Adrien Quatennens : “Nous avons un contre-projet !

Le mercredi 22 janvier, dans le cadre de la mobilisation des députés Insoumis contre la réforme des retraites, Adrien Quatennens était présent à la maison des associations à Troyes. Un public nombreux !

Ci-dessous la vidéo du meeting, introduit par Anne, militante de l’agglomération de la FI, et par les témoignages de deux militants de la CGT, Josiane et Jérôme, qui ont fait état de la lutte dans le département et témoigné des initiatives auxquelles ils ont participé.

🔴 EN DIRECT de Troyes - Nouvelle réunion publique - « Réforme des retraites : Retrait ! Un point c’est tout ! »

Publiée par Adrien Quatennens sur Mercredi 22 janvier 2020

A la sortie, une collecte en soutien aux grévistes a recueilli 277 € !

DÉMOCRATIE. « MONSIEUR LE PRÉSIDENT, SOUMETTEZ VOTRE RÉFORME AU RÉFÉRENDUM »

Après plus de deux mois de mobilisations sociales d’une ampleur historique, une majorité de Français demandent toujours le retrait de la réforme du système de retraites voulu par le gouvernement. Alors que les projets de loi commencent à être examinés à l’Assemblée nationale, tout est organisé pour contourner le débat devant la représentation nationale et inciter les  parlementaires à voter à l’aveugle, avec le recours programmé à pas moins de 29 ordonnances. Même le Conseil d’État a rendu un avis très sévère, relevant « la fausse promesse d’un régime universel », des projections financières « lacunaires »,  mais aussi des dispositions « contraires à la Constitution ».

Ce niveau de défiance à l’égard d’une réforme « inédite depuis 1945 et destinée à transformer pour les décennies à venir un système social qui constitue l’une des composantes majeures du contrat social », comme le souligne à juste titre le Conseil d’État, pose un problème démocratique majeur. A ce stade, seule une consultation populaire permettrait de le résoudre. Un référendum sur le retrait du projet gouvernemental doit être organisé, pour que le peuple ait le dernier mot.

Lire la pétition et voir les premiers signataires sur le site de :

POUR SIGNER LA PÉTITION

847 000 européens exigent la fin de l’impunité des multinationales et de l’arbitrage entre investisseurs entre investisseurs et Etats

Depuis janvier 2019, un collectif composé de plus de 200 organisations de la société civile issues de 16 pays de l’Union européenne – dont plus de 40 en France – ont animé une grande campagne de mobilisation citoyenne intitulée “des droits pour les peuples, des règles pour les multinationales”. Une pétition, réunissant 847 000 signataires à sa clôture fin janvier 2020, interpelle les dirigeants des institutions européennes et des États membres sur la nécessité d’instaurer des règles contraignantes sur le respect des droits humains et de l’environnement par les entreprises multinationales, et de mettre fin aux privilèges dont elles bénéficient via les accords d’investissement (tribunaux d’arbitrage, ISDS etc).

En France, ce sont 56 député.e.s européen.ne.s qui ont pris des engagements en la matière, lors des dernières élections. Le vote sur les accords commerce et investissement entre l’UE et le Vietnam ce mardi 11 février 2020 leur offre une première opportunité concrète de passer de la parole aux actes : il serait inconcevable que les eurodéputé.e.s ratifient des accords qui vont encore accroître le pouvoir des entreprises multinationales au détriment des droits humains et de l’environnement.

Les 46 organisations françaises membres de cette campagne ont écrit au Ministre de l’Europe et des Affaires Etrangères, Jean-Yves Le Drian, le 13 janvier dernier, pour le rencontrer afin de l’entretenir de ces exigences collectives et lui remettre la pétition. Nous attendons sa réponse.

Notes :

Clic pour lire sur le site du collectif Stop-TAFTA

Partout, des Insoumis-e-s solidaires

Une initiative des Insoumis-e-s de l'agglomération

28 décembre devant le marché, des Insoumis-e-s des groupes d’action de l’agglomération ont organisé une collecte de solidarité en faveur des grévistes… Une somme de 168 € récoltée en une heure et demie, qui sera remise à l’assemblée des grévistes…

Solidarité partout, de toutes et de tous, jusqu’à la victoire finale !

Une initiative du groupe parlementaire

Une idée lancée par Jean-Luc Mélenchon sur son blog… Associer les parlementaires à l’effort nécessaire de solidarité pour les grévistes qui se battent en faveur du peuple tout entier, contre l’offensive néo-libérale du gouvernement Macron et des fonds de pension qui se cachent derrière ces sinistres polichinelles !

Et partout... Comment participer aux caisses de grève et soutenir les grévistes ?

Alors que le mouvement de grève contre la réforme des retraites va prochainement entamer sa troisième semaine d’action, la solidarité et le soutien des Français·es avec les grévistes se manifestent chaque jour un peu plus. C’est le cas, notamment, à travers les nombreuses caisses de grève qui sont créées pour les aider financièrement.

Ces initiatives permettent aux personnes engagées dans la grève de poursuivre le mouvement dans la durée afin de faire plier le gouvernement. Rappelons que les grévistes sont les premier·es touché·es en se privant volontairement d’une partie de leurs revenus pour défendre notre système de retraites par répartition. C’est pourquoi ces caisses de grève sont particulièrement utiles dans la période actuelle et remporte un franc succès.

Il n’est cependant pas toujours simple de savoir où et comment contribuer à ces caisses de grève. Retrouvez sur cette page le recensement d’une majorité d’entre elles par secteur.

Interprofessionnel :

AG interprofessionnelle de Saint-Denis 

Soutien aux grévistes du 77 (organisé par le comité de grève de Vaires-sur-Marne)

Caisse de grève contre la réforme des retraites CGT Paris 

Le Stream reconductible

Infocom CGT (cogestion avec des syndicats SUD)

Cheminots :

SUD Rail

Le Bourget :

CGT Cheminots Versailles

CGT de Montereau

Soutien aux cheminots de Paris Sud Est

Éducation :

SUD Éducation 

Bloquons Blanquer

Chaîne des Bahuts et des Écoles

Vitry – grévistes du 1er et second degré 

Ivry – grévistes du 1er et second degré

Paris – 1er degré

Collège Roger Martin du Gard à Épinay-sur-Seine 

Collège Robespierre à Épinay-sur-Seine

Collège Evariste Gallois à Épinay-sur-Seine 

Collège de Marly

Lycée René Cassin (Gonesse) 

Cité Scolaire Maurice Ravel (Paris 20e) : 

Caisse de grève des enseignant.e.s de Cergy 

Caisse de grève Jules Verne (Villeneuve-la-Garenne)

Lycée Auguste Blanqui (St Ouen)

Enseignement supérieur et recherche :

Université Paris-Saclay

Industrie :

Raffinerie de Grandpuits

Nettoyage :

CNT-SO Nettoyage 

Hôtel IBIS Batignolles (CGT-HPE)

Radio France

Caisse de solidarité avec les salarié·es de Radio France

RATP :

Dépôt RATP de Pantin (Flandre)

Dépôt RATP de Paris 20e (Lagny)

Dépôt RATP de Vitry

RATP Croix Nivert

Santé :

Urgences hôpital Cochin 

Soutien aux luttes à l’hôpital, les EHPAD, les associations (SUD)

Culture

Grévistes de la BnF

Grévistes de la Bpi (Centre Pompidou) 

Grévistes de la BULAC (Bibliothèque universitaire des langues et civilisations)

Crous :

Agent·es du Crous de Cachan en grève

Ministère de l’économie

Les agent·es grévistes de la Direction générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des fraudes

Merci au site Paris-Luttes.infos et à l’Espace des Luttes de La France insoumise pour leur recensement. Cette liste n’a pas vocation à être exhaustive. Nous vous invitons à vous renseigner plus en détails sur la caisse de grève à laquelle vous souhaiteriez participer avant d’y contribuer.

Grève du 5 décembre : On vous le dit aussi en images…

Sur le mode “on explique”

Retraites à points, le dernier coup pour briser la sécurité sociale

Ci-dessous un film d’animation de l’Insurgé pour comprendre en 5 mn la réforme Macron de “Retraites à points” et son lien avec la destruction de la Sécurité sociale (les 5 mn suivantes)

Sur le mode “motivés”

TOUT LE MONDE DOIT FAIRE GRÈVE LE 5 DÉCEMBRE

“Tout le monde peut faire grève. TOUT LE MONDE. C’est beau ce qui est en train de se produire, c’est une convergence de luttes qui doit être ressentie au sommet de l’État. Alors le 5 décembre, tous en grève, tous dans la rue pour mettre un coup d’arrêt à cette guerre sociale contre le peuple français.”

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Émission spéciale « Le 5 décembre et au-delà » en direct ce jeudi 28 novembre #greve5décembre

Ce jeudi 28 novembre, suivez en direct notre émission spéciale « Le 5 décembre et au-delà » autour de la mobilisation contre la réforme des retraites avec :

  • Anne Debregeas, ingénieure à EDF, Sud Energie
  • Bérenger Cernon, cheminot, CGT
  • Jérôme Fouletier, ingénieur à Nokia
  • Françoise Quainquart, retraitée

Animée par Philippe Juraver et Anne-Sophie Pelletier représentant·es au sein de la coordination de l’Espace de luttes de La France insoumise.

Réagissez sur les réseaux sociaux avec #greve5decembre.

« Barrages » : un documentaire mène l’enquête sur les dangers de cette nouvelle privatisation

Ce lundi 18 novembre avait lieu à Paris en présence du réalisateur, de nombreuses et nombreux syndicalistes ainsi que des représentant·es politiques tel·les que notre député Loïc Prud’homme, l’avant-première du documentaire Barrages. 

Ce film informe sur cette lutte primordiale pour notre pays. Il montre et démontre que la défense des barrages hydroélectriques ne consiste pas seulement à vouloir protéger des ouvrages d’art et un monopole public. En effet, vouloir empêcher la privatisation des barrages, c’est tout d’abord garantir l’électricité pour toutes et tous à un prix abordable et sans black-out. C’est aussi assurer la sécurité des personnes et des biens. Enfin, et de manière plus surprenante, c’est aussi défendre l’eau comme bien commun et lutter contre le réchauffement climatique.

Ajoutez à cela que la mise en concurrence de leurs concessions conduira, comme pour les autoroutes, à une explosion du montant de la facture…

Tout ces éléments sont bien mieux détaillés et expliqués dans le film pour lequel le réalisateur est allé voir plusieurs acteur·rices qui militent depuis longtemps pour la défense de nos barrages et donc pour la défense de l’intérêt général depuis plusieurs années. 

Ce film est donc une véritable arme d’information massive pour que cette lutte se propage et que se fasse une véritable prise de conscience de l’importance de conserver et renforcer ce service public de l’énergie. Il est disponible pour ceux qui souhaiteraient organiser une projection et sortira officiellement le 22 janvier prochain.

Pour organiser une projection, contactez : barrages@regiesud1901.org

NON AU PROJET DE NOUVELLES INSTALLATIONS NUCLÉAIRES !

Nous reproduisons ci-dessous la pétition du Réseau Sortir du Nucléaire, pour s’opposer à la fuite en avant que représenterait la construction de six nouveaux réacteurs, malgré le fiasco technologique et économique qu’est l’aventure de Flamanville.

Clic sur l'image pour accéder à l'image originale et signer

Les positions de la France Insoumise

Voici les propositions que contient l’Avenir en Commun, programme de la France Insoumise.

Sortir du nucléaire

  • Fermer immédiatement Fessenheim en garantissant l’emploi des salariés et leur formation pour en faire un site pilote du démantèlement

  • Abandonner l’opération du grand carénage visant à prolonger la vie des centrales nucléaires au-delà de quarante ans

  • Abandonner les projets d’EPR (Flamanville et Hinkley Point) et d’enfouissement des déchets nucléaires à Bure

  • Rendre publique les données sur l’enfouissement des déchets nucléaires depuis soixante ans et informer sur les dangers sanitaires avérés et/ou éventuels 

  • L'action de nos parlementaires


    Question écrite
    Filière et stockage des déchets nucléaires

    Clic sur l'image pour lire le document

    Proposition de loi pour la sortie du nucléaire et le développement des énergies renouvelables 

    Clic sur l'image pour lire le document

    Jeudi 29 novembre 2018, la députée Mathilde Panot présentait la proposition de loi pour la sortie du nucléaire et le développement des énergies renouvelables issue de l’Atelier des lois de la France Insoumise, avec l’appui de Pamela Hocini et Sylvain Noël, membres de la coordination des ateliers des lois et Martine Billard, ancienne députée écologiste et animatrice du livret Planification écologique.

    Alors qu’Emmanuel Macron persiste dans la folie nucléaire, comme annoncé dans les premiers éléments de la programmation pluriannuelle de l’énergie, cette proposition issue d’une initiative citoyenne vise à un contrôle citoyen et parlementaire beaucoup plus fort de l’énergie nucléaire, et met en avant trois fondamentaux : la sobriété énergétique, l’efficacité énergétique et la production par les énergies renouvelables.

    “La honte isole… la prise de parole, ça fait de nous un peuple !”

    Ci-dessous l’interview qu’Aède Haenel a accordé à Mediapart au sujet des violences qu’elle a subies, et comment elle les transcende pour les fondre dans un combat commun d’émancipation de toute l’humanité…

    La France Insoumise, dans le chapitre 6 de l’Urgence Démocratique de son programme L’Avenir en commun propose :

    Abolir les ségrégations et lutter contre toutes les formes de racisme

    • Assurer l'égalité réelleet combattre les discriminations fondées sur le genre, le handicap, l'apparence, la couleur de peau, l'âge, l'orientation sexuelle, la religion ou la croyance, l'origine sociale ou la fortune.

    Abolir le patriarcat dans l'Etat et la société

    • Assurer l'égalité réelle et combattre les discriminations fondées sur le genre, le handicap, l'apparence, la couleur de peau, l'âge, l'orientation sexuelle, la religion ou la croyance, l'origine sociale ou la fortune
    • Renforcer la loi et les moyens contre les violences faites aux femmes
    • Généraliser le Planning familial dans ses missions de formation et d'éducation pour la contraception et le droit à l'avortement
    • Adopter une loi de lutte contre le sexisme
    • Abolir la prostitution et garantir la dignité de la personne humaine

    Une campagne de la France Insoumise

    Diffusons
    toutes et tous ce tract pour préparer la marche #nous toutes
    samedi 23 novembre

    Clic sur l'image pour télécharger le tract

    Eric Coquerel : «Pourquoi je marcherai le 10 novembre contre la haine anti-musulmans»

    Clic sur le logo pour lire sur le journal

    Nous reproduisons ici, au titre du débat, la tribune qu’Eric Coquerel, député LFI, consacre à la manifestation du 10 novembre.

    Le 28 mars 2018, après la mort de Mireille Knoll, j’ai marché contre l’antisémitisme à l’initiative du Crif. S’y trouvaient des forces et personnes aux antipodes de mes idées, y compris Marine Le Pen. Personne ne m’en a fait le reproche.

    Je l’ai fait à nouveau le 19 février : je me suis retrouvé place de la République avec tout l’arc politique français, dont des personnalités évidemment très éloignées, pour dire de nouveau non à l’antisémitisme. Personne ne m’en a fait le reproche.

    Le 14 octobre 2019, j’ai tenu un meeting en solidarité avec les Kurdes du Rojava, à l’initiative de Jean-Christophe Lagarde, où j’ai côtoyé des responsables politiques ou associatifs tout aussi éloignés de moi, tels Bruno Retailleau ou Bernard-Henri Lévy. Personne ne m’en a fait le reproche.

    Le 10 novembre 2019, je marcherai contre la haine envers les musulmans, avec des personnalités proches et d’autres éloignées de mes combats politiques. Je marcherai sans hésiter car comme dans les autres cas, la cause est noble et la situation appelle à une réaction forte. Mais cette fois, on me le reproche.

    Ces reproches viennent y compris de mon «camp», voilà pourquoi je tiens à convaincre.

    On me dit que j’aurais changé. C’est surtout la période qui a changé. Longtemps, j’ai refusé le terme «islamophobie». Il présentait le risque de subordonner le combat antiraciste au prisme de l’appartenance religieuse. J’y voyais le danger de transformer toute critique d’une religion, un droit légitime, en un soi-disant racisme. Mais à mes yeux, le propre d’un militant politique est de ne pas rester figé dans une négation du réel et d’être à l’écoute de ceux qui sont opprimés. Des digues ont sauté en grand : c’est bien au nom de leur religion que des millions de nos concitoyens sont aujourd’hui discriminés. Ils le disent, dans la dernière enquête menée pour la Dilcrah et la fondation Jean-Jaurès : plus de quatre musulmans sur dix ont fait l’objet d’au moins une forme de discrimination liée à leur religion.

    Depuis plusieurs années, les Français musulmans subissent en effet une campagne de discriminations allant crescendo ; ils sont désignés sans cesse comme en dehors de la sphère de la République, comme des ennemis intérieurs.

    La comparaison assumée entre des musulmans et les nazis, l’humiliation et l’exclusion publique d’une mère portant un voile au conseil régional de Bourgogne, la proposition de délation à peine masquée vantée par le président de la République puis concrétisée par un ministre appelant à signaler les petits garçons refusant la main d’une petite fille… Tous ces faits n’ont eu lieu qu’en l’espace de deux mois depuis la rentrée. Jusqu’à cet attentat devant une mosquée, par haine assumée de ses croyants. Tous les militants du camp progressiste, tous les républicains convaincus devraient s’alarmer de cette avalanche de haine. Au lieu de cela, silence radio… Des compatriotes sont insultés, publiquement dénigrés, maintenant ciblés physiquement et ni le président de la République ni même un ministre n’ont daigné se déplacer devant la mosquée à Bayonne pour exprimer la solidarité de la Nation…

    Aujourd’hui, comme d’autres par le passé, des gens sont discriminés en raison de leur appartenance religieuse. L’historien Gérard Noiriel l’a bien analysé dans son livre comparatif entre Drumont et Zemmour. Voilà le danger prioritaire.

    Le risque de dérive communautariste, c’est-à-dire la capacité d’une communauté de subordonner les lois de notre République aux lois d’une religion ou de ses intérêts particuliers, n’a pas aujourd’hui de réalité de masse. Et si danger communautariste il y a, peut-être faut-il plutôt regarder vers certains quartiers de Neuilly ou du XVIe arrondissement de Paris, où les «ghettos de riches», si bien analysés par les Pinçon-Charlot, évoluent dans une endogamie assumée, tout en imposant au pays une politique conforme à leurs intérêts de classe.

    Les politiques identitaires, qui ne sont malheureusement plus l’exclusivité du Rassemblement national, et les inégalités du libéralisme sauvage portés par le gouvernement français sont un danger bien plus grand pour saper nos fondements républicains. Si risque de division il y a, il vient bien plus de cette haine propagée envers une partie de la population française.

    Si nous sommes d’accord sur ces constats, alors nous devons réagir. Est-ce qu’un seul terme doit nous empêcher de réagir ? Ma réponse est non.

    Force est de constater qu’«islamophobie» est aujourd’hui celui le plus communément admis pour définir cette stigmatisation des Français musulmans. Il n’a toujours pas ma préférence mais à partir du moment où il est bien défini ainsi dans le texte, il ne peut pas m’empêcher de signer un appel unitaire – appel tout à fait juste sur le fond.

    Je l’ai signé sans renier aucun de mes marqueurs politiques : je peux m’opposer aux lois liberticides que sont la transformation de l’état d’urgence en droit commun ou le projet de loi adopté au Sénat interdisant à des mères voilées d’accompagner des sorties de classe, tout en affirmant mon attachement à la loi de 1905 et à la mise à l’écart de signes d’appartenance religieuse à l’école où étudient des personnes mineures.

    S’il n’y avait pas eu cet appel pour une marche le 10 novembre, il n’y aurait eu aucune initiative de rassemblement contre cette forme particulière de racisme. Rien ! Qu’ont proposé ceux qui protestent contre cette initiative pour réagir à la hauteur du danger ? Rien.

    Est-ce à dire que lorsqu’il s’agit de défendre des compatriotes musulmans traînés dans la boue et victimes d’attaques par armes à feu, le combat ne mérite plus d’être mené ? Ou seulement au prix d’une pureté politique absolue, ou d’un universalisme abstrait estimant que la lutte contre les discriminations envers les musulmans est la seule qui doit être intégrée dans des luttes plus globales – à savoir «lutter contre le racisme» ? Je ne serais pas de ceux-là, il y va de mon honneur. Je refuse de fermer la porte à la seule initiative politique proposée pour l’heure, en regardant par la fenêtre la haine se déchaîner contre mes concitoyens.

    Eric Coquerel député de la Seine-Saint-Denis (LFI)(https://www.liberation.fr/auteur/3770- eric-coquerel)