L'Aube Insoumise

Gilles Perret : “Un duo improbable pour des rencontres du troisième type.

C’est avec beaucoup d’humour et de modestie que Gilles Perret parle de son film dans son entretien avec La Midinale de Regards, que nous reprenons dans la perspective de la diffusion du film le 19 novembre à Bar sur Aube.

Il y aborde, à la demande du journaliste, des aspects de son film en tant qu’oeuvre militante, dépassant largement l’étroitesse de l’abord partisan. Mais il manque, comme souvent, un temps de réflexion et d’appréciation de la qualité artistique de l’oeuvre, tout à fait remarquable, et sur laquelle nous reviendrons… peut-être après la séance, histoire de ne pas gâcher par avance vos plus belles émotions !

« Notre film “Debout les femmes !” redonne de la dignité aux femmes, les premières de corvées »

Aides à domiciles, agents d’entretien ou encore accompagnantes d’enfants en situation de handicap : les femmes des métiers du lien sortent de l’ombre dans le nouveau film de François Ruffin et de Gilles Perret, invité de la Midinale. http://www.regards.fr

Sur l’injonction du titre « Debout les femmes ! »

« On a mis plus de temps à trouver le titre qu’à faire le film : il a été choisi par les femmes du film elles-mêmes. » « On voulait montrer que le film était un film combatif qui pouvait être un outil pour améliorer et diminuer la précarité chez ces femmes. » « Il y a un parcours parlementaire mais il n’y a rien qui se passe si, à la base, les femmes elles-mêmes et les gens qui ont recours à ces personnes-là, ne se mobilisent pas. »

Sur le caractère politique du film

« Ces femmes sont les grandes oubliées : il y a eu des avancées mais à la marge et de bonne conscience. » « On sait que les préoccupations de ce gouvernement pour les classes défavorisées qui sont à peu près nulles. » « Le gouvernement et la majorité mènent une politique de bonne conscience et de saupoudrage : il y a quelques petites aides qui arrivent par moments mais c’est juste parce qu’au bout d’un moment, cela va finir par se voir. » « Les choses changeront pour ces femmes lorsqu’il y aura une loi, une règle et qu’elles auront un vrai statut. » « Ce film est là aussi pour laisser une trace – comme le film pour les gilets jaunes l’a fait. » « Cela fait 15 ans que François Ruffin travaille sur le sujet : on s’est d’abord appuyé sur celles qu’il connaissait, notamment à Amiens et Abbeville. » « On a réussi à embarqué ces femmes dans notre histoire comme on le voit à la fin du film. » « C’est intéressant de voir que lorsque l’on s’intéresse à des gens, tout de suite, ils relèvent la tête alors même qu’au début du film, ils étaient abattus ou se cachaient. » « Ce film, c’est de la fierté de leur avoir redonné de la dignité. » « Rien que le fait de rassembler ces femmes à un moment donné, elles se sont senties fortes, pas toutes seules et elles ont senti qu’elles avaient presqu’une mission à travers le film. » « C’est un des mérites de François Ruffin : arriver, avec sa façon de communiquer, à mettre des sujets de société sur la table. » « Un des sujets les plus importants, c’est celui de la dignité et de la reconnaissance. » « On fait un film avec des affects. » « Debout les femmes ! n’est pas un tract politique. » « Par les sentiments, on est capable, dans un film, d’emmener avec nous des spectateurs qui ne partagent forcément les mêmes opinions que nous. »

Sur le duo Bruno Bonnell (ex-LREM) / François Ruffin

« C’est presque parce qu’il y a ce duo que l’on a fait ce film. » « On n’a pas voulu faire un film avec que du discours militant ou manichéen. » « Bruno Bonnell rajoute de la complexité au film : on ne sait pas si on doit l’aimer ou le détester. » « Il y a souvent une dichotomie – et cela se voit chez Bruno Bonnell – entre le besoin sincère d’aider l’autre et faire des choix opposés en votant des lois qui, de fait, vont précariser les gens dans la sous-traitance. » « La question, c’est : à quel moment tu votes avec ton coeur ou avec ton groupe ? » « C’est la loi qui fait changer les choses et s’il faut attendre que chaque député soit touché à titre personnel, c’est pas gagné… » « Sans nier la question du parti politique et du besoin de radicalité et de rapport de forces, il peut y avoir un certain dépassement des clivages politiques. » « Ce n’est pas en s’enfermant avec des gens qui pensent la même chose que l’on va changer quoique ce soit. »

Sur le travail de député de François Ruffin

« On ne peut enlever à François Ruffin sa sincérité et l’énergie qu’il met dans ses batailles. » « On aurait besoin d’avoir 577 députés qui vivent au quotidien ce que vivent les millions de Français. » « On voit bien le profil sociologique des députés à l’Assemblée nationale : c’est une catastrophe. Ce sont tous les mêmes (CSP+ ou profession indépendante) et ils ont été castés pour cela. » « L’Assemblée nationale est censée représenter le peuple alors que quand vous y êtes, et d’autant plus lorsque vous venez de province, vous ne voyez aucun profil que vous voyez dans votre quartier… Vous avez l’impression de croiser toujours le même député ! »

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