« La définition de ce qui est du travail est donc centrale et fondamentalement politique. »

Ci-dessous l’intervention d’Anne Monsus, lors de la présentation de sa candidature dans la deuxième circonscription.

anneJ’ai bientôt 62 ans.

Par la grâce des gouvernements alternativement conservateurs et socialistes, j’exerce encore à ce jour le beau métier de médecin du travail en service interentreprise sur Troyes. Par la grâce des gouvernements alternativement conservateurs et socialistes, de modernisation en modernisation, mon espèce, née avec les lois sociales de 1946, est en voie d’extinction.
J’ai assuré pendant plus de 20 ans, une fonction de délégué du personnel à laquelle j’ai mis fin après la signature de l’Accord National Interprofessionnel de 2013 par le syndicat auquel j’adhérais. J’avais été élue sous son étiquette et pour moi, il perdait toute légitimité à défendre le droit des salariés.
Ces fonctions de terrain  m’ont sans cesse interpellé sur le travail et les conditions de son exercice en constante dégradation, mais aussi sur mon impuissance.

Par éducation et en partie par atavisme familial, je vote à gauche depuis 1974. Ma conscience politique ne s’éveille qu’en 2005 lors du référendum sur la constitution européenne. 191 pages de bonnes intentions ruinées dès le titre I par l’objectif de l’Union d’offrir à ses citoyens… un marché intérieur où la concurrence est libre et non faussée. Confortée par l’intervention à Sainte-Savine de Jacques Généreux, actuel responsable du  programme économique de l’Avenir en Commun, j’ai voté NON. L’Europe n’a pas changé de dogme, je n’ai pas changé de conviction sur l’Europe ! Je suis en cohérence avec notre proposition : plan A / plan B. Pour la campagne 2012, je décide de m’impliquer et me tourne vers le PS. Je m’aperçois très rapidement que ce n’est pas parce qu’il y a de la lumière que la boutique est forcément bien achalandée ! Les rapides reniements du président, élu sur l’aspiration populaire de mettre au pas la finance, me sont insupportables et j’adhère en octobre 2012 au Parti de Gauche. Il y a moins de lumière mais il y a plus d’idées au service de l’intérêt général ! A partir de ce moment, je vais beaucoup lire pour comprendre et me forger une forte conviction que nous, le Peuple, nous pouvons et devons sortir  du modernisme archaïque qui nous est proposé comme modèle naturel et qui nous conduit à notre perte sur les plans social et écologique. Je me reconnais dans une action politique, c’est-à-dire qui définit les modalités du vivre ensemble , l’action individuelle ou communautariste m’apparaissant, pour intéressante qu’elle soit, insuffisante. C’est bien notre proposition de prendre le pouvoir et de convoquer une assemblée constituante pour une VIème république.
Cet engagement m’a conduit à participer dans la mesure de mes disponibilités et moyens aux campagnes électorales qui ont suivi la présidentielle de 2012, dans l’esprit du Front de Gauche, et notamment à me porter, à Sainte-Savine, sur une liste aux municipales. Sur ce même principe « Indignez-vous et Engagez-vous » je présente ma candidature de citoyen ordinaire pour les élections législatives de 2017 sur la 2eme circonscription, au sein du mouvement de la France Insoumise dont le programme l’Avenir en Commun est porté  à la présidentielle par Jean-Luc Mélenchon.
Je m’intéresse particulièrement au travail qui a une dimension anthropologique et politique. Les travaux de psychodynamique du travail montrent que la souffrance est toujours au rendez-vous de l’activité concrète mais, en fonction des caractéristiques  de l’organisation du travail, cette souffrance peut dans certains cas conduire à la maladie  et, dans d’autres cas, elle peut être  transformée en plaisir et devenir un facteur de santé mentale. Depuis les années 2000, les médecins du travail tirent la sonnette d’alarme sur le rôle pathogène des organisations gestionnaires mises en place dans les années 90, stress, burn-out, suicides…nous savons ce qu’il en est aujourd’hui. En fait, lorsqu’il y a souffrance, c’est une souffrance dans l’emploi et non pas une souffrance  au travail, ce qu’expriment bien les salariés en disant « j’aime mon travail mais je n’en peux plus des conditions dans lesquelles je le réalise ». Notre langage commun confond souvent travail et emploi, alors que l’emploi, et donc le marché du travail où l’on vend sa force de travail, sont des créations capitalistes. Il n’y a pas de loi naturelle du travail. La question de savoir qui dans une société décide de ce qui a une valeur économique, et au nom de quels critères, est celle du pouvoir. En tant que femme, je connais, au-delà des  contraintes personnelles qui s’attachent à l’emploi, les contraintes familiales et sociales qui s’y ajoutent.
La définition de ce qui est du travail est donc centrale et fondamentalement politique. Le programme  l’Avenir en commun  assume pleinement cette position dans l’ensemble des champs de propositions. Il s’agit bien d’une urgence démocratique, d’une urgence sociale avec notamment la nécessaire abrogation de la loi El Khomri qui, en inversant la hiérarchie des normes, pousse au moins-disant social et au désordre économique mais aussi d’une urgence  écologique et de progrès humain, dans un contexte européen et international qui doit être reconsidéré.
Sur cette question comme sur d’autres je trouve de la cohérence à ce programme. C’est pour cela que je suis prête à m’engager ,au sein du mouvement de la France Insoumise , pour l’Avenir en commun .


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