L'Aube Insoumise

Sécurité routière : le retour des fermiers généraux

C’est paru en première page de la presse locale ce vendredi : deux voitures radars confiées à des sociétés privées vont être mise en place dans le département de l’Aube, vu l’extension de cette mesure à quatre nouvelles régions, dont la région Grand-Est

En effet, ce type de voitures fonctionnait déjà dans quatre régions (Normandie, Bretagne, Ventre-Val-de-Loire, Pays de la Loire).

Sécurité, nous allons voir… Mais recettes fiscales, certainement, comme le souligne le titre de l’article avec un lapidaire “Gare aux PV !

Selon les autorités, “l’externalisation de la conduite des voitures-radar permet de libérer et de mieux utiliser les compétences et les qualifications des forces de l’ordre notamment pour effectuer d’autres types de contrôles sur les routes (alcools et produits  stupéfiants) ou d’autres comportements dangereux.”

Sécurité ?

Cette politique du tout répressif n’est pas l’approche qu’a la France Insoumise du problème de la sécurité routière. Déjà  parce qu’elle occulte la dimension sociologique de la question, que nous avons déjà évoquée sur ce blog en reprenant l’article de #DésintoxQuand le libéralisme tue“.

Elle permet d’escamoter les mesures budgétaires et de prévention indispensables à prendre, et ne peut être la seule solution car, comme le dit Ugo Bernalicis dans sa réponse à deux cents usagers de la route de sa circonscription, “la France insoumise considère que la répression ne peut pas constituer à elle seule une réponse aux défis de la sécurité routière, car elle n’est pas la garantie de résultats.”

Les propositions de la France Insoumise



De manière plus générale, voici les propositions de la France Insoumise en matière de sécurité routière :

Sur la prévention :
– Poursuivre et amplifier les campagnes de prévention à l’école dès le plus jeune âge.
– Augmenter les crédits alloués à la prévention hors cycle scolaire (événements autour de la prévention routière par exemple).
– Développer les outils de prévention notamment avec la réalité virtuelle et les simulateurs.
– Développer la formation à l’éco-conduite alliant les objectifs de sécurité routière et de diminution de la pollution, que ce soit dans la fonction publique ou dans le secteur privé.
– Étudier la possibilité d’être plus strict sur le cahier des charges des véhicules roulants autorisés, notamment le bridage du moteur autour des 130 km/h, la vitesse restant un des premiers facteurs de risque d’accident. Par ailleurs cela pourrait permettre de réduire la pollution de l’air qui a des conséquences sur l’organisme même si cela ne rentre pas strictement dans le champ de la sécurité routière.
– Encadrer les publicités commerciales en leur interdisant de mettre en avant la vitesse comme valeur positive.
– Diminuer le nombre de camions sur la route en développant massivement le ferroutage avec à la clé désengorgement du trafic et diminution de la fatigue liée aux longs trajets.
– Développer massivement les transports en commun en améliorant le maillage, la cadence et en tendant vers la gratuité. Les risques d’accident et de mort sont beaucoup plus faibles en transport en commun. Pour le vélo et les modes de déplacement doux, il est essentiel de soutenir les investissements sur la voirie et les infrastructures pour assurer des parcours sûrs.
– Améliorer le pilotage interministériel de la sécurité routière en assurant un positionnement hiérarchique fort de cette thématique.
Sur les addictions :
– Développer les campagnes de prévention concernant les drogues et l’alcool en associant le ministère de l’Intérieur et celui de la Santé. Cela ne doit pas rester le monopole du ministère de l’Intérieur qui de fait ne passe qu’un seul type de message lié à un seul point de vue.
Sur la formation au permis de conduire :
– Proposer la formation à la conduite et le passage du permis de conduire gratuitement dans le cadre d’un service citoyen obligatoire par conscription avant 25 ans et proche du lieu de vie. Cela permettra de s’assurer d’une durée de formation suffisante là où le coût de la formation pousse l’usager à acheter le moins d’heures de formation possible.

Le retour des Fermiers Généraux

En clair, c’est encore une fois, le privé pour pallier l’insuffisance voulue du service public ! Et l’on s’étonne de cette réaction de Benoît Hamon, candidat socialiste à la présidentielle, quand il réagit ainsi à la question de motomag.com : “Le projet que vous évoquez, qui consiste а déléguer а des sociétés privées, sous contrôle de l’Etat, est en cours d’expérimentation en Normandie. Il conviendra dans quelques mois d’en tirer le bilan pour acter son extension aux autres départements.L’objectif est avant tout de soulager les forces de police, qui ont été depuis quelques mois, et sont toujours, très mobilisées par le renforcement du plan Vigipirate. А terme, cela contribuera а ce que les forces de l’ordre se recentrent sur leur cњur de métier sans mettre а mal la sécurité de nos routes.

Chassez le libéralisme, il revient au galop ! Voici au contraire ce que déclarait Jean-Luc Mélenchon au même organe de presse spécialisé : “Nous sommes tout à fait opposés à l’idée de confier une mission régalienne, en l’occurrence la sécurité routière, à des entreprises privées. L’État doit assumer son rôle. Il est vrai que les agents de police et de gendarmerie sont en sous-effectif. Mais la solution ne peut pas être de privatiser une mission de service public. Il est au contraire nécessaire de mieux affecter les effectifs et surtout de recruter des agents, si la mission est estimée nécessaire, utile et donc à renforcer.

Plus grave encore, c’est le retour de l’ancien régime, avec des prébendes au secteur privé pour récolter l’argent public… Ces riches scandaleux, “en route vers le néant”, comme le souligne la caricature ci-contre, disparurent grâce la la révolution de 1789 ! Il ne faut pas laisser faire ce retour aux pages sombres de notre histoire !

Et que l’on ne vienne pas nous bercer de garantie, comme quoi les données seraient inaccessibles aux conducteurs, que tout resterait confidentiel, etc… On l’a vu avec le compteur Linky, mise en place par Enedis : son statut d’entreprise nationalisée servait de garantie à la protection des usagers… Mais, dommage, Enedis est maintenant en voie de privatisation !

Une seule possibilité : l’argent public doit être récolté par les agents du service public, et uniquement eux !

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