Défendre le service public de la santé !

C’était le sens du rassemblement d’environ 400 personnes devant l’hôpital mardi 16 juin à 17 h 30… Une foule dynamique et résolue, pur que l’on réponde enfin sérieusement à la crise de l’hôpital autrement que par des distributions de colifichets…

Quelques images…

 

 

La prise de parole intersyndicale

Intervention CGT FO FSU SOLIDAIRES du 16 juin

Bonjour à tous, 

Nous vous appelons à observer une minute de silence pour toutes les personnes usagers et salariés décédées, pour leur famille et pour tous celles et ceux qui ont été durement été éprouvé par ce virus et qui pour certains encore hospitalisés.

Durant la moitié du XXème siècle, la situation sanitaire désastreuse pour la population, les progrès scientifiques et les ambitions sociales ont poussé la société française  à passer d’un système santé basé sur la charité à un système de santé construit sur deux piliers : l’Hôpital public et la sécurité sociale.

Ce système, reconnu comme le meilleur au monde par l’OMS jusque dans le début des années 2000, a fait ses preuves en termes de progrès des prises en charge et d’amélioration de la santé de la population. 

Or il n’a pas cessé depuis plus de 30 ans d’être attaqué et démantelé par des réformes successives provoquant inévitablement des manques et des failles qui se sont révélées de façon criante à l’occasion de l’épidémie COVID 19. 

Par manque de moyens sanitaires, le gouvernement a dû confiner la population dans des conditions souvent difficiles et pendant une période particulièrement longue. 

Par manque de moyens logistiques, les équipes ont dû faire des choix difficiles dans la priorisation des patients. 

Par manque de moyens matériels, les salarié.e.s ont dû faire face au manque de protections individuelles et ont parfois mis en danger leur vie pour sauver celle des autres ou prendre en charge les personnes en situation de fragilité.

Par manque de moyens humains, les salarié.e.s ont été soumis.es à des rythmes difficiles et les soins ont dû être priorisés. 

On voit là une gestion des établissements de santé  exclusivement guidée par la recherche d’économies, ce qui a entraîné une pénurie des stocks de masques et de matériels de protection, des réductions de lits et de personnels dans le secteur hospitalier qui ont demandé de gros efforts d’adaptation, logistiques, humains et éthiques, des soins de ville manquant de moyens de coordination. 

Dans le secteur social et médico-social (Protection de l’enfance, Handicap, Ehpad, Aide à domicile, Crèche, Assistantes maternelles, Solidarité en direction des personnes en difficulté) la même politique de réduction sans fin des budgets a imposé aux salarié.e.s une situation de sous moyens et de conditions de travail très dégradées. Cette situation a mis en difficulté les établissements et personnes pour poursuivre leurs missions auprès des personnes fragilisées dans cette période de crise Covid 19. Comme dans le sanitaire, les salarié.e.s du secteur social ont été sur-exposé.e.s, n’ayant pas les protections adéquates suffisamment rapidement.

Cette crise a aussi remis en lumière que dans ce secteur de la santé et de l’action sociale dont le salariat est très majoritairement féminin, les salaires sont loin d’être à hauteur des qualifications et de la nature essentielle des activités pour notre société. 

Autant de constats qui doivent conduire à l’abandon immédiat des logiques et politiques mortifères ayant fragilisé à l’extrême notre système de santé. Il est temps de redonner les moyens nécessaires aux besoins de santé et solidarité de la population. Cette épidémie a également mis en lumière que le concept de santé est global et ne pouvait peut être abordé et organisé sans lien entre hôpitaux, structures sociales et médico-sociales et soins de ville. 

Aujourd’hui, même s’il y a urgence à apporter des réponses, le Président  et son gouvernement, par les actes qu’ils posent et annoncent, n’ont pas l’intention de prendre le temps d’analyser la situation sous tous les angles, de reconnaître certaines évidences et encore moins de reconnaitre leur responsabilité. 

Trois semaines sont passées depuis le lancement du « Ségur de la santé » et nous en sommes toujours au point mort. Un ultimatum a été lancé par plusieurs syndicats, représentant la majorité des salariés, pour obtenir la présence du ministre de la Santé à une prochaine réunion afin qu’il mette sur la table des propositions chiffrées face aux revendications posées depuis très longtemps. En l’absence de réponse à cette demande la question de la poursuite de la présence des représentants syndicaux à ce simulacre de concertation va se poser. 

A côté de ça des annonces tombent. Alors que de nombreux secteurs bénéficient d’aides de l’Etat (Air France, Renault, etc.) qui se chiffrent en dizaines de milliards, le gouvernent ne compense pas les baisse de recette et de dépense créé par la crise sanitaire. Il nous refait le coup du « trou de la Sécu » et veut étaler son remboursement jusqu’en 2033. C’est nous qui devrons rembourser d’ici là 36 milliards d’euros. Cela veut dire qu’environ 15 milliard d’euros seront ponctionner chaque année sur le budget de la Sécu qui est, nous le savons, insuffisant aujourd’hui pour assurer le fonctionnement correcte de notre système de santé et d’action sociale. Alors que nous demandons des moyens supplémentaires, le gouvernement demande en fait au Parlement de réduire encore un peu plus les budgets des établissements. 

Il a aussi pour rappel depuis sa mise en place engagé aucune action permettant d’enrayer la fraude fiscale qui s’élève à 80 milliards d’euros.

Pendant cette crise la majorité présidentielle n’a pas voté le projet de loi  déposé par des députés remettant l’Impôt sur les grandes fortunes 

Ils n’ont pas n’ont plus initié une action pour bloquer le versement immoral dans les grandes entreprises de dividendes aux actionnaires.

Ces mesures auraient permis de financer la solidarité et l’aide aux petites entreprises en difficulté dans cette période exeptionnelle.

Voilà les véritables raisons de l’absence de financement mis sur la table du Ségur. 

Emmanuel Macron et le gouvernement se foutent de nous ! Ils préparent une nouvelle saignée avec des nouvelles économies faites sur le dos du secteur et des salariés en opposition avec l’intérêt général.

Ce n’est plus acceptable !

Il existe de l’argent pour financer notre système de santé. Il faut faire aujourd’hui d’autres choix si nous ne voulons pas revenir au monde d’avant en pire.

Le président de la République qui est à la manœuvre, avec son amie Nicole Notat, n’a visiblement pas pris en compte la colère blanche qu’il suscite du fait de l’absence de prise en compte de la grande misère de l’hôpital et plus largement du secteur social et médico-social que sa politique continue d’aggraver depuis trois ans maintenant.

La question de l’intérêt général doit devenir la priorité de toutes les décisions concernant la politique de santé et d’action sociale.

Dans ce cadre, il n’est plus admissible que l’argent public et celui des patients soient engloutis par un secteur lucratif de plus en plus gourmand et ambitieux en termes de retour sur investissement et d’implantation. 

Dans le cadre d’une protection sociale solidaire, le développement d’un service public de santé et d’action sociale de proximité et de qualité est la seule option pour assurer à la population et à la société que tous les moyens sont mis en œuvre dans le cadre de l’intérêt général. 

Tou.te.s les salarié.e.s du secteur sanitaire, social et médico-social, du public comme du privé, vivent les mêmes difficultés au quotidien. Nous devons défendre ensemble une réforme du système qui permette de concentrer les énergies vers la construction d’un monde meilleur.

Ils exigent, soutenus par la population  un changement de politique prenant compte les besoins de nos concitoyens et leurs revendications, qui sont :

✓ la revalorisation générale des salaires de tous les personnels et la reconnaissance des qualifications des professionnel·le·s.

✓ Un plan de formation pluridisciplinaire et un plan recrutement de personnel.

✓ Renforcement des moyens financiers significatifs pour les établissements, ce qui passe par la suppression de l’enveloppe fermée et une augmentation substantielle des budgets 2020 et 2021.

✓ L’arrêt de toutes les fermetures d’établissements, de services et de lits.

  ✓ De réelles mesures qui garantissent l’accès, la proximité et l’égalité de la prise en charge pour la population sur tout le territoire.  

Nous savons tous, qu’au regard des projets porté par ce gouvernement et le grand patronat, rien ne s’obtiendra lors de négociations sans un rapport de force puissant. C’est la raison pour laquelle les organisations syndicales CGT FO FSU et Solidaires avons appelé à la journée d’aujourd’hui et que nous devrons appeler rapidement de nouveau les salarié.e.s et la population à d’autres journées d’actions convergentes avec d’autres secteurs du public et du privé.

Monsieur Macron, les salarié.e.s de la santé et du secteur social attendent autre chose que des remerciements, des médailles, une journée de mise en scène « macronienne » le 14 juillet… 

Ils ne se contenteront pas de belles promesses et de médailles.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.