Chili : le cauchemar des retraités soumis à la finance !

Tout est dans le titre… Le nouveau monde de Macron a un sinistre goût de déjà vu, avec un système de retraites élaboré par le frère du président éborgner que Macron voulait inviter à Biarritz … pour comparer leurs faits d’armes !

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Dans ce reportage poignant, Nicolas Margerand et Erasmos Salas nous donnent à voir un Chili en pleine insurrection, dressé contre le système économique néolibéral mis en place sous la dictature d’Augusto Pinochet. Focus sur les seniors chiliens, poussés à la misère, contraints de travailler jusqu’à leurs dernières forces, pressurisés par un système de retraites privatisé, au seul bénéfice de puissants fonds de pension.

Bonne année… sans BlackRock !

Ci-dessous une intervention – salutaire ! – de François Ruffin

Le Premier ministre Edouard Philippe a donc élevé Jean-François Cirelli, le patron de BlackRock France, au rang d’officier de la légion d’honneur. Avec cette promotion, c’est surtout le niveau du cynisme qu’ils ont élevé.

« On peut tout, nous signifient-ils. On peut tout se permettre. On peut tout s’autoriser. »

Les retraites se transforment en test, vous savez, comme pour la grenouille de la fable, la température de l’eau qui monte, qui monte, et elle qui s’endort, qui s’endort, jusqu’à cuire : nous reste-t-il assez de vitalité pour bondir en dehors du bocal ? Ou notre peuple est-il trop fatigué, trop résigné, trop découragé, pour leur bondir au nez ? Allons-nous accepter, pas seulement qu’un banquier soit installé à l’Elysée, mais qu’il convie au festin ses copains, qu’il nous dirige main dans la main avec les financiers américains ?

Les faits sont connus, désormais.

Dès juin 2017, à peine élu, qui Emmanuel Macron reçoit-il en urgence à l’Elysée ? L’intersyndicale de Whirlpool-Amiens, bientôt délocalisé en Pologne ? Non, Larry Fink, le PDG de BlackRock (qui détient des parts dans Whirlpool). Lui en ressort tout miel : « Nous pensons que cette présidence est positive pour la France et surtout pour l’Europe… »

Mais à l’automne, c’est désormais BlackRock qui reçoit à l’Elysée ! Les clés du salon Murat, où se déroule chaque semaine le Conseil des ministres, sont confiées à Larry Fink. Qui y tient un séminaire avec ses camarades financiers.

Tout est dit.

En une anecdote, tout est dit.

BlackRock s’est installé à l’Elysée.

Il a pris ses aises au cœur du pouvoir français.

Quand, par exemple, la fondation abbé Pierre, ou le Secours populaire, ou ATD-Quart monde, ont-ils obtenu les mêmes faveurs ? Jamais. Jamais.

Mieux, ou pire encore, ce même jour d’octobre 2017, cinq ministres, Bruno Le Maire, Elisabeth Borne, Benjamin Griveaux, Muriel Pénicaud et le Premier d’entre eux, Edouard Philippe, ont défilé devant Larry Fink. Lui ont exposé « les réformes en cours », suppression de l’ISF, marché du travail, etc. Comme des bons élèves devant le maître, espérant une bonne note.

Mais quand Greenpeace, ou les Amis de la Terre, ou Oxfam furent-ils conviés à l’Elysée, à Matignon, avec un défilé de ministres, pour noter à leur tour les « réformes » ? Pour évaluer leur impact sur la planète ? Jamais. Jamais.

Mais même sur l’environnement, deux mois plus tard, en décembre 2017, même lors du One Planet Summit, à qui déroule-t-on le tapis rouge ? Aux financiers, toujours. Les private equity et les fonds de pension anglo-saxons, Larry Fink en tête, demeurent les stars, qui nous évangélisent : « Finance is not the enemy, finance is the key. »

Et je passe ici sur la nomination du patron de BlackRock France, Jean-François Cirelli, au comité CAP22 d’Edouard Philippe, pour « guider l’action publique ». Je passe sur la note « Un bon plan retraite », feuille de route adressée par BlackRock au gouvernement. Je passe sur les louanges, les tonnes d’encens, délivrées par les dirigeants de BlackRock France, Europe, Monde, à Macron, je passe, je passe, je passe, sur cette permanente collusion.

J’en viens au pompon : la légion d’honneur.

« C’est une mauvaise polémique, assurent les ministres en chœur. Ce n’est pas au dirigeant de BlackRock que cette récompense est délivrée. C’est à la carrière du haut-fonctionnaire, etc. etc. »

Mais justement : c’est cette carrière qui devrait lui valoir, et quotidiennement, la légion du déshonneur. C’est pour cette carrière, pour ses manœuvres et ses basses œuvres, qu’il mérite la déchéance.

Faisons bref.

Comme les retraites, Gaz de France est issu de la Libération : en 1945, le ministre Marcel Paul nationalise les réseaux de gaz et d’électricité.

Tout roule.

Jusqu’en 2004. Jean-François Cirelli en est alors PDG. Suivant des directives européennes (validées par Jospin), le gaz est ouvert à la concurrence. Après son élection, en 2007, lors d’un dîner, Nicolas Sarkozy, le promet à ses amis, le milliardaire belge Albert Frère et le milliardaire canadien Paul Desmarais : il va privatiser GDF. L’entreprise fusionne alors avec Suez, dirigée par Gérard Mestrallet, et l’Etat descend à 35% du capital.

Le grand gavage commence. Avant même l’entrée en Bourse, le 15 juillet 2008, tombe cette nouvelle : « GDF-Suez versera un dividende exceptionnel. » C’est l’urgence des urgences : le dividende. Entre 2009 et aujourd’hui, les dividendes versés aux actionnaires ont représenté trois fois le montant de ses bénéfices. Le taux de redistribution moyen sur cette période est en effet de… 333 % ! Un pactole, au total, qui avoisine les 40 milliards.

Opéra : l’art au service de la lutte…

Cette petite vidéo d’un journaliste de FR3 Ile de France a fait le tour des réseaux. Magnifique illustration de ce que représente la lutte collective, comme aspiration à plus beau, plus humain et plus fort… Attitude remarquable des danseu-r-se-s qui ont refusé de ne pouvoir regarder leurs successeurs en face, en refusant la clause bien mal-dite du “grand-père ?” Car de quelle tête de bureaucrate est sorite l’idée qu’une société heureuse est une société sans solidarité familiale et intergénérationnelle ?

Nous publions en dessous de la vidéo une tribune de P. G. (sur le site de Lutte ouvrière)… Merci à lui : comme le dit une de nos camarades insoumises, “c’est un peu de douceur dans ce monde de brutes et un beau cadeau pour entrer revigorés dans cette nouvelle décennie. “Ils ont les biens. Nous avons les liens !” 

Clause du grand-père : “Les autres”, c’est nous tous

Au gouvernement qui leur proposait de n’appliquer la réforme des retraites qu’aux nouveaux embauchés, les salariés de l’Opéra de Paris, danseurs, musiciens et techniciens, ont répondu : « Nous ne pouvons pas être la génération qui aura sacrifié les suivantes. »

C’est aussi pour les générations suivantes que se battaient les cheminots lorsqu’ils défendaient leur statut, c’est pour « les autres » qu’ils se battent aujourd’hui avec ceux de la RATP pour défendre les retraites de tous les salariés.

Cette attitude semble incompréhensible à nombre de journalistes, de commentateurs et de politiciens. Comment donc, disent-ils, on vous donne satisfaction et vous continuez à exiger qu’on donne la même chose aux autres ? Quelle étrangeté en effet, dans le monde du profit individuel, de la réussite solitaire, du chacun pour soi, que de se soucier des autres. Pour un patron, petit, moyen ou grand, « les autres » ce sont ces gens qu’il faut exploiter lorsqu’ils sont ouvriers, gruger lorsque ce sont des clients. Ce n’est même pas de la malhonnêteté, c’est la morale et le comportement qui correspondent à leur place dans la société et à la nécessité d’écraser les autres pour s’en sortir soi-même. Les nantis sont tellement imbibés d’individualisme qu’ils ne se rendent pas compte qu’ils injurient les grévistes en leur proposant la clause du grand-père.

Pour un travailleur conscient, en revanche, « les autres » c’est l’ensemble des exploités, ceux qui produisent tout, ses amis, ses voisins, connus ou inconnus, la collectivité. Pour les exploités aussi la morale découle de la place dans la société et c’est donc parmi les travailleurs qu’on peut trouver des comportements solidaires. Des travailleurs débrayent pour qu’un intérimaire soit embauché, alors que les employeurs le considèrent comme un simple pion. Une infirmière reste au travail tant qu’elle n’est pas remplacée, l’État ou les cliniques privées réduisent les emplois au risque de l’accident. Un marin sauveteur bénévole sort en mer par tous les temps, un armateur négocie le prix du remorquage d’un navire en détresse avant de faire quoi que ce soit. Un cheminot blessé dans un accident va poser des balises sur la voie, un entrepreneur du bâtiment lésine sur le béton au risque de l’effondrement. Les travailleurs se demandent quel monde ils vont laisser aux générations suivantes et souvent se battent pour qu’il soit le meilleur possible. Les capitalistes veulent un profit immédiat et après eux le déluge…

Les possédants et leurs représentants continueront donc à ne pas comprendre et les grévistes continueront à se battre pour des « autres » qui sont les leurs et au fond nous tous.

P. G.

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LA RÉFORME DES RETRAITES ENFIN DÉVOILÉE

Réaction de Gérard Filoche

Une réaction à chaud de l’inspecteur du travail Gérard Filoche qu’on ne croisera pas sur les média dominants mais à qui «Là-bas si j’y suis» a tendu son micro.

Émission du jour sur le Media

Avec Christophe Ramaux membre des «économistes atterrés» et la porte-parole du collectif citoyen «Nos retraites» qui se donne pour mission de diffuser des informations, du décryptage et de la “désintox” sur le projet de réforme des retraites concocté par le gouvernement.

Chili : 50 jours d’espoir

Nous publions ici la vidéo de Claudia Aranda, qui montre l’atmosphère qui régnait hier sur la Plaza de la Dignidad (ex-Plaza Italia), dans le centre de Santiago, où une fois de plus il y avait foule, 50 jours après une explosion sociale sans précédent dans notre histoire. Un mouvement qui a unifié les revendications de millions de Chiliens et qui continue à se transformer en expression d’une manifestation populaire. Le reportage photo est également de Claudia Aranda :

Et une video de Ricardo Morinai

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Stopper la politique anti-cômeurs

Plus de 150 personnes s’étaient réunies pour la manifestation des privés d’emploi, pour dire stop à la politique anti-chômeurs menée par les gouvernements de ce pays depuis des années, et qui s’est brutalement accentuée sous la présidence de Macron.

Les Insoumis y étaient bien évidemment présents. Solidaires de l’action syndicale, ils y étaient porteurs des propositions de L’Avenir en commun

  • Assurer la continuité des droits personnels hors du contrat de travail (droit à la formation, ancienneté, etc.)
  • Garantir la continuité du revenu en cas de perte d'emploi ou de retrait d'activité, dans le cadre d'une Sécurité sociale professionnelle
  • Établir le droit opposable à l'emploi en faisant de l'État l'employeur en dernier ressort : en cas de chômage de longue durée, l'État doit proposer un emploi au chômeur en lien avec sa qualification, sur une mission d'intérêt général. L'indemnisation par l'allocation chômage se poursuit jusqu'à ce qu'un tel emploi soit proposé par l'État
  • Refonder le service public de l'emploi en identifiant clairement chacune des missions (conseil et accompagnement ; indemnisation ; orientation et formation professionnelle)

Adrien Quatennens : Le chômage tue !

Le 5 novembre 2019, Adrien Quatennens interrogeait la ministre du travail, Muriel Pénicaud, lors de la séance des questions au gouvernement sur la réforme de l’Assurance-chômage entrée en vigueur le 1er novembre 2019.

Italie : Les “sardines” antifascistes – une mobilisation spectaculaire…

Parti d’une flash-mob lancée par quelques-uns à Bologne, le mouvement des “sardines” fait tâche d’huile 😀 en Italie.

Première manifestation des sardines à Bologne

15000 à à Bologne, 45000 à Florence quelques jours plus tard… Initialement réaction à la victoire de l’extrême-droite de Mateo Salvini en Ombrie, région depuis 50 ans à gauche, et à sa volonté de conquérir l’emilie-romaine, autre région de gauche depuis longtemps, le mouvement s’étend. maintenant à toute l’Italie : ils étaient ainsi 10000 à Naples.

A Florence
A Naples

Pour mieux comprendre ce mouvement, au-delà de l’émotion qu’il y a à réentendre Bella ciao illuminer les places italiennes, voici le manifeste de ce mouvement nouveau :

C’est une synthèse en dix points des idées et des valeurs d’un mouvement qui oppose à la politique de la haine et des insultes la non-violence et la créativité.

  1. Les chiffres valent plus que la propagande et les fake news, c’est pourquoi nous devons être nombreux et faire savoir aux gens qui pensent comme nous que ce groupe existe ;
  2. Il est possible de changer l’inertie d’une rhétorique populiste. Comment ? en utilisant l’art, la beauté, la nonviolence, la créativité et l’écoute.
  3. La tête vient avant le ventre, ou bien plutôt, les émotions doivent s’aligner sur la pensée critique;
  4. Les gens viennent avant les comptes sociaux. Pourquoi? Parce que nous savons que nous sommes de vraies personnes, avec des facultés de pensée et d’action. La place publique fait partie du monde réel et c’est là que nous voulons retourner;
  5. L’acteur, c’est la place, pas les organisateurs. Nous croyons à la participation.
  6. Aucun drapeau, aucune insulte, aucune violence. Nous sommes inclusifs ;
  7. Nous ne sommes pas seuls, mais partie des relations humaines. Mettons-nous en réseau ;
  8. Nous sommes vulnérables et nous incluons le fait de nous émouvoir dans le spectre des émotions possibles et nécessaires. Nous sommes empathiques ;
  9. Les actions motivées par des intérêts sont respectables, celles fondées sur la gratuité et la générosité sont dignes d’admiration. Reconnaître ses propres valeurs dans les yeux des autres, sur une place publique, est un fait intime mais révolutionnaire ;
  10. Si je change, cela ne change pas le monde, mais quelque chose commence à changer. Il nous faut de l’espoir et du courage.
Bella ciao…