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Un soldat ne tire pas contre le peuple
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Lucas ROCHETTE-BERLON a lancé cette pétition adressée à António Guterres (Secretary General of the United Nations) et à 1 autre

Pas de COP25 à Santiago sous le couvre-feu et la menace des balles !

À António Guterres, secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies
À Patricia Espinosa, secrétaire exécutive de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques 

Monsieur, Madame

Le Chili connaît actuellement un mouvement social de très grande ampleur. Le gouvernement a décrété l’état d’urgencedans plusieurs régions du pays, déléguant ainsi le maintien de l’ordre aux autorités militaires, et a instauré un couvre-feu. Le pouvoir a ainsi fait le choix d’une répression brutale. À ce jour, on déplore 18 morts et plus de 2000 arrestations.

Les femmes et les hommes qui protestent sont accusés par le Président Piñera « d’avoir fomenté une guerre », alors qu’elles et ils manifestent contre des mesures d’augmentation du ticket de métro dans une ville, Santiago, devenue irrespirable du fait de la pollution automobile. Ces personnes ont été traitées comme des délinquantes alors qu’elles contestaient – comme en Équateur, au Liban, au Soudan, en Égypte, ou encore en France – les conséquences des politiques néo-libérales autoritaires qui jettent dans la pauvreté et dans la lutte quotidienne pour la survie, des millions de personnes. 
Ces femmes et ces hommes désignés comme “terroristes” n’ont pourtant fait que s’indigner de leurs conditions de vie. Leur mobilisation pour une vie digne est un exemple pour les générations futures.

Obnubilés par les enjeux de profit à court terme, les États et les entreprises multinationales restent insensibles aux innombrables cris d’alarme des populations, tant en matière de justice sociale que de justice climatique, alors que les investissements nécessaires pour remédier à la crise écologique devraient être une priorité. Le financement de ces politiques en faveur du climat et de la vie devrait se faire à proportion des moyens de chacun, sur des bases de justice, tandis que nous vivons aujourd’hui un processus de concentration de la richesse insupportable.

La lutte contre le changement climatique ne doit pas se faire au détriment des plus fragiles. C’est, et vous le savez pour l’avoir souvent dit, l’un et l’autre, l’un des enjeux de la COP 25 : qui doit financer les politiques publiques de lutte contre la crise climatique ?

La COP25 ne saurait se tenir dans un pays en état de siège, dans une ville soumise au couvre-feu militaire, dans un Chili où manifester pour des conditions de vie dignes peut valoir la mort. Nous vous demandons d’agir pour que cessent ces violences militaires et policières. 
Dans la dramatique situation actuelle, provoquée par les mesures répressives mises en place par le gouvernement chilien, nous, initiateurs et signataires de cette pétition, estimons que le Chili ne peut accueillir dans ces circonstances la COP25.

Nous vous demandons Monsieur le secrétaire général, Madame la secrétaire exécutive, de le signifier au gouvernement chilien et de prendre les mesures adéquates.

Nous, initiateurs et signataires, appelons solennellement au boycott du Chili comme pays hôte de la COP25.

Justice sociale et justice climatique sont liées indissolublement. Ce serait cynique et caricatural d’organiser la COP25 sous la menace des balles d’une armée qui s’est funestement illustrée sous la dictature d’Augusto Pinochet. Ce serait une faute de faire ainsi un chèque en blanc à un gouvernement qui a décidé de réprimer avec la pire des brutalités celles et ceux qui veulent que le système change pour le bien commun. Ce serait un soutien à un gouvernement qui a violé dans un même mouvement les droits à une vie digne, les libertés fondamentales et les droits humains.


Nous sommes sûrs que vous vous ferez les messagers de cette pétition auprès des pays membres de l’Organisation des Nations Unies.


Nous vous prions de croire, Monsieur le secrétaire général, Madame la secrétaire exécutive, à nos sentiments respectueux.

Liste des 100 premières personnes signataires :

Ali Aguado, militant pour les droits des personnes LGBTQI+
Eliane Assassi, sénatrice communiste 
Jean-Christophe Attias, universitaire 
Marianne Auffret, élue municipale
Clémentine Autain, députée FI
Rusen Aytac, avocate 
Sébastien Barles, Marseille en commun 
Esther Benbassa, senatrice EELV de Paris
Ugo Bernalicis, député FI
Olivier Besancenot, militant révolutionnaire, NPA
Martine Billard, ancienne députée
Fred Bladou, activiste SIDA
Michel Bock, maire adjoint honoraire de Guyancourt
Nathan Boumendil, activiste SIDA
Arthur Cahn, auteur 
Christian Camerlynck, chanteur 
Erika Campelo, co-présidente de Autres Bresils
Damien Carême, eurodeputé EELV
Rolando J. Carmona, commissaire d’art
Leila Chaibi, eurodeputée FI
Florian Chavanon, chef d’édition
Cécile Ciekerman, sénatrice communiste
Alexis Corbière, député FI
David Cormand, eurodeputé, secrétaire national d’EELV
Ricardo Coronado, militant écologiste
Sergio Coronado, ancien député EELV, Pour une écologie populaire et sociale (PEPS)
Laurence Debril, journaliste
Laurence De Cock, enseignante
Edouard Denouel, fonctionnaire, Bagnolet en Commun 
Philippe Donadieu, éleveur
Philippe Doux-Laplace, journaliste
Matthieu Dupas, maître de conférence
Gabrielle Durana, directrice d’association
Konstantinos Eleftheriadis, professeur
Cayetano Espinosa, cinéaste
Gwen Fauchois, activiste et blogueuse
Elsa Faucillon, députée communiste 
Caroline Fesselier, professeur des écoles, militante insoumise
Caroline Fiat, députée FI
Fabien Gay, sénateur communiste 
Guillaume Gontard, sénateur de l’Isère
Anne Lise Hering, responsable de bibliothéque
Frederic Hocquard, maire-adjoint de Paris, 
Vincent Jarousseau, photographe-documentaire
Marion Jobert, juriste franco-chilienne
Samy Khaldy, conseiller fédéral EELV
Bastien Lachaud, député FI
Geoffroy de Lagasnerie, philosophe et sociologue
Thomas Lalire, expert en politiques publiques
Jean-Charles Lallemand, militant pour le climat et l’écologie sociale
Cécile Lavergne, conseillère consulaire de Colombie
Stéphane Lavignotte, théologien protestant, militant écologiste
Pierre Lebret, consultant 
Cy Lecerf-Maulpoix, journaliste
Gildas Le Dem, journaliste
Marie-Noëlle Lienemann, sénatrice de Paris 
Thomas Linard, militant
Francois Longerinas, journaliste, écologiste insoumis,
Noël Mamère, ancien député écologiste
Gilles Martinet, doctorant 
Alexis Mazade, adjoint au maire de Tremblay-en-France
Jean-Luc Mélenchon, député FI
Gilles Monsillon, écologiste insoumis 
Ricardo Montserrat, écrivain
Benedicte Monville, conseillère régionale FI
Corinne Morel Darleux, auteur, conseillère régionale Auvergne-Rhônes Alpes
Danielle Obono, députée FI
Mehet Ozguner, étudiant
Mathilde Panot, députée du val de Marne, vice-présidente du groupe France Insoumise 
Anne Pauly, journaliste et auteure
Yann Pedler, avocat
Manuela Picq, journaliste
Cassandre Pinto, enseignante
Claudio Pulgar Pingaud, architecte urbaniste
Adrien Quatennens, député FI
Jean-Hugues Ratenon, député FI
Giovanna Rincon, directrice d’Acceptess-T, militante pour les droits des personnes LGBTQI+
Michele Rivasi, eurodéputée EELV
Lucas Rochette-Berlon, étudiant, cadre associatif, militant écolo
Christian Rodriguez, militant internationaliste
Gilbert Roger, sénateur de Seine-Saint-Denis
Barbara Romagnan, ancienne députée, Génération.s
Roberto Romero, conseiller régional, Génération.s
Sabine Rubin, députée FI
Michele Rubirola, conseille départementale écologiste
Anne de Rugy, militante écologiste
Eros Sana, journaliste 
Judith Silberfeld, militante LGBTI
Karine Solene Espineira, sociologue, militante transfeministe
Sophie Taillée-Pollan, sénatrice du Val-de-Marne, Génération·s
David Thomas, journaliste, militant insoumis
Benjamin Toix, militant pour les droits des personnes LGBTI
Marie Toussaint, eurodéputée EELV
Valerie Sandrossian, responsable en collectivité territoriale 
Herve Segata, comédien
Pierre Serne, conseiller régional, porte-parole de Génération·s
Gabriel Serville, député de Guyane
Luc Stanescou, architecte
Rabaté Ulysse, élu local, président d’association
Stéphan Vernhes, activiste dans le la lutte contre le VIH

Assistantes maternelles en lutte

Samedi 26 octobre 2019, les Insoumis sont venus prêter main forte aux assistantes maternelles en lutte contre les attaques que subit leur profession.

Voici le texte de leur pétition, que vous pouvez télécharger… et faire signer en cliquant sur l’image ci-dessous.

“Nous, Assistant.e.s Maternel.le.s, avons été mobilisé.es durant 6 mois pour défendre les particularités de notre indemnisation par pôle emploi lorsque nous perdons une partie de notre activité lors d’une entrée en crèche de l’enfant ou en cas de déménagement des parents par exemple.

Lors de sa présentation de la réforme de l’assurance chômage, Madame PENICAULT avait déclaré ne pas toucher à ces règles particulières qui compensent la précarité de notre profession.

Quelques semaines plus tard, nous apprenons que nous faisons l’objet d’une nouvelle attaque totalement injuste.
En effet l’article 49 du projet sur la loi de financement de la sécurité sociale vient ajouter une nouvelle règle consistant à nous obliger à nous inscrire sur le site de la CAF (monenfant.fr) et à y indiquer nos disponibilités et les plages horaires concernées.

Après le décret du 30 décembre 2018 qui a considérablement amplifié les sanctions contre les privés d’emploi, c’est au tour des Assistant.e.s Maternel.le.s d’être stigmatisé.es par le gouvernement qui n’hésite pas à brandir la menace du retrait de leur agrément.

Alors que nous, professionnel.le.s, et nos employeurs négociions nos contrat, que les conditions d’accueil peuvent et doivent être adaptées en fonction des besoins des enfants, on voudrait donc nous imposer un remplissage maximal en fonction de nos agrément !

Un projet qui semble cohérent avec les ordonnances sur la petite enfance qui paraitront en décembre et qui prévoient d’augmenter le nombre d’enfants accueillis dans les micro-crèches.

Les enfants sont-ils une marchandise que l’on va entasser dans les différents modes d’accueil ? Pour nous la réponse est NON !

Le gouvernement ferait mieux de s’occuper de notre statut largement dérogatoire au code du travail.
Nous attendons toujours la confirmation de la possibilité de bénéficier de la médecine du travail et nous rappelons que, loin de profiter de l’assurance chômage, nos semaines atteignent très souvent des volumes horaires hors normes, loin des 35 heures.

Nous sommes des professionnel.le.s de la petite enfance, c’est à nous de gérer notre activité en préservant l’intérêt et le bien-être des enfants que nous accueillons.

Nous sommes déjà suivi.e.s par les services PMI des conseils départementaux et par les relais d’assistants maternels qui connaissent nos capacités d’accueil, pourquoi nous imposer de nouvelles obligations déclaratives ?”

Soleil Rouge

Le docteur Koroglu

Vous pouvez aider concrètement le peuple kurde ! Le docteur Alexandre Mehmet Koroglu, cardiologue dans ‘Aube, est le président d’une association de solidarité qu’il a fondée aces ces amis “pour agir dans les régions où perdurent la guerre et ses conséquences, dans les zones sinistrées, auprès des populations affectées par la pauvreté, à la lumière des principes et valeurs universels du droit humanitaire.

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DE SOLEIL ROUGE-ROJA SOR

Chili : Nous ne sommes pas en guerre

Réponse impressionnante du peuple chilien à son président, milliardaire nostalgique de Pinochet, suppôt du libéralisme, et invité de Macron au G7 de Biarritz, qui avait déclaré froidement, face aux mobilisations contre les inégalités sociales, “nous sommes en guerre”.

4 000 000 de personnes dans les rues, dont 1,5 à Santiago, qui reprennent en choeur le chant de Victor Jara, chanteur assassiné par les fascistes chiliens lors du coup d’état de 1973, “el derecho de vivir en paz” : le droit de vivre en paix !

Le montage est réalisé par nos soins à partir de photos sur Pressenza

Le droit de vivre

Poète Ho Chi Minh,

Qui frappe du Vietnam
A toute l’humanité.
Aucun canon n’effacera
Le sillon de ta rizière.
Le droit de vivre en paix.
 
L’Indochine est l’endroit
Bien au-delà de la vaste mer,
Où l’on fait sauter la fleur
A coup de génocide et de napalm.
La lune est une explosion
Que fait sauter toute la clameur
Le droit de vivre en paix.
 
Tío Ho, notre chanson
Est un feu de pur amour,
C’est un pigeon de pigeonnier
Un olivier d’oliveraie.
C’est le chant universel
Chaîne qui fera triompher
Le droit de vivre en paix.

https://lyricstranslate.com

Appel à une rébellion internationale pour le Rojava

Ci-dessous une tribune parue dans Reporterre

Depuis mercredi, l’armée turque envahit le Kurdistan syrien, appelé aussi Rojava. Les auteurs de cette tribune appellent à la mobilisation pour le défendre. Au Rojava s’épanouit une expérimentation politique unique, portée par des femmes et des hommes qui combattirent les djihadistes de Daech aux côtés des Occidentaux.

Nous, collectifs écologistes, groupes de Gilets jaunes, organisations syndicales, organisations nationales, occupant-e-s de la place du Châtelet à Paris, membres d’Extinction Rebellion, appelons à soutenir massivement le Kurdistan syrien envahi par l’armée turque depuis le mercredi 9 octobre. Les bombes qui pleuvent sur ce territoire nous concernent tous-tes.

Depuis 2012, cette région au nord de la Syrie jouit d’une indépendance de fait et d’une administration autonome. Une expérimentation politique unique s’y déroule, fondée sur la démocratie directe, les assemblées locales, le féminisme, l’écologie, et la cohabitation des différents peuples. Malgré toutes ses imperfections, cette expérience représente une vraie alternative et mérite d’être défendue.

Cette guerre vise aussi à prendre le contrôle des ressources naturelles

Les enjeux de cette guerre sont immenses. Depuis 2013, les combattant-e-s kurdes et arabes des Forces démocratiques syriennes ont été au premier plan de la guerre contre Daech. Les voilà maintenant totalement lâché-e-s par la coalition internationale, qui s’en prétendait pourtant alliée. L’Union européenne, qui sombre dans des politiques de plus en plus xénophobes, cède depuis des années au chantage d’Erdogan [le président turc]au sujet des millions de réfugiés syriens en Turquie. Elle reste bras croisés parce qu’elle ne souhaite surtout pas accueillir ces millions « d’indésirables », qui sont confinés dans des camps en Turquie depuis des années.

Ceux qui sont menacés par les bombes turques au Kurdistan syrien ne sont pas seulement les populations kurdes mais toutes les populations civiles de la région : arabes, syriaques, arméniennes, turkmènes, assyriennes, etc. C’est la possibilité d’une coexistence pacifique entre de nombreuses minorités ethniques et confessionnelles qui risque d’être détruite par des massacres, des déplacements massifs et un nettoyage ethnique.

Dans cette région du « croissant fertile » aujourd’hui soumise à la destruction écologique, cette guerre vise aussi à prendre le contrôle des ressources naturelles. En annexant ce territoire, la Turquie cherche à accaparer en particulier l’eau de l’Euphrate, et également son pétrole. Nous sommes solidaires de l’appel à mobilisation internationale des volontaires de la Commune internationaliste, et de leur effort pour préserver les ressources naturelles et reboiser la région.

Nous n’oublions pas que l’expérience d’autonomie du Kurdistan syrien a surgi dans le contexte de la révolution syrienne de 2011, écrasée dans le sang dans le silence total de la communauté internationale. Elle est reliée aux vagues de soulèvements populaires des Printemps arabes en 2011. Depuis un an, cette vague internationale de révolte populaire a repris, en Algérie, au Soudan, en Irak, à Hong-Kong, en France et ailleurs. Nous en sommes profondément solidaires.

Une hypocrisie sanglante qui mène à l’effondrement du vivant sur la Terre

Nous dénonçons l’hypocrisie et la complicité des grandes puissances internationales. Si l’armée turque s’autorise à bombarder le Rojava, c’est parce que les États-Unis, la France, l’Allemagne et d’autres États le veulent bien. Le gouvernement français est d’ailleurs complice puisque l’entreprise Thalès fournit du matériel optique pour les drones turcs et réprime le mouvement kurde en France. Des « conférences climat » aux réunions du « Conseil de sécurité », c’est la même hypocrisie géopolitique qui règne. Une hypocrisie sanglante qui mène à l’effondrement du vivant sur la Terre, et à la destruction de toutes les alternatives politiques à ce système capitaliste, patriarcal et raciste.

Nous exigeons de l’État français, de l’Union européenne et de la communauté internationale :

  • L’arrêt immédiat de la guerre menée par l’État turc ;
  • La constitution immédiate d’une zone d’exclusion aérienne au-dessus de la région ;
  • La reconnaissance de l’autonomie de l’Administration autonome de la Syrie du Nord et de l’Est

Nous appelons à une réaction immédiate partout en France :

  • Appel à rejoindre la manifestation place de la République à Paris samedi 12 octobre à 14 h à l’appel de la communauté kurde, mais aussi à Strasbourg, Marseille, Nantes, Grenoble, etc.

Nous appelons à une rébellion internationale partout dans le monde en soutien au Kurdistan du nord de la Syrie :

  • Nous invitons l’ensemble des pays où la « rébellion internationale » a lieu à prendre position en soutien au Kurdistan syrien ;
  • Nous invitons à organiser des actions de solidarité partout dans le monde vendredi 11 octobre et dans les jours à venir.

  • Premiers signataires 
     Acta 
     Attac 
     Des participantes aux Bombes atomiques 
     Cerveaux non disponibles 
     Deep Green Resistance IDF 
     Fédération Sud PTT 
     Gilets jaunes de Commercy « canal historique » 
     Gilets jaunes de Saillans 
     Des Gilets jaunes de Montreuil 
     Pour une écologie sociale et populaire 
     Plein le dos 
     Revue Ballast 
     Des membres d’Extinction Rebellion et occupant-e-s de la Place du Châtelet 
     Le Social Club 
     Solidaires 
     Sud Éducation 91 
     Union communiste libertaire 
     Union des étudiants kurdes de France 
     Youth for Climate IDF 
     Peuple révolté 
     Jeunes Écologistes IDF 
     Jeunes Écogolistes 
     Vegan Corporation 
     Association des communistes insoumis 
     Gilets jaunes de Châteaubriant 
     Front social 57 
     Des habitant-e-s de la ZAD de NDDL 
     Collectif de solidarité avec les zapatistes Mut Vitz 12 
     UNL 38 
     Génération Climat 
     Printemps du Changement 
     Comité Antifasciste Lyonnais


Lire aussi : Au Rojava, la Turquie menace une révolution inspirée par l’écologiste Murray Bookchin


Source : Courriel à Reporterre

Photo : 
. chapô : le 11 octobre, au Kurdistan syrien. Photo retweetée par @RaphaelLebrujah

– Dans les tribunes, les auteurs expriment un point de vue propre, qui n’est pas nécessairement celui de la rédaction.
– Titre, chapô et intertitres sont de la rédaction.

Historiiiique, le consensus entre bouchers, halals ou pas

Sur Kedistan.net, un web magazine que je vous invite à découvrir si vous vous intéressez à cette région du monde, et que vous êtes fatigués de ne rien apprendre en regardant la télé, voici une réflexion acerbe, mais ô combien lucide, de Mamie Eyan.

“Un accord historiiiique !”, notre Reis en fait beaucoup pour faire passer pour une victoire ce qui n’est que le bordel qu’il a ajouté à la frontière syrienne.

Lui, qui dans cette affaire n’aura été que le pion d’un twittomane et d’un russe conquérant, aura besoin de persuasion pour faire coïncider la carte d’invasion qu’il montrait il y a quelques temps et la carte qui va se dessiner après le consensus. D’autant que si j’ai bien compris, là dedans, les barbus auxiliaires de la Turquie ne feront pas partie des patrouilles. On peut pourtant leur faire confiance pour torturer encore quelques civils dans la pagaille ambiante…

C’est quoi, finalement, les points historiiiiques ?

Au début, ça parle de “préserver l’unité politique de la Syrie et l’intégralité territoriale“. Donc, celles et ceux qui bramaient des “on est chez nous” à propos du Nord syrien en se coiffant du bonnet à poils durs de Mustafa Kemal doivent être déçus. Le tampon de la Turquie sur la zone est du tout provisoire aux yeux de Poutine. Et si l’unité politique de la Syrie veut signifier qu’à la fois Kurdes, et l’opposition qui s’est laissée pousser la barbe, vont devoir désarmer, dans le renvoi vers une poursuite des négociations d’Astana, les tueurs locaux pour le compte d’Erdoğan vont devoir regagner Idlib. A moins que le Reis ne les fasse passer pour les réfugiés syriens qu’il avait l’intention de faire camper dans la zone.

Pour le projet du Rojava, “l’unité politique” peut signifier un coup d’arrêt dramatique, comme l’intervention de la Turquie a signifié la fin de la paix pour des millions de personnes, Erdoğan n’ayant pas trouvé la source, mais ayant en réalité réveillé les monstres.

Puis, il est question de largeurs et de profondeurs, où seulEs les combattantEs du Rojava, à peine nommées par leur nom, devront évacuer, avec ou sans armes, des localités bien précises, et sur une profondeur de 32 kilomètres. Si ça s’arrête en plein milieu d’un district, j’imagine le face à face.

Des patrouilles de l’armée turque et des russes, dans une profondeur de 10 km cette fois, se mettront en place. On imagine que les trous seront bouchés par l’armée du régime, puisque les combattantEs du Rojava doivent s’en retirer. Ça préserve au moins l’unité du gruyère. Historiiiique non ?

S’ils veulent dire que c’était historique, en des temps où je n’étais pas née, d’avoir tracé à la règle et au couteau des frontières d’Etats dans le coin, alors c’est historiiiique. Les causes de guerre sont préservées.

Finalement, ce sont quand même des vies humaines qui, pour un temps, sont sauvées. Mais ce n’était pas le projet du Reis, qui voulait faire un échange de populations.

Et il est question aussi de réfugiés. Mais quel est l’andouille qui va vouloir aller dans la contrée avec sa petite famille, et quitter la Turquie où il avait migré ? A moins que, comme pour Afrin, et, comme on le fit avec les propriétés des Arméniens génocidés, on leur remette des titres de propriété là où ce serait rentable. Alors, bon courage la concurrence avec les quelques Turkmènes qui refusaient d’entrer dans le processus politique du Rojava, et qui portent la vengeance en pendentif.

L’armée du régime syrien est pour le moment incapable seule d’assurer quoi que ce soit loin de ses bases de Damas, avec les variétés de barbus qui traînent et se renforcent. L’armée turque, si chère à nos fachos ici, ne l’est pas davantage dans la durée, toute membre de l’Otan qu’elle l’est.

Et le chaos créé par l’exode hors des combats, par les bombardements, par les gangs, demandera un minimum d’administration. Et pour administrer ce chaos, qui pourra mieux le faire que celles et ceux qui avaient assuré la paix, parce que chez eux, faut toujours le rappeler, en repoussant Daech.

Parce que, quand on y regarde, tout le monde fait semblant d’oublier que les populations qui souffrent, ceux et celles qui les protégeaient et qu’on veut désarmer, sont chez elles, chez eux, et n’ont pas débarquéEs là un jour, comme le fit la coalition, les Russes ou aujourd’hui l’armée turque.

Et là, soit il fallait génocider tout le monde, soit il faudra bien reconnaître, que même trahis par tous encore une fois, il existe des Kurdes.

Je voudrais rajouter un point qui n’est pas dans l’accord. J’ai pas le droit ? Vous avez raison. Dans ce merdier le droit est enterré, comme toutes les victimes récentes et à venir. Les crimes de guerre vont rester sous la table.

L’utilisation d’armes contre les civils qu’on appelle avec l’euphémisme “non conventionnelles”, l’utilisation de mercenaires pour les assassinats, ciblés ou non, les bombardements à l’aveugle avec guidage pourtant de noeuds “stratégiques” où des populations étaient terrées, tout cela “c’est la guerre”, c’est moche, mais c’est comme ça. On ne fait pas jaillir les “sources de paix” sans éponger du sang, n’est-il pas ?

Pour celles et ceux qui vivent sur ces terres, pour les humains un peu conscients du monde entier aussi, une leçon de trahison géostratégique vient d’être donnée. Celle là, aura des conséquences historiques, qu’on ne devine même pas encore…

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La révolution méconnue du Rojava

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A l’heure où tous les regards se tournent vers le Rojava (sauf celui des impuissants coupables !), un article emprunté à la revue Regards sur cette expérience qui fait peurs aux conservateurs économiques et religieux du monde entier !

Par Raphaël Lebrujah | 10 octobre 2019

La révolution méconnue du Rojava

Alors qu’Erdogan a lancé une offensive en Syrie à l’encontre des Kurdes (après le feu vert de Trump), on vous présente le Rojava, territoire d’une expérience politique singulière qui laisse la population s’auto-administrer… pour combien de temps encore ?

Que sait-on vraiment de ce qui se cache derrière le mot « Rojava » ? Pas grand-chose, en réalité. Pourtant, il s’agit d’une révolution spectaculaire, un basculement de civilisation là où précisément, en Mésopotamie, la civilisation est née il y a bien longtemps. Cette région située au nord de la Syrie et longeant la frontière avec la Turquie est peuplée majoritairement de Kurdes, mais aussi d’Arabes, de Syriaques, d’Arméniens, de Turkmènes, de Tchétchènes et de Circassiens. Elle constitue la partie ouest du Kurdistan, pays à cheval entre la Turquie, l’Iran, l’Irak et la Syrie.

En mars 2019, le dernier bastion territorial de Daech est tombé à Baghouz, en Syrie. L’alliance des FDS (Forces démocratiques syriennes) et du soutien aérien et matériel des pays occidentaux, en particuliers les États-Unis, la France et le Royaume-Uni, ont eu raison du « califat ». Les femmes combattantes kurdes, cheveux au vent et kalachnikov en bandoulière, des YPJ (Unités de défense des femmes) firent leur apparition sur le grand écran à la faveur de la lutte contre Daech. Mais, en général, les commentateurs se gardent bien de mentionner leur projet politique, qui est pourtant le fer de lance du Rojava.

Une vie politique décentralisée

Le confédéralisme démocratique est un nouveau paradigme pensé par le leader kurde Abdullah Öcalan, dit « Apo », depuis sa geôle turque. Le principal mouvement politique kurde de Syrie, le Parti de l’union démocratique (PYD) a adopté sa vision, notamment inspirée par l’intellectuel anarchiste Murray Bookchin. Le confédéralisme démocratique prône la mise en place d’un système décentralisé où les communes, petites unités à l’échelle de deux cents à trois cents familles, sont les principaux organes de décision dans la vie politique. Il ne s’agit plus de construire un État kurde pour les révolutionnaires kurdes, mais une organisation sociale fondée sur la société civile et non sur l’État. Un renouveau démocratique a fleuri, là où la dictature d’Assad opprimait le peuple kurde dans le sang. La langue kurde était interdite, et son usage réprimé par la torture. Il en allait de même pour les partis politiques d’opposition, seul le parti Baas régnait en despote. Un Kurde nous a confié ce à quoi il a été confronté sous Assad :

« Mon oncle a été arrêté et battu pour le seul crime d’avoir écouté une chanson en kurde. Une autre fois, j’avais quatorze ans, je me suis bagarré avec quatre Arabes et j’ai été le seul arrêté. On m’a mis en prison pendant trois jours et j’ai été torturé. Toutes les heures on me battait à coups de câble. Je n’ai pu sortir que parce que mon père a versé un pot-de-vin de mille dollars à mes geôliers ».

Autrefois l’État baasiste décidait de tout. Maintenant, ce sont les localités – à commencer par la langue dans laquelle elles désirent enseigner. Au Rojava, on peut même contester une amende de la police auprès de sa commune : l’assemblée de celle-ci a le pouvoir de l’abroger. Dans les rues d’Amouda, petite ville du Rojava que nous arpentons le soir à la fraîche, on aperçoit vite les signes d’une grande pluralité politique : des dizaines de bureaux de différents mouvements, du plus libéral au plus socialiste, occupent les rues autour des bâtiments gouvernementaux. Les chrétiens, en particulier les Syriaques, peuvent librement pratiquer leur religion. Leur langue dérivée de l’araméen est reconnue officiellement par l’auto-administration. Les habitants n’ont aucun mal à nous expliquer leurs positions politiques, bien loin des discours formatés. Récemment, nombreux furent ceux qui protestèrent contre le prix fixé par l’administration pour acheter le blé aux fermiers : cent cinquante livres syriennes par kilo. L’administration a cédé et a augmenté ce tarif. Certains font le ramadan, d’autres non et le revendiquent. Il n’est pas rare de voir un pratiquant servir à manger dans la journée à une personne ne pratiquant pas le jeûne. Le peuple du Rojava se montre très tolérant envers l’Autre, chose bien rare dans un Moyen-Orient gangrené par l’intégrisme.

Genre et justice

Mais cette révolution est d’abord la révolution des femmes. En première ligne contre Daech, leur présence fut décisive pour vaincre l’organisation. Comme nous l’a raconté autrefois un ancien légionnaire, Garbar, mort au combat à Raqqa au côté des Kurdes : « La guerre serait gagnée depuis longtemps si les hommes se battaient comme les femmes ». Leur efficacité n’est plus à prouver. Mais peut-être que le plus impressionnant, chez elles, est le poids politique qu’elles ont pris dans la société. Partout ont été bâties des maisons des femmes qui activent dans tous les quartiers la lutte contre les discriminations sexistes, en particulier les violences conjugales ou familiales. Chaque poste électif est coprésidé par une femme. Les assemblées d’élus fonctionnent dans une parité quasi parfaite. « Il faut avoir dans une main, l’égalité de genre, et dans l’autre main, la justice », nous déclare la porte-parole du Kongra Star, Evin Swed, l’organisation qui coordonne les associations de femmes du Rojava. Elle nous rappelle le principal slogan du Rojava : « Si l’on veut libérer la société, il faut commencer par libérer les femmes », une phrase d’Abdullah Öcalan. Elle nous raconte que le mouvement a commencé à se former dans la clandestinité sous le régime baasiste en 2005. Une vingtaine de femmes ont alors fondé ce qui est devenu le Kongra Star, une organisation de femmes, indépendante sur le plan politique, économique et social. Cette autonomie des femmes leur donne une très grande influence dans la société, au point d’avoir le droit de veto sur les décisions jugées sexistes.

Cela a pourtant des limites. Ainsi, le Kongra Star a voulu faire passer une loi contre la polygamie qui a provoqué de nombreuses réactions car « il est écrit dans le Coran qu’un homme peut avoir plusieurs femmes ». Les familles kurdes restent souvent très traditionnelles, les tâches y sont alors genrées à l’extrême. Difficile, pour les femmes, de sortir de leurs cuisines et des tâches ménagères dans de nombreuses familles. Et il est tout aussi difficile d’imaginer des rapports intimes hommes-femmes hors mariage. Les questions LGBT restent taboues dans de larges parts de la population et en poser peut facilement déclencher une vive hostilité. Il n’empêche que ces questions sont pensées par les partis les plus avant-gardistes du mouvement révolutionnaire du Rojava. Par exemple, les YPJ ont accepté des personnes transgenres dans leurs rangs, ou encore ont mené des stages de formation pour sensibiliser les hommes et les femmes au travail genré. Récemment une femme est devenue conductrice de bulldozer, métier traditionnellement réservé aux hommes.

L’économie est également en train de se transformer progressivement. Le Rojava était soumis à une politique d’arabisation forcée avec confiscation des terres par des colons arabes. Ces terres ont été municipalisées, mise sous contrôle des communes et, dans certains cas, redistribuées aux anciens propriétaires. Le reste du Rojava est dominé par la petite propriété, les villes sont remplies de petits ateliers et de petits commerces. L’auto-administration du Rojava encourage fortement la création de coopératives dans lesquelles les moyens sont mutualisés et partagés à parts égales entre les travailleurs et travailleuses. Les gestionnaires sont élus pour deux ans avec une limitation à deux mandats.

La crainte d’une invasion

La guerre civile en Syrie et la lutte contre Daech n’ont pas épargné le Rojava. On ne compte plus les milliers de martyrs morts pour la révolution. Au début limité à trois enclaves territoriales encerclées par des milices djihadistes, le Rojava s’est fondu dans une entité plus vaste : la Fédération démocratique de la Syrie du Nord et de l’Est. Elle occupe un territoire correspondant au tiers de la Syrie et s’étendant bien au-delà des territoires à majorité kurde. Ce territoire possède plus de 80% des réserves pétrolières syriennes. Il est aussi le grenier à blé du pays avec 40% de la production agricole avant-guerre, dont 60% de la production céréalière. Ces ressources attirent les appétits prédateurs des dictatures alentour. À commencer par la Turquie, l’Iran, ou encore le régime syrien d’Assad.

À l’intérieur de la Syrie, les milices islamistes et djihadistes se sont acharnées sur le Rojava : la célèbre ville de Kobané a été détruite à 80% par les combats, le quartier kurde de Sheikh Maqsoud à Alep a subi des dégâts équivalents de la part de milices salafistes financées par l’État turc. On ne compte plus les villages kurdes désertés à cause des mines laissées par les djihadistes de Daech. Reshan Shakr, un coordinateur pour le déminage, nous explique qu’il est extrêmement compliqué de faire son travail, car l’auto-administration n’a pas assez de moyens. Les mines feront des morts pendant encore des générations. La région est étranglée de l’extérieur, car elle est soumise à divers embargos par ses voisins qui voient d’un mauvais œil cette révolution d’inspiration socialiste rappelant à bien des égards la Commune de Paris.

Plus grave encore, en janvier 2018, la Turquie a envahi le canton d’Afrin et chassé brutalement ses habitants d’origine kurde pour les remplacer par des familles arabes islamistes venant principalement de la banlieue de Damas, de la banlieue nord de Homs ou encore d’Idlib. La région a été soumise à un pillage systématique par la Turquie et ses milices. Gulistan Sîdo, afrinoise et professeure de français, membre du comité des relations extérieures de son université, nous confie qu’elle a tout perdu lors de l’invasion turque : « Les djihadistes m’ont tout pris et ont brûlé tous mes livres, j’avais beaucoup de livres en français ». Des journalistes ont enquêté sur l’affaire, comme Jérémie André pour Le Point. Ils ont montré que le pillage avait été financé à hauteur de dizaines de millions d’euros par les consommateurs européens via l’Espagne.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan ne cache pas ses ambitions à propos du Rojava, qu’il cherche à tout prix à envahir. Bachar El Assad déclare à son tour que les FDS devront déposer les armes ou affronter son armée. Pour survivre, le Rojava a dû tisser un réseau d’alliances complexe, fait de compromis et de rebondissements, à l’extérieur comme à l’intérieur de la Syrie. Les Forces démocratiques syriennes se sont alliées à de nombreuses tribus arabes, dont la plus connue est celle des Shammar, qui ne partagent pas toujours les mêmes espoirs démocratiques. La plupart d’entre elles étaient d’ailleurs alliées à Daech avant de retourner leur veste dès que les combats ont tourné au désavantage des djihadistes. Ces tribus sont pourtant un allié important dans les zones à majorité arabe, et permettent de stabiliser ces zones post-Daech.

Quelle mobilisation pour le Rojava ?

Pour éviter une invasion du territoire et l’aider dans la lutte contre Daech, les autorités du Rojava se sont alliées à la coalition dirigée par les États-Unis contre Daech à partir de la bataille de Kobané, premier coup d’arrêt en 2014 à l’organisation djihadiste. Cette collaboration n’est pas de tout repos. À ses débuts, les États-Unis refusaient de livrer du matériel de déminage, afin de ménager leur allié turc. Brett McGurk, alors envoyé spécial de la coalition, avait constaté que les forces du Rojava en étaient réduites à faire usage de troupeaux de moutons pour déminer.

Mais, bien vite, la réalité rattrapa les autorités américaines : la Turquie n’était pas un allié fiable contre Daech. Au contraire même, elle avait directement aidé cette organisation à tenter d’exterminer les Kurdes. L’État turc, aveuglé par sa haine des Kurdes fit là un pas de trop. La coalition internationale décida d’armer beaucoup plus massivement les FDS pour en finir avec Daech en Syrie, faute d’autre partenaire fiable pour accomplir la tâche. Cette alliance tactique est très fragile, comme l’ont montré les velléités de Trump de retirer les troupes américaines de la Syrie, malgré l’opposition de son administration et de ses alliés internationaux, à commencer par la France. Ce retrait pourrait ouvrir la voie à une invasion du Rojava par la Turquie et le régime syrien.

Dans l’espoir de faire son grand retour au Moyen-Orient, l’État français a largement soutenu militairement le Rojava. Des négociations sont en cours pour que la France reconnaisse le Rojava et le faire ainsi rentrer officiellement dans l’arène internationale. Une reconnaissance assurerait une assise plus stable, mais surtout limiterait les menaces qui pèsent sur le Rojava. Un facteur sera décisif pour aboutir à ce résultat : la mobilisation de l’opinion publique en France. Hélas, le Rojava, ou Fédération démocratique de la Syrie du Nord et de l’Est, demeure trop méconnu pour déclencher une mobilisation massive. L’engagement de la France pourrait décider de l’avenir du Rojava, comme autrefois il a poussé François Hollande dans un soutien décisif, entraînant dans son sillage les Américains pendant la bataille de Kobané. Le sursaut aura-t-il lieu avant qu’il ne soit trop tard ?

Raphaël Lebrujah

Nous avons besoin de justice, de démocratie et de paix.

Parce que nous sommes les héritiers de Jaurès, ne nous laissons pas entraîner dans la rhétorique guerrière facile des nations, qui oublient les peuples qui luttent tous contre l’oppression, la justice et la paix.

Le 10 octobre, un attentat, dont un rapport de l’Union européenne attribue la responsabilité à l’AKP (le parti d’Erdoğan) tuait lors d’un rassemblement pacifique de la gauche turque 103 personnes. A l’aune de ce triste souvenir, et devant la menace de l’aventure militaire, voici le communiqué que les principales forces syndicales du pays ont écrit le 14 octobre 2019

Nous, travailleurs, fonctionnaires publics, ingénieurs, architectes, urbanistes et médecins du pays, sommes conscients du danger.

Ceux qui dirigent la Turquie ont fait payer à notre pays et à notre région d’énormes prix en prenant part à la guerre en Syrie, car ils ont négligé tous les avertissements. De plus, les autorités ont qualifié de « traîtres » les gens qui les ont avertis pendant des années.

Clic sur l’image pour en savoir plus sur l’attentat d’Ankara

Le massacre qui a eu lieu il y a quatre ans, le 10 octobre 2015, lors de la Réunion Travail-Paix-Démocratie à Ankara, au cours duquel nous avons perdu 103 personnes, n’est qu’un des prix payés. Nous sommes maintenant confrontés au danger de garder la « tutelle » de milliers de membres de l’Etat Islamique venant de tous les coins du monde alors qu’aucun pays, dont ils sont citoyens, ne les reprendrait. L’État islamique s’est formé à la suite de politiques de guerre au Moyen-Orient et a commis des massacres qui ont causé la mort de centaines de personnes en Turquie.

La question brûlante est  : A qui cela servira de s’embarquer dans une telle opération militaire, avec la permission des forces impérialistes et avec les armes qu’ils ont vendues, et continueront à vendre, dans une terre étrangère qui est devenue le champ de bataille des forces impérialistes en faisant des promesses dangereuses qui menacent notre avenir à tous.

Il est de notre devoir d’en prendre note et de l’écrire dans l’histoire, comme une responsabilité envers notre pays, les amis de ce pays et nos adhérents  : Pour ceux d’entre nous qui voient qu’une telle aventure militaire ne résoudra aucun problème, et approfondira plutôt les principaux problèmes de notre pays, ce n’est pas le moment de rester aveuglément silencieux.

Les principaux problèmes de notre pays sont le nombre record de chômeurs, l’augmentation effroyable des prix et l’appauvrissement de millions de personnes.

Le principal problème de notre pays est la destruction de la démocratie et de la justice.

Le principal problème de notre pays est la discrimination, la polarisation, les politiques aliénantes contre l’espoir de vivre ensemble, dans la paix et la fraternité.

Ce nouvel engagement aventureux en Syrie approfondira ces principaux problèmes plutôt que de les résoudre,  comme cela a été le cas d’autres aventures de ce genre dans le passé.

Nous, en tant que DİSK-KESK-TMMOB et TTB promettons une fois de plus à tous les bien-aimés que nous avons perdus,  à l’occasion de l’anniversaire du massacre d’Ankara du 10 octobre au cours duquel nous avons perdu 103 amis : Nous allons nous consacrer à une Turquie régie par le travail, la paix et la démocratie

DİSK – Confédération des syndicats progressistes de Turquie
KESK – Confédération des Syndicats de la Fonction Publique
TMMOB – Union des Chambres des Ingénieurs et Architectes Turcs
TTB -Association médicale turque

Chili : les raisons de la colère populaire

 

S’il n’y a pas de pain pour le pauvre, il n’y aura pas de paix pour le riche

Cette semaine ( du 14 au 20 novembre 20109), il y a eu un appel massif à sauter au-dessus des tourniquets de paiement du métro de Santiago, en réponse à la quatrième hausse de l’année. La plupart des lycéens entraient en masse dans les gares, dépassant la capacité de réaction des gardes de sécurité. Peu de temps s’est écoulé avant la fermeture de certains postes et l’entrée des forces spéciales des carabiniers (police), réprimant à l’aide de bombes lacrymogènes, de matraques et même de chiens. Vendredi, il y a eu une répression à la chevrotine, qui a fait plusieurs blessés parmi les étudiants.

Le métro de Santiago (qui transporte environ 2,6 millions d’usagers par jour) est une icône du Chili sérieux, moderne et efficace qui veut se projeter vers l’extérieur, mais en même temps c’est le plus cher d’Amérique latine (un ticket à l’heure de pointe coûte environ 1,17 dollar), et les salaires du pays ne suffisent pas à maintenir le coût de la vie en hausse dans une société fortement inégalitaire, la plus marquée de l’OCDE. Cinquante pour cent des Chiliens gagnent moins de 550 dollars par mois (environ 400000 pesos), les transports représentant environ 10 % de ce montant, à quoi s’ajoutent les factures des services de base tels que l’électricité et l’eau, qui sont aussi parmi les plus hautes de la région.

Si l’on ajoute à cela les coûts du logement, de l’éducation et de la santé, nous avons une population qui vit en pratique avec des crédits de consommation, craignant de perdre son emploi et de ne pas pouvoir rembourser ses dettes. Et ceux qui ont pris leur retraite reçoivent des pensions très faibles (moins de 175000 pesos, environ 250 dollars) de leurs AFP (gestionnaires de fonds de pension)dans un système privatisé dont ils ne peuvent même pas retirer les fonds économisés de toute une vie. Telles sont les conséquences des réformes néolibérales introduites dans la société chilienne à l’époque de Pinochet (1973-1989) et approfondies par les gouvernements successifs de la Concertation pour la Démocratie, qui ont choisi de ne pas faire de changements de fond. En fait, le pays continue d’être régi par la Constitution de 1980, créée par le régime militaire.

 

Nous ne sommes ni de droite ni de gauche,
nous sommes ceux d’en bas et nous allons chercher ceux d’en haut !

Source de l’article : Chile: Evasión masiva en el Metro de Santiago, manifestaciones generalizadas en la capital y declaración de estado de emergencia

Manifestons ce lundi 21 octobre en solidarité avec le peuple chilien !

Communiqué de presse de La France insoumise.

« J’ai décrété l’état d’urgence et, à cette fin, j’ai nommé le général de division Javier Iturriaga del Campo à la tête de la défense nationale, conformément aux dispositions de notre législation concernant l’état d’urgence », a ainsi déclaré le chef d’État chilien, Sebastián Piñera, dans un message au palais gouvernemental.

Suite à la hausse du prix du ticket de métro à Santiago, le peuple chilien est sorti massivement dans la rue pour exprimer son mécontentement face à la situation sociale préoccupante que traverse le pays.

Le gouvernement a annoncé suspendre cette hausse. Pour autant, le pays semble s’enfoncer dans une logique répressive croissante jours après jours et la France insoumise exprime son inquiétude face à cette situation. Le couvre-feu a été instauré dans plusieurs grandes villes, dont la capitale qui a été mise sous tutelle de l’armée. Chars et camions de l’armée patrouillent les rues, rappelant les tristes épisodes de la dictature militaire. Malgré cela, malgré le couvre-feu, la répression brutale de l’armée et des incarcérations massives, le mouvement ne cesse de s’étendre dans tout le pays. La coordination nationale des Universitaires, ainsi que des organisations sociales, la coordination féministe 8M entre autres, appellent à une journée de grève contre la répression et pour la fin de la vie chère ce lundi partout dans le pays et dans le monde. 

Nous appelons tous les militants de la France insoumise, les associations, les citoyens à venir manifester ce lundi 21 octobre à 18h30 place Salvador Allende à Paris face à l’Ambassade du Chili en solidarité avec le peuple chilien.