L'Aube Insoumise

“Debout les femmes !” les travailleuses à l’écran…

C’est demain que sort le film de François Ruffin et de Gilles Perret, Debout les femmes. Les auteurs le présentent en ces termes : « Mais qui m’a mis cette tête de con ? » Ce n’est pas le grand amour entre le député En Marche ! Bruno Bonnell et l’insoumis François Ruffin. Et pourtant… C’est parti pour le premier « road-movie parlementaire » à la rencontre des femmes qui s’occupent de nos enfants, nos malades, nos personnes âgées. Ensemble, avec ces invisibles du soin et du lien, ils vont traverser confinement et couvre-feu, partager rires et larmes, colère et espoir. Ensemble, ils vont se bagarrer, des plateaux télés à la tribune de l’Hémicycle, pour que ces travailleuses soient enfin reconnues, dans leur statut, dans leurs revenus. Et s’il le faut, ils réinventeront l’Assemblée…

Et comme on parle de cinéma, laissons la place aux images. Ci-dessous la bande annonce :

Vous pouvez aider à la diffusion de cette initiative, qui peut servir opportunément à une réflexion sur la construction du nécessaire mouvement d’émancipation populaire. L’équipe de François Ruffin vous propose :

Les travailleuses à l'écran

C’est peu de dire que les femmes ont longtemps été absentes de la représentation et de la production cinématographique, si ce n’est pour y jouer les rôles que lui attribuent d’office les idéologies masculines (de la vamp à la bonne épouse).

Elles ont été pourtant parmi les pionnières du cinéma : on peut juste citer Alice Guy, réalisatrice dès 1896 (un an après les frères Lumière), qui sera aussi la première femme à créer une société de production.

J’ai envisagé d’écrire ces quelques lignes dès que j’ai appris la nouvelle de la sortie du film : cela manque donc sûrement de rigueur et est sans doute très incomplet. 

Mais il me semble bien que la première oeuvre à reconnaître ainsi le rôle de la femme, tant dans la société que dans la création, en tant que travailleuse essentielle, est L’homme à la caméra  de Dziga Vertov. Dans ce documentaire sur une journée dans la ville d’Odessa, le réalisateur associe les plans de la monteuse à d’autres de femmes au travail… A la fois devant et derrière la caméra, à la fois objet et sujet de l’écriture…

Bien plus près de nous, un autre film sur les travailleuses de l’ombre : Ouistreham, d’Emmanuel Carrère, que je n’ai pas vu (vu qu’il ne sortira qu’en janvier 2022) et présenté à la Quinzaine des Réalisateurs au Festival de Cannes.

Mais l’annonce en elle-même est significative : une femme écrivain se glisse dans un groupe de femmes de ménage sur un ferry pour écrire un livre sur leur condition… Est-ce à dire qu’il faut le regard de l’autre pour témoigner de soi, surtout quand on est femme et ouvrière ?

Le film Travailleuses est le résultat d’une démarche différente, en réponse à cette préoccupation légitime : par un même processus de coopération, six artistes et réalisateurs ont élaboré avec des travailleuses de cinq pays des représentations croisées de femmes au travail. Chaque réalisateur a filmé dans son pays.

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Parce qu’il partage la culture des femmes qu’il interroge, en respectant le regard de l’autre, donné par les mots, les gestes, l’attitude, ainsi s’éloigne un peu la prise de pouvoir de l’un sur l’autre, on tient à distance le stéréotype, le préjugé ; quelque chose peut advenir dans l’écriture partagée. Il y a eu 120 heures de tournage, les images ont été mises en commun et deux films réalisés. En 2012, le court métrage “Ouvrières ?” puis en 2013, le long métrage, “Travailleuses… “.

Et la lutte ?

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De Norma Rae qui se lance dans l’action syndicale dans le sud des Etats Unis à l’héroïne immigrée de Bread and Roses, le cinéma de fiction (pas français malheureusement !) a produit quelques beaux portraits de femmes en lutte ! Ce sera sans doute l’apport essentiel du film de François Ruffin et de Gilles Perret, de sortir de la fiction et de donner à voir la réalité quotidienne des invisibles…

De retrouver ce ciné-oeil dont, dès le début de la révolution de 1917, Dziga Vertov avait posé le caractère essentiellement révolutionnaire ! 

Enfin, on en parle pas souvent, de ces films, alors, si vous avez des titres à conseiller, n’hésitez pas en commentaires !

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