Troyes : La France Insoumise sur le terrain pour les municipales

Dans son édition d’hier (jeudi 14 novembre 2019), dans un article consacré intitulé Baroin et les municipales en trois questions, le journaliste s’est délecté manifestement de mettre en cause la capacité de la France Insoumise à être présente à Troyes sur le terrain des municipales.

 

Ou tout ce que l’Est-éclair ne vous dit pas …

Sans doute la photo de Monsieur Baroin prend-elle trop de place !

Ce que dit l’article : “Cela ne devrait pas être le cas de la France Insoumise, qui n’a pas de fédération départementale, mais seulement un groupe à Troyes : “Nous aurions aimé, mais c’est mal engagé. C’est très dur de trouver des candidats”.

On y apprend pour commencer que la France Insoumise n’a pas de fédération départementale. Certes ! c’est dans les statuts de l’organisation que d’être organisée en groupes d’action au plus près du terrain. Mais la France Insoumise est bien présente par l’action et les media de l’Aube Insoumise au niveau de l’Aube tout entière… et elle continuera à contribuer à la construction de listes citoyennes d’écologie et de justice sociale dans tout le département.

Même à Troyes… Voici la positon du groupe d’action de Troyes : au vu de la difficulté que représente la constitution d’une liste pour une force naissante dans une ville de l’importance de Troyes, les Insoumis-e-s troyen-ne-s ont décidé d’un travail de fond dans les quartiers populaires sur les grandes questions qui agitent beaucoup la société : pauvreté, habitat, transports, éducation, etc…

La première intervention est prévue sur le quartier Jules Guesdes, on y parlera de pauvreté…

C’est à cette occasion, et seulement là, qu’à la demande des citoyens, et avec leur volonté et leur enthousiasme, il sera possible de concrétiser la volonté du programme municipal de la France Insoumise : “Lors de ces élections municipales, il y aura d’un côté celles et ceux qui comme d’habitude diront « votez pour nous parce que notre programme est le meilleur » et la France insoumise qui co-construira et appuiera des listes pour lesquelles il s’agira de dire « venez siéger au conseil municipal pour appliquer votre programme ! ».

Comme l’Aube Insoumise le fait avec réussite dans d’autres communes du département. On ne lâche rien !

“La honte isole… la prise de parole, ça fait de nous un peuple !”

Ci-dessous l’interview qu’Aède Haenel a accordé à Mediapart au sujet des violences qu’elle a subies, et comment elle les transcende pour les fondre dans un combat commun d’émancipation de toute l’humanité…

La France Insoumise, dans le chapitre 6 de l’Urgence Démocratique de son programme L’Avenir en commun propose :

Abolir les ségrégations et lutter contre toutes les formes de racisme

  • Assurer l'égalité réelleet combattre les discriminations fondées sur le genre, le handicap, l'apparence, la couleur de peau, l'âge, l'orientation sexuelle, la religion ou la croyance, l'origine sociale ou la fortune.

Abolir le patriarcat dans l'Etat et la société

  • Assurer l'égalité réelle et combattre les discriminations fondées sur le genre, le handicap, l'apparence, la couleur de peau, l'âge, l'orientation sexuelle, la religion ou la croyance, l'origine sociale ou la fortune
  • Renforcer la loi et les moyens contre les violences faites aux femmes
  • Généraliser le Planning familial dans ses missions de formation et d'éducation pour la contraception et le droit à l'avortement
  • Adopter une loi de lutte contre le sexisme
  • Abolir la prostitution et garantir la dignité de la personne humaine

Une campagne de la France Insoumise

Diffusons
toutes et tous ce tract pour préparer la marche #nous toutes
samedi 23 novembre

Clic sur l'image pour télécharger le tract

Soleil Rouge

Le docteur Koroglu

Vous pouvez aider concrètement le peuple kurde ! Le docteur Alexandre Mehmet Koroglu, cardiologue dans ‘Aube, est le président d’une association de solidarité qu’il a fondée aces ces amis “pour agir dans les régions où perdurent la guerre et ses conséquences, dans les zones sinistrées, auprès des populations affectées par la pauvreté, à la lumière des principes et valeurs universels du droit humanitaire.

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DE SOLEIL ROUGE-ROJA SOR

Appel à une rébellion internationale pour le Rojava

Ci-dessous une tribune parue dans Reporterre

Depuis mercredi, l’armée turque envahit le Kurdistan syrien, appelé aussi Rojava. Les auteurs de cette tribune appellent à la mobilisation pour le défendre. Au Rojava s’épanouit une expérimentation politique unique, portée par des femmes et des hommes qui combattirent les djihadistes de Daech aux côtés des Occidentaux.

Nous, collectifs écologistes, groupes de Gilets jaunes, organisations syndicales, organisations nationales, occupant-e-s de la place du Châtelet à Paris, membres d’Extinction Rebellion, appelons à soutenir massivement le Kurdistan syrien envahi par l’armée turque depuis le mercredi 9 octobre. Les bombes qui pleuvent sur ce territoire nous concernent tous-tes.

Depuis 2012, cette région au nord de la Syrie jouit d’une indépendance de fait et d’une administration autonome. Une expérimentation politique unique s’y déroule, fondée sur la démocratie directe, les assemblées locales, le féminisme, l’écologie, et la cohabitation des différents peuples. Malgré toutes ses imperfections, cette expérience représente une vraie alternative et mérite d’être défendue.

Cette guerre vise aussi à prendre le contrôle des ressources naturelles

Les enjeux de cette guerre sont immenses. Depuis 2013, les combattant-e-s kurdes et arabes des Forces démocratiques syriennes ont été au premier plan de la guerre contre Daech. Les voilà maintenant totalement lâché-e-s par la coalition internationale, qui s’en prétendait pourtant alliée. L’Union européenne, qui sombre dans des politiques de plus en plus xénophobes, cède depuis des années au chantage d’Erdogan [le président turc]au sujet des millions de réfugiés syriens en Turquie. Elle reste bras croisés parce qu’elle ne souhaite surtout pas accueillir ces millions « d’indésirables », qui sont confinés dans des camps en Turquie depuis des années.

Ceux qui sont menacés par les bombes turques au Kurdistan syrien ne sont pas seulement les populations kurdes mais toutes les populations civiles de la région : arabes, syriaques, arméniennes, turkmènes, assyriennes, etc. C’est la possibilité d’une coexistence pacifique entre de nombreuses minorités ethniques et confessionnelles qui risque d’être détruite par des massacres, des déplacements massifs et un nettoyage ethnique.

Dans cette région du « croissant fertile » aujourd’hui soumise à la destruction écologique, cette guerre vise aussi à prendre le contrôle des ressources naturelles. En annexant ce territoire, la Turquie cherche à accaparer en particulier l’eau de l’Euphrate, et également son pétrole. Nous sommes solidaires de l’appel à mobilisation internationale des volontaires de la Commune internationaliste, et de leur effort pour préserver les ressources naturelles et reboiser la région.

Nous n’oublions pas que l’expérience d’autonomie du Kurdistan syrien a surgi dans le contexte de la révolution syrienne de 2011, écrasée dans le sang dans le silence total de la communauté internationale. Elle est reliée aux vagues de soulèvements populaires des Printemps arabes en 2011. Depuis un an, cette vague internationale de révolte populaire a repris, en Algérie, au Soudan, en Irak, à Hong-Kong, en France et ailleurs. Nous en sommes profondément solidaires.

Une hypocrisie sanglante qui mène à l’effondrement du vivant sur la Terre

Nous dénonçons l’hypocrisie et la complicité des grandes puissances internationales. Si l’armée turque s’autorise à bombarder le Rojava, c’est parce que les États-Unis, la France, l’Allemagne et d’autres États le veulent bien. Le gouvernement français est d’ailleurs complice puisque l’entreprise Thalès fournit du matériel optique pour les drones turcs et réprime le mouvement kurde en France. Des « conférences climat » aux réunions du « Conseil de sécurité », c’est la même hypocrisie géopolitique qui règne. Une hypocrisie sanglante qui mène à l’effondrement du vivant sur la Terre, et à la destruction de toutes les alternatives politiques à ce système capitaliste, patriarcal et raciste.

Nous exigeons de l’État français, de l’Union européenne et de la communauté internationale :

  • L’arrêt immédiat de la guerre menée par l’État turc ;
  • La constitution immédiate d’une zone d’exclusion aérienne au-dessus de la région ;
  • La reconnaissance de l’autonomie de l’Administration autonome de la Syrie du Nord et de l’Est

Nous appelons à une réaction immédiate partout en France :

  • Appel à rejoindre la manifestation place de la République à Paris samedi 12 octobre à 14 h à l’appel de la communauté kurde, mais aussi à Strasbourg, Marseille, Nantes, Grenoble, etc.

Nous appelons à une rébellion internationale partout dans le monde en soutien au Kurdistan du nord de la Syrie :

  • Nous invitons l’ensemble des pays où la « rébellion internationale » a lieu à prendre position en soutien au Kurdistan syrien ;
  • Nous invitons à organiser des actions de solidarité partout dans le monde vendredi 11 octobre et dans les jours à venir.

  • Premiers signataires 
     Acta 
     Attac 
     Des participantes aux Bombes atomiques 
     Cerveaux non disponibles 
     Deep Green Resistance IDF 
     Fédération Sud PTT 
     Gilets jaunes de Commercy « canal historique » 
     Gilets jaunes de Saillans 
     Des Gilets jaunes de Montreuil 
     Pour une écologie sociale et populaire 
     Plein le dos 
     Revue Ballast 
     Des membres d’Extinction Rebellion et occupant-e-s de la Place du Châtelet 
     Le Social Club 
     Solidaires 
     Sud Éducation 91 
     Union communiste libertaire 
     Union des étudiants kurdes de France 
     Youth for Climate IDF 
     Peuple révolté 
     Jeunes Écologistes IDF 
     Jeunes Écogolistes 
     Vegan Corporation 
     Association des communistes insoumis 
     Gilets jaunes de Châteaubriant 
     Front social 57 
     Des habitant-e-s de la ZAD de NDDL 
     Collectif de solidarité avec les zapatistes Mut Vitz 12 
     UNL 38 
     Génération Climat 
     Printemps du Changement 
     Comité Antifasciste Lyonnais


Lire aussi : Au Rojava, la Turquie menace une révolution inspirée par l’écologiste Murray Bookchin


Source : Courriel à Reporterre

Photo : 
. chapô : le 11 octobre, au Kurdistan syrien. Photo retweetée par @RaphaelLebrujah

– Dans les tribunes, les auteurs expriment un point de vue propre, qui n’est pas nécessairement celui de la rédaction.
– Titre, chapô et intertitres sont de la rédaction.

La révolution méconnue du Rojava

L’article sur le site original
en cliquant sur le logo

A l’heure où tous les regards se tournent vers le Rojava (sauf celui des impuissants coupables !), un article emprunté à la revue Regards sur cette expérience qui fait peurs aux conservateurs économiques et religieux du monde entier !

Par Raphaël Lebrujah | 10 octobre 2019

La révolution méconnue du Rojava

Alors qu’Erdogan a lancé une offensive en Syrie à l’encontre des Kurdes (après le feu vert de Trump), on vous présente le Rojava, territoire d’une expérience politique singulière qui laisse la population s’auto-administrer… pour combien de temps encore ?

Que sait-on vraiment de ce qui se cache derrière le mot « Rojava » ? Pas grand-chose, en réalité. Pourtant, il s’agit d’une révolution spectaculaire, un basculement de civilisation là où précisément, en Mésopotamie, la civilisation est née il y a bien longtemps. Cette région située au nord de la Syrie et longeant la frontière avec la Turquie est peuplée majoritairement de Kurdes, mais aussi d’Arabes, de Syriaques, d’Arméniens, de Turkmènes, de Tchétchènes et de Circassiens. Elle constitue la partie ouest du Kurdistan, pays à cheval entre la Turquie, l’Iran, l’Irak et la Syrie.

En mars 2019, le dernier bastion territorial de Daech est tombé à Baghouz, en Syrie. L’alliance des FDS (Forces démocratiques syriennes) et du soutien aérien et matériel des pays occidentaux, en particuliers les États-Unis, la France et le Royaume-Uni, ont eu raison du « califat ». Les femmes combattantes kurdes, cheveux au vent et kalachnikov en bandoulière, des YPJ (Unités de défense des femmes) firent leur apparition sur le grand écran à la faveur de la lutte contre Daech. Mais, en général, les commentateurs se gardent bien de mentionner leur projet politique, qui est pourtant le fer de lance du Rojava.

Une vie politique décentralisée

Le confédéralisme démocratique est un nouveau paradigme pensé par le leader kurde Abdullah Öcalan, dit « Apo », depuis sa geôle turque. Le principal mouvement politique kurde de Syrie, le Parti de l’union démocratique (PYD) a adopté sa vision, notamment inspirée par l’intellectuel anarchiste Murray Bookchin. Le confédéralisme démocratique prône la mise en place d’un système décentralisé où les communes, petites unités à l’échelle de deux cents à trois cents familles, sont les principaux organes de décision dans la vie politique. Il ne s’agit plus de construire un État kurde pour les révolutionnaires kurdes, mais une organisation sociale fondée sur la société civile et non sur l’État. Un renouveau démocratique a fleuri, là où la dictature d’Assad opprimait le peuple kurde dans le sang. La langue kurde était interdite, et son usage réprimé par la torture. Il en allait de même pour les partis politiques d’opposition, seul le parti Baas régnait en despote. Un Kurde nous a confié ce à quoi il a été confronté sous Assad :

« Mon oncle a été arrêté et battu pour le seul crime d’avoir écouté une chanson en kurde. Une autre fois, j’avais quatorze ans, je me suis bagarré avec quatre Arabes et j’ai été le seul arrêté. On m’a mis en prison pendant trois jours et j’ai été torturé. Toutes les heures on me battait à coups de câble. Je n’ai pu sortir que parce que mon père a versé un pot-de-vin de mille dollars à mes geôliers ».

Autrefois l’État baasiste décidait de tout. Maintenant, ce sont les localités – à commencer par la langue dans laquelle elles désirent enseigner. Au Rojava, on peut même contester une amende de la police auprès de sa commune : l’assemblée de celle-ci a le pouvoir de l’abroger. Dans les rues d’Amouda, petite ville du Rojava que nous arpentons le soir à la fraîche, on aperçoit vite les signes d’une grande pluralité politique : des dizaines de bureaux de différents mouvements, du plus libéral au plus socialiste, occupent les rues autour des bâtiments gouvernementaux. Les chrétiens, en particulier les Syriaques, peuvent librement pratiquer leur religion. Leur langue dérivée de l’araméen est reconnue officiellement par l’auto-administration. Les habitants n’ont aucun mal à nous expliquer leurs positions politiques, bien loin des discours formatés. Récemment, nombreux furent ceux qui protestèrent contre le prix fixé par l’administration pour acheter le blé aux fermiers : cent cinquante livres syriennes par kilo. L’administration a cédé et a augmenté ce tarif. Certains font le ramadan, d’autres non et le revendiquent. Il n’est pas rare de voir un pratiquant servir à manger dans la journée à une personne ne pratiquant pas le jeûne. Le peuple du Rojava se montre très tolérant envers l’Autre, chose bien rare dans un Moyen-Orient gangrené par l’intégrisme.

Genre et justice

Mais cette révolution est d’abord la révolution des femmes. En première ligne contre Daech, leur présence fut décisive pour vaincre l’organisation. Comme nous l’a raconté autrefois un ancien légionnaire, Garbar, mort au combat à Raqqa au côté des Kurdes : « La guerre serait gagnée depuis longtemps si les hommes se battaient comme les femmes ». Leur efficacité n’est plus à prouver. Mais peut-être que le plus impressionnant, chez elles, est le poids politique qu’elles ont pris dans la société. Partout ont été bâties des maisons des femmes qui activent dans tous les quartiers la lutte contre les discriminations sexistes, en particulier les violences conjugales ou familiales. Chaque poste électif est coprésidé par une femme. Les assemblées d’élus fonctionnent dans une parité quasi parfaite. « Il faut avoir dans une main, l’égalité de genre, et dans l’autre main, la justice », nous déclare la porte-parole du Kongra Star, Evin Swed, l’organisation qui coordonne les associations de femmes du Rojava. Elle nous rappelle le principal slogan du Rojava : « Si l’on veut libérer la société, il faut commencer par libérer les femmes », une phrase d’Abdullah Öcalan. Elle nous raconte que le mouvement a commencé à se former dans la clandestinité sous le régime baasiste en 2005. Une vingtaine de femmes ont alors fondé ce qui est devenu le Kongra Star, une organisation de femmes, indépendante sur le plan politique, économique et social. Cette autonomie des femmes leur donne une très grande influence dans la société, au point d’avoir le droit de veto sur les décisions jugées sexistes.

Cela a pourtant des limites. Ainsi, le Kongra Star a voulu faire passer une loi contre la polygamie qui a provoqué de nombreuses réactions car « il est écrit dans le Coran qu’un homme peut avoir plusieurs femmes ». Les familles kurdes restent souvent très traditionnelles, les tâches y sont alors genrées à l’extrême. Difficile, pour les femmes, de sortir de leurs cuisines et des tâches ménagères dans de nombreuses familles. Et il est tout aussi difficile d’imaginer des rapports intimes hommes-femmes hors mariage. Les questions LGBT restent taboues dans de larges parts de la population et en poser peut facilement déclencher une vive hostilité. Il n’empêche que ces questions sont pensées par les partis les plus avant-gardistes du mouvement révolutionnaire du Rojava. Par exemple, les YPJ ont accepté des personnes transgenres dans leurs rangs, ou encore ont mené des stages de formation pour sensibiliser les hommes et les femmes au travail genré. Récemment une femme est devenue conductrice de bulldozer, métier traditionnellement réservé aux hommes.

L’économie est également en train de se transformer progressivement. Le Rojava était soumis à une politique d’arabisation forcée avec confiscation des terres par des colons arabes. Ces terres ont été municipalisées, mise sous contrôle des communes et, dans certains cas, redistribuées aux anciens propriétaires. Le reste du Rojava est dominé par la petite propriété, les villes sont remplies de petits ateliers et de petits commerces. L’auto-administration du Rojava encourage fortement la création de coopératives dans lesquelles les moyens sont mutualisés et partagés à parts égales entre les travailleurs et travailleuses. Les gestionnaires sont élus pour deux ans avec une limitation à deux mandats.

La crainte d’une invasion

La guerre civile en Syrie et la lutte contre Daech n’ont pas épargné le Rojava. On ne compte plus les milliers de martyrs morts pour la révolution. Au début limité à trois enclaves territoriales encerclées par des milices djihadistes, le Rojava s’est fondu dans une entité plus vaste : la Fédération démocratique de la Syrie du Nord et de l’Est. Elle occupe un territoire correspondant au tiers de la Syrie et s’étendant bien au-delà des territoires à majorité kurde. Ce territoire possède plus de 80% des réserves pétrolières syriennes. Il est aussi le grenier à blé du pays avec 40% de la production agricole avant-guerre, dont 60% de la production céréalière. Ces ressources attirent les appétits prédateurs des dictatures alentour. À commencer par la Turquie, l’Iran, ou encore le régime syrien d’Assad.

À l’intérieur de la Syrie, les milices islamistes et djihadistes se sont acharnées sur le Rojava : la célèbre ville de Kobané a été détruite à 80% par les combats, le quartier kurde de Sheikh Maqsoud à Alep a subi des dégâts équivalents de la part de milices salafistes financées par l’État turc. On ne compte plus les villages kurdes désertés à cause des mines laissées par les djihadistes de Daech. Reshan Shakr, un coordinateur pour le déminage, nous explique qu’il est extrêmement compliqué de faire son travail, car l’auto-administration n’a pas assez de moyens. Les mines feront des morts pendant encore des générations. La région est étranglée de l’extérieur, car elle est soumise à divers embargos par ses voisins qui voient d’un mauvais œil cette révolution d’inspiration socialiste rappelant à bien des égards la Commune de Paris.

Plus grave encore, en janvier 2018, la Turquie a envahi le canton d’Afrin et chassé brutalement ses habitants d’origine kurde pour les remplacer par des familles arabes islamistes venant principalement de la banlieue de Damas, de la banlieue nord de Homs ou encore d’Idlib. La région a été soumise à un pillage systématique par la Turquie et ses milices. Gulistan Sîdo, afrinoise et professeure de français, membre du comité des relations extérieures de son université, nous confie qu’elle a tout perdu lors de l’invasion turque : « Les djihadistes m’ont tout pris et ont brûlé tous mes livres, j’avais beaucoup de livres en français ». Des journalistes ont enquêté sur l’affaire, comme Jérémie André pour Le Point. Ils ont montré que le pillage avait été financé à hauteur de dizaines de millions d’euros par les consommateurs européens via l’Espagne.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan ne cache pas ses ambitions à propos du Rojava, qu’il cherche à tout prix à envahir. Bachar El Assad déclare à son tour que les FDS devront déposer les armes ou affronter son armée. Pour survivre, le Rojava a dû tisser un réseau d’alliances complexe, fait de compromis et de rebondissements, à l’extérieur comme à l’intérieur de la Syrie. Les Forces démocratiques syriennes se sont alliées à de nombreuses tribus arabes, dont la plus connue est celle des Shammar, qui ne partagent pas toujours les mêmes espoirs démocratiques. La plupart d’entre elles étaient d’ailleurs alliées à Daech avant de retourner leur veste dès que les combats ont tourné au désavantage des djihadistes. Ces tribus sont pourtant un allié important dans les zones à majorité arabe, et permettent de stabiliser ces zones post-Daech.

Quelle mobilisation pour le Rojava ?

Pour éviter une invasion du territoire et l’aider dans la lutte contre Daech, les autorités du Rojava se sont alliées à la coalition dirigée par les États-Unis contre Daech à partir de la bataille de Kobané, premier coup d’arrêt en 2014 à l’organisation djihadiste. Cette collaboration n’est pas de tout repos. À ses débuts, les États-Unis refusaient de livrer du matériel de déminage, afin de ménager leur allié turc. Brett McGurk, alors envoyé spécial de la coalition, avait constaté que les forces du Rojava en étaient réduites à faire usage de troupeaux de moutons pour déminer.

Mais, bien vite, la réalité rattrapa les autorités américaines : la Turquie n’était pas un allié fiable contre Daech. Au contraire même, elle avait directement aidé cette organisation à tenter d’exterminer les Kurdes. L’État turc, aveuglé par sa haine des Kurdes fit là un pas de trop. La coalition internationale décida d’armer beaucoup plus massivement les FDS pour en finir avec Daech en Syrie, faute d’autre partenaire fiable pour accomplir la tâche. Cette alliance tactique est très fragile, comme l’ont montré les velléités de Trump de retirer les troupes américaines de la Syrie, malgré l’opposition de son administration et de ses alliés internationaux, à commencer par la France. Ce retrait pourrait ouvrir la voie à une invasion du Rojava par la Turquie et le régime syrien.

Dans l’espoir de faire son grand retour au Moyen-Orient, l’État français a largement soutenu militairement le Rojava. Des négociations sont en cours pour que la France reconnaisse le Rojava et le faire ainsi rentrer officiellement dans l’arène internationale. Une reconnaissance assurerait une assise plus stable, mais surtout limiterait les menaces qui pèsent sur le Rojava. Un facteur sera décisif pour aboutir à ce résultat : la mobilisation de l’opinion publique en France. Hélas, le Rojava, ou Fédération démocratique de la Syrie du Nord et de l’Est, demeure trop méconnu pour déclencher une mobilisation massive. L’engagement de la France pourrait décider de l’avenir du Rojava, comme autrefois il a poussé François Hollande dans un soutien décisif, entraînant dans son sillage les Américains pendant la bataille de Kobané. Le sursaut aura-t-il lieu avant qu’il ne soit trop tard ?

Raphaël Lebrujah

Nous avons besoin de justice, de démocratie et de paix.

Parce que nous sommes les héritiers de Jaurès, ne nous laissons pas entraîner dans la rhétorique guerrière facile des nations, qui oublient les peuples qui luttent tous contre l’oppression, la justice et la paix.

Le 10 octobre, un attentat, dont un rapport de l’Union européenne attribue la responsabilité à l’AKP (le parti d’Erdoğan) tuait lors d’un rassemblement pacifique de la gauche turque 103 personnes. A l’aune de ce triste souvenir, et devant la menace de l’aventure militaire, voici le communiqué que les principales forces syndicales du pays ont écrit le 14 octobre 2019

Nous, travailleurs, fonctionnaires publics, ingénieurs, architectes, urbanistes et médecins du pays, sommes conscients du danger.

Ceux qui dirigent la Turquie ont fait payer à notre pays et à notre région d’énormes prix en prenant part à la guerre en Syrie, car ils ont négligé tous les avertissements. De plus, les autorités ont qualifié de « traîtres » les gens qui les ont avertis pendant des années.

Clic sur l’image pour en savoir plus sur l’attentat d’Ankara

Le massacre qui a eu lieu il y a quatre ans, le 10 octobre 2015, lors de la Réunion Travail-Paix-Démocratie à Ankara, au cours duquel nous avons perdu 103 personnes, n’est qu’un des prix payés. Nous sommes maintenant confrontés au danger de garder la « tutelle » de milliers de membres de l’Etat Islamique venant de tous les coins du monde alors qu’aucun pays, dont ils sont citoyens, ne les reprendrait. L’État islamique s’est formé à la suite de politiques de guerre au Moyen-Orient et a commis des massacres qui ont causé la mort de centaines de personnes en Turquie.

La question brûlante est  : A qui cela servira de s’embarquer dans une telle opération militaire, avec la permission des forces impérialistes et avec les armes qu’ils ont vendues, et continueront à vendre, dans une terre étrangère qui est devenue le champ de bataille des forces impérialistes en faisant des promesses dangereuses qui menacent notre avenir à tous.

Il est de notre devoir d’en prendre note et de l’écrire dans l’histoire, comme une responsabilité envers notre pays, les amis de ce pays et nos adhérents  : Pour ceux d’entre nous qui voient qu’une telle aventure militaire ne résoudra aucun problème, et approfondira plutôt les principaux problèmes de notre pays, ce n’est pas le moment de rester aveuglément silencieux.

Les principaux problèmes de notre pays sont le nombre record de chômeurs, l’augmentation effroyable des prix et l’appauvrissement de millions de personnes.

Le principal problème de notre pays est la destruction de la démocratie et de la justice.

Le principal problème de notre pays est la discrimination, la polarisation, les politiques aliénantes contre l’espoir de vivre ensemble, dans la paix et la fraternité.

Ce nouvel engagement aventureux en Syrie approfondira ces principaux problèmes plutôt que de les résoudre,  comme cela a été le cas d’autres aventures de ce genre dans le passé.

Nous, en tant que DİSK-KESK-TMMOB et TTB promettons une fois de plus à tous les bien-aimés que nous avons perdus,  à l’occasion de l’anniversaire du massacre d’Ankara du 10 octobre au cours duquel nous avons perdu 103 amis : Nous allons nous consacrer à une Turquie régie par le travail, la paix et la démocratie

DİSK – Confédération des syndicats progressistes de Turquie
KESK – Confédération des Syndicats de la Fonction Publique
TMMOB – Union des Chambres des Ingénieurs et Architectes Turcs
TTB -Association médicale turque

Dix millions de fraude à la Sécurité Sociale ?

En ces temps ou le néolibéralisme du gouvernement ne connaît plus de limites, et envisage dans le PLFSS 2020 de voler sur nos cotisations ce qu’il a lâché sous la pression des gilets jaunes en décembre, le combat de Raymonde et Claude Didierjean prend encore plus de sens !

En cause, la façon bien désinvolte dont l’établissement de Bourbonne les Bains joue sur le soit-disant “flou” de la législation (alors que le texte est précis – “5 sites d’application”) pour ne faire aux curistes que trois applications au lieu des cinq prévues dans le remboursement forfaitaire de la Sécurité Sociale. Et, le comble, ils sont loin d’être les seuls à ainsi abuser des fonds publics !

Raymonde et Claude ont, comme vous pourrez le lire dans les deux articles ci-joints, mené tous les combats possibles : pétition, lettres aux députés, interpellation de la CAM, concours d’un avocat…

Lire l'article de Que Choisir ?

DIX MILLIONS DE FRAUDE POTENTIELLE

Les deux soins manquants peuvent être facturés 180€ indûment, voire  plus.Sur les 71 stations interrogées, 63 ont répondu : 47 stations (75%) seraient hors la loi.Á 470 000 curistes RH par an en 2017 sur 2 ans, si 60% ont subit cette fraude, on obtient :

940000x180x60% = 10 476 000 € pris dans nos poches

Conséquence de ce dévouement à la cause commune : sous prétexte de non-respect du règlement intérieur, le PDG de VALVITAL, M. Bernard Riac, propriétaire de onze établissements dont celui de Bourbonne les Bains leur refuse l’accès à ses onze établissements, alors que les eaux de Bourbonne les Bains sont les plus adaptées au traitement de l’ostéoporose de Raymonde et de la coxarthrose sévère de Claude… 

Lire l'article de FR3 Grand Est
L'aspect juridique de l'affaire : lisez la lettre de l'avocat de Raymonde et Claude

Raymonde et Claude ont quand même reçu une réponse de la sécurité sociale : si l’on y lit que le “flou” de la législation amènera à une nouvelle rédaction de l’article incriminé en 2020, on y lit aussi que ” le préjudice à la sécurité sociale n’est pas clairement établi dans la mesure où un supplément serait facturé aux curistes par l’établissement thermal pour la délivrance de 5 applications” ! Est-ce à dire qu’il est normal que des soins remboursés par la SS soient en plus facturés à l’usager ?

L’Aube insoumise tient à affirmer son soutien à ce combat juste et courageux.

Elles vous appelle à signer la pétition en cliquant sur le bouton en haut de l’article !

Elle saisit son groupe parlementaire, et en particulier les deux députés référents des départements de l’Aube (Adrien Quatennens) et de la Haute-Marne (Caroline Fiat) pour interpeller sous la meilleure forme la ministre de la santé, et proposer toute disposition législative susceptible de mettre fin à ce scandale !

Le livret programmatique de la France Insoumise

Equateur : la révolte historique a forcé la main du gouvernement

Clic pour l’article en espagnol

Le président de l’Equateur Lenin Moreno a dû faire marche arrière à propos du décret 883 et le paquet de mesures d’austérité proposées par le FMI, après onze jours de mobilisations intenses, d’occupations de préfectures, de commissariats  et de puits de prétoire qui ont ébranlé le pays.

Ce dimanche, lors de la réunion sous la médiation de l’ONU et de la Conférence Episcopale entre le Gouvernement et le mouvement indigène, Lenin Moreno a annoncé l’abrogation du décret 883 (qui entraînait la hausse de plus de 100% des carburants par abandon des subventions – Note de l’AI).

L’exigence de l’abrogation du décret a été un des mots d’ordre qu’on a le plus entendus durant les onze jours de mobilisation du peuple équatorien, qui est allé jusqu’à demander la démission du président. Il y a quelques temps, on a annoncé la fin des manifestation, dont la répression à ce jour a fait 10 morts, plus de 2000 blessés et mille prisonniers, d’après les estimations qui ont cours.

La veille de l’appel au dialogue, la participation de toute la ville s’était ajoutée aux acteurs indigènes de la mobilisation, : cela s’est traduit par des barricades dans les quartiers populaires, et un concert de casseroles toute la nuit.

Lors de la conférence, Jaime Vargas, leader indigène du peuple achuar, qui est actuellement président de la Confédération des Nationalités Indigènes d’Equateur (CONAIE) s’est élevé contre les ministres de la Défense et de la Guerre dont il a exigé la démission, et amis l’accent sur le fait que les mobilisations n’était pas une révolte des indigènes seulement, mais bien du peuple équatorien dans son ensemble. : il a dénoncé « plus de quatre assassinats lors des manifestations, plus de 100 disparus. Nous tenons le registre des méthodes de torture dans les prisons. Un écrasement des droits de l’homme. »

Voici les points de l’accord :

1  – Elimination de l’article 883

2 – On crée une commission mixte pour élaborer un nouveau décret.

3 – On met fin aux mobilisations dans tut l’Equateur.

4 – On lance un appel pour ramener le calme au travers de l’accord.

Après l’accord, la liesse populaire ne s’est pas fait attendre et a occupé toues les rues, après 11 jours de lutte intense.

Contre l’impunité des multinationales, passons à l’action du 11 au 19 octobre !

Au fil des accords de libre-échange et d’investissement, des politiques de libéralisation et de déréglementation, des avantages consentis par les pouvoirs publics, les entreprises multinationales contrôlent des pans entiers de l’activité économique en ayant de graves impacts sociaux, écologiques et démocratiques.
 
Depuis janvier 2019, plus de 200 organisations de 16 pays européens mènent campagne pour mettre fin à l’impunité des entreprises multinationales et obtenir des régulations contraignantes sur leurs activités. Plus de 600 000 personnes ont déjà signé un appel en ce sens.
 
A l’occasion de négociations importantes, tant du point de vue d’un futur Traité contraignant dans le cadre de l’ONU (Genève) que de l’avenir des tribunaux d’arbitrage (Vienne), ces mêmes organisations appellent à une semaine d’actions du 11 au 19 octobre : « ensemble, mettons fin à l’impunité des multinationales »
Si ce n’est toujours pas fait, signez la pétition européenne :

Des droits pour les peuples, des règles pour les multinationales

 

En France, les actions et initiatives de rue sont principalement organisées par deux organisations, Attac France et le CCFD-Terre Solidaire
Du côté d’Attac France
 
 Celles et ceux qui le souhaitent peuvent passer à l’action très simplement les 12 et 13 octobre en mettant #HorsService trois des multinationales les plus polluantes et prédatrices : BNP Paribas, Total, Amazon. Pour cela :
 
 Attac France précise que ces actions se poursuivront notamment les 29 et 30 novembre à l’occasion du “Vendredi noir pour Amazon”
Du côté du CCFD Terre Solidaire
 
« Reprenons le pouvoir », tel est le message du travail d’interpellation, de sensibilisation et d’actions mené par le CFFD-Terre Solidaire à l’occasion de cette semaine d’actions :
-* voir le site https://reprenonslepouvoir.org qui renvoie à la pétition européenne et qui présence quelques cas d’ISDS et de déni de justice de manière interactive ;
-* le dossier de presse
-* la note de position envoyée aux parlementaires demandant aux autorités comment elles allaient soutenir le processus de négociation du traité ;
 
Au niveau européen
 
  • à Genève, une manifestation est organisée le samedi 12 octobre et de nombreuses actions / débats sont prévus toute la semaine pour suivre la négociation du Traité et faire pression sur les délégations ; l’intégralité du programme est ici ;
  • une caravane allant de Francfort à Vienne en passant par Genève est pilotée par Attac Allemagne : les informations en français ici.