Face au coronavirus, les Français·es ont préféré l’isolement à l’isoloir

A titre d’analyse rapide des élections municipales, cet extrait de la dernière circulaire aux Insoumis-e-s. Bravo à toutes celles et ceux qui se sont mobilisé–e-s malgré les circonstances !

“Dimanche 15 mars, suite à la décision de l’exécutif de le maintenir, le premier tour des élections municipales a eu lieu. Contrairement à ce qu’affirment le Président de la République, le Premier ministre ainsi que plusieurs membres du gouvernement et de la majorité, les différentes familles politiques n’ont jamais été sollicitées par le gouvernementpour donner leur avis sur ce maintien dans un contexte de grave crise sanitaire. Jean-Luc Mélenchon et moi-même avons participé à toutes les réunions d’information convoquées par Matignon à propos de la crise du coronavirus et jamais cette question ne nous a été posée. Dès lors que le gouvernement avait pris la décision de maintenir le scrutin en disant s’appuyer sur l’avis du conseil scientifique qui l’entoure, nous vous avons appelé à y participer dans le respect des consignes sanitaires en vigueur. Les précautions sanitaires étaient telles qu’à côté du bureau de vote, la boulangerie bondée du coin de la rue pouvait apparaître comme un lieu de danger absolu ! Nous sommes spécialement reconnaissants envers les femmes et les hommes qui, dans ce contexte si particulier, ont tenu les bureaux de vote et assuré la continuité de notre vie démocratique.

Néanmoins, ce vote s’est tenu au lendemain de l’annonce de mesures tellement exceptionnelles que le déplacement aux urnes est apparu pour une majorité de Français·es comme un acte contradictoire. Face au coronavirus, pour se protéger et pour protéger les autres, les Français·es ont préféré l’isolement à l’isoloir. L’abstention a été considérable avec une participation de seulement 44,64 %, chutant de 20 points comparativement à l’échéance municipale précédente. 24 heures après la fermeture des bureaux de vote, le Président de la République annonçait des mesures radicales de confinement interdisant fermement des choses qui paraissaient banales quelques heures plus tôt en période de campagne électorale. Il annonça aussi le report prévisible du second tour de cette élection. Les révélations fracassantes de l’ancienne ministre de la santé, Agnès Buzyn, ce mardi 17 mars, non démenties par le Premier Ministre, indiquent que le gouvernement disposait d’informations permettant d’affirmer que la tenue de ces élections n’était pas possible. Tout cela entache la légitimité de ce premier tour et renforce évidemment la déception, la colère et le sentiment de gâchis que ressentent beaucoup d’entre vous.

Je salue l’ensemble des candidat·es de La France insoumise ainsi que toutes leurs équipes pour cette formidable campagne de terrain qui construit dans la durée ce que nous sommes. Évidemment, dans ce contexte, nous avons renoncé dimanche soir à la communication offensive initialement prévue. Vous comprendrez qu’il ne soit pas évident de tirer des conclusions de ces résultats, mais il m’apparaît nécessaire de les porter à votre connaissance ainsi que quelques éléments d’analyse :

– Dans le cadre de la fédération populaire qu’elle appelle de ses vœux, La France insoumise soutenait 591 listes à travers le pays ce qui en fait un mouvement davantage présent dans cette élection que La République En Marche ou le Rassemblement National.

– Le score national de ces 591 listes soutenues par La France insoumise est de 14,67 %.

– 387 listes soutenues par La France insoumise ont obtenu un score supérieur à 10 %, ce qui leur permet d’être présentes au second tour dans les communes où il devra avoir lieu.

– 59 listes soutenues par La France insoumise ont gagné l’élection dès le premier tour et, parmi elles, 19 listes conduites par un·e insoumis·e. Nous leur adressons toutes nos félicitations !

– 30 000 communes ont élu leur conseil municipal dès le premier tour. Le second tour, reporté, concerne donc les 5 000 communes restantes.

– La République En Marche se voit infliger la motion de censure citoyenne annoncée avec de mauvais résultats dans l’ensemble, exceptés dans quelques villes où le parti présidentiel soutenait un maire de droite sortant.

– Le Rassemblement National fait de gros scores dans les municipalités où il est sortant, mais ne parvient pas à élargir son implantation suivant ses ambitions.

– Dans la plupart des grandes villes, le score d’Europe-Ecologie-Les-Verts chute comparativement aux européennes, excepté dans les villes où EELV est engagée dans des listes avec plusieurs composantes de type “fédération populaire” et particulièrement quand La France insoumise en est partie prenante.

Le second tour est reporté vraisemblablement au mois de juin sous réserve d’une réévaluation de la situation sanitaire liée à l’épidémie de coronavirus. Sans attendre, j’invite les conseillères et conseillers municipaux élu·es dès le premier tour à rejoindre le réseau des élu·es insoumis·es et citoyen·nes qui tiendra prochainement une rencontre nationale. Celles et ceux-ci seront contacté·es.”

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.