Des groupes d’action insoumis écrivent à leur maire pour demander la fermeture des écoles le 11 mai

Voici un article tiré du site national, qui montre les GA de toute la France à l’initiative sur cette question cruciale. Un moyen pour nous de compléter la dynamique engagée avec la pétition en ce sens de l’Aube insoumise !

Ces articles s’inscrivent dans l’opération « Insoumis·es solidaires ». Retrouvez toutes les infos à ce sujet ici.

L’annonce de la ré-ouverture des écoles le 11 mai suscite une inquiétude justifiée de la part des parents d’élèves, des personnels enseignants, périscolaires et municipaux (dames de service, etc.). Mal préparé, le déconfinement expose tout le monde à un risque de contamination d’autant plus grand que les masques ne sont pas encore gratuits et, semblerait-il, en quantité suffisante. Sans plan clair et sans protection, une seconde vague de COVID-19 paraît inévitable.

Depuis le début du confinement, La France insoumise alerte pourtant le gouvernement sur la nécessité de planifier à l’avance le déconfinement. Les député·es insoumis·es ont d’ailleurs publié un plan de déconfinement. En l’absence des conditions nécessaires pour une réouverture sécurisée des écoles, La France insoumise appelle à la plus grande prudence et au report des ouvertures de classe à septembre.

Des militant·es mobilisés pour demander la fermeture des écoles jusqu’en septembre

Localement, de nombreux insoumis·es ont déjà communiqué auprès de leurs maires pour demander la ré-ouverture des écoles en septembre. C’est le cas, par exemple, des insoumis·es de Boulogne-sur-Mer, mais aussi de l’Hérault ou de Valence.

À Salon-de-Provence, les militant·es des groupes d’action ont même écrit, conjointement à d’autres partis, a une lettre ouverte à leur maire. Ils dénoncent :

« Depuis l’annonce gouvernementale de commencer à rouvrir les établissements scolaires à partir du 11 mai, nous avons de sérieux doutes sur la faisabilité de cette opération dans les conditions sanitaires exigées par la pandémie actuelle. Qui n’a pas les souvenirs d’enfance des cohues devant l’entrée de l’école ou de la cantine, de celles à la sortie de classes, ou dans les couloirs avant l’entrée en cours ? Nous pensons que le personnel de l’éducation nationale, aussi compétent et volontaire soit-il, ne pourra pas les empêcher. De même, qui saura faire appliquer la mesure un peu inhumaine d’empêcher des enfants en bas âge de jouer ensemble ? D’autant que les copains et les copines seront très heureux de se retrouver après tout ce temps.

(…)

Nos doutes ont évolué vers une une certitude : nous tenons à vous exprimer clairement notre opposition à la réouverture des écoles dès le 11 mai.

Certains avis scientifiques, dont celui du conseil scientifique placé auprès du président de la république, ainsi que le choix de plusieurs pays touchés de façon équivalente à la France de laisser les écoles fermées jusqu’en septembre, nous confortent dans cette position. Ces éléments laissent présumer que le choix de la date du 11 mai est précipité. Au jour du premier mai, alors que notre département est classé orange, les élèves vont se retrouver bientôt en classe et à la récréation, après deux mois d’enfermement. Si les conditions ne sont pas bonnes, il nous semble inconcevable que ce soit à nos enfants de payer le prix de choix gouvernementaux, qui ne sont qu’hésitations et incohérences depuis le début de la pandémie.

(…)

Ce risque sera évidemment beaucoup moins tolérable avec une multiplication du nombre d’élèves présents et du nombre d’écoles ouvertes. Les conditions d’accueil qui ont été mises en place pour les enfants du personnel prioritaire seront en effet vraisemblablement inatteignables sur l’ensemble des écoles de notre ville. Le contrôle de la distance notamment est très difficile à faire respecter par les plus jeunes, car les enfants n’arrivent pas à se la représenter et ils/elles oublient… Ce sont des enfants ! De ce fait, le risque sanitaire de contamination de masse entraînant une surcharge du système de soins devient immense.

Enfin, vous n’ignorez pas que nombre de maires dans le pays mais aussi dans le département refusent de rouvrir les établissements de leurs communes, se déclarant dans l’impossibilité de mettre en place les mesures sanitaires nécessaires et estimant de fait que la responsabilité qui leur est laissée est trop lourde.

Restant dans l’attente de votre décision, nous vous adressons, Monsieur le maire, l’expression de nos sentiments les meilleurs.

– Extraits de la lettre ouverte au maire de Salon-de-Provence

Une inquiétude partagée par les équipes pédagogiques

Cette demande des insoumis·es relaie les inquiétudes des parents d’élèves, mais aussi des équipes pédagogiques et des personnels communaux.

Une enseignante des Bouches-du-Rhône témoigne : « Mon point de vue n’est aujourd’hui plus le même qu’au début du confinement. » En cause : la possibilité de faire respecter les distances de sécurité et les gestes barrière par les enfants, mais aussi l’efficacité supposée des protocoles sanitaires sans cesse revus à la baisse par le ministère. L’enseignante conclut : « La réouverture des écoles — même avec une organisation bien pensée — me paraît risquée. Les avis scientifiques et les choix des pays touchés de façon équivalente me confortent dans cette idée. Les pays qui ré-ouvrent leurs écoles sont ceux qui ont su juguler l’épidémie et qui ont les moyens d’éviter une nouvelle flambée. Ce n’est pas notre cas. »

Quelle est la justification de cette réouverture si rapide à l’encontre des préconisations scientifiques ? La volonté du gouvernement est-elle d’offrir une garderie pour que les parents retournent faire tourner l’économie ? La santé de nos enfants, du personnel éducatif et communal a-t-elle si peu d’importance ?

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