L'Aube Insoumise

Des organisations de Grèce, de Turquie et de Chyre disent non à l’extraction et à la guerre

Un article de Nina Rari par Pressenza Athènes, traduit par Michel

A l’occasionne l’anniversaire de la crise des îlots Imia(en grec)/Kardak (en turc), une conférence de presse en ligne a été tenue par des collectifs environnementaux de Turquie, de Grèce et de Chypre, qui participent à l’initiative conjointe “Ils creusent notre tombe (en grec) – Arrêtez de creuser (en turc et en anglais)”

Avec pour but dannoncer la campagne contre les recherches menées pour trouver des énergies fossiles en Méditerranée orientale, qui créent des tensions militaires entre les deux pays. De plus, ces recherches contribuent au désastre écologique et constituent une guerre contre la nature.

Le texte sur lequel reposent les initiatives de la Turquie, de la Grèce et de Chypre met en évidence l’intérêt commun des peuples et de la région à arrêter l’exploitation minière et à empêcher une guerre en Méditerranée orientale pour le contrôle des gisements. Les mêmes préoccupations ont été soulevées par les trois délégations, envoyant un message fort selon lequel les peuples sont unis et n’ont pas les mêmes intérêts que le capital impérialiste. Une référence particulière a été faite aux pays où les revenus de l’extraction de combustibles fossiles n’étaient pas utilisés pour le bien de la population ; il en serait de même pour le gaz et le pétrole en Méditerranée et en mer Noire.

Ils creusent notre tombe
Grèce – Turquie – Chypre
Collaboration contre les extractions et contre la guerre

La rivalité gréco-turque et «l’intérêt» des grandes puissances à contrôler la Méditerranée orientale ne sont qu’un côté de la médaille. Mais il y en a un autre. C’est l’intérêt commun des peuples de la région et de la planète contre la catastrophe écologique provoquée par le processus d’extraction des hydrocarbures. Contre les intérêts des gouvernements et des multinationales, l’initiative conjointe «Kazma Birak – Don’t Dig» a envoyé le message que la Méditerranée et la mer Égée ne sont pas des mers qui nous séparent, ce sont des mers qui nous unissent.

Les États grec et turc choisissent de dépenser des sommes monstrueuses pour se battre au lieu de faire preuve de solidarité et de coopération. Ils continuent de creuser le sol pour les hydrocarbures, en commençant par la Méditerranée. Si l’extraction des hydrocarbures se déroule comme prévu, il peut y avoir des impacts environnementaux terribles en cas de tremblements de terre, qui sont courants dans notre région.

Le texte commun est signé par 64 organisations écologico-environnementales en Grèce, en Turquie et à Chypre, ainsi que dans d’autres pays, pour demander de ne pas extraire les hydrocarbures trouvés dans la mer Égée et de laisser les peuples vivre en paix, sans rivalités belliqueuses. L’initiative de ce texte commun a été prise par des organisations turques ; un certain nombre de mouvements écologistes grecs, chypriotes grecs et chypriotes turcs ont répondu.


Le texte en entier et les signatures

Non à l’extraction des ressources fossiles !

Arrêtez la catastrophe climatique !

Laissez les hydrocarbures dans le sol !

La catastrophe climatique est réelle. Au début de l’année, l’Australie brûlait, maintenant la Californie et la Sibérie brûlent à nouveau. Le glacier du Groenland est en train de fondre, le pôle Nord pourrait bientôt ne plus avoir de glace. Le glacier Thwaites en Antarctique est en train de fondre : rien que cela menace de provoquer une élévation de 65 cm du niveau de la mer dans le monde. Le World Wildlife Fund (WWF) rapporte une réduction de 68% des populations animales au cours des 40 dernières années. Le Soudan est inondé. Partout dans le monde, le changement climatique menace déjà la production alimentaire et la hausse des températures et des conditions météorologiques extrêmes menacent la vie humaine. Pour maintenir le réchauffement climatique à 1,5 ° C, même s’il est dangereux, nous devons réduire de moitié les émissions mondiales de dioxyde de carbone d’ici 2030 et zéro d’ici 2050. Même pour maintenir l’augmentation de la température à 2 ° C, nous devrions prévoir d’utiliser au maximum 16% des les réserves de combustibles fossiles connues ; en conséquence l’extraction de nouvelles réserves doit être arrêtée immédiatement.

Les peuples des régions de la Méditerranée et de la mer Noire ont un intérêt commun. Nous n’avons pas besoin de nous faire la guerre pour ces réserves de pétrole et de gaz. Nous devons travailler ensemble pour élaborer une politique énergétique durable pour la région et empêcher nos gouvernements de se battre pour des ressources qui devraient, en fin de compte, rester dans le sol. C’est une hypocrisie absolue de la part de nos gouvernements de participer aux «conférences sur le climat» sous les auspices des Nations Unies et de promettre de réduire les émissions de gaz à effet de serre, puis de rivaliser entre pour extraire de terre encore plus de combustibles fossiles.

Le gouvernement turc a qualifié de «miracle» la découverte de gaz naturel dans le secteur turc de la mer Noire. En Méditerranée, tous les pays côtiers et certaines grandes puissances se disputent les réserves de combustibles fossiles sous la mer. Ces affrontements dangereux menacent la sécurité des peuples de nos peuples et de nos pays.

Les politiques énergétiques déterminées par le profit plutôt que par les besoins humains ont pour résultat à la fois une énergie coûteuse pour les populations et une catastrophe climatique imminente. Les contrats «take-or-pay» (contrats d’achat ferme NDLR) signifient que même les combustibles fossiles qui n’ont pas besoin d’être consommés sont payés. Logiquement, il n’y a pas besoin de plus d’exploitation minière.

Nous devons retirer le secteur de l’énergie des mains des spéculateurs et le placer sous le contrôle démocratique des peuples de la région. Nous avons besoin d’un contrôle démocratique local de la production et de la consommation d’énergie. Nous devons arrêter la destruction de l’environnement de nos lieux de vie et de notre région pour des projets énergétiques. Nous devons assurer la justice énergétique, avec une répartition en fonction des besoins sociaux et non du profit. Nous devons mettre fin à la spéculation privée sur l’énergie en rétablissant la production et la distribution d’énergie dans le cadre d’une propriété publique contrôlée démocratiquement.

Nous disons non à la recherche des combustibles fossiles et à l’extraction de nouveaux stocks !

Nous disons non au conflit entre nos pays !

Nous disons oui à la justice pour le climat et à la paix !

Signatures:

Vous pouvez consulter la liste des signatures sur le site original de l’article
(à noter la signature d’Attac pour la France)

Pour mieux comprendre les enjeux géo-stratégiques auxquels fait allusion la déclaration de ces organisations, on peut lire La menace d’une guerre gréco-turque en Méditerranée Orientale

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