L'Aube Insoumise

Non au projet de coupes rases à Narcy (Haute-Marne)

C’est un article qui s’impose en ce jour du vote de la tartufferie qu’est la loi Climat et résilience.

La forêt du bois de Narcy est la cible d’un projet de coupe rase : 6 ha 24 de feuillus (chênes, hêtres, merisiers…) sont menacés pour être remplacés par 100 % d’arbres résineux Douglas. C’est l’unique proposition de l’Office National des Forêts (ONF) faite au Maire de Narcy et au Conseil Municipal.

Une pétition est à signer sur change.org : cliquez sur l’image pour la signer.

Comme l’expliquent très justement les auteurs de la pétition, le danger immédiat d’une coupe rase, soit l’abattage de l’ensemble des arbres d’une parcelle, est de provoquer un préjudice important sur la biodiversité (faune, flore). Les espèces d’oiseaux associées aux gros bois perdent leurs habitats, par exemple les pics, les sittelles, de même que les insectes xylophages ou encore les chiroptères.

Sitelle torchepot

Par la suite, ne replanter qu’une seule espèce sur 6 hectares, alors qu’une des recommandations face au changement climatique est de mélanger les essences, est plutôt curieux et osé.  Concernant le Douglas, d’un point de vue de la biodiversité, c’est sans doute l’essence la plus pauvre. De croissance extrêmement dynamique, elle ne laisse que peu de chance aux autres espèces d’arbres et favorise donc peu le mélange. La faune, en particulier les oiseaux, n’affectionne pas du tout les peuplements purs de Douglas. Comme beaucoup de conifères, ils ne laissent filtrer que peu de lumière au sol. Les plantes arbustives et herbacées n’y trouvent pas leur place.

De plus, cette replantation de résineux après une coupe rase implique qu’une nouvelle coupe rase se produira d’ici une vingtaine d’années pour une replantation…

Même si, pour une petite commune forestière, la forêt est souvent la principale source de revenus, la seule vue économique à court terme ne doit pas régir le bien commun qu’elle représente.

Une préoccupation de la France Insoumise

Dans un entretien au magazine Reporterre intitulé «Les forêts sont un bien commun, on ne peut pas les laisser aux industriels», Mathilde Panot, députée FI, rappelle l’existence d’un livret programmatique sur les forêts dans l’Avenir en Commun et que le mouvement a lancé une commission d’enquête citoyenne sur ce sujet en septembre 2019.

Résultat, Mathilde Panot a déposé le 20 juillet 2020 une proposition de loi visant à encadrer les coupes rases : “L’industrialisation est fondée sur un triptyque : coupe rase, puis plantation, et monoculture. À la fin, vous pouvez appeler forêt un champ d’arbres. Mais un champ d’arbres n’est pas une forêt ! En France, on a 136 essences différentes d’arbres. Dès que vous encadrez strictement les coupes rases, vous mettez un frein à l’industrialisation de manière très forte. La France est très en retard sur cette question. En Suisse, l’interdiction stricte des coupes rases date de 1876. En Allemagne et en Autriche, elle est aussi encadrée depuis longtemps.

Question de Mathilde au ministre de l’agriculture : Comme disait Aldo Leopold : « J’ai lu de nombreuses définitions de ce qu’est un écologiste, et j’en ai moi-même écrit quelques-unes, mais je soupçonne que la meilleure d’entre elles ne s’écrit pas au stylo, mais à la cognée. La question est : à quoi pense un homme au moment où il coupe un arbre, ou au moment où il décide de ce qu’il doit couper ? Un écologiste est quelqu’un qui a conscience, humblement, qu’à chaque coup de cognée il inscrit sa signature sur la face de sa terre. » Monsieur le Ministre, à nous de choisir quelle signature nous voulons inscrire sur la face de nos forêts.

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