Clémence Guetté à Troyes
Dans le cadre des élections municipales, Clémence Guetté était à Troyes avec les candidat-e-s de la France Insoumise à l’élection municipale.
Nous reproduisons ci-dessous l’article de Victoire Quevrain paru dans l’Insoumission.
Troyes, 9 février, la salle est comble. Clémence Guetté, députée LFI du Val-de-Marne et vice-présidente de l’Assemblée nationale, a fait le déplacement pour soutenir la liste « Troyes Insoumise », menée par Sarah Fraincart et Thomas Decker. Une liste France Insoumise à Troyes : une première ! Il fallait bien marquer le coup. Le service d’ordre et l’équipe technique sont rodés et l’organisation impeccable grâce à tous les militants mobilisés.
« La politique, ce n’est pas que le vote » : un besoin de démocratie
Thomas Decker vient sur scène en premier. Il est professeur de mathématiques au collège. Troyes Insoumise défend une liste représentative des quartiers. Cela s’incarne par une campagne de terrain, avec du porte-à-porte, du tractage au marché et des réunions de quartier pour construire un programme à partir des besoins sociaux des habitants. Thomas Decker que « la politique ce n’est pas que le vote, la politique c’est quelque chose de quotidien, mais 60 ans de droite, ça anesthésie son peuple, même le plus engagé ».
Une vraie démocratie locale, c’est des budgets de quartiers avec des habitants qui ont un rôle décisionnaire et pas que consultatif, et l’instauration du référendum d’initiative citoyenne. Dans cet élan, l’insoumis dénonce l’opacité des décisions politiques et la collusion avec les acteurs privés. On le voit avec l’exemple marquant de l’Utopia, cinéma indépendant, qui aurait pu être implanté à Troyes. À l’époque, réponse lapidaire du maire de droite François Baroin, comme quoi l’offre du CGR était déjà bien suffisante. Pour la promesse d’émancipation culturelle, on repassera plus tard.
De la défense des services publics
D’abord, un constat d’une mairie qui favorise les inégalités scolaires, avec le financement de l’école privée ou de l’école internationale de Jules Guesde qui a coûté 30 millions d’euros. Cette dernière ne bénéficie qu’aux classes moyennes supérieures en raison de la gentrification du quartier. A contrario, Troyes Insoumise prévoit un investissement dans l’école publique, avec la cantine bio, locale et gratuite pour tous, en priorité pour les familles en dessous du seuil de pauvreté.
Le ton de Thomas est grave. « Il est inadmissible que certains enfants aient le ventre vide parce que leur famille ne peut pas payer la cantine : c’est un facteur qui creuse les inégalités scolaires », souligne-t-il avec justesse. Tout comme il est inadmissible que les gens ne peuvent plus se soigner, face à un hôpital moribond. Pour lutter contre les déserts médicaux, les insoumis prévoient la construction d’une maison médicale municipale avec des médecins salariés et des psychologues. Face au capitalisme et à sa logique privée, « les villes doivent être des bastions de résistance, dans lesquelles des services publics forts s’affirment ».
L’indispensable lutte contre les racismes
Sarah Fraincart, ancienne athlète olympique et candidate aux législatives de 2022, monte sur scène, sous des applaudissements nourris. Elle dénonce les attaques racistes dont elle a été la cible lors de sa candidature, avant de marteler sa détermination. Une mairie insoumise sera une mairie qui luttera contre le racisme, le sexisme, les lgbtiphobies, avec une permanence juridique gratuite et un travail avec les associations, pour lutter contre la propagande raciste et réactionnaire de l’extrême droite.
30 ans de ségrégation spatiale
François Baroin est maire de Troyes depuis 30 ans : 30 ans d’abandon. « Dans ma ville, je n’ai connu que le système Baroin, celui qui abandonne les quartiers populaires, celui qui les méprise, celui qui les humilie avec sa police. » Troyes est une ville ségréguée, avec deux des quartiers parmi les 20 quartiers les plus pauvres de France. Il y a deux Troyes, la vitrine pour les touristes, avec les rues médiévales du centre-ville, et les autres quartiers délaissés, comme aux Chartreux, où il n’y a même pas d’espaces verts, de banc, pas d’endroit où sortir le soir, pas d’espace public à investir. Certains logements ne sont rénovés que de l’extérieur.
« Baroin c’est le maire du coup de peinture, le maire du cache-misère. » Combien de personnes vivent dans des logements insalubres ou infestés de cafards ! Que fait la mairie face à cela ? Raser 635 logements sociaux à Jules Guesde pour n’en reconstruire que 60. Une véritable politique de gentrification ! Face à cela, les Insoumis défendent la construction de logements dignes, avec des contrôles de salubrité, des rénovations thermiques et des logements sociaux adaptés aux familles, aux seniors et aux PMR.
Les transports en commun participent en effet à la ségrégation. Après une certaine heure, il n’est plus possible d’aller au centre-ville en bus. Le transport en commun est une priorité pour que tout le monde puisse se déplacer librement, avec plus d’amplitude horaire, des bus gratuits, des pistes cyclables sécurisées.
Objectif : développer un sport populaire
Une mairie insoumise compte défendre un sport populaire, qui soutient les petits clubs, rappelle Sarah Fraincart. Ce n’est pas le cas de la mairie actuelle, avec sa subvention de 4 millions d’euros à l’ESTAC, un club détenu par un groupe millionnaire. Le sport est un moyen d’émancipation, qui devrait être accessible en dehors du marché libéral et des idées masculinistes.
Faire de la mairie un bastion de résistance
À la fin d’un discours galvanisant, Sarah rappelle que « Baroin n’est pas un maire populaire », puisque l’abstention est grande et qu’il n’a été élu qu’avec 5 900 voix (62 000 habitants en 2023). À la suite des deux têtes de liste, la députée LFI Clémence Guetté souligne dans son discours plusieurs nécessaires combats. Combat d’abord contre la ségrégation spatiale, source d’une ségrégation sociale, et alimentée aussi, disons-le, par une ségrégation raciale, avec des banlieues considérées comme des poubelles.
Combat contre la spéculation immobilière, alors que le logement est un droit. Face aux personnes qui dorment à la rue, LFI demande la réquistion des logements vacants : il n’y a pas de crise du logement, mais une inaction politique pour assurer à tout le monde un logement digne. Combat enfin contre une baronnie locale, qui n’offre à la population qu’un simulacre de démocratie.
Les municipales sont l’occasion de redonner le goût de la politique. « La commune c’est le premier échelon de la révolution citoyenne, c’est là où on peut en finir avec la grève civique ». Face à l’extrême droitisation des médias, de l’édition et du champ politique, la fermeté est de mise.
Par Victoire Quévrain
L’article original peut être lu ici.
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