L'Aube Insoumise

Insoumis, réveillez-vous ! Ils sont devenus fous…

Un nouvel article dans notre catégorie des débats internes… D’importantes divergences de ligne politique apparaissent au sein du mouvement pour les élections régionales…  On n’est pas tous d’accord, c’est sûr ! Alors à vos commentaires…

 

Caroline Fiat et Manuel Bompard
ont participé à cette réunion
animée par Céline Léger et Gilles Wodebo.

Le 5 décembre, après un long travail de préparation, les Insoumis du Grand Est se réunissaient en visioconférence pour mettre la main définitive à un appel qu’ils proposaient à la validation des citoyen-ne-s de la région. Nous en avions parlé sur le blog et la France Insoumise s’en était fait l’écho dans la rubrique Actus de son site national. Evénement joyeux et fondateur !

Le succès fut immédiat : en 10 jours, 543 signataires validèrent cette démarche. S’ouvrait la voie à un travail enthousiaste : on lança des pistes d’élaboration de programme, on pensa à des clips de diffusion de l’appel, on réfléchit à comment organiser, dans des circonstances sanitaires difficiles, l’implication de tous.

Pour rappel cet appel est disponible sur le site grandestpopulaire.fr. Il s’articule autour des principes de base du texte stratégique national : faire des régions un bouclier social et sanitaire, y impulser la nécessaire bifurcation écologique, travailler à leur renouveau démocratique.

Des citoyens qui ne sont rien ?

Premier moment d’inquiétude le 17 décembre, quand apparaît un tweet de Caroline Fiat avec une belle photo d’Aurélie Philipetti, et où la députée LFI se dit “fière d’avoir co-signé cet appel avec une centaine de personnalités de gauche du Grand-Est”.

Comment cela ? Un appel avec une ancienne ministre de François Hollande, absente depuis des années des luttes incessantes que nous menons contre l’offensive de régression et de répression sociale sous les gouvernements Valls et Macron ?

Allons nous partir aux élections avec des gens qui ont voté le travail du dimanche, la casse du Code du travail, la casse des services publics ?

Inquiétude renforcée quand paraissent dans l’Union ou la Semaine les noms de quelques signataires, d’un petit parti pro-UE au PCF en passant par le PRG, le PS… et Génération.s qui avait annoncé son alliance avec EELV… cohérence ?

Puis est enfin arrivé l’appel en question, sous la délicieuse appellation de “Appel à un rassemblement inédit pour notre région et son avenir à gauche”. Non, en bonne novlangue macronnienne, on a bien compris que c’est un appel à faire comme avant dans le passé pour sauver les mêmes.

Aucun militant de l’Aube Insoumise n’a été informé de cet appel.  Nous sommes rassurés et fiers de voir qu’aux yeux de ces gens là, nous se sommes que des “riens”…

Il n’y a donc eu que six  LFI qui ont signé à ce jour! Six sur cent alors que 543 signatures ont déjà rallié l’appel du grandestpopulaire.fr. Beau rapport de force ! 

Le hold up du siècle

Comment a-t-on pu en arriver à un tel sabotage du mouvement, piloté par la députée qui est en plus référent du mouvement pour neuf des départements de la région ? (Pour l’Aube c’est Adrien Quatennens)… Peut-être parce qu’avant d’être députée LFI, Caroline Fiat est d’abord la référente de la Gauche Républicaine et Socialiste dans le Grand-Est…

La GRS ? Vous savez, c’est cette bande de joyeux camarades qui manquaient à Jean-Luc Mélenchon

Fondée en février 2019, celle-ci monnaye son ralliement à la France Insoumise (le loup est dans la bergerie !) en donnant une place éligible à son secrétaire, Emmanuel Maure aux élections européennes. Elle est représentée au Sénat par Marie-Noëlle Lienneman

Caroline Fiat est donc l’ultime prise de guerre qui permet à la GRS d’être présente dans les trois chambres parlementaires (Assemblé Nationale, Sénat, Parlement Européen)

C’est sous le même prétexte de réalisme et d’union de la gauche que la GRS abandonnait Danielle Simonnet, candidate LFI, aux dernières municipales de Paris pour soutenir Anne Hidalgo ! L’art des stratégies gagnantes…

Un texte pour quoi ?

Clic sur l'image pour lire cet appel

Le texte d’orientation national pour les élections régionales et départementales est net : « Dès lors il est possible selon nous d’agir avec toutes celles et ceux qui inscrivent leur action dans une opposition claire au gouvernement et rejettent les politiques anti-sociale et anti écologique du néolibéralisme. Nous devons être utiles en apportant des réponses immédiates aux problèmes des gens.

Nous devons être utiles en apportant des réponses immédiates aux problèmes des gens. Avec les citoyen·nes engagé·es dans les combats écologiques, sociaux et démocratiques, peuvent surgir, partout dans le pays, des coalitions victorieuses. Elles doivent d’après nous être identifiées sous leur propre label davantage que par la liste des organisations qui les soutiennent. » Voir cet appel signé méticuleusement par le maximum de représentants d’organisations uniquement politiques, sous le vocable bien flou « de la gauche et de l’écologie » ne  semble pas vraiment aller dans le sens de la démarche adoptée par les Insoumis-e-s.

Comment peut-on, dans un texte co-signé LFI, laisser passer : « Une région forte qui compense l’affaiblissement de l’Etat, fruit d’années de désinvestissement dans les services publics. » Où en est notre critique de la loi Notre ? Qu’est devenu notre conception de l’unité républicaine de l’état ? Quand on sait en plus que Pernelle Richardot, signataire de l’appel et militante du PS, est une grande partisane des « grandes régions » dans le cadre des « Etats-Unis d’Europe », se rend-on compte de quel renoncement politique fondamental il s’agit ? 

Et enfin associer des gens qui ont fait partie du gouvernement Hollande à cette critique du désinvestissement dans les services publics, on va l’expliquer comment aux camarades en lutte ?

Plus que ce qu’un texte dit (surtout quand il est construit avec autant de minutie), c’est souvent ce qu’il ne dit pas qui est révélateur : où est le mot nucléaire ? absent pour ne pas fâcher certains signataires ?  Le « référendum » absent – c’est sûrement pour convaincre les gilets jaunes de nous rejoindre (vu qu’à LFI on est prêts à tous les renoncements pour la victoire !). Et des fois qu’EELV serait à l’affut, la bifurcation écologique devient simple transition… On progresse !

Et la Révolution Citoyenne, dans tout ça ?

Et qu’on ne vienne pas nous dire que c’est là du pinaillage… Le texte est un exemple parfait de langue de bois pour permettre la signature de tous sans l’engagement de personne…

Ce qui est navrant, c’est que ce genre de texte, les électeurs en ont l’habitude, et ils les traitent avec la saine colère de l’abstention…  Nous ne savons pas si quelques cadres pourront participer aux travaux de l’assemblée régionale loin des mobilisations populaires, mais nous savons qu’on est déjà en train de construire avec enthousiasme la défaite de 2022…

Drapeau chilien déployé Plaza Italia,
avec le slogan #ChileDespertó,
« le Chili s’est réveillé ». ©AP

Car, comme l’a démontré brillamment le peuple chilien, le processus de révolution citoyenne ne fonctionne que sur deux jambes : celle de la mobilisation populaire, dans la rue, dans les entreprises, dans la vie de tous les jours, pour engendrer la mobilisation électorale pour vaincre l’abstention et imposer des solutions de progrès.

Comment l’espace politique du mouvement a-t-il pu cautionner une telle dérive ?

Un espace politique qui se présente en ces termes sur la page du site national de LFI qui lui est consacrée : 

“L’enjeu n’est pas de rassembler les partis existants dits « de gauche », dont certains se sont compromis dans la mise en œuvre de politiques cédant aux injonctions de l’oligarchie financière. La France insoumise entend fédérer le peuple, en faire l’acteur principal de toute transformation de notre société, et favoriser son auto-organisation. Elle a pour vocation d’être le mouvement dont le peuple se saisit pour renverser l’oligarchie et prendre le pouvoir.” Cohérence, où es-tu ?

C’est pour toutes ces raisons que nous nous opposons à ces manoeuvres politiciennes, et continuerons de toutes nos forces à proposer cette fédération populaire qui permettra à toutes et tous d’agir, à l’échelle de la région, pour améliorer le sort des gens qui ne sont rien en se fichant bien de l’avis des personnalités… fussent-elles de “gauche” !

Pour paraphraser Danton, un Aubois célèbre : Le peuple, encore le peuple, toujours le peuple !

Un article de Michel Bach, Dominique Drot, Josiane Mayor et André Smolarz

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2 réponses

  1. Si nous n’arrivons pas à sortir la FI de ce guêpier, ce sera une catastrophe pour le GA de Sedan. En effet nous avons combattu lors des dernières municipales trois des signataires de cet appel : Didier Herbillon, Monique Hucorne et Jean-Claude Jablonski. Le premier, maire de Sedan (ex PS devenu SE macroncompatible), conduisait une liste avec des gens cartés à la REM. S’il devait y avoir une liste issue de cet appel, nous ne participerions pas à la campagne (personnellement, je n’irais même pas voter).
    Amitiés insoumises,
    Anne du Souich coordinatrice du GA de Sedan

  2. Josiane Mayor dit :

    Ils n’ont toujours pas compris que l’Union de la “gauche” était un mythe ! Un mythe dangereux qui nous a coûté l’adhésion des classes populaires. Et quoi qu’en pense le National, des élus sans base démocratique (60% d’abstentions et plus !), élus sans le soutien massif de la population ne servent pas à grand chose, sinon à colmater les brèches, en gros, à co-gèrer un système capitaliste contre lequel la base se bat pied à pied.
    Nous ne sommes pas à la FI pour servir de paillasson au PS, pour lui permettre de remonter en selle et ensuite chercher par tous les moyens à nous anéantir.
    Comment peut-on se retrouver sur la même liste, même si c’est pour négocier (à ce jeu, on sera les grands perdants), que des politiques qui ont approuvé la casse des services publics, celle du Code du travail et j’en passe. Et pour quoi ? pour récolter quelques miettes et voir partir nos électeurs, dégoûtés par une énième trahison.
    Ces stratégies électoralistes montre bien que la FI n’est finalement pas un mouvement politique original mais un véritable parti, traditionnel comme les autres, puisque c’est la direction nationale qui décide. Je rappelle que pendant que nos camarades travaillaient à un appel des insoumis de la Région, texte voué aux oubliettes, la direction du comité de pilotage travaillait, elle, dans le plus grand secret, à une liste d’union de la “gauche”.
    Vous nous avez menti !

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