Quand il est mort le poète…

Après 323 jours de grève de la faim, alors qu’il avait arraché l’autorisation pour son groupe de pouvoir à nouveau jouer, Ibrahim Gökçek, affaibli par les privations, est décédé le 7 mai… Le lendemain, toute la bien-pensance occidentale s’apitoyait sur les victimes du fascisme…

Le corps d’Ibrahim a été kidnappé par la police à la morgue, déplacé… Des groupes fascistes ont arrêté le convoi pour lyncher son cadavre… Comment une telle haine a-t-elle pu nous laisser indifférents ? Sommes nous déjà résignés à voir resurgir la bête immonde ?

Comment comprendre, comme je ne l’aurais même pas imaginé sans la lecture d’un tweet, que son nom était absent des plate-formes d’Amesty International et de Human Rights Watch ? Y a-t-il des hommes qui méritent plus de droits que d’autres ?

Merci, dans ce contexte bien sombre, à Politis et à L’Humanité de sauver l’honneur de la presse française en avoir été les seuls à relayer leur combat !

Lors d’un des plus grands concerts de Yorum, Ibrahim Gökçek dit à des milliers de gens : ” Nous sommes le peuple, nous sommes dans notre droit, nous allons gagner !”

LAISSER LES MAINS LIBRES À ERDOĞAN ?

Que se passe-t-il ? De quoi avons-nous peur ? Ou le fameux monde d’après paiera-t-il, comme lors de la grande crise de 1940, les lâchetés du monde d’avant ?

Un article de Claire Corion, dans Le Courrier des Balkans, montre comment Erdoğan utilise la crise du Covid-19 pour éliminer l’opposition, qui lui a infligé sa première défait depuis 25 ans en reprenant la municipalité d’Istanbul. Il interdit aux banques de prêter à la nouvelle municipalité, qui devra se tourner vers des banques étrangères pour financer des projets urgents, et réduit le champ de compétences de la nouvelle municipalité.

Plus grave encore, dans la région sud-est du pays, à majorité kurde, le pouvoir a été recentralisé suite à des élections pas assez favorables au parti gouvernemental. En effet, quelques mois après leur élection démocratique, des maires HDP (Parti Démocratique du Peuple, opposition) ont été démis de leurs fonctions, le gouvernement les accusant de soutenir le terrorisme et d’être favorables au Parti des travailleurs du Kurdistan.

Depuis un an, 40 des 65 municipalités — dont les villes de Mardin, Van et Diyarbakir — sont dirigées par des fonctionnaires choisis par le pouvoir. « Ils mènent les politiques de l’AKP », affirme Harun Ercan, avant d’ajouter que ces fonctionnaires, qui ne peuvent être tenus responsables de leurs actes, veulent notamment islamiser la société. « Le gouvernement se sert de cette région pour voir comment faire disparaître l’opposition » ajoute-t-il, précisant que l’AKP pourrait à l’avenir déchoir de leur mandat des maires dans l’ouest du pays, comme à Urla en décembre 2019.

Ce qui fait dire à Harun Ercan, ancien conseiller à la municipalité de Diyarbakır : « Durant cette crise sanitaire, le gouvernement s’est battu contre l’opposition plutôt que contre le Covid-19».

POURQUOI UN TEL SILENCE ?

En 1938, Hitler annexait les Sudètes, après que les “démocraties” occidentales aient capitulé à Munich. Cela faisait 5 ans qu’il opprimait son peuple, et il avait pu s’afficher lors des jeux olympiques de la honte à Berlin.

Erdoğan a envahi le Kurdistan, massacre son peuple, et le soumet à une idéologie fascisante extrême dangereuse.

Erdoğan a envahi le Kurdistan, massacre son peuple, et le soumet à une idéologie fascisante extrême dangereuse.

“C’est la guerre du croissant contre La Croix”. Voilà ce que l’on peut lire comme image de propagande sur une page Facebook de l’AKP en… Belgique !

Il ne sert à rien de se voiler la face !

Comment dit-on Munich en turc ?

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