L'Aube Insoumise

Le tour de France de la soumission

Suite à la cosignature aux côtés d’Aurélie Filipetti de l’appel inédit par Caroline Fiat, un petit tour de la soumission en marche pour quelques places dans les Régions de France. N’hésitez pas à rajouter des étapes en commentaire !

Etincelante victoire !

Par ces temps de météo pluvieuse, on espérait, en provenance de la Méditerranée, un rayon de soleil plutôt qu’une douche froide. Las ! sans coup férir, le PS vient de reconquérir, 33 ans après Gaston Deferre, la deuxième ville de France.

En effet, suite à la démission de Michèle Rubirola, (“on avait élu une personnalité de la société civile, une femme, une écolo”), le nouveau maire est Benoît Payan : un homme, un professionnel de la politique, et un membre depuis toujours du parti de l’austérité et du productivisme…

 

Les militants avaient pourtant prévenu : en janvier, une cinquantaine d’Insoumis, dont le chef de file désigné par le mouvement, accusait le Printemps Marseillais, version locale de l’union de la gauche, et dont l’architecte n’est autre que… Benoît Payan, d’être un cadre de “recyclage de professionnels de la politique qui ont tant de fois trahi la confiance des habitant.e.s de Marseille“. Et revient dans leur déclaration la même préoccupation que celle qui nous taraude aujourd’hui dans la préparation des régionales du Grand-Est. “Malgré notre persévérance à vouloir construire un rassemblement à la hauteur des enjeux de Marseille, nous prenons acte du refus du Printemps Marseillais d’ouvrir son périmètre d’union d’une partie de la gauche à une dimension citoyenne représentative de la diversité sociale et militante de notre ville incluant le Pacte Démocratique pour Marseille et de nombreux collectifs des quartiers populaires.”

Préférer les arrangements de partis à la dimension citoyenne et l’inclusion populaire, ce n’est pas de la grande cuisine stratégique, c’est de la tambouille électorale… Et la tambouille, quand on l’avale, elle a un goût bien amer ! 

A se promener dans la presse hexagonale, on est un peu plus rassurés pour les électeurs des Hauts-de-France. Si, dans Libération du 5 décembre, la journaliste parle d’une “union de la gauche” (fût-ce dans la douleur !), on lit avec soulagement qu’Ugo Bernalicis ne pense pas qu’on puisse dissocier choix de tête de liste et discussion programmatique, et qu’il exclut pour sa part toute discussion avec un ex-ministre de François Hollande… Euh, comme quoi, lui, à la place de Caroline Fiat, il ne tomberait pas dans les bras d’Aurélie Filipetti ! 

Spéculation journalistique ? On lit dans La Montage du 14 octobre 2020 que Natacha Valaud-Belkacem serait intéressée par un retour en politique à l’occasion des Régionales.

Et va-on donc négocier avec le soutien le plus ardent de cette dernière, Olivier Bianchi, dont Jean-Luc Mélenchon disait dans la Montagne du 25 juin : « Ici, nous avons un maire qui appartient à un Parti socialiste vallsiste. Une semaine, il va signer une tribune émouvante avec des personnalités de gauche et après, au niveau local, il refuse les fusions. C’est une démonstration de sectarisme de la part d’une personne qui a un comportement politicien.”

D’après nos informations… oui !

En Midi-Pyrénées, la situation est différente ! Myriam Martin et Manuel Bompard vont essayer de relancer la dynamique citoyenne de l’Archipel citoyen, qui a failli gagner la mairie de Toulouse. Mais le problème des unions mal bâties et peu claires est qu’elles sont fragiles… Trois mois seulement après les élections municipales, les Insoumis se sont vus obligés de quitter le groupe au conseil municipal ! 

Eux n’auront pas la tentation d”union de la gauche, puisque la présidente socialiste Carole Delga a décidé de partir toute seule… Le  socialisme du PS n’a pas la vertu universaliste que nous prêtons à la République : on y préfère les querelles de clocher à la fédération des causes communes… Mais faut-il que ce soit évidemment obscène pour que nous acceptions de le voir dans les autres régions ?

On finira ce tour de France – en vous rappelant que vous pouvez signaler d’autres étapes dans les commentaires ! – à la Réunion, où Jean-Luc Mélenchon s’est rendu cette semaine pour célébrer la date anniversaire de l’esclavage.

Peut-être, parmi ses lieutenants les plus ardemment dévoués à l’union de la gauche, certains entendront ces paroles de bon sens et de prudence !

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