le peuple chilien !

Communiqué de presse de La France insoumise.

« J’ai décrété l’état d’urgence et, à cette fin, j’ai nommé le général de division Javier Iturriaga del Campo à la tête de la défense nationale, conformément aux dispositions de notre législation concernant l’état d’urgence », a ainsi déclaré le chef d’État chilien, Sebastián Piñera, dans un message au palais gouvernemental.

Suite à la hausse du prix du ticket de métro à Santiago, le peuple chilien est sorti massivement dans la rue pour exprimer son mécontentement face à la situation sociale préoccupante que traverse le pays.

Le gouvernement a annoncé suspendre cette hausse. Pour autant, le pays semble s’enfoncer dans une logique répressive croissante jours après jours et la France insoumise exprime son inquiétude face à cette situation. Le couvre-feu a été instauré dans plusieurs grandes villes, dont la capitale qui a été mise sous tutelle de l’armée. Chars et camions de l’armée patrouillent les rues, rappelant les tristes épisodes de la dictature militaire. Malgré cela, malgré le couvre-feu, la répression brutale de l’armée et des incarcérations massives, le mouvement ne cesse de s’étendre dans tout le pays. La coordination nationale des Universitaires, ainsi que des organisations sociales, la coordination féministe 8M entre autres, appellent à une journée de grève contre la répression et pour la fin de la vie chère ce lundi partout dans le pays et dans le monde. 

Nous appelons tous les militants de la France insoumise, les associations, les citoyens à venir manifester ce lundi 21 octobre à 18h30 place Salvador Allende à Paris face à l’Ambassade du Chili en solidarité avec le peuple chilien.