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Accueil/Agir/Palestine : « Assez de sang, assez de larmes… »
AgirManifestations

Palestine : « Assez de sang, assez de larmes… »

Par M B
19/10/2026
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Les GA de l’Aube avaient appelé à la manifestation organisé par le Collectif pour la Paix contre le génocide à Gaza et la colonisation en Cisjordanie.

La déclaration

Aujourd’hui, 10 octobre, est la date anniversaire d’un cessez-le-feu décrété il y a un an jour pour jour, cessez-le-feu qui devait mettre un terme à deux années de génocide, de meurtres, de saccage par l’armée israélienne dans la bande de Gaza. Malheureusement, il s’agit là d’une bien funeste cérémonie pour une trêve qui porte si mal son nom et qui a surtout servi à juguler les ardeurs d’une contestation mondiale alors croissante, à bercer d’illusions les plus naïfs d’entre nous qui crurent possible la prise de conscience de Netanyahou et de son gouvernement fasciste face au massacre qu’ils perpètrent à Gaza et en Cisjordanie.

Cette annonce fut aussi l’occasion rêvée pour les médias de détourner encore un peu plus le regard, de ne plus parler de ces civils – hommes, femmes et enfants – qui continuent de mourir chaque jour des balles et des missiles de Tsahal. Le bilan est terrifiant : 74 200 gazaouis sont morts depuis le déclenchement des représailles israéliennes dont au moins 1 440 depuis l’annonce de ce cessez-le-feu fantoche, un bilan qui pourrait être largement sous-estimé selon plusieurs ONG, car il ne tient pas compte de ceux qui succombent à la faim ou des maladies induites par l’extrême précarité de ce qu’est devenue la vie quotidienne à Gaza. Tant de familles dont les domiciles ont été rasés par Israël, tant d’Hôpitaux anéantis, des réseaux d’eau largement endommagés et une aide humanitaire sans cesse entravée, qui arrive au compte-goutte alors que les besoins de la populations sont énormes et urgents.

Cinq morts et des décombres !

Les images satellites sont d’ailleurs là pour témoigner de ce génocide méthodique orchestré par un État israélien avide de terres et insensible aux souffrances d’un peuple. Gaza est désormais un champ de ruines que se disputent le désespoir, la colère et la résignation en attendant que la poussière retombe et que la mort, drapée de bleu et de blanc, viennent y faucher les dernières âmes. La semaine passée, 5 personnes (dont 4 femmes) ont encore péri lors d’une frappe censément chirurgicale diligentée par Tsahal qui, de son côté, continue de justifier ce bain de sang en brandissant l’épouvantail nommé Hamas. Une stratégie éculée depuis bien longtemps mais qui continue de légitimer le débat en France selon nos médias et la plupart de nos responsables politiques. Ainsi, alors que les images sont toujours plus nombreuses, que les bilans se font de plus en plus alarmants, la majeure partie de nos journalistes et de nos responsables politiques non seulement se refusent à employer le terme de génocide, mais s’offusquent même lorsque qu’un autre, plus lucide, le fait. Le dernier exemple en date, bien entendu, est l’intervention de l’actrice Adèle Haënel lors de l’émission de la grande librairie qui lui était consacrée, émission qui a mystérieusement disparu des plates-formes de replay. La preuve par l’exemple de l’invisibilisation des discours visant à soutenir les palestiniens et du génocide dont ils sont victimes.

Macron, il y a un peu plus d’un an, se mettait en scène en grandes pompes lors de la reconnaissance symboliquement importante mais très tardive de l’Etat Palestinien. Mais jamais il n’a remis ne serait-ce qu’en question les liens commerciaux qui unissent la France et Israël, à qui l’on continue de livrer régulièrement des composants militaires et ce malgré ses multiples violations du cessez-le-feu. Ce symbole la est terrible : un État souverain piétine allègrement et quotidiennement les principes les plus élémentaires du droit international et nous restons les bras ballants. Et la France n’est malheureusement pas la seule dans cette situation.

Deir Ballut après Tsahal

Le problème, c’est que cette complaisance extrême de la part de bon nombre de puissances mondiales à l’égard d’Israël engendre un sentiment de toute puissance chez un gouvernement qui n’avait pas besoin d’être davantage décomplexé. L’Etat hébreu a donc poursuivi son chantier mortifère au Moyen-Orient en s’associant aux Etats-Unis pour attaquer l’Iran et en envahissant le Liban, toujours accompagné d’un argumentaire néo-colonial pour justifier le massacre de populations civiles. Surtout, il a intensifié grandement sur cette période sa colonisation en Cisjordanie en procédant au rasage de villages bédouins (tel Deir Ballut, le 16 septembre) ou en cautionnant les attaques par les colons de nombreux villages palestiniens (Jalud et Al Mughayyir, dans la nuit du 28 au 29 septembre, par exemple). Des assauts conjugués à la fréquence infernale qui n’épargne personne, pas même les enfants, dont les écoles sont des cibles privilégiées, assaillies par les colons et persécutées par les contrôles de l’armée israélienne.

Au regard de cette situation dramatique, nous ne pouvons faire l’économie de nos voix, de nos cris, de nos protestations. Alors nous dénonçons la poursuite par Israël du génocide à Gaza, le nettoyage ethnique qu’il opère en Cisjordanie et, plus globalement, sa politique de colonisation au Moyen-Orient. Nous dénonçons également l’absence de sanction de l’Etat français envers Israël a qui il continue de livrer des armes, se faisant ainsi le complice direct de massacres de populations civiles. Enfin, nous condamnons la complaisance des médias français à l’égard d’Israël et la censure qu’ils exercent sur les prises de parole pro-palestiniennes.

Nous exigeons

  • L’arrêt du génocide dans la bande de Gaza !
  • Un cessez-le-feu total immédiat !
  • L’interruption de l’épuration ethnique en Cisjordanie.
  • L’arrêt des livraisons d’armes à Israël.
  • La rupture de toute relation commerciale comme militaire avec Israël.

 

Un hommage à Joël

Avant le début de la manifestation, le Collectif pour la paix en Palestine a annoncé la triste nouvelle la disparition de notre camarade Joël, emporté par la maladie.

Au nom du collectif, David a prononcé ces  quelques mots.

Militant de la IVᵉ Internationale, engagé dans les luttes associatives, syndicales et politiques, Joël était attaché à la défense des acquis sociaux, syndicaux et démocratiques, ainsi qu’aux enjeux plus larges de la lutte contre l’impérialisme. toujours, Il œuvrait pour le bonheur commun.

C’est à travers son engagement au Parti ouvrier indépendant qu’il a participé à la création de ce collectif, pour la défense de la Palestine, la fin du génocide et la libération du peuple palestinien. Ferme sur ses positions, il était un pilier de ce collectif, toujours  là pour défendre ses analyses et dénoncer l’action de l’état, souvent à l’oeuvre pour l’écriture des prises de paroles et apporter ses idées. Pour animer les manifestations bien sûr. 

Ces dernières semaines, même s’il n’était plus en mesure de mener des actions sur le terrain, Joël tenait à rester actif et à poursuivre ses activités militantes, ainsi qu’à participer à la vie du collectif. récemment encore, il continuait à participer à nos fils de discussions.

Lui rendre hommage, c’est poursuivre la lutte, en particulier celle pour la libération du peuple palestinien. Plus que le silence, il aurait voulu que l’on ne cesse de clamer nos slogans. Qu’aujourd’hui encore, les échos de sa voix se mêlent aux nôtres. Je vous propose qu’il nous accompagne en pensée tout au long de cette manifestation.

Voici un slogan, qui je crois était important à ses yeux :  Arrêt arrêt des livraisons d’armes Cessez le feu immédiat.!

Auteur

M B

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