L'Aube Insoumise

Alerte Grèce : deux membres de Rouvikonas menacés de prison à vie !

La classe au pouvoir utilise une nouvelle fois le lawfare pour décrédibiliser et affaiblir les mouvements qui lui résistent. APPORTEZ VOTRE SOUTIEN À DEUX MILITANTS GRECS QUI RISQUENT LA PRISON À VIE !

La classe au pouvoir utilise une nouvelle fois le lawfare pour décrédibiliser et affaiblir les mouvements qui lui résistent. APPORTEZ VOTRE SOUTIEN À DEUX MILITANTS GRECS QUI RISQUENT LA PRISON À VIE !

C’est un appel lancé par Yannis Youlountas sur son blog : Deux ans après le formidable élan de solidarité sans frontières qui a permis à deux membres du groupe Rouvikonas d’éviter la prison, une nouvelle menace d’une ampleur sans précédent plane au-dessus de ces militants. 

 Un procès kafkaïen attend Giorgos et Nikos le 13 octobre prochain, sur la base de fausses accusations. Cette tentative de criminalisation du mouvement social peut coûter la prison à vie à ces deux militants politiques. Leur groupe, pourtant irréprochable et exemplaire, est manifestement devenu trop gênant. Une nouvelle mobilisation internationale s’impose.

Qu'est-ce que Rouvikonas ?

Rouvikonas (le Rubicon en grec) est, comme l’explique le site Paris-lutte.info, un Collectif anarchiste parmi les piliers du quartier athénien d’Exarcheia, qui s’est formé en 2013 au sein du mouvement social issu de la crise. Il se distingue par la radicalité de « sa propagande par le fait » et sa culture prononcée de « l’entr’aide ». Ils ont plusieurs centaines d’actions à leurs actifs, offensives (attaques d’ambassades, attaques du Parlement, de banques, de siège de grandes firmes…) comme solidaires (ouverture de squat, de centres sociaux,etc.). La pluralité, la fréquence et la durabilité de leur engagement, à quoi s‘ajoute une large communication, inscrivent la possibilité de la dissidence dans l’opinion publique.

Plus d’informations dans la compilation d’extraits du film L’amour et la révolution, dans la vidéo ci-dessous.

Une offensive de classe

Devant le soutien du groupe dans les milieux populaires, le “Macron grec”, à savoir le premier ministre de la Nouvelle Démocratie, Kyriakos Mitsotakis, avait promis d’en finir avec le groupe Rouvikonas. Et l’offensive n’est pas surprenante de la part d’un gouvernant qui ouvre de plus en plus les portes du pouvoir à l’extrême-droite. Ils sont déjà trois ministres à venir du parti d’extrême-droite Laos ! Le dernier en date, Atahnasios Plevris, auteur de propos antisémites, avocat défenseur de l’assassin d’un militant LGBT, n’hésite pas à déclarer, à propos des migrants : “Vous ferez savoir aux autres au Pakistan que vous êtes plus mal lotis ici. L’enfer doit ressembler au paradis, comparé à ce qu’ils vivront ici ! ” et il propose de les priver d’accès aux soins, aux hôpitaux, et de supprimer les distributions de nourriture et d’eau !

Un procès kafkaïen

Les faits : le 7 juin 2016, un trafiquant de drogue est exécuté à Athènes, dans le quartier d’Exarcheia. Cette exécution est revendiquée par un collectif d’autodéfense appelé « Milice du peuple armé » qui déclare que le trafiquant de drogue avait un comportement violent, menaçant et dangereux à Exarcheia, à la fois envers les membres du mouvement social et les habitants du quartier.

Trois années passent. Aucun membre de Rouvikonas n’est visé par l’enquête. En juillet 2019, Kyriakos Mitsotakis arrive au pouvoir en Grèce et promet, entre autres, d’en finir « par tous les moyens » avec le groupe anarchiste Rouvikonas, réputé dans tout le pays pour ses actions de solidarité et sa résistance sans aucun rapport avec ce genre de procédés*. Au bout de quelques mois, en mars 2020, un juge d’instruction reprend le dossier et inculpe deux militants de Rouvikonas : Nikos Mataragkas et Giorgos Kalaitzidis, respectivement pour homicide et pour incitation au meurtre.

Mais en juin 2020, après leurs auditions au parquet, ils sont tous deux libérés sans caution et les poursuites sont logiquement abandonnées.

Coup de théâtre en avril 2021 : bien que le dossier soit vide contre les membres de Rouvikonas, l’État et les mécanismes de répression décident subitement de poursuivre Giorgos et Nikos en s’appuyant sur de fausses accusations et leur procès est programmé le 13 octobre 2021 !

Cette manipulation de la part du pouvoir fait de Giorgos et Nikos ses otages et vise à les détruire politiquement et physiquement : ils risquent la réclusion à perpétuité ! Le but est également de nuire à l’image du groupe Rouvikonas et de criminaliser le mouvement social en Grèce, comme le faisaient les Colonels au pouvoir il y a cinquante ans.

Apportons notre soutien !

Face à ce procès kafkaïen, nous apportons notre soutien aux militants politiques et solidaires Giorgos Kalaitzidis et Nikos Mataragkas et nous exigeons l’arrêt immédiat des poursuites.

Nous appelons à renforcer le comité international de soutien : soutien@rouvikfrancophone.net (envoyez vos nom, prénom et qualité pour rejoindre les signataires).

Nous invitons également à les soutenir financièrement dans ce bras de fer qui ne se limite pas à ce procès pour le groupe Rouvikonas : le groupe est fréquemment l’objet de poursuites judiciaires pour des motifs moins graves mais très coûteux (au total pour toutes les actions jugées actuellement et dans les mois à venir, les frais de Justice du groupe s’élèvent à plusieurs dizaines de milliers d’euros) :

https://fr.gofundme.com/f/soutien-giorgos-et-nikos-athnes

Nous appelons enfin, pour celles et ceux qui le peuvent, à un rassemblement de soutien le jour du procès : le mercredi 13 octobre à 9h00, au Palais de justice d’Efeteio, 4 rue Degleri à Athènes. Les photos d’actions de soutiens à distance sont également les bienvenues.

Ne laissons aucun d’entre nous être la proie isolée du pouvoir.

Comité international de soutien à Giorgos Kalaitzidis et Nikos Mataragkas

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