Chili : les raisons de la colère populaire

 

S’il n’y a pas de pain pour le pauvre, il n’y aura pas de paix pour le riche

Cette semaine ( du 14 au 20 novembre 20109), il y a eu un appel massif à sauter au-dessus des tourniquets de paiement du métro de Santiago, en réponse à la quatrième hausse de l’année. La plupart des lycéens entraient en masse dans les gares, dépassant la capacité de réaction des gardes de sécurité. Peu de temps s’est écoulé avant la fermeture de certains postes et l’entrée des forces spéciales des carabiniers (police), réprimant à l’aide de bombes lacrymogènes, de matraques et même de chiens. Vendredi, il y a eu une répression à la chevrotine, qui a fait plusieurs blessés parmi les étudiants.

Le métro de Santiago (qui transporte environ 2,6 millions d’usagers par jour) est une icône du Chili sérieux, moderne et efficace qui veut se projeter vers l’extérieur, mais en même temps c’est le plus cher d’Amérique latine (un ticket à l’heure de pointe coûte environ 1,17 dollar), et les salaires du pays ne suffisent pas à maintenir le coût de la vie en hausse dans une société fortement inégalitaire, la plus marquée de l’OCDE. Cinquante pour cent des Chiliens gagnent moins de 550 dollars par mois (environ 400000 pesos), les transports représentant environ 10 % de ce montant, à quoi s’ajoutent les factures des services de base tels que l’électricité et l’eau, qui sont aussi parmi les plus hautes de la région.

Si l’on ajoute à cela les coûts du logement, de l’éducation et de la santé, nous avons une population qui vit en pratique avec des crédits de consommation, craignant de perdre son emploi et de ne pas pouvoir rembourser ses dettes. Et ceux qui ont pris leur retraite reçoivent des pensions très faibles (moins de 175000 pesos, environ 250 dollars) de leurs AFP (gestionnaires de fonds de pension)dans un système privatisé dont ils ne peuvent même pas retirer les fonds économisés de toute une vie. Telles sont les conséquences des réformes néolibérales introduites dans la société chilienne à l’époque de Pinochet (1973-1989) et approfondies par les gouvernements successifs de la Concertation pour la Démocratie, qui ont choisi de ne pas faire de changements de fond. En fait, le pays continue d’être régi par la Constitution de 1980, créée par le régime militaire.

 

Nous ne sommes ni de droite ni de gauche,
nous sommes ceux d’en bas et nous allons chercher ceux d’en haut !

Source de l’article : Chile: Evasión masiva en el Metro de Santiago, manifestaciones generalizadas en la capital y declaración de estado de emergencia

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