Les Etats-Unis face au désastre qui vient…

Clic sur le logo pour lire l’article sur le site original

Le capitalisme à son  apogée d’horreur : à Las Vegas, on parque les SDF dans un parking ! Chacun a droit à une place…

Une introduction glaçante à cet article de Le Vent se Lève sur la catastrophe annoncée aux Etats-Unis.

Deux millions de morts et un taux de chômage à 30 %, ce sont les dernières prévisions en cas d’inaction face à l’épidémie de coronavirus. Avec un président longtemps dans le déni, un exécutif désorganisé, un système de santé à deux vitesses, une protection sociale quasi inexistante et des inégalités records, les États-Unis semblent particulièrement vulnérables.  C’est sans compter sur leur souveraineté politique et monétaire qui leur confère des marges de manœuvre considérables. Reste à savoir comment se manifestera la réponse politique. Capitalisme du désastre tel que l’a théorisé Naomi Klein dans La stratégie du choc, ou sursaut « socialiste » comme le préconise Bernie Sanders et les forces « progressistes » ? Reportage depuis Houston.


 « Le vieil oncle Sam se réveil enfin ». Dans les boucles de messagerie électronique Wechat de la communauté chinoise de Houston, on s’amuse de la réponse tardive et précipitée des Américains face à la pandémie. Depuis deux mois, les membres de ces groupes de discussions stockent masques, solutions hydroalcooliques, papier toilette et autres vivres. Désormais certains se ruent sur les armes à feu et les munitions. Depuis la première allocution de Donald Trump le 12 mars, les supermarchés sont en rupture de stock et les armureries prises d’assaut. 

Le vendredi 13 mars, la plupart des grandes entreprises demandent à leurs employés d’adopter le télétravail. Les écoles ferment, les événements sportifs sont annulés, et le fameux rodéo qui accueille plus de deux millions et demi de visiteurs sur six semaines se termine prématurément. Houston n’a diagnostiqué que 30 cas de Covid-19 lorsque le maire décrète la fermeture des bars et restaurants.

À travers le pays, de nombreux États, entreprises, villes et associations ont pris les devants du gouvernement fédéral pour mettre en place des mesures drastiques. Malgré des conséquences financières significatives, la NBA (National Basketball Association) a suspendu sa saison au premier test positif d’un joueur, le pivot français des Utah Jazz, Rudy Gobert. À Austin, le festival culturel « South By Southwest », qui accueille près d’un demi-million de visiteurs chaque année, a été annulé le 6 mars. Dans d’autres États, le confinement est désormais imposés aux populations. Ces initiatives locales contrastent avec les tâtonnements de Donald Trump et le manque de préparation spectaculaire des services de santé. 

LES ÉTATS-UNIS, UNE NATION PARTICULIÈREMENT EXPOSÉE

Deux millions de morts d’ici la fin de l’année et deux millions de chômeurs supplémentaires en une semaine. Ces deux chiffres, le premier issu d’une étude épidémiologique de l’Imperial College de Londres, le second des projections économiques de Goldman Sachs, indiquent l’ampleur de la catastrophe sanitaire et sociale qui s’annonce. 

Pour commencer, l’absence de congés maladie et de congés payés dans la législation (bien que certaines entreprises en offrent à leurs employés volontairement) force de nombreux Américains à se rendre au travail en étant malades. D’autant plus que les minimas sociaux et l’assurance chômage anémique rendent la perspective de perte d’emploi terrifiante, et ce particulièrement en situation de pandémie, puisque la plupart des actifs reçoivent leur assurance maladie via leurs employeurs. Sachant que près de la moitié des Américains n’ont pas les ressources financières pour faire face à un imprévu de plus de quatre cent dollars, le chômage partielle n’est pas une option.[1] 

Parmi les travailleurs les plus exposés, on compte les employés de la restauration, de l’hôtellerie et du tourisme ainsi que les chauffeurs de taxi, et plus généralement toutes les  professions dont le salaire dépend majoritairement des pourboires. 

Fermer les écoles présente un autre dilemme, car jusqu’à vingt-deux millions d’enfants dépendent des cantines scolaires pour se nourrir, en particulier à New York. 

À cette situation sociale fragile s’ajoute un système de santé à deux vitesses. 87 millions d’Américains ne sont pas ou mal assurés, ce qui empêche un quart de la population de se rendre chez le médecin pour se faire dépister. Quant aux Américains disposant d’une couverture maladie décente, le système de franchise médicale les dissuade de consulter un médecin en cas de symptômes légers (les premiers mille à deux mille dollars de frais médicaux annuels étant à la charge du patient). [2]

Les pires conditions sont ainsi réunies pour une propagation éclair de la maladie. Or, le système de soin est particulièrement mal préparé. Les hôpitaux manquent de tout : masques et tenues protectrices, gel hydroalcoolique, machines respiratoires, lits et personnels. Certains établissements demandent déjà un plan de sauvetage financier, à l’instar des banques en 2008, pour continuer de fonctionner. De plus, le système étant majoritairement privé et fondé sur une logique de concurrence, tout effort de coordination est difficile à mettre en place. Par exemple, il est très difficile de transférer des masques et du personnel soignant d’un hôpital à un autre. 

Cette logique du profit pousse certains établissements à refuser de décaler la date des chirurgies « non-urgente » pour libérer des capacités d’accueil en vue de traiter les victimes du coronavirus. D’autres interdiraient à leurs infirmières de porter le masque dans les couloirs, pour éviter la mauvaise publicité. The Intercept rapportait ainsi qu’un hôpital avait décidé de ne pas isoler un patient atteint du virus, et de ne pas mettre de signe clair indiquant au personnel soignant qu’il était contagieux, « pour éviter d’affoler les clients ». Résultats : plusieurs aides-soignants sont venus s’occuper de ce patient sans porter la moindre protection. 

Si le changement de rhétorique effectué par Donald Trump semble indiquer qu’il prend désormais la crise au sérieux, les décisions fortes sur le front sanitaire se font toujours attendre. 

TRUMP : DU DÉNI AU « CHEF DE GUERRE »

Le 28 février, Donald Trump qualifie le coronavirus  de complot démocrate destiné à réduire ses chances de réélections. Cette sortie s’ajoute à une longue série de déclarations publiques destinées à minimiser la situation, ignorant au passage les rapports des agences du renseignement qui alertaient dès la fin janvier sur le risque de pandémie. Or, le déni initial du président a été amplifié et repris en boucle par les médias conservateurs du pays.

Fox News, première chaîne d’information continue, se déchire entre ses deux réflexes habituels : affoler ses téléspectateurs et défendre le président. Pendant un long mois, ses principaux présentateurs choisissent la seconde option. La journaliste Trish Regan qualifie la pandémie de « dernière trouvaille des démocrates pour nuire à Donald Trump, après l’échec du RussiaGate et de la procédure de destitution ». La vedette de la chaîne, Sean Hannity, parle de « simple grippe » et de « complot de l’État profond contre Trump ». Certains intervenants encouragent les téléspectateurs à prendre l’avion pour profiter des prix bas, et à se rendre dans les restaurants où le service sera « plus rapide que d’habitude ». Un propos repris par David Nunes, un des leaders du parti républicain au Congrès. [3]

Le conservateur Rush Limbaugh, présentateur radio le plus influant du pays, explique pendant des semaines à ses 16 millions d’auditeurs que le virus est « une simple grippe » fabriquée par les Chinois pour affaiblir l’économie américaine. Ces lignes éditoriales sont d’autant plus cyniques que l’âge moyen de leur audience est supérieur à soixante ans. En effet, selon divers sondages, les électeurs républicains sont deux fois moins susceptibles de prendre le coronavirus au sérieux que les électeurs démocrates.

Donald Trump a une part de responsabilité dans ce désastre. En conférence de presse le 13 mars, il continue de traiter la crise comme un problème de perception plutôt qu’une crise sanitaire, se permettant de serrer de nombreuses mains devant les caméras avant de reconnaître qu’il avait été en contact avec une personne testée positivement au coronavirus quelques jours plus tôt. Il a longtemps refusé de décréter la « situation d’urgence » par crainte d’affoler les marchés, et ira jusqu’à reconnaître publiquement qu’il s’oppose à la multiplication des tests afin de minimiser artificiellement le nombre des cas enregistrés et d’éviter la panique. Cette stratégie calamiteuse fait suite à une série de décisions problématiques. [4]

En arrivant à la Maison-Blanche, Trump a distribué les postes clés de son administration à une majorité de lobbyistes ou personnes inexpérimentées afin de « déconstruire l’État », comme l’a publiquement revendiqué Steve Bannon, son conseiller stratégique de l’époque. [5] Suivant cette logique, Trump a réduit les budgets de la CDC (Center for Disease Control) et limogé la majorité de ses cadres dirigeant, avant de supprimer la cellule mise en place par Barack Obama pour gérer le risque pandémique. En 2019,  la Maison-Blanche enterre un rapport officiel pointant le manque de préparation du pays.  Pour prendre la mesure de cette désorganisation, il suffit de comparer la réponse de l’administration Obama face à l’Ebola, où les Américains avaient dépêché dix mille professionnels en Afrique pour lutter contre le virus et anticiper les risques de contagion, avec la réponse de Trump face au Coronavirus. Aucun personnel américain n’a été envoyé en Chine depuis le début de la crise. [6]

Les conditions étaient réunies pour une réponse calamiteuse. Parmi les graves manquements, on citera l’incapacité du pays à se procurer des tests de dépistage et à mobiliser des laboratoires pour les effectuer. Alors que la Corée du Sud teste dix mille personnes par jour depuis début février, les États-Unis n’avaient effectué que sept mille tests en tout (pour 1250 cas confirmés) au 11 mars. À cela s’ajoutent le manque persistant de masques (les hôpitaux étant contraints de procéder à des appels aux dons) et un déficit vertigineux de coordination à l’échelle fédérale qui pousse chaque État à se faire concurrence pour gérer ses approvisionnements. Tout cela sur fond de décisions présidentielles prises à l’emporte-pièce. [7]

Les Media des Fake News, et leur associé le Parti Démocrate, fait tout dans le cadre de leur semi-considérable pouvoir (il a été plus grand !) pour enflammer la situation du Coronavirus, bien au delà de ce qu’attestent les faits. Chirurgie générale : “Les risques sont bas pour l’américain moyen”.

Le fiasco de l’allocution du 12 mars, prononcée par Donald Trump depuis le bureau ovale, illustre parfaitement cette désorganisation. Malgré la présence du télé-prompteur, Trump commet trois erreurs qui plongent les marchés boursiers dans une nouvelle journée noire : il décrète la suspension des vols depuis les pays européens sous 48 heures en oubliant de préciser que cette mesure ne concerne pas les ressortissants américains, ajoute (à tort) que cette restriction inclut les marchandises et affirme que les assurances maladie privées couvriront les frais d’hospitalisation des victimes du coronavirus. La Maison-Blanche a dû démentir ces trois points, sans parvenir à éviter un retour précipité de milliers de touristes américains qui se sont retrouvés entassés pendant des heures dans les terminaux des aéroports en attendant de passer les douanes (multipliant ainsi le risque de contagion). 

Scène à aéroport O’Hare (aéroport international de Chicago). Le voyageur qui a pris cette photo dit qu’il faut six heures d’attente pour les bagages, puis deux de plus pour passer à la douane dans une foule au coude-à-coude. Les policiers distribuent de l’eau et des serviettes désinfectantes.

Depuis cette allocution désastreuse, Trump s’exprime majoritairement par voie de conférence de presse, laissant aux experts le soin de répondre à la majorité des questions. Cet exercice quotidien est pour lui une façon de pallier l’annulation de ses gigantesques meetings de campagne, et de politiser la crise. Entre temps, le pays adopte peu à peu des mesures de confinement de plus en plus drastiques, en fonction des villes et des États. Sur le plan économique, Trump semble enfin réaliser que son second mandat dépend de sa réponse à la crise. Au point de reprendre à son compte certaines propositions de Bernie Sanders.

POUR RÉDUIRE LES CONSÉQUENCES ÉCONOMIQUES, TRUMP PLUS AMBITIEUX QUE LES CADRES DÉMOCRATES ?

Contrairement à l’Union européenne, la réponse américaine en matière de politique économique a été rapide et conséquente. La FED a injecté 1500 milliards de dollars dans la sphère financière, et abaissé son taux directeur à zéro. Quant au plan de relance budgétaire, il s’annonce sans précédant. 

Pour éviter un taux de chômage à 20 % dans quelques mois, scénario évoqué publiquement par la Maison-Blanche en cas d’inaction, Donald Trump a demandé un plan d’un trillion de dollars. Au cœur de sa proposition figure l’idée de verser un chèque de deux mille dollars à tous les Américains, sans condition de ressource. Le président a également décrété la suspension des évictions et le report des intérêts sur les prêts étudiants, deux demandes formulées par Bernie Sanders et écartées (provisoirement) par la majorité démocrate au Congrès.

Car si Trump semble déterminé à prendre toutes les mesures nécessaires à sa réélection, le Congrès suit sa propre logique. À ce titre, ses premières réactions ont été révélatrices. 

Les républicains ont d’abord accusé les démocrates de vouloir « profiter de la crise pour faire adopter leurs obsessions socialistes ». Cette critique, reprise par Donald Trump le 15 mars sur Fox News, a été reçue cinq sur cinq par la direction démocrate, qui a volontairement réduit de moitié l’ambition de son propre projet de loi. Ce premier « pack » visait à rendre gratuits les tests de dépistage du coronavirus, tout en offrant deux semaines de congé maladie à tous les Américains. [8]

Mais comme l’a souligné le New York Times dans un éditorial au vitriol, Nancy Pelosi (la présidente de la chambre des représentants du Congrès, sous contrôle démocrate) a pris soin d’exclure du texte les entreprises de plus de 500 salariés. Résultat, le projet voté par sa majorité et adopté quelques jours plus tard au Sénat ne couvre que 20 % de la population active. Politiquement, c’est désastreux : au lieu de faire endosser aux républicains ce manque d’ambition manifeste, les démocrates renvoient l’image d’un parti dans la main des multinationales.

Pelosi a répondu au New York Times qu’elle ne souhaitait pas que « les contribuables américains financent ce que les grandes entreprises devraient fournir d’elles-mêmes à leurs employés ». Un argument qui reflète l’obsession des cadres du parti pour les solutions « sous conditions de ressources » et bureaucratiques, là où des programmes universels comme ceux défendus par Bernie Sanders seraient bien plus rapides à mettre en œuvre et efficaces pour lutter contre ce qui s’annonce comme le plus grave choc économique de l’histoire du pays. 

Pendant que Donald Trump parle de revenu universel, de suspension des paiements de la dette étudiante et de réquisition des usines pour produire des équipements médicaux, le parti démocrate suggère un crédit d’impôt de 500 dollars par famille. À travers cette crise, on assiste à un  prolongement du réalignement électoral en cours. Le parti démocrate apparaît de plus en plus comme une force politique au service des lobbies et attentive à la classe moyenne supérieur vivant dans les banlieues aisées, ces fameuses zones périurbaines qui leur ont permis de gagner le contrôle de la chambre des représentants lors des élections de mi-mandat de 2018, avant de propulser Joe Biden en tête des primaires démocrates. 

CAPITALISME DU DÉSASTRE CONTRE SOCIALISME

Si Donald Trump semble s’inspirer des propositions économiques de Bernie Sanders et donne l’impression de déborder le parti démocrate par la gauche, sa réponse à la crise ne saurait être analysée comme un revirement populiste. Son premier instinct a été de proposer des baisses d’impôts et la suppression des cotisations sociales, une priorité du parti républicain pour réduire et privatiser la (maigre) sécurité sociale américaine. Devant la levée de boucliers démocrates et le fait qu’une telle mesure ne permettrait pas de mettre directement de l’argent dans les poches du contribuable, Trump a finalement opté pour un paiement de type « revenu universel ». 

Surtout, il y a une différence importante entre ce qu’annonce le président, ce que son administration met en place, et ce que le parti républicain vote au Congrès. Ainsi, Trump a été forcé de reconnaître que s’il avait invoqué le « Defense power act » dans le but de réquisitionner des moyens de production, cette annonce n’avait été suivie d’aucune action concrète. Une des causes serait l’opposition idéologique de l’administration Trump à toute intervention de l’État et la confiance aveugle du président dans le secteur privé. [9]

De même, la proposition du plan de relance présentée par le Sénat (républicain) est une caricature de « capitalisme du désastre ». Le fameux chèque de soutien à la consommation était initialement réduit de moitié au profit de baisses d’impôts importantes pour les contribuables et entreprises les plus riches, et incluait un chèque en blanc de 500 milliards de dollars pour renflouer les entreprises menacées de faillite, sans contrepartie. Parmi les industries concernées par ce  bail out, la Maison-Blanche a cité les compagnies aériennes, Boeing, les armateurs de croisières, les hôtels et casinos, et les compagnies pétrolières spécialisées dans l’extraction du pétrole et gaz de schiste. Autrement dit, les entreprises parmi les plus polluantes, dont une majorité a dilapidé des montants colossaux en rachat de leurs propres actions. Le plus problématique étant le potentiel plan de sauvetage des grands groupes hôteliers, projet qui bénéficierait directement aux finances personnelles de Donald Trump.

Face à cette « stratégie du choc », le parti démocrate reprend peu à peu ses esprits. Chuck Schumer (président de la minorité démocrate au Sénat) insiste sur l’importance d’inclure des conditions strictes de sauvegarde de l’emploi comme préalables aux plans de sauvetage.

À la chambre des représentants, le groupe parlementaire de la gauche du parti démocrate (le « progressive caucus ») propose lui aussi des mesures ambitieuses de défense des travailleurs pour garantir la continuité des emplois et salaires. Alors que Wall Street conseille aux entreprises pharmaceutiques d’augmenter leurs prix pour profiter de la crise, ses propositions veillent aussi à lutter contre ce genre d’opportunisme. . 

Mais le navire démocrate se retrouve sans capitaine capable de coordonner les efforts des deux chambres du Congrès. Joe Biden a disparu des médias depuis le débat du 15 mars, son équipe de campagne cherchant par tous les moyens à l’empêcher d’apparaître en public. Quant à Bernie Sanders, s’il multiplie les lives, interventions, conférences de presse et levée de fonds, aucune chaîne de télévision ne se donne la peine de couvrir ses efforts. [10]

Mitch McConnel, le chef de la majorité républicaine au Sénat que Vox qualifie de « politicien le plus influent du XXIe siècle », profite de ce chaos pour tenter d’imposer son plan de relance par la force. En combinant les aides destinées aux américains avec le plan de sauvetage des entreprises dans un seul texte, il met la pression sur les démocrates pour agir dans l’urgence absolue. Comme « stratégie du choc », on ne fait guère mieux.

Malgré la pression, les démocrates ont voté par deux fois contre ce texte avant de négocier de nombreux aménagements. En particulier, une extension importante de l’assurance chômage (étendue à quatre mois et gonflé de 600 dollars par semaine, aux frais de l’État fédéral) ; l’injection de 150 millions de dollars pour les hôpitaux et les services de santé ; la création d’un poste d’observateur pour superviser les prêts accordés aux entreprises (ainsi qu’un droit de regard accordé au Congrès), l’interdiction de financer les entreprises détenues par Trump et sa famille;150 milliards d’aide aux États, gouvernement locaux et nations amérindiennes et 360 milliards pour les PME. La proposition de revenu universel a été augmenté dans le montant (1200 dollars par adulte et 500 par enfant) mais limitée aux foyers gagnant moins de 75 000 dollars par an et par adulte. La facture s’élève désormais à 2000 milliards, l’équivalent du PIB de la France et le triple du plan de relance d’Obama en 2009.

Si ces victoires semblent significatives, comme l’a indiqué Chuck Schumer en évoquant une « nouvelle assurance chômage sous stéroïdes », deux problèmes persistes. Les américains ne percevront leurs chèques qu’au mois de mai du fait de la lourdeur bureaucratique liée aux conditions de ressources, et aucune obligation ni condition n’est incluse pour les prêts accordés aux entreprises. Elles se feront donc au cas pas cas et à la discrétion de la Maison-Blanche et du Congrès. En clair, les salariés sont priés de pointer à l’assurance chômage tandis que les entreprises en manque de liquidité seront abreuvés d’argent public sans conditions de sauvegarde de l’emploi, jetant ainsi des centaines de milliers de travailleurs syndiqués au chômage et sans assurance maladie.

Ce plan de relance ne sera probablement pas le dernier, comme l’a fait savoir Nancy Pelosi. Compte tenu de l’augmentation du nombre de malades à un rythme inégalé et du manque de réactivité de la Maison-Blanche, la situation aux États-Unis risque de faire passer la catastrophe italienne pour une promenade de santé.

Or, la droite américaine a déjà signalé sa disposition à sacrifier une part de la population pour éviter un effondrement économique, sans même recourir à l’argument douteux de l’immunité de groupe. Donald Trump a martelé en conférence de presse qu’il ne souhaite pas que le remède soit plus dommageable que la maladie. Un point de vue défendu par le Wall Street Journal et Fox News, et qui a été parfaitement résumé par le vice-gouverneur du Texas : « de nombreux Américains âgés préfèrent se sacrifier pour l’économie que priver leurs petits enfants de l’opportunité de goûter au rêve américain ». Donald Trump a lui-même indiqué qu’il pourrait rapidement mettre un terme aux mesures de confinement décrétées à l’échelle locale et demander aux entreprises de mettre fin au télétravail pour préserver l’économie. [11] Une stratégie suicidaire, selon la CDC.

 

Notes :

  1. Étude de la FED en 2019 : https://www.cnbc.com/2018/05/22/fed-survey-40-percent-of-adults-cant-cover-400-emergency-expense.html
  2. Pour une vue d’ensemble du système de santé américain, nous vous recommandons notre article sur la question : https://lvsl.fr/etats-unis-lassurance-maladie-au-coeur-de-la-presidentielle-2020/
  3. Sur la couverture du coronavirus par les médias conservateur, lire cette enquête du New York Times : https://www.nytimes.com/2020/03/11/us/politics/coronavirus-conservative-media.html
  4. https://www.politico.com/news/2020/03/21/short-term-thinking-trump-coronavirus-response-140883 et https://www.businessinsider.com/trump-reportedly-wanted-coronavirus-numbers-kept-as-low-as-possible-2020-3
  5. Pour un aperçu de ces efforts de « déconstruction », lire https://www.rollingstone.com/politics/politics-features/trump-the-destroyer-127808/
  6. Sur le manque de préparation et de réactivité face à la crise du coronavirus, lire : https://nymag.com/intelligencer/2020/03/coronavirus-shows-us-america-is-broken.html
  7. https://www.vox.com/science-and-health/2020/3/12/21175034/coronavirus-covid-19-testing-usa
  8. https://www.vox.com/2020/3/12/21174968/democrats-coronavirus-stimulus-package-whats-in-it
  9. New York Times : https://t.co/yIyclxQoPL?amp=1
  10. https://www.jacobinmag.com/2020/03/joe-biden-coronavirus-pandemic-presidential-campaign
  11. https://www.washingtonpost.com/politics/trump-says-he-may-soon-lift-restrictions-to-reopen-businesses-defying-the-advice-of-coronavirus-experts/2020/03/23/f2c7f424-6d14-11ea-a3ec-70d7479d83f0_story.html

Etat-Unis. Bernie Sanders demande à Trump d’annuler sa décision «scandaleuse» d’assurer à Gilead des droits exclusifs sur un éventuel traitement contre le CoviD-19

Lire sur le site original

Jusqu’où le capitalisme poussera-t-il l’ignoble ? Jusqu’à faire du fric sur le danger que court l’humanité toute entière !

Le sénateur Bernie Sanders a demandé, mardi 24 mars, à l’administration Trump d’annuler immédiatement sa décision d’accorder au géant pharmaceutique Gilead Sciences [1] des droits exclusifs sur le médicament antiviral remdesivir, l’un des nombreux médicaments actuellement testés comme traitement possible du Covid-19 qui se propage rapidement et pourrait enlever la vie de millions de personnes à travers le monde.

Le sénateur Bernie Sanders a demandé, mardi 24 mars, à l’administration Trump d’annuler immédiatement sa décision d’accorder au géant pharmaceutique Gilead Sciences [1] des droits exclusifs sur le médicament antiviral remdesivir, l’un des nombreux médicaments actuellement testés comme traitement possible du Covid-19 qui se propage rapidement et pourrait enlever la vie de millions de personnes à travers le monde.

Dans un communiqué, Sanders a déclaré qu’il était «proprement scandaleux qu’après que les contribuables ont investi des dizaines de millions de dollars dans le développement du remdesivir, la Food and Drug Administration (FDA), sous la direction de Trump, applique une loi prévue contre les maladies rares pour privatiser un médicament destiné au traitement d’un virus pandémique». «Nous devons placer la vie humaine au-dessus du profit des entreprises. Nous ne pouvons pas donner aux compagnies pharmaceutiques le monopole de traitements qui pourraient sauver des millions de personnes pendant cette crise.»

«L’administration Trump doit annuler ce cadeau à la firme Gilead et mettre gratuitement à disposition de tout le monde tous les traitements et vaccins», a ajouté le sénateur du Vermont. «Ce n’est pas le moment pour l’industrie pharmaceutique d’accroître ses profits. L’heure est à la réunion de nos scientifiques pour développer et produire rapidement le meilleur traitement possible contre le coronavirus.»

En effet, The Intercept a rapporté, mardi 24, que la FDA a accordé à Gilead, en début de semaine, le statut de médicament «orphelin» [médicaments destinés à diagnostiquer, prévenir ou traiter des maladies rares] pour le remdesivir qui a été développé avec l’aide d’au moins 79 millions de dollars de fonds publics.

Cette qualification du remdesivir, selon The Intercept, «permet à la société pharmaceutique de profiter exclusivement du produit pendant sept ans» et «pourrait bloquer la production de l’antiviral par les fabricants de médicaments génériques».

Après avoir qualifié la décision de la FDA de «folle et inacceptable», Sanders a déclaré: «Lorsque Jonas Salk (1914-1995) a développé le vaccin contre la poliomyélite – il y a 65 ans (en 1953-1955) – il a compris la valeur énorme qu’il aurait pour toute l’humanité, et il a refusé de le breveter.» (Article publié sur le site Common Dreams, en date du 25 mars 2020; traduction rédaction A l’Encontre)

Le 22 mars, le WSJ et Barron’s indiquaient déjà que: «Gilead Sciences n’accepte plus les demandes d’accès d’urgence à son médicament antiviral remdesivir, le médicament expérimental actuellement testé comme traitement pour les patients souffrant du Covid-19. Dans sa déclaration, la firme Gilead a déclaré qu’elle avait été confrontée à une “augmentation exponentielle” des demandes d’accès d’urgence à ce médicament pour des raisons humanitaires au cours des dernières semaines, et à une “demande écrasante” au cours des derniers jours.» Autrement dit, Gilead n’est pas prêt à renoncer à ce possible blockbuster (médicament phare qui assure des profits brevetés) qu’elle à dans ses tuyaux. Gilead Sciences a fait un chiffre d’affaires de 22,449 milliards de dollars en 2019. En 2018, selon le sérieux Center for Responsive Politics, Gilead a dépensé officiellement la somme de 2’990’000 de dollars pour ses opérations de lobbying aux Etats-Unis. (Réd. A l’Encontre)

[1] Dans le Wall Street Journal du 25 mars 2020, l’article consacré aux possibles moyens de combattre le Covid-19 souligne que: «deux essais cliniques en Chine et un aux Etats-Unis évaluent le remdesivir, un médicament antiviral de Gilead Sciences Inc. qui a également été testé pour le virus Ebola».

L’Équateur va-t-il une nouvelle fois montrer un exemple de courage face aux créanciers

Lire le communiqué sur le site du CADTM

L’Équateur va-t-il une nouvelle fois montrer un exemple de courage face aux créanciers. Le 23 mars 2020, l’Assemblée nationale a adopté à la majorité des voix une résolution demandant que face à la pandémie du coronavirus, toutes les ressources de l’État soient mobilisées pour la combattre. En conséquence, l’Assemblée nationale demande au gouvernement du pays de solliciter auprès du FMI et d’autres organismes créanciers la suspension du paiement de la dette extérieure.

Il faut savoir que ce 24 mars l’Équateur est censé rembourser 325 millions de dollars pour des titres vendus à Wall Street et appelés « Bonos Global 2020 ». S’ajoutent à cela plus de 600 millions de dollars à payer d’ici la fin du mois de mars à d’autres créanciers.

C’est pourquoi, face au besoin urgent de financement, de plus en plus d’Équatoriens et d’Équatoriennes considèrent qu’il faut suspendre le paiement de la dette afin d’utiliser cet argent pour lutter contre la pandémie du coronavirus qui vient d’atteindre le pays et ses voisins.

L’Assemblée nationale demande également au gouvernement de chercher à constituer avec les autres gouvernements du continent une union afin de suspendre ensemble le paiement de la dette extérieure publique.

Le CADTM considère que l’Équateur est parfaitement en droit de décréter une suspension du paiement de la dette afin de pouvoir combattre efficacement la crise sanitaire qui va affecter durement le pays. Pour ce faire l’Équateur peut notamment s’appuyer sur le droit international qui reconnaît le droit d’un pays à suspendre le paiement de la dette si la situation l’y oblige. C’est ce qu’on appelle : l’état de nécessité. C’est aussi un cas de force majeure.

D’autres arguments juridiques peuvent être invoqués comme le changement fondamental de circonstances entre le moment où le pays s’est engagé à rembourser sa dette et la situation présente. Au moins, deux changements fondamentaux de circonstances sont intervenus récemment : 1. La pandémie de coronavirus. 2. Le réduction de moitié du prix du pétrole. Or la principale ressource en dollars de l’Équateur provient de l’exportation de son pétrole. Et l’Équateur a besoin de ces dollars pour rembourser sa dette extérieure.

Les arguments généraux que le CADTM vient d’avancer sont bien sûr valables pour les autres pays confrontés à la crise du Coronavirus qu’ils soient exportateurs de pétrole ou non.

Pour rappel : L’Équateur en 2008 a suspendu le paiement de la dette, suite aux travaux d’une commission citoyenne d’audit à laquelle le CADTM a participé. Grâce à cette suspension de paiement, l’Équateur a forcé les banques étrangères créancières de réduire de 70 % la dette sous forme de Bonos global 2012- 2030. En conséquence, l’Équateur a pu augmenter entre 2009 et 2011 les dépenses sociales au profit de la majorité de la population.

Rappelons aussi que le peuple équatorien en se mobilisant massivement en septembre 2019 a forcé le président Lenin Moreno à annuler l’augmentation du prix des combustibles qu’il avait décidé d’appliquer en concertation avec le FMI. C’est une des rares victoires sociales de l’année 2019 au niveau mondial.

Si l’Équateur suspendait le paiement en 2020, son exemple pourrait être suivi par d’autres pays.

Souhaitons beaucoup de courage au peuple équatorien.

La Cour constitutionnelle de l’Équateur a jugé recevable une action en manquement intentée contre Lenín Moreno

Article actualisé par cette nouvelle de Pressenas Equateur, en date du 28 mars 2020

Le jeudi 26 mars, la Cour constitutionnelle a reconnu recevable l’action en manquement introduite par un collectif d’avocats et d’avocats contre le Président de la République, Lennin Moreno, car le paiement de la dette extérieure aurait affecté les ressources destinées à faire face à l’urgence sanitaire du COVID-19. Dans l’ordonnance, la Cour constitutionnelle indique que la plénière a décidé de donner la priorité, dans l’ordre chronologique, au traitement de cette affaire. Toutefois, elle a rejeté la demande de mesure provisoire présentée par les plaignants qui souhaitaient arrêter ce paiement. Il appartient maintenant à l’Exécutif de répondre à la requête afin que la Cour constitutionnelle détermine s’il y a effectivement eu violation des dispositions de cette juridiction dans son arrêt n° 1-20-EE.

L’action en manquement est engagée à la suite du versement de 324 millions de dollars d’obligations souveraines par le gouvernement équatorien, au mépris des demandes de l’Assemblée nationale, du Conseil de la participation citoyenne et du contrôle social, collectifs et mouvements sociaux et divers groupes d’économistes.

La Cour constitutionnelle devra déterminer si ce paiement a porté atteinte à la capacité de l’État d’assurer la santé et la vie, dans le contexte de l’urgence sanitaire. Si elle est acceptée, l’État devrait réintégrer les valeurs des soins de santé. Cela pourrait également conduire à d’autres processus visant à déterminer la responsabilité politique et administrative des décideurs. Le juge constitutionnel a ordonné cette notification le 26 mars 2020.

Le Venezuela, la France et le Coronavirus

Les hyènes médiatiques avaient prévu un désastre sanitaire. “Le système de santé n’est absolument pas capable de faire face” a annoncé Le FigaroLe Monde mentionne “un système de santé dévasté face au coronavirus” pendant que l’AFP ricane : “du thé à l’ail et au citron contre le coronavirus”. Bien entendu, les petits trouffions médiatiques et académiques du néolibéralisme se sont bien gardés d’expliquer aux rares lecteurs qui les croient encore que le Venezuela est victime d’un blocus criminel de la part des États-Unis et de ses vassaux. Une véritable guerre économique qui interdit le commerce de pétrole avec ce pays, et prive le gouvernement d’une manne non négligeable de devises au moment d’importer médicaments, matériels chirurgicales et sanitaires, aliments, pièce de rechange pour l’industrie.
Pour enfoncer le clou, le 12 mars 2020, dès l’annonce de la pandémie du Covid 19 par l’Organisation Mondial de la Santé, les États-Unis renforcent le blocus contre le Venezuela. L’entreprise russe (filiale de Rosneft) TNK Trading International, qui commercialisait le pétrole vénézuélien est sanctionnée. Ses avoirs et ses comptes aux USA sont gelés. Cette sanction, qui s’ajoute à une très longue liste depuis 2014, a pour conséquence de réduire les possibilités pour le gouvernement vénézuélien de faire face á la menace du Coronavirus en entravant l’importation de médicaments, de réactifs, et de masques. Le 18 mars 2020, dans le cadre de la lutte contre la pandémie de coronavirus, le Venezuela sollicite 5 milliards de dollars au Fond Monétaire International provenant de l’Instrument de Financement Rapide de l’organisme financier. Malgré le fait que le FMI a débloqué des fonds pour venir en aide aux pays “vulnérables”, la demande du Venezuela est rejetée. Son porte-parole indiqueque “le Fonds n’est pas en mesure de prendre en considération cette demande” car l’action du FMI est “fondée sur une reconnaissance officielle du gouvernement par la communauté internationale (…) Il n’y a pas de reconnaissance claire à ce stade”. L’idéologie et la guerre contre le Venezuela prime sur la défense du genre humain.
Les vénézuéliens savent pourtant faire preuve de résilience. Nicolas Maduro a conscience que gérer une crise sanitaire mondiale dans ces conditions n’a rien d’une sinécure. Dès l’annonce de la pandémie, et sans attendre son expansion, le président vénézuélien décrète l’urgence nationale, le confinement et la fermeture des lieux publics. Pas question de jouer avec la santé du peuple. D’autant plus que le Venezuela est sous la menace permanente d’une intervention militaire, et le coronavirus pourrait donner des idées à certains. Le journal El Nuevo Herald publiera un appel non dissimulé à profiter de la pandémie pour lancer un coup d’État contre le président Maduro.
Bien loin de se plier aux suppliques des ultras de l’opposition, l’armée vénézuélienne a prêté main forte pendant les premiers jours de confinement.  Pas pour réprimer ceux qui sortaient de leur confinement volontaire, mais pour désinfecter toutes les grandes villes du pays et les moyens de transports publics.

Les hyènes médiatiques avaient prévu un désastre sanitaire. “Le système de santé n’est absolument pas capable de faire face” a annoncé Le FigaroLe Monde mentionne “un système de santé dévasté face au coronavirus” pendant que l’AFP ricane : “du thé à l’ail et au citron contre le coronavirus”. Bien entendu, les petits trouffions médiatiques et académiques du néolibéralisme se sont bien gardés d’expliquer aux rares lecteurs qui les croient encore que le Venezuela est victime d’un blocus criminel de la part des États-Unis et de ses vassaux. Une véritable guerre économique qui interdit le commerce de pétrole avec ce pays, et prive le gouvernement d’une manne non négligeable de devises au moment d’importer médicaments, matériels chirurgicales et sanitaires, aliments, pièce de rechange pour l’industrie.
Pour enfoncer le clou, le 12 mars 2020, dès l’annonce de la pandémie du Covid 19 par l’Organisation Mondial de la Santé, les États-Unis renforcent le blocus contre le Venezuela. L’entreprise russe (filiale de Rosneft) TNK Trading International, qui commercialisait le pétrole vénézuélien est sanctionnée. Ses avoirs et ses comptes aux USA sont gelés. Cette sanction, qui s’ajoute à une très longue liste depuis 2014, a pour conséquence de réduire les possibilités pour le gouvernement vénézuélien de faire face á la menace du Coronavirus en entravant l’importation de médicaments, de réactifs, et de masques. Le 18 mars 2020, dans le cadre de la lutte contre la pandémie de coronavirus, le Venezuela sollicite 5 milliards de dollars au Fond Monétaire International provenant de l’Instrument de Financement Rapide de l’organisme financier. Malgré le fait que le FMI a débloqué des fonds pour venir en aide aux pays “vulnérables”, la demande du Venezuela est rejetée. Son porte-parole indiqueque “le Fonds n’est pas en mesure de prendre en considération cette demande” car l’action du FMI est “fondée sur une reconnaissance officielle du gouvernement par la communauté internationale (…) Il n’y a pas de reconnaissance claire à ce stade”. L’idéologie et la guerre contre le Venezuela prime sur la défense du genre humain.
Les vénézuéliens savent pourtant faire preuve de résilience. Nicolas Maduro a conscience que gérer une crise sanitaire mondiale dans ces conditions n’a rien d’une sinécure. Dès l’annonce de la pandémie, et sans attendre son expansion, le président vénézuélien décrète l’urgence nationale, le confinement et la fermeture des lieux publics. Pas question de jouer avec la santé du peuple. D’autant plus que le Venezuela est sous la menace permanente d’une intervention militaire, et le coronavirus pourrait donner des idées à certains. Le journal El Nuevo Herald publiera un appel non dissimulé à profiter de la pandémie pour lancer un coup d’État contre le président Maduro.
Bien loin de se plier aux suppliques des ultras de l’opposition, l’armée vénézuélienne a prêté main forte pendant les premiers jours de confinement.  Pas pour réprimer ceux qui sortaient de leur confinement volontaire, mais pour désinfecter toutes les grandes villes du pays et les moyens de transports publics.

Le 22 mars, une semaine après le confinement, le président Nicolas Maduro, annonce de nouvelles mesures. Il décrète :
✅La suspension des loyers pour les PARTICULIERS et les commerçants durant 6 mois
✅L’interdiction des licenciements jusqu’au 31 décembre 2020
✅La suspension des factures d’eau et d’électricité pendant 6 mois
✅La suspension des remboursements d’emprunt à la consommation ou hypothécaire
✅La massification du programme public de distribution d’aide alimentaire à domicile (CLAP)
✅La généralisation des bons d’ajustement salariaux (revenu universel)
✅L’État prend en charge les salaires des PME pendant 6 mois
✅Des crédits d’État pour les entreprises des secteurs santé, alimentation, pharmaceutiques, hygiène.
Le Venezuela conscient que le blocus criminel des États-Unis pouvait affecter sa capacité de réponse sanitaire a renforcé la quarantaine, mais il a surtout donné les moyens d’être confiné à sa population. Chacun jugera de la pertinence de ces mesures en comparaisons avec celles prises dans son pays.
A l’inverse de ses voisins, le Venezuela a, depuis longtemps, mis l’Humain au centre des préoccupations de son gouvernement. Pour faire face à la baisse drastique du prix du pétrole, il est passé, en 2016 d’un système de subventions généralisées à un système d’allocations qui prend en compte les revenus, la composition du foyer, l’âge, etc. Un système comparable à la Caisse d’Allocations Familiales française, en plus élaboré : c’est le Système de la Patrie. Chaque vénézuélien peut s’inscrire librement et reçoit la Carte de la Patrie, qui lui permet de faire des demandes d’allocations et d’aides gouvernementales. Ce système, banal dans un État-providence, va devenir sous le fiel des propagandistes médiatiques un dispositif de contrôle totalitaire.
C’est pourtant grâce à ce système que le gouvernement de Nicolas Maduro va pouvoir faire face à la menace du Covid 19. Dès les premiers jours, une grande enquête est lancée à travers l’application internet du Système de la Patrie. Le 23 mars, 10.965.969 vénézuéliens avaient répondu au recensement sanitaire de l’État.  21.801 vénézuéliens ont déclaré ressentir des symptômes grippaux. En retour, 13.808 médecins sont mobilisés (vénézuéliens pour la plupart, mais aussi cubains comme en Italie) pour aller réaliser un diagnostic des plaignants à leur domicile. Au jour du 22 mars, 17.550 personnes ont ainsi été auscultées. 77 personnes ont été diagnostiquées positives au Covid 19, et ont été transférées dans des centres de soins prévus à cet effet. Alors que les assurances privées refusaient de couvrir les frais médicaux lié au Covid 19, l’État vénézuélien prendra en charge gratuitement chacun des patients. Leurs familles ou proches avec qui les personnes infectées partageaient le confinement ont été mise en isolement pendant 14 jours afin de déterminer si elles ont été contaminées. Il n’y a pour l’instant aucun décès lié au Covid 19 au Venezuela.

✅L’interdiction des licenciements jusqu’au 31 décembre 2020✅La suspension des factures d’eau et d’électricité pendant 6 mois✅La suspension des remboursements d’emprunt à la consommation ou hypothécaire✅La massification du programme public de distribution d’aide alimentaire à domicile (CLAP)✅La généralisation des bons d’ajustement salariaux (revenu universel)
✅L’État prend en charge les salaires des PME pendant 6 mois✅Des crédits d’État pour les entreprises des secteurs santé, alimentation, pharmaceutiques, hygiène.
Le Venezuela conscient que le blocus criminel des États-Unis pouvait affecter sa capacité de réponse sanitaire a renforcé la quarantaine, mais il a surtout donné les moyens d’être confiné à sa population. Chacun jugera de la pertinence de ces mesures en comparaisons avec celles prises dans son pays.
A l’inverse de ses voisins, le Venezuela a, depuis longtemps, mis l’Humain au centre des préoccupations de son gouvernement. Pour faire face à la baisse drastique du prix du pétrole, il est passé, en 2016 d’un système de subventions généralisées à un système d’allocations qui prend en compte les revenus, la composition du foyer, l’âge, etc. Un système comparable à la Caisse d’Allocations Familiales française, en plus élaboré : c’est le Système de la Patrie. Chaque vénézuélien peut s’inscrire librement et reçoit la Carte de la Patrie, qui lui permet de faire des demandes d’allocations et d’aides gouvernementales. Ce système, banal dans un État-providence, va devenir sous le fiel des propagandistes médiatiques un dispositif de contrôle totalitaire.
C’est pourtant grâce à ce système que le gouvernement de Nicolas Maduro va pouvoir faire face à la menace du Covid 19. Dès les premiers jours, une grande enquête est lancée à travers l’application internet du Système de la Patrie. Le 23 mars, 10.965.969 vénézuéliens avaient répondu au recensement sanitaire de l’État.  21.801 vénézuéliens ont déclaré ressentir des symptômes grippaux. En retour, 13.808 médecins sont mobilisés (vénézuéliens pour la plupart, mais aussi cubains comme en Italie) pour aller réaliser un diagnostic des plaignants à leur domicile. Au jour du 22 mars, 17.550 personnes ont ainsi été auscultées. 77 personnes ont été diagnostiquées positives au Covid 19, et ont été transférées dans des centres de soins prévus à cet effet. Alors que les assurances privées refusaient de couvrir les frais médicaux lié au Covid 19, l’État vénézuélien prendra en charge gratuitement chacun des patients. Leurs familles ou proches avec qui les personnes infectées partageaient le confinement ont été mise en isolement pendant 14 jours afin de déterminer si elles ont été contaminées. Il n’y a pour l’instant aucun décès lié au Covid 19 au Venezuela.

Un médecin, accompagné des représentants du Comité de santé recensent maison par maison dans la Commune Socialiste de Altos de Lidice, à Caracas

Le 23 mars 2020, le gouvernement annonce disposer, grâce à l’aide chinoise, de deux millions de test de dépistage du Covid 19, et qu’il utilisera le traitement à la chloroquine pour soigner les personnes malades. Cet antipaludique avait eu des résultats probants en Chine avant que le professeur français Didier Raoult ne perfectionne le protocole de soins. Les français apprécieront sûrement de savoir que les vénézuéliens pourront utiliser ce traitement alors que, dans le même temps, les autorités sanitaires françaises trainent des pieds, et la plupart des médias ont déversé durant longtemps un torrent de boue sur le docteur marseillais.

Au-delà de la politique sanitaire vénézuélienne que chacun jugera en comparaison avec les protocoles de son propre pays, les vénézuéliens comptent sur un formidable réseau d’organisationspopulaires. Dès les premiers jours, et alors que les pharmacies privées augmentaient de 1000% le prix des masques et du gel hydro-alcoolique, les organisations de quartier se sont mises à fabriquer des masques pour les répartir gratuitement dans leur communauté de voisinage. Dans de nombreuses communes et conseils communaux, les comités de santé recensent les personnes, organisent la solidarité, les distributions de nourriture, transmettent les informations nécessaires sur la maladie. Que ce soit dans les quartiers populaires, dans les communes socialistes, ou dans les 2,5 millions de logements publics construits par la Révolution Bolivarienne entre 2011 et aujourd’hui, les relations sociales sont le ciment de la lutte contre la pandémie.
A la différence de la France, la notion “d’habiter” dans de très nombreux territoires du Venezuela fait corps avec l’organisation commune de l’espace, et de la prise de décision de manière collective. La notion de confinement est donc vécue différemment, et nous interpelle en Occident sur l’inexistence de construction des communs dans nos rapports de voisinage.

Le Venezuela a déjà connu une crise institutionnelle qui a été dépassée. Aujourd’hui, l’appel du président Maduro au confinement est respecté par tous les secteurs, pendant que Juan Guaido continue de faire le clown depuis sa chambre d’hôtel. La France, elle, est plongée dans une crise de légitimité. L’autorité politique de l’État ayant été publiquement défiée par l’autorité morale de l’infectiologue Didier Raoult. D’ores et déjà, des élus locaux se refusent à compter les morts en attendant le feu vert de l’État français. Ainsi, le maire de Nice, Christian Estrosi, décide d’abandonner le protocole ordonné par l’Etat pour suivre celui du professeur marseillais dans le CHU de sa ville. Alors que le Venezuela fait bloc derrière l’État révolutionnaire, la France, elle, semble revenir au système féodal.

Les ruptures de stock dans les magasins français, les spéculations et hausse de prix de certains produits, les vols de masques protecteurs (et peut être demain le marché noir si le confinement s’éternise) sont quelques uns des symptômes de la guerre économique que vit le Venezuela depuis plusieurs années. A la différence de l’Hexagone, les citoyens vénézuéliens sont déjà préparés à ce genre de conjoncture, et ont élaborés des solutions collectives pour pallier aux manques.

Enfin, les vénézuéliens sont rodés à la guerre médiatique et psychologique depuis plusieurs années. Ils savent que lorsque l’information vient des médias commerciaux, il ne faut pas s’y attarder une minute. En France, si les études du professeur Raoult se confirment, le système médiatique devrarendre des comptes pour avoir traité le médecin marseillais comme un charlatan. La palme revient, comme souvent, au Monde et à ses “décodeurs” pour avoir soutenu que le traitement à la chloroquine était une Fake News. Alors que plusieurs pays ont déjà adopté ce traitement en toute urgence (Chine, Venezuela, États-Unis, Argentine…), les médias français se sont déjà rendus coresponsables de milliers d’infection, et de centaines de morts. Les vénézuéliens savent déjà comment réagir face à ce système de propagande, et aux opérations psychologiques. Nous, nousapprenons à peine, et nous n’oublierons pas.
Encore une fois, les sicaires médiatiques et académiques attendent de voir comment la Révolution Bolivarienne succombera à la pandémie du Covid 19. Ils risquent encore de ronger leur frein, et de passer leur quarantaine noyés dans leur amertume.
Comme a dit Emmanuel Macron, “le jour d’après ne sera pas un retour au jour d’avant. Beaucoup de certitudes et de convictions seront remises en cause”. Espérons que ceux qui ont été contaminés par le virus de la désinformation sur le Venezuela, ne fassent pas l’impasse sur les recommandations du président français.

Article original à lire sur le site de Romain Mingus en cliquant sur l’image

Coronavirus: Des députés de tous bords réclament l’aide de Cuba

Des médecins cubains en Angola

De 20 ils sont passés à 45. Qui ? Les députés de tous bords, des Républicains à la France Insoumise, qui réclament à Edouard Philippe la venue d’une brigade de médecins cubains, connus pour leur expertise dans ce genre de situations, pour aider leurs collègues français à lutter contre l’épidémie de Covid-19.

Mais encore une fois il faut croire que leur monde nouveau est celui qui s’agrippe à de vieilles querelles et à des rancoeurs de classe de toujours. A cette demande de bon sens, le Premier Ministre oppose… un silence assourdissant…

A l’incompétence s’ajoute la honte !

Lire plus en détail l’article du Huffington Post

Coronavirus. Des médecins cubains débarquent à Milan pour aider l’Italie

Des médecins cubains sur le départ pour l’Italie (Crédit image : Cubadebate)

Un groupe de 37 médecins et 15 infirmières cubains qui travailleront dans les hôpitaux de campagne mis en place par l’armée italienne en Lombardie a débarqué ce 22 mars en Italie. Ils sont arrivés directement de La Havane pour aider leurs collègues italiens en ces temps difficiles.

Ils ont atteint la Lombardie, en plein épicentre de l’épidémie de Covid-19, où le système de santé est en crise depuis des jours. En Lombardie, le personnel médical, malgré les efforts continus et énormes, souffre beaucoup et ne suffit plus à faire face à l’urgence sanitaire. Ces médecins rejoindront une douzaine de médecins chinois qui sont également arrivés à Milan ce 22 mars.

Leur destination finale est le nouvel hôpital de campagne qui sera construit à Bergame, la région de Lombardie la plus touchée par le Covid-19.

Il s’agit de personnel médical hautement spécialisé, avec une longue expérience dans le traitement des maladies infectieuses. Certains membres de cette équipe médicale se sont également retrouvés dans le passé à travailler pour endiguer les épidémies d’Ebola en Afrique. En attendant que tout soit prêt pour être transférés à l’hôpital de Bergame en construction, ils se rendront dans un premier temps à l’hôpital de Crema.

L’Italie n’est pas le seul pays à bénéficier de la solidarité cubaine. En fait, le ministère cubain de la santé publique a annoncé qu’il y a 37 pays dans lesquels des personnels de santé ont été envoyés pour faire face à la propagation du virus. On parle de plus de 1450 médecins cubains qui, ces derniers jours, ont été envoyés dans le monde entier pour faire face à cette pandémie de coronavirus.

En quittant l’aéroport de Malpensa, à Milan, l’équipe médicale cubaine a été accueillie par de longs applaudissements.

Actuellement, il y a un peu moins de 50.000 professionnels cubains dans le monde et plus de la moitié d’entre eux sont des médecins. Tout comme en Italie, ces médecins sont actuellement : en Europe (Russie et Portugal), dans une trentaine de nations en Afrique, dans les régions du Pacifique, au Moyen-Orient et en Asie de l’Est et dans plus de 20 pays en Amérique latine et dans les Caraïbes pour apporter un soutien sanitaire et une aide en ces temps de crise grave.

Ce service rendu par les services de santé cubains à l’humanité entière est d’une valeur énorme, ils sont déployés par milliers partout dans le monde en ces jours de grande urgence.

Outre les médecins, il y a des infirmières, des techniciens, des diplômés de diverses spécialités, des ingénieurs et du personnel d’appui.

« Il s’agit de personnel hautement qualifié qui a déjà lutté contre Ebola et qui sait comment traiter ce type de maladie », a annoncé Giulio Gallera, adjoint du gouverneur de la Lombardie en charge de la Santé, qui a ajouté que pour le moment ils iront « soulager la situation à l’hôpital de Crema ».

L’ambassadeur de Cuba en Italie, Josè Carlos Rodriguez Ruiz, a confirmé il y a quelques jours l’accord des autorités sanitaires cubaines compétentes pour appuyer l’Italie, suite à la demande d’aide de M. Gallera et du gouvernement italien, ainsi que de l’Association Italie Cuba.

« Nous avons réussi à récupérer un groupe de médecins pour rendre l’hôpital de Bergame efficace et performant, dont la construction a été ralentie hier par manque de personnel », a expliqué le président de la région de Lombardie, Attilio Fontana.

Et il a poursuivi : « Il était inutile de construire une cathédrale dans le désert. Maintenant, après avoir reçu la confirmation des médecins, les travaux vont reprendre ».

Cuba est proche « Nous n’offrons pas ce qui nous reste : nous partageons ce que nous avons ».



Des millions de Brésiliens protestent depuis fenêtres et balcons en exigeant la destitution de Bolsonaro.

“Dehors Bolsonaro”

Au pays des borgnes libéraux , les aveugles sont les roitelets de l’absurde…
Clic sur le logo pour lire l’article sur le site initial

Au Brésil, le président du Sénat a été testé positif au COVID-19, ainsi que deux ministres et 16 proches du président Jair Bolsonaro, qui se sont récemment rendus aux États-Unis pour rencontrer le président Donald Trump. Pendant le week-end, Bolsonaro –, qui aurait dû se mettre en quarantaine, selon les directives suggérées par son propre gouvernement – a participé à des rassemblements politiques, a embrassé ses partisans et a posé pour des selfies. Mercredi, Bolsonaro et les ministres du gouvernement ont porté des masques lors d’une conférence de presse au cours de laquelle ils ont annoncé de nouvelles mesures d’urgence pour contenir le virus.

Mercredi soir, des millions d’habitants de tout le Brésil, enfermés dans leurs maisons, sont sortis sur leurs balcons, tapant sur des casseroles et des poêles (un panelaço). et criant “Dehors Bolsonaro !” pour protester contre la gestion de la crise par le président d’extrême droite.

Guatemala : l’adolescence brûlée vive

8 mars. Aujourd’hui toute une journée, avec des manifestations et un festival, dédiée au souvenir des jeunes filles mortes dans l’incendie de la maison protégée d’état Vierge de l’Assomption. Elles avaient tenté de s’échapper après des abus sexuels mais une fois rattrapées elles avaient été enfermées dans un pavillon en guise de punition, puis dévorées par un incendie.

Sur la place centrale de Guatemala, entre le Palais présidentiel et la Cathédrale, 41 croix commémorent la mort d’autant de filles entre treize et dix-sept ans, le 8 mars 2017, dans les murs et le fil barbelé du Hogar Seguro Virgen de la Asunciòn (Foyer Protégé de la Vierge de l’Assomption), une maison d’accueil pour ados orphelins ou avec des familles compliquées.

Une structure, située dans la municipalité de San José Pinula, à une trentaine de kilomètres de la capitale, destinée à l’accueil de cinq cents jeunes des deux sexes, mais qui, au moment des faits, en abritait 700 et où les adolescentes avaient dénoncé à plusieurs reprises des abus et des violences sexuelles

Il y a trois ans, le 8 mars, les filles ont décidé de se rebeller contre la violation systématique de leur corps et de leur dignité et ont tenté de fuir la structure, se dispersant dans les bois adjacents. La police nationale est intervenue et a ramené les «évadées» dans le «hogar Seguro», soit la Maison Sûre. Ici, le personnel a pris la décision d’enfermer les fugitives à clé dans un pavillon de la zone pour réprimer le mouvement de rébellion et les châtier. Dans ce même pavillon, un incendie a éclaté et 41 adolescents sont morts brûlés ou asphyxiés : seuls 15 ont survécu, avec des traumatismes physiques et psychologiques significatifs.

Ainsi, le 8 de chaque mois, la Red de Sanadoras ancestrales du féminisme communautaire, un collectif d’activistes maya qui défendent le territoire et le corps des femmes, se réunit à l’intérieur du cercle formé par les croix sur la place centrale de Guatemala pour rendre hommage par une cérémonie à ces adolescentes et souligner que ce n’est pas un incendie qui les a tuées, mais la violence structurelle du patriarcat et la complicité des institutions de l’État. 

«Non fue el fuego, fue el Estado»
(ce n’était pas le feu, c’était l’État).

Trois ans après les faits, la mémoire d’un événement aussi violent est toujours vivante et la manifestation du 8 mars de cette année le prouve. La société civile et les organisations de base prêtent beaucoup d’attention pour l’affaire Hogar Seguro. L’Internationale féministe Guatemala a invité toutes les personnes qui se joindront à la marche à apporter un tournesol «pour ne pas oublier les 56 petites filles et les milliers de femmes assassinées au Guatemala».

La MANIFESTATION passera symboliquement par la Cour Suprême de Justice pour déboucher sur la place centrale, renommée «Plaza de las niñas», en honorant la mémoire des adolescentes par l’habituelle cérémonie mensuelle pour se transformer ensuite en un Festival de musique, de poésie et d’art. A la fin de la journée, il y aura une exhibition de l’artiste féministe et anarchiste Rebeca Lane, impliquée depuis des années dans un travail de récupération de la mémoire historique, qui vise à rendre visible les luttes sociales à travers l’art.

Un des avocats qui poursuit l’affaire, Esteban Celada, du pool légal de l’organisation Mujeres Transformando el Mundo (MTM) depuis 2018 a reçu plus de 31 menaces, des appels téléphoniques anonymes, subi des mesures de surveillance et a été victime de perquisitions illégales. Celada a souligné à plusieurs reprises que la prolongation de trois ans des débats de procédure, due au report des audiences et aux saisines des avocats de la défense, fait partie d’une stratégie systématique visant à retarder le verdict et à faire des adolescentes de nouvelles victimes.

Parmi les accusés figurent, répartis en trois groupes distincts : les dirigeants et la direction de la «Maison sûre», dont l’ancienne sous-secrétaire du Secrétariat du Bien-être social, l’ancien secrétaire et l’ancien directeur de la structure; les représentants des institutions étatiques qui auraient dû veiller sur la sécurité et donc le Parquet de l’enfance et de l’adolescence, le Procureur des droits de l’homme, la Section de l’Hogar Seguro de Protection spéciale contre les abus et la police nationale; les agents légaux et sociaux, dont la Juge de paix, la supervision du centre et l’ancienne coordinatrice de la section de la «Maison sûre» où ont été enfermées les adolescentes.

AUX DISTORSIONS et aux retards du système de justice s’ajoute la justification de la répression violente et la culpabilisation des jeunes filles, accusées par les avocats de la défense d’être des adolescents défavorisés et incontrôlables, pauvres et sans perspectives, abandonnées par les familles parce qu’elles sont dangereuses pour l’ordre public et donc potentiellement délinquantes. En octobre, les familles des victimes ont publiquement dénoncé l’ouverture de l’enquête contre les adolescentes survivantes, accusées d’avoir mis le feu et provoqué l’assassinat de leurs compagnes. Le 14 février, la Cour Constitutionnelle a rejeté la demande de la défense d’exclure du procès les témoignages de 7 des 15 adolescentes survivantes, qui pourront enfin, lors du prochain débat de procédure, avoir voix au chapitre et raconter leur version des événements du 8 mars 2017, et informer sur les antécédents et les conditions de vie à l’intérieur de la structure qui était censée les protéger et leur assurer une formation sans violence.

Bolivie : la CIA tisse déjà la toile de la fraude

Un article relayé par l’agence de presse PRESSENZA, mettant en lumière les agissement du gouvernement fasciste de Bolivie et des Etats-Unis : déguiser pour que l’Europe puisse servilement accepter l’imposture ?

Jeanine Áñez dirigeant l’inauguration de l’Annee Judiciaire 2020 au Tribunal Suprême de Justice dans la ville de Sucre. (Image de presidencia.gob.bo)

Les liens entre le président du Tribunal Suprême Électoral, Salvador Romero, le Secrétariat d’État et la USAID (Agence des États-Unis pour le Développement International), ainsi que la participation en tant qu’observateur de l’OEA sont autant d’éléments qui couvrent les élections prévues pour le 3 mai de soupçons. Le processus électoral pourrait être utilisé uniquement pour rendre plus propres les secteurs du pouvoir qui ont fait le coup d’état.

Par Héctor Bernardo, pour Contexto

Lire l’article sur le site original

Le Tribunal Suprême Électoral (TSE) de Bolivie a annoncé que les nouvelles élections présidentielles auraient lieu le 3 mai 2020. Dans le contexte actuel, ces élections semblent seulement être un moyen de déguiser le gouvernement en une institution démocratique. Aujourd’hui il n’a comme visages visibles que la présidente autoproclamée Jeanine Áñez, le dirigeant néofasciste Luis Fernando Camacho, l’ancien mandataire Carlos Mesa et le secrétaire général de l’Organisation des États Américains (OEA) Luis Almagro. Au delà des pions locaux, le coup d’état est clairement soutenu par le gouvernement Nord-américain, dans une stratégie de recolonisation évidente.

Selon le quotidien argentin La Nación, « le chancelier Felipe Solá et le secrétaire des Affaires Stratégiques Gustavo Beliz, ont reçu hier dans la Maison Rose, siège du pouvoir exécutif argentin, une délégation du gouvernement nord-américain qui a fait part de son mal-être quant à l’agenda public qu’est en train de développer l’ex-président bolivien Evo Morales depuis l’Argentine ».

C’est une preuve claire de son intérêt et de son soutien au gouvernement bolivien et c’est avec une grande audace que les émissaires de l’ambassade nord-américaine ont déclaré au quotidien argentin conservateur de droite : « Nous demandons à l’administration d’Alberto Fernández de travailler et de garantir que Morales n’abuse pas de son statut en Argentine ».

Les auteurs du coup d’état prétendent attribuer au TSE de Bolivie et aux élections prévues pour le 3 mai seulement un rôle de nettoyage du gouvernement constitué nouvellement.

Après le coup d’état du 10 novembre contre Evo Morales, le gouvernement constitué a destitué et emprisonné les membres du TSE. Ensuite de nouvelles autorités ont été nommées, ces autorités ont été présentées par la presse de droite comme des garanties de transparence. Mais comme il arrive très souvent dans ce genre de cas, la propagande officielle des dictatures est la grande vainqueur, et ce qui est dit est très loin de la réalité.

L’exemple de Salvador Romero en est une exemple très clair : il a été désigné comme président du TSE par le gouvernement d’Añez et qui apparaît dans plusieurs cas révélés par WikiLeaks comme lié très étroitement avec le Secrétariat d’État nord-américain et avec l’Agence des États-Unis pour le Développement International.

Le rôle de l’USAID est bien connu, tout comme celui de la Fondation Nationale pour la Démocracie, la NED, en tant qu’organisme à travers lequel les services de renseignement Nord-américains et tout particulièrement la CIA (l’Agence centrale de renseignement) canalisent des fonds ou exécutent des opérations visant à déstabiliser les processus démocratiques ou à soutenir leurs pantins à l’étranger.

Les cas exposés par WikiLeaks montrent dans quelle mesure, au moins depuis 2008, Salvador Romero avait un lien étroit avec les fonctionnaires de l’Ambassade nord-américaine, comment il avait été promu pendant des discours organisés par l’USAID contre le gouvernement d’Evo Morales et comment il avait débuté une campagne contre le Mouvement Socialiste (MAS) dans le but de tenter d’influencer lors des référendums et élections présidentielles à venir.

Romero a été décrit comme un fervent militant contre la nouvelle Constitution Bolivienne qu’a impulsée Evo Morales. Et ce fut le président bolivien lui-même qui à l’époque a souligné que la Cour Nationale Électorale (CNE) était un organe subordonné à l’Ambassade des États-Unis. Romero avait été nommé à la tête de cet organisme en 2003 par le président de l’époque Carlos Mesa, autre personnage responsable du coup d’état du 10 novembre 2019.

Lors d’un entretien avec Contexto, Stella Calloni, auteur du livre Evo en ligne de mire – CIA et DEA en Bolivie, soutient : « Le gouvernement constitué est en train de nettoyer les registres électoraux boliviens. Ces registres avaient déjà été épurés. Tout indique qu’il s’agit d’une stratégie pour supprimer des registres des milliers d’indigènes qui avaient récemment obtenu leur carte d’identité et qui soutiennent le MAS. De plus, beaucoup d’argent a circulé pour coopter les dirigeants et diviser le MAS. »

« On a mis en route la stratégie typique des États-Unis pour détruire les processus populaires et lancer des élections. C’est une stratégie qui tente de maquiller démocratiquement un gouvernement pantin » déclare-t-elle.

Calloni fait remarquer que « cela s’est déjà produit au Honduras, où après le coup d’état contre Manuel Zelaya, les fraudes se sont succédées, toutes commanditées par les États-Unis et rendues possibles par le secrétaire général de l’OEA, Luis Almagro ».

« Une stratégie similaire a été utilisée au Brésil. Là-bas, après le coup d’état contre Dilma Rousseff, le président nommé Michel Temer a convoqué des élections desquelles le principal candidat Luiz Inácio ‘Lula’ da Silva a été banni. De plus, tout le processus électoral étant dans les mains des auteurs du coup d’état, aucune transparence n’a pu être garantie et ils ont pu imposer le candidat dans la lignée du coup d’état, Jair Bolsonaro », ajoute-t-elle.

Cette spécialiste soutient que « ce gouvernement aujourd’hui en place en Bolivie convoque des élections, mais il y a des fuites qui montrent que les gens qu’Añez a imposés au Tribunal Suprême Électoral répondent directement à l’Ambassade des États-Unis et a ses organismes comme la CIA et l’USAID ».

Elle conclut : « Ils ont préparé un scénario typique pour la fraude en faveur des secteurs qui concernent Washington. C’est ainsi qu’après le coup d’état toute la structure nord-américaine a repris place en Bolivie, structure qui avait été bannie par le président Evo Morales, par acte de souveraineté ».

Traduction de l’espagnol : Frédérique Drouet

Chili : le cauchemar des retraités soumis à la finance !

Tout est dans le titre… Le nouveau monde de Macron a un sinistre goût de déjà vu, avec un système de retraites élaboré par le frère du président éborgner que Macron voulait inviter à Biarritz … pour comparer leurs faits d’armes !

Clic pour aller sur le site du Media

Dans ce reportage poignant, Nicolas Margerand et Erasmos Salas nous donnent à voir un Chili en pleine insurrection, dressé contre le système économique néolibéral mis en place sous la dictature d’Augusto Pinochet. Focus sur les seniors chiliens, poussés à la misère, contraints de travailler jusqu’à leurs dernières forces, pressurisés par un système de retraites privatisé, au seul bénéfice de puissants fonds de pension.