La Nouvelle-Zélande propose la semaine de quatre jours travaillés pour promouvoir le tourisme interne et renforcer l’économie

Pour nous, qui ne connaissons pas grand chose au rugby, on savait quand même que la Nouvelle-Zélande, c’était le pays des All Blacks. Et puis aussi celui de Peter Jackson, qui, en plus du Seigneur des Anneaux, était le réalisateur d’une parodie particulièrement réjouissante du genre documentaire, Forgotten Silver, qui expose avec aplomb l’histoire fausse d’un supposé pionnier néo-zélandais du cinéma. Mais les lignes qui suivent font référence à une situation bien réelle, et qui nous interpelle…

Qui aurait cru pourtant que viendrait le jour où un blog de la France Insoumise évoquerait la politique de Jacinda Arden, ancienne conseillère politique de Tony Blair (eh oui !) et actuellement première ministre de Nouvelle-Zélande. Pourtant, sa façon de répondre à la crise du Covid-19 dans son pays amène à réfléchir…

Nous nous appuyons pour cet article sur deux publications, l’une de Rede Brasil Attual et l’autre de El diario, par l’intermédiaire de Pressenza.

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Le vendredi 8 mai, le pays, qui a adopté le blocus total juste après l’annonce des premiers cas, avait eu moins de 1500 cas confirmés de covid-19, avec 20 morts

La Première Ministre Jacinda Ardern a annoncé un blocus national avec des mesures très restrictives, alors qu’il n’y avait que 102 cas et pas de décès.

La Nouvelle-Zélande est l’un des pays qui a réussi le mieux à affronter le coronavirus.

Un article paru dans la revue scientifique The Lancet cette semaine détaille comment la stratégie a été développée après que le pays a enregistré son premier cas le 23 mars. Quelques jours plus tard, le Premier ministre Jacinda Ardern a annoncé un confinement national avec des mesures très restrictives, alors qu’il n’y avait que 102 cas et pas de décès. La prise de décision rapide a reçu des éloges internationaux, notamment de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

L’article de Sophie Cousins souligne que la décision de la Nouvelle-Zélande d’adopter une approche d’élimination était très différente de la planification pandémique habituelle, qui est historiquement basée sur un modèle d’atténuation et se concentre sur le retard de l’arrivée du virus, suivi d’une série de mesures pour aplanir la courbe des cas et des décès.

Le professeur du département de santé publique de l’Université d’Otago à Wellington, qui conseille le gouvernement néo-zélandais, a déclaré que la mise en œuvre du confinement total, impliquant la fermeture des écoles et des lieux de travail non essentiels, l’interdiction des réunions sociales et des restrictions sévères de voyage, a permis au pays d’avoir pour objectif l’élimination du coronavirus.

Baker a ajouté que le blocage total a permis au pays de mettre en service les principaux systèmes pour gérer efficacement les frontières, en plus de suivre les contacts, effectuer des tests et établir la surveillance. Depuis le 22 janvier, plus de 150000 personnes ont été testées, rapporte l’article, avec suivi des contacts à venir et des contacts occasionnels.

Maintenant, le ministère de la santé néo-zélandais discute avec les districts pour organiser des tests de populations spécifiques qui risquent le plus d’acquérir le virus, comme les personnes âgées et les professionnels de la santé. Des échantillons de tests du réseau d’égouts sont également pris en compte pour surveiller le contrôle de la propagation du virus.

L’article de The Lancet mentionne également le professeur associé et chef du Laboratoire des Superbugs Bioluminescents de l’Université d’Auckland, Siouxsie Wiles. Selon lui, un autre type d’approche auprès de la population a été fondamental pour le succès de la stratégie.

Nous ne voulons pas que les gens soient trompés !

Ce n’était pas
en Nouvelle-Zélande !

“Dans d’autres pays, les gens ont parlé de guerre et de bataille, ce qui met les gens dans un état d’esprit négatif et effrayé”, a déclaré Wiles. La Première Ministre Ardern est apparue régulièrement dans les médias sociaux, souriante et partageant une partie de sa vie personnelle sous confinement, mais sans jamais sous-estimer le sérieux de la situation, ce qui a aidé à construire la confiance du public dans les autorités.

“Nous ne voulons pas que les gens se sentent trompés. Suppression, pour tous, cela signifie que le covid-19 est parti. Mais, du point de vue épidémiologique, cela signifie réduire les cas à zéro ou presque zéro dans une situation géographique donnée.”

“Soyez forts, soyez généreux”

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Jacinda Ardern, a proposé que les travailleurs aient des semaines de quatre jours travaillés, des options de travail plus flexibles pour concilier la vie de famille et promouvoir le tourisme interne.La Première Ministre Jacinda Ardern a demandé aux entrepreneurs de valoriser cette solution, de continuer à flexibiliser le travail et à télétravailler comme cela s’est imposé pendant la crise du coronavirus.

Dans une vidéo publiée sur Facebook, et reprise par The Guardian, Ardern assure qu’elle a récolté toutes les suggestions des citoyens, d’une semaine plus courte à davantage de jours fériés dans le but de stimuler l’économie.  « J’ai écouté beaucoup de personnes, et au final, c’est quelque chose qui doit être débattu entre employés et employeurs », indique la Première Ministre. « La COVID nous a enseigné beaucoup de choses, entre autre la flexibilité au travail et le télétravail ».

Ce système s’inspire du Kurzarbeit (chômage partiel) allemand. Un modèle qui permet de maintenir l’emploi tout en le rendant compatible avec davantage de temps libre, ou en investissant ce temps pour augmenter les capacités au travail.

C’est en anglais malheureusement… On essaiera de traduire !!!

Jacinda Ardern a lancé un appel aux entrepreneurs pour qu’ils prennent en compte cette option lorsqu’elle est applicable dans leur entreprise car elle « soutiendrait le tourisme » dans le pays. Ce message enregistré à Rotorua, l’un des endroits les plus touristiques de Nouvelle-Zélande, a soulagé le secteur qui souffre depuis des semaines de baisse de revenus en raison de la perte des touristes étrangers et des licenciements touchant les Néo-Zélandais eux-mêmes.

Alors que cette annonce informelle de la Première Ministre arrive après la crise du coronavirus, quelques entreprises locales avaient déjà mis en place ce système il y a quelques années. Andrew Barnes est un entrepreneur qui permet depuis 2018 à ses 200 employés de travailler quatre jours par semaine, et selon lui, cela a permis d’améliorer la productivité et la santé mentale et physique de ses employés. Il dit également que cela a eu un impact positif sur sa famille, son entourage proche et même sur le changement climatique.

« Nous devons maintenir tous les bienfaits du télétravail : un air plus pur, plus aucun bouchon, la perte de productivité liée aux déplacements. De plus, cela permet aux entreprises de rester à flot », assure Andrew Barnes au quotidien britannique. « Nous devons être ambitieux avec notre modèle. C’est une opportunité de redémarrer massivement »

Depuis le début de la pandémie, des milliers de personnes ont perdu leur emploi dans le pays. Le Fonds Monétaire International (FMI) a prévu que l’économie se contracte de 8%. Les chiffres du chômage pourrait augmenter et atteindre entre 15 et 30%.

C’est par le dialogue social large que ces questions peuvent être tranchées, et non par les ukases d’un gouvernement et d’un patronat déconnectés. C’est le sens de la proposition que nous faisions en page 57 de l’Avenir en Commun :

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