L'Aube Insoumise

Que la fédération populaire repose en paix !

Et voilà donc, pour cette campagne des régionales dans le Grand-Est, un nouveau venu : le pacte pour une région Grand Est écologiste, citoyenne et solidaire.

Le lien, c’est pour que vous alliez lire, bien sûr… Non que vous apprendrez grand-chose, à lire une fois de plus, élaborée par des appareils, une liste précautionneuse et prudente d’objectifs qui n’ont d’objectif que de ne fâcher personne…

Pacte, d’ailleurs, c’est un mot latin qui veut dire “pacifié”… et ça se traduit en grec par symphonie…

Une choeur des anges au chevet d’une gauche renaissante…

Car, à lire la liste des signataire, après avoir découvert il y a quelques mois ceux de l’Appel Inédit, on est content que la crise sociale et sanitaire, l’offensive macronienne et la subtilité des formations politiques aient réussi, sans campagne de vaccination ni aucune autre sorte de mobilisation, à sauver un moribond : le PS !

Premier constat (d’intérêt local, j’en conviens… mais ne sont-ce pas des élections locales justement ?) à la lecture des ingrédients de cette tambouille pas si inédite que ça : un seul signataire de Champagne-Ardenne… Comme si une nouvelle fois les appareils et les élites avaient intégré parfaitement le découpage de la nation imposé par l’Union Européenne et les partisans de la compétition entre territoires ?

Comme deux tiens valent mieux que un tu l’auras, le PS est partout, en toute cohérence. Reconnaissons quand même que devant une telle situation son secteur national des élections  a décidé dans une note du 10 mars de suspendre l’ensemble de la procédure de désignation pour les élections régionales dans le Grand-Est. Ambiance ! Mais qu’est-ce que la FI est allée faire dans cette mauvaise tambouille, qui la met en positon délicate de force d’appoint des partis de la gauche traditionnelle ? A quoi en sommes-nous réduits pour qu’il nous faille trouver une avocate en Aurélie Filipetti, quand elle déclare dans le JDD du 12 mars : “Cet ukase contre les Insoumis est inacceptable !” D’ici à ce que Hollande convainque Roussel de se désister pour Mélenchon… 

Après tout, un peu de modestie… Cela laisse entendre qu’au PS on peut ne pas être d’accord, et agir en conséquence… et en conscience… Tout comme au PCF dont le dernier conseil national a bien montré les débats qui le traversent, et que l’on a tranché… oh archaïsme ! – par un vote ! A la FI, foin de tout ça, on a trouvé la parade : on pratique le consensus dans la confidentialité, et les militants attendent les affiches, le seau de colle à la main !

Puisque c’est un billet d’humeur – et pas grand chose d’autre – je dois dire que la lecture du communiqué du 6 février du PCF m’avait un peu irrité. Si la division des forces de gauche est une manière aimable de parler du sectarisme du PS, c’est quand même une insulte à tous les camarades enthousiastes du Front de Gauche que d’oser parler d'”une absence d’un projet ambitieux à gauche pour la grande région” pour les élections de 2015.

Un seul être vous manque...

On sentait à la lecture de ce communiqué le PCF dubitatif quant à l’Appel Inédit dans lequel nos chef.fe.s de file ont dissous tous nos espoirs de fédération populaire, mis dans l’Appel du 5 décembre. Mais peut-on vraiment leur en vouloir, quand les trois femmes qui en sont à l’initiative ne se sont même pas rappelé que les trois mousquetaires étaient… quatre ! Pourquoi pas de femme communiste pour piloter cette initiative ?

Certes nous ne partageons pas l’entêtement de l’appareil du PCF à conclure des alliances avec le PS… Il y a perdu beaucoup de ses forces, il y perdra peut-être son âme… Veillons à ce que le même sort ne nous guette pas… 

Nous voilà donc dans ce qui ressemble bien à une impasse ! Le document d’orientation le disait : “Au service du peuple et non des partis, nous proposons donc de mettre en place dans un cadre national des coalitions, identifiées par un label, représentatives dans la composition des listes et le choix des têtes de listes de la diversité de celles et ceux qui les soutiennent pour mettre en œuvre des programmes de rupture sociale, écologique et démocratique dans les départements et régions du pays.”

Nous. en sommes bien loin… Pas une avancée programmatique, pas une communication originale, pas une initative qui ne soit de la communication d’élu-e-s ou de personnalités… Une stratégie d’appareils, à mille lieues des luttes auxquelles participent, sur le terrain, avec des centaines d’autres, et sans leur demander leur carte, les groupes d’action qui n’ont jamais la parole sur l’avenir et la stratégie du mouvement. 

J’espère me tromper, mais je doute que cette stratégie là fasse renaître l’espoir en une autre manière de faire de la politique, nécessaire sans doute pour ces échéances électorales, indispensable certainement à la réussite de l’élection présidentielle.

Il est temps de se ressaisir, d’abandonner, comme souvent nous n’avons pas su le faire, les querelles de boutique, pour revenir au peuple… à celui que doit fédérer l’appel du 5 décembre… car sinon la symphonie annoncée pourrait bien se transformer en requiem !

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